Gustave Flaubert

Gustave Flaubert
Gustave Flaubert est l'un des plus grands écrivains français du XIXe siècle. Il a marqué la littérature française par la profondeur et le réalisme de ses analyses psychologiques ainsi que par ses observations de la société. Il est notamment l'auteur de Madame Bovary, L'Éducation sentimentale ou d... Voir plus
Gustave Flaubert est l'un des plus grands écrivains français du XIXe siècle. Il a marqué la littérature française par la profondeur et le réalisme de ses analyses psychologiques ainsi que par ses observations de la société. Il est notamment l'auteur de Madame Bovary, L'Éducation sentimentale ou du recueil Trois Contes.

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Avis sur cet auteur (53)

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    Couverture du livre « Madame Bovary » de Gustave Flaubert aux éditions Gallimard

    Amelielit sur Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Un pur chef-d'oeuvre! Du grand art. On lit avec plaisir le récit de la vie insipide d Emma et de ses amours adultérines.
    Je ne me lasse pas de le relire.

    Un pur chef-d'oeuvre! Du grand art. On lit avec plaisir le récit de la vie insipide d Emma et de ses amours adultérines.
    Je ne me lasse pas de le relire.

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    Couverture du livre « Madame Bovary » de Gustave Flaubert aux éditions Gallimard

    GeorgesSmiley sur Madame Bovary de Gustave Flaubert

    In vino veritas ! « Ce que l’auteur vous montre, c’est la poésie de l’adultère » déclara, lors du procès intenté à Flaubert pour « offenses à la morale publique et à la religion », le bien nommé Ernest Pinard en sa qualité de représentant du Ministère Public. Achevant ma lecture par son...
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    In vino veritas ! « Ce que l’auteur vous montre, c’est la poésie de l’adultère » déclara, lors du procès intenté à Flaubert pour « offenses à la morale publique et à la religion », le bien nommé Ernest Pinard en sa qualité de représentant du Ministère Public. Achevant ma lecture par son réquisitoire, trouvant à encenser ce qu’il condamne, je ne peux cependant que partager son analyse.
    On a dit que Madame Bovary était un roman sur l’ennui. Bien sûr. A-t-on écrit quelque chose de plus fort sur la mélancolie, la solitude et l’insatisfaction d’une femme mariée? Je ne crois pas.
    Une remise en cause assez radicale de la société patriarcale du XIXème siècle ? Certainement. Les hommes de cette histoire sont médiocres, aveugles, cyniques, lâches et vulgaires. Emma est une mauvaise mère, une mauvaise épouse. La faute à qui ? Et si c’était à la littérature : « Elle lut Balzac et George Sand, y cherchant des assouvissements imaginaires pour ses convoitises personnelles. »
    Une attaque sournoise contre l’Eglise ? Assurément. Emma espère y trouver soutien et réconfort, c’est peine perdue ; elle s’en va trouver l’abbé : « Je souffre, lui dit-elle et l’imbécile de répondre « c’est la digestion, sans doute. »
    On peut voir, dans le personnage de Lheureux, contribuant si bien au malheur d’Emma, les prémices de notre société de consommation, financée à crédit, dans laquelle la « ménagère de moins de cinquante ans », assommée de publicité est perpétuellement sommée de communier aux grandes fêtes organisées dans l’intention de vider son porte-monnaie. Des soldes de janvier jusqu’à la fièvre de Noël, en passant par le Black Friday de ces jours, certaines se sur-endettent quand d’autres s’épanouissent au rythme de leurs « bonnes affaires ». On en frémit en songeant aux Emma d’aujourd’hui négligeant leurs amants pour courir les soldes.
    Il y a des scènes d’anthologie : la demande en mariage, la visite d’adieu de Léon, le comice agricole, la promenade en fiacre, l’agonie. Il y a surtout une écriture magnifique, qui vous fait comprendre dès les premières lignes que vous allez adorer cette histoire. Phrases courtes et musicales, rythmées de points virgules, comme une mélodie qu’on se surprend parfois à déclamer à voix haute.
    Mais, il nous faut revenir à notre savoureux M. Pinard et à sa « poésie de l’adultère ». Pour étayer sa thèse, commençons au début de l’aventure, avant que Léon ne parte à Paris. Qu’a-t-on écrit de plus vrai et d’aussi bien dit sur cet état douloureux et délicieux où, à l’aube d’une relation adultérine, avant une déclaration, avant même l’idée d’une liaison qui bouleverserait tout, une complicité se noue, qui se voudrait honnête et ne l’est déjà plus, qui ne se déclare pas mais se laisse deviner et se confine en regards, sourires et paroles anodines car publiques. « C’est ainsi, l’un près de l’autre, pendant que Charles et le pharmacien devisaient, qu’ils entrèrent dans une de ces vagues conversations où le hasard des phrases vous ramène toujours au centre fixe d’une sympathie commune. » « N’avaient-ils rien d’autre chose à se dire ? Leurs yeux pourtant étaient pleins d’une causerie plus sérieuse ; et, tandis qu’ils s’efforçaient à trouver des phrases banales, ils sentaient une même langueur les envahir tous les deux ; c’était comme un murmure de l’âme, profond, continu, qui dominait celui des voix. Surpris d’étonnement à cette suavité nouvelle, ils ne songeaient pas à s’en raconter la sensation ou en découvrir la cause. Les bonheurs futurs, comme les rivages des tropiques, projettent sur l’immensité qui les précède leurs mollesses natales, une brise parfumée, et l’on s’assoupit dans cet enivrement, sans même s’inquiéter de l’horizon que l’on n’aperçoit pas. »
    « Souvent, il se mettait en marche, dans le projet de tout oser ; mais cette résolution l’abandonnait bien vite en la présence d’Emma, et quand Charles, survenant, l’invitait à monter dans son boc, pour aller voir ensemble quelque malade aux environs, il acceptait aussitôt, saluait madame et s’en allait. Son mari, n’était-ce pas quelque chose d’elle ? »
    « Léon ne savait pas, lorsqu’il sortait de chez elle, désespéré, qu’elle se levait derrière lui, afin de le voir dans la rue. Elle s’inquiétait de ses démarches ; elle épiait son visage… »
    Subtile description de l’attrait souvent irrésistible de l’adultère, où, s’il ne s’est encore rien dit ni rien fait, deux désirs muets et puissants convergent.
    Arrive Rodolphe, le cynique séducteur, auquel « se cachant la figure, elle s’abandonna.» Beaucoup se sont moqué d’Emma quand « elle se répétait : « J’ai un amant ! un amant ! » Elle allait donc posséder enfin ces joies de l’amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré… alors elle se rappela les héroïnes des livres qu’elle avait lus, et la légion lyrique de ces femmes adultères se mit à chanter dans sa mémoire avec des voix de sœurs qui la charmaient. »
    Mais derrière ces moqueries, ne sent-on pas le parfum de la jalousie et les regrets de rubicons jamais franchis?... Léon resurgit : « Ce furent trois jours pleins, exquis, splendides, une vraie lune de miel… ils s’embrassaient à l’écart sous les peupliers… ce n’était pas la première fois qu’ils apercevaient des arbres, du ciel bleu, du gazon, qu’ils entendaient l’eau couler et la brise soufflant dans le feuillage ; mais ils n’avaient sans doute jamais admiré tout cela, comme si la nature n’existait pas auparavant, ou qu’elle n’eût commencé à être belle que depuis l’assouvissance de leurs désirs. »
    Oui, on a bien là, remarquablement évocatrice, une « poésie de l’adultère », cette-fois assumé et consommé, où le plaisir se trouve renforcé par les obstacles franchis, les précautions prises, les craintes surmontées et l’incrédulité joyeuse d’être parvenu là où on ne pensait jamais devoir ni pouvoir aller. Ca ne durera pas ? Qu’importe, l’instant est délicieux, le temps s’arrête, on verra bien.
    « Il montait, il ouvrait la porte, il entrait… Quelle étreinte ! » « Et elle riait d’un rire sonore et libertin quand la mousse du vin de Champagne débordait du verre léger sur les bagues de ses doigts. Ils étaient si complètement perdus en la possession d’eux-mêmes, qu’ils se croyaient là dans leur maison particulière, et devant y vivre jusqu’à la mort, comme deux éternels jeunes époux. »
    Dans ces instants, le lendemain n’existe plus, les catastrophes à venir ne comptent pas, l’entourage, futur dommage collatéral, est effacé. La vie s’accélère, plus belle, plus forte. Lorsque tout est fini, que ça s’est mal terminé, que le silence succède à la fureur, on se demande si cela en valait bien la peine, si Madame Homais ne valait pas mieux que Madame Bovary. Et les regrets ont beau faire, les dégâts s’étaler, les plaies encore suppurer, s’il reste une once de lucidité, on se dit, même longtemps après, qu’on serait prêt à recommencer demain, parce qu’on n’a rien connu de plus fort.
    Que celles et ceux qui n’ont jamais péché ou rêvé de pécher jettent la première pierre car comme l’écrit Flaubert :« tout bourgeois, dans l’échauffement de sa jeunesse, ne fût-ce qu’un jour, une minute, s’est cru capable d’immenses passions, de hautes entreprises. Le plus médiocre libertin a rêvé des sultanes ; chaque notaire porte en soi les débris d’un poète. »
    Je ne suis pas notaire, mais des débris, j’en ai encore un joli tas à déposer aux pieds d’Emma Bovary.

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    Couverture du livre « L'éducation sentimenale » de Gustave Flaubert aux éditions Seine

    Maïlys sur L'éducation sentimenale de Gustave Flaubert

    Une révélation littéraire, c'est grâce à cet ouvrage que la littérature est devenue un plaisir. Roman de la langueur et de l'incapacité à faire une action. Le personnage principal Frédéric Moreau est la représentation de la jeunesse de son époque, il rêve de sa vie plus qu'il ne la vie...
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    Une révélation littéraire, c'est grâce à cet ouvrage que la littérature est devenue un plaisir. Roman de la langueur et de l'incapacité à faire une action. Le personnage principal Frédéric Moreau est la représentation de la jeunesse de son époque, il rêve de sa vie plus qu'il ne la vie réellement. Ce personnage "incapable d'action" montre que les rêves de jeunesse ne sont au final que des rêves communs partagés par la plupart des gens. Le style littéraire de Flaubert est un délice, les phrases sont longues et pénétrantes.
    Les personnages sont loins d'être des héros, ils en deviennent presque pathétiques. L'incipit de L'Education Sentimentale est très bien pensé, "ce fut comme une apparition" montre le cliché romantique à son paroxysme et Flaubert fait une belle parodie des rencontres amoureuses dans la littérature du XIXème siècle.

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    Couverture du livre « Madame Bovary » de Gustave Flaubert aux éditions Gallimard

    Carrie sur Madame Bovary de Gustave Flaubert

    Madame Bovary faisait partie de ces classiques de la littérature française que je n'avais pas lus.
    J'en avais parlé à mon amoureux qui, goguenard, m'apporta un jour ce roman, trouvé dans une boîte à livres, me souhaitant « bon courage ».

    J'avais une idée bien précise de Madame Bovary, une...
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    Madame Bovary faisait partie de ces classiques de la littérature française que je n'avais pas lus.
    J'en avais parlé à mon amoureux qui, goguenard, m'apporta un jour ce roman, trouvé dans une boîte à livres, me souhaitant « bon courage ».

    J'avais une idée bien précise de Madame Bovary, une jeune femme mariée s'ennuyant ferme et finissant par se suicider. En commençant cet ouvrage, je me suis dit que j'allais donc m'ennuyer quelques soirées avec elle, presque certaine que sa lecture serait longue et fastidieuse.

    Et ? Et bien contre toute attente, et à ma grande surprise surtout, ce roman m'a beaucoup plu !
    Certes, il ne s'y passe pas grand chose, si vous voulez des rebondissements à gogo, passez votre chemin, mais j'ai passé, je peux le dire, un agréable moment avec Emma Bovary, principalement grâce à la plume de Flaubert que j'ai trouvée particulièrement fluide, poétique et musicale, j'ai d'ailleurs lu quelques passages à voix haute tellement je trouvais les mots bien choisis et les tournures de phrases exquises.

    Madame Bovary, née Rouault, est la fille d'un riche fermier, qui attend que quelque chose se passe. Elle perçoit la vie dans les romans à l'eau de rose lus durant sa jeunesse passée au couvent, persuadée que la passion l'attend au détour du chemin. Et quelle déception quand elle se rend compte que la vie, justement, et le mariage, surtout, n'ont rien à voir avec ce qu'elle imaginait. Alors elle attend, prenant au passage ce qui se présente à elle.
    Son mari, qui l'aime tendrement et sincèrement, ne fait que la décevoir. Elle ne l'aime pas ; pire, elle le méprise.
    Après la naissance de son enfant, elle s'enlise dans l'ennui et le désespoir, la maternité ne lui redonnant même pas une certaine forme de joie de vivre. Elle tend à se perdre dans cette vie monotone et, après les avoir repoussées une première fois, par convenance, elle cède aux avances d'un premier amant, puis d'un second, persuadée de vivre enfin une passion. C'était sans compter l'égoïsme de ces brigands qui se lassent rapidement de celle qu'ils ont pourtant tant convoitée.

    Mais ce ne serait pas lui rendre justice, ni à Flaubert, que de ne voir dans ce roman que le constat d'une femme qui se languit et rêve sa vie plutôt que de la vivre. Car, pour ma part, j'ai trouvé qu'Emma essayait, mais essayait vraiment. Elle tente de trouver une solution dans la spiritualité et dans la religion ; elle fournit des efforts pour devenir une « bonne mère » ; elle essaie même de retrouver goût à son union. Oui, à côté de ça, elle sait se montrer frivole et inconséquente mais qu'attendait-on réellement d'une bourgeoise à cette époque si ce n'est dépenser l'argent de son mari, tenir sa maison et ses domestiques ?
    Quant à Flaubert, au lieu d'en faire une sotte, il tend à lui donner de l'épaisseur tout en dépeignant un tableau très réaliste de son époque, à savoir qu'une femme n'avait pour horizon que le mariage et la maternité.

    En 1857, deux procès ont lieu dans le monde de la littérature à quelques mois d'intervalle : Flaubert et Charles Baudelaire comparaissent pour outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes moeurs, en face du même procureur impérial, Ernest Pinard. Flaubert sera acquitté tandis que Baudelaire sera lui condamné.
    Afin de sauver son client, le conseil de Flaubert mettra en avant la moralité du roman, dans lequel l'héroïne, coupable d'infidélité, est punie pour ses fautes, point qui laissera l'auteur amer car on a laissé croire et penser que son héroïne n'était que ça, finalement : une femme de mauvaise vie.
    Cependant, ce procès sera aussi la planche de salut de Flaubert, son retentissement le rendra connu du grand public.

    Enfin, de Madame Bovary reste ce substantif, bovarysme, qui dépeint un état d'insatisfaction chronique, celui en étant atteint ayant tendance à fuir dans l'imaginaire et le romanesque plutôt que de tenter de trouver des solutions d'y remédier. Même si à bien des égards Emma Bovary en est atteinte, je trouve le jugement à son encontre bien sévère parfois.

    Oui, j'ai aimé ce roman et même si j'ai eu plusieurs fois envie de secouer Emma comme un prunier, je l'ai surtout et avant tout plainte car elle n'a pas su saisir la pomme et croquer dans le fruit pour profiter du jour présent.