La bibliothèque idéale de Véronique Mougin

mercredi 07 mars 2018

La bibliothèque idéale de Véronique Mougin

Avec Où passe l'aiguille, Véronique Mougin a signé l'un des romans forts de ce début d'année.

Retraçant l'itinéraire d'un garçon survivant  du camp d'Auschwitz, elle nous fait vivre son ascension miraculeuse jusqu'au sommet de la haute couture parisienne.  L'occasion était belle de lui demander de composer sa bibliothèque idéale : voici sa sélection.

 

Si le destin me téléportait brusquement sur une île déserte / une planète lointaine / une tinyhouse assez mal équipée, bref, s'il fallait n'emporter qu'une petite mallette de livres, lesquels seraient du voyage ?

Réponse : un échantillon de ce que j'aime lire, à savoir...

 

 

  • Un Flaubert

    • Couverture du livre « Un coeur simple » de Gustave Flaubert aux éditions Lgf

      Un coeur simple de Gustave Flaubert

      Mon préféré. Le style est insurpassable et cette pauvre Félicité, cette domestique pugnace et tendre, ce « sujet presque invisible » ! Elle fait de ce roman le favori de ma bibliothèque, sans égal. Relu quatre ou cinq fois par an et souvent racheté, car oublié dans le métro, offert sur un coup de tête, vraiment trop surligné, etc...

  • Un livre décroissant

    • Couverture du livre « Vivre la simplicité volontaire » de Cedric Biagini et Pierre Thiesset aux éditions L'echappee

      Vivre la simplicité volontaire de Cedric Biagini - Pierre Thiesset

      Une cinquantaine d'hommes et de femmes racontent en détails comment et pourquoi ils ont tourné le dos à la consommation. On croise d'anciens traders convertis à la cueillette des pissenlits, des habitants de yourtes et des fabricants de flûte de pan, tous désireux de vivre mieux avec moins. Un mix de Walden ou la vie dans les bois et de l'émission Strip-tease. Inspirant.

  • Des discours

    • Couverture du livre « Actes et paroles » de Victor Hugo aux éditions Flammarion

      Actes et paroles de Victor Hugo

      Parce qu'il n'y a pas que la littérature, dans la vie, il y a aussi la politique. Et quand les deux se rejoignent, comme dans le Discours sur la misère d'Hugo à l'Assemblée nationale, c'est culte : « Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu’on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu’on peut détruire la misère. (Réclamations – Violentes dénégations à droite) Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. (Nouveaux murmures à droite). La misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (Oui, oui ! à gauche). Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n’est pas le fait, le devoir n’est pas rempli. (Sensation universelle) »

  • Une autobiographie

    • Couverture du livre « Histoire d'une vie » de Aharon Appelfeld aux éditions Points

      Histoire d'une vie de Aharon Appelfeld

      Né en Roumanie de parents juifs, déporté puis évadé du camp à l'âge de dix ans, enfant sauvage caché, seul, dans la forêt : l'immense écrivain israélien, décédé l'an passé, revient ici sur son destin hors du commun. Une incroyable traversée du siècle doublée d'une réflexion puissante sur la langue.

  • Un livre de souvenirs

    • Couverture du livre « Enfance » de Nathalie Sarraute aux éditions Gallimard

      Enfance de Nathalie Sarraute

      Parce qu'elle s'approche au plus près de la prime jeunesse et livre la plus belle définition de l'écriture : attraper « ce qui palpite faiblement hors des mots, des petits bouts de quelque chose d'encore vivant ».

  • Un roman de Marie-Hélène Lafon

    • Couverture du livre « Joseph » de Marie-Helene Lafon aux éditions Buchet Chastel

      Joseph de Marie-Helene Lafon

      Joseph, par exemple, mon préféré, le portrait d'un homme simple, ouvrier agricole. L'amour des bêtes, la dureté des hommes, la femme enfuie, la mère omniprésente, les rêves oubliés, la campagne qui meurt... Le cœur se serre au fil des pages. Les personnages sont ciselés, l'écriture pure, précise, d'une puissance évocatrice rare, sans rien à ajouter ni à ôter. Un modèle.

  • Un manuel d'écriture

    • Couverture du livre « Écriture » de Stephen King aux éditions Lgf

      Écriture de Stephen King

      On writing (mémoires d'un métier) Le grand maître de la frousse y raconte sa vie et son travail. Une bible pour les auteurs et ceux qui souhaitent le devenir, pleine de conseils judicieux et très drôle, par-dessus le marché.

  • Un Houellebecq

    • Couverture du livre « Extension du domaine de la lutte » de Michel Houellebecq aux éditions J'ai Lu

      Extension du domaine de la lutte de Michel Houellebecq

      Le meilleur opus d'un des meilleurs écrivains français vivants, l'entomologiste des névroses citadines, le chantre de la loose contemporaine, le théoricien glauque de l'ultralibéralisme sexuel, et quel humour ! De lui j'aime presque tout, poèmes inclus, même celui qui s'intitule Hypermarché : « D'abord j'ai trébuché dans un congélateur / Je me suis mis à pleurer et j'avais un peu peur... »

  • Un livre d'amour

    • Couverture du livre « L'amant » de Marguerite Duras aux éditions Minuit

      L'amant de Marguerite Duras

      Une merveille de sensualité et de beauté formelle. Chaque phrase peut devenir une citation. Au hasard : « je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais rien fait qu'attendre devant la porte fermée. »

  • Un livre pour pleurer

    • Couverture du livre « Martin Cet Ete » de Bernard Chambaz aux éditions Julliard

      Martin Cet Ete de Bernard Chambaz

      Il y raconte la mort de son fils dans un accident de voiture, en 1993. Le livre est paru l'année suivante, j'avais 17 ans et « Monsieur Chambaz » était mon professeur. Toute la classe a couru acheter le bouquin. Révélation numéro 1 : entre nos mains le plus beau livre écrit sur le deuil, et sans doute sur la parentalité. Révélation n°2 : il était possible de transformer la douleur en littérature, cela consolait et c'était magnifique.

  • Un livre pour rire

    • Couverture du livre « Vous plaisantez, monsieur tanner » de Jean-Paul Dubois aux éditions Points

      Vous plaisantez, monsieur tanner de Jean-Paul Dubois

      Pour les chanceux qui ne l'auraient pas encore lu, ce court roman met en scène un quadra décidé à retaper la vieille maison dont il vient d'hériter. Se succèdent sous son toit délabré peintres acariâtres, maçons déjantés, électriciens fanatiques, couvreurs érotomanes et plombiers neurasthéniques. Une galerie de portraits hilarante de la première à la dernière page.

  • Un essai féministe

    • Couverture du livre « King Kong théorie » de Virginie Despentes aux éditions Lgf

      King Kong théorie de Virginie Despentes

      Sexe, patriarcat, prostitution, viol, stéréotypes de genre : les sujets essentiels y sont brillamment disséqués. La première page est prodigieuse (« J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf... ») et le reste à l'avenant. A offrir à toutes les jeunes filles, et aux garçons aussi.

  • Une BD

Et aussi :

Un recueil de poésie : Trois bornes de cristal, de Henri Mougin. Ecrit par mon grand-père, dédié à ma grand-mère, dans la bibliothèque familiale - rayon du milieu - depuis sa publication en 1944. J'en ai conclu assez tôt que cela devait être bien agréable d'être une muse, mais encore davantage d'écrire des livres qui habitent (chez) les gens pour longtemps.

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