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Aharon Appelfeld

Aharon Appelfeld

Né en 1932 en Bukovine, Aharon Appelfeld a été déporté en 1940 dans un camp de concentration, en Ukraine, d'où il s'est évadé quelques mois plus tard. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages qui lui ont valu une réputation internationale. Il vit à Jérusalem.

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Né en 1932 en Bukovine, Aharon Appelfeld a été déporté en 1940 dans un camp de concentration, en Ukraine, d'où il s'est évadé quelques mois plus tard. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages qui lui ont valu une réputation internationale. Il vit à Jérusalem.

Articles en lien avec Aharon Appelfeld (1)

Avis sur cet auteur (12)

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    Couverture du livre « Tsili » de Aharon Appelfeld aux éditions Points

    Mumu Dans le Bocage sur Tsili de Aharon Appelfeld

    Incipit :
    "Peut-être ne faut-il pas raconter la vie de Tsili Kraus, dont le destin fut cruel et sans éclat. Il est douteux que nous aurions su en retracer l'histoire si elle n'avait été réelle. mais c'est arrivé, on ne peut cacher ces faits. (p7)"

    1942 - Europe Centrale, nous n'en saurons...
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    Incipit :
    "Peut-être ne faut-il pas raconter la vie de Tsili Kraus, dont le destin fut cruel et sans éclat. Il est douteux que nous aurions su en retracer l'histoire si elle n'avait été réelle. mais c'est arrivé, on ne peut cacher ces faits. (p7)"

    1942 - Europe Centrale, nous n'en saurons pas plus mais il est très facile d'imaginer le contexte, de quelle guerre il est question. Elle s'appelle Tsili Kraus mais pourrait porter bien d'autres noms, elle a 12 ans, juive, presque muette et "simple d'esprit". Elle va être abandonnée par ses parents et ses frères et sœurs qui doivent fuirent à l'approche de la guerre. Elle va devoir trouver, dans la mesure de ses moyens, de ce que son âge et son esprit peuvent lui permettre, de quoi survivre en territoire hostile. Elle ne sait et ne comprend pas ce qui l'entoure et va faire son apprentissage de la vie, de la survie au fur et à mesure des rencontres :

    "-Où étais-tu pendant la guerre ? demanda Tsili ? 
    -Pourquoi cette question ? Avec tout le monde, bien entendu. Tu ne le vois pas ? dit-il en tendant le bras (Son matricule, bleu sombre, était tatoué sur la peau.) Mais je ne veux pas parler de ça. Si je commence, je n'en sortirai pas. (p115)"

    Je n'ai pas voulu mettre une autre photo que celle de la couverture de ce roman tellement on lit dans le regard et le sourire de cette enfant la misère mais aussi l'espoir. Tsili va souffrir de la faim, du froid, de l'isolement mais ne renoncera jamais, malgré les rebuffades, malgré l'exclusion, malgré les quiproquos elle va apprendre ce qu'est la guerre, l'isolement mais aussi l'amitié voire plus, grâce à Marek, un compagnon de voyages, enfuit d'un camp où sont restés femme et enfants. Entre eux va se nouer un lien qui va permettre à Tsili de grandir, trop vite peut-être.

    Une écriture simple, l'énumération des faits, tels qu'ils sont pour garder de la distance et rendre le texte intemporel et universel. Il y met tout ce qui divise : les réputations, les origines, les peurs mais aussi l'inconnu, le différent, celui, même quand il s'agit d'un enfant, qu'on refuse d'écouter, de voir, d'aider parce qu'il fait peur.

    Pendant plusieurs mois Tsili apprend la méfiance, la résignation, de ses précédentes rencontres, vit dans les souvenirs de ceux qui lui ont témoigné un peu d'amour, imagine ce qu'ils auraient fait et finit par ne  compter que sur elle-même car abandonnée de tous elle doit continuer sa route et celle-ci va la conduire, au bord de la mer, vers une terre promise mais cela elle ne le sait pas mais le devine, l'espère.

    C'est un récit universel de tous ces enfants jetés sur les routes, déracinés, loin de leurs familles, une sorte de conte noir et monstrueux dans lequel Aharon Appelfeld a mis ses propres souvenirs d'orphelin évadé d'un camp, qui traversera une partie de l'Europe vivant de ce qu'il trouvait et rejoindra la Palestine en 1946 avec d'autres jetés sur les routes. J'ai rapproché ma lecture à plusieurs moments à La plus précieuse des marchandises de Jean-Claude Grumberg, conte réaliste sur le même thème avec ce que les mots peuvent évoquer de souffrances mais avec ici plus de distance.

    Tsili, comme sur cette photo, reste une enfant, encore moins prête que les autres mais  peut-être parce qu'elle ne comprend pas l'horreur de ce qui l'entoure ou lui arrive, elle ne souffre pas ou ne le dit pas, elle n'a pas le choix, elle doit avancer et quelque chose en elle, sa simplicité peut-être, masquera l'horreur comme l'auteur utilise cette forme d'écriture épurée, distanciée pour raconter sans pathos, sans implication personnelle même si cela transpire à travers les lignes, ce qu'il a vécu enfant.

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    Couverture du livre « Mon père et ma mère » de Aharon Appelfeld aux éditions Editions De L'olivier

    annie-france belaval sur Mon père et ma mère de Aharon Appelfeld

    Fan de cet auteur, mort il y a peu d'années, je suis heureuse de voir que Valérie Zenatti continue à traduire celui qu'on a appelé à tort l'écrivain de la Shoa; ici cela se passe juste avant la guerre dans l'Europe de l'est: des juifs passent régulièrement leurs vacances au bord d'une rivière...
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    Fan de cet auteur, mort il y a peu d'années, je suis heureuse de voir que Valérie Zenatti continue à traduire celui qu'on a appelé à tort l'écrivain de la Shoa; ici cela se passe juste avant la guerre dans l'Europe de l'est: des juifs passent régulièrement leurs vacances au bord d'une rivière dont la rive est une plage où certains bronzent, d'autres nagent, d'autres jasent. Le docteur, l'écrivain, la gémissante P., celle qui lit dans les lignes de la main , l'homme à la jambe coupée et surtout le jeune Erwin et sa famille, le père un peu misanthrope et qui préfère la montagne et la mère généreuse , sensible et émotive.
    C'est écrit au "je", par le jeune Erwin, dix ans et sept mois; l'enfant est aussi sensible que sa mère et craint la violence à l'égard des juifs (qui ne fait que croître avec les rumeurs de l'approche de la guerre et l'émigration)
    Sans doute est-ce partiellement autobiographique, même si le prénom et l'âge ne correspondent pas: l'auteur cite ses propres livres.
    La montée de l'angoisse est un peu la même que dans les Déracinés de Catherine Bardon, l'antisémitisme se déploie sournoisement.

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    Couverture du livre « Tsili » de Aharon Appelfeld aux éditions Points

    Evlyne Léraut sur Tsili de Aharon Appelfeld

    « Peut-être ne faut-il pas raconter la vie de Tsili Kraus dont le destin fut cruel et sans éclat. » Et pourtant ! « Mais c’est arrivé, on ne peut cacher les faits. » enclenche un récit tumultueux, ténébreux, dont on aurait préféré qu’il soit mille fois un conte. Tsili est une douceur d’enfant,...
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    « Peut-être ne faut-il pas raconter la vie de Tsili Kraus dont le destin fut cruel et sans éclat. » Et pourtant ! « Mais c’est arrivé, on ne peut cacher les faits. » enclenche un récit tumultueux, ténébreux, dont on aurait préféré qu’il soit mille fois un conte. Tsili est une douceur d’enfant, déracinée de sa terre-mère, petite lumière de douze ans, pure, naïve, graine écrasée à coup de pied dans cette Europe centrale en proie à la chasse à l’homme. Le ciblé : le juif, ses idéaux, ses croyances, et l’hymne d’une religion que les vils voudraient apatride. Les cris venus de l’abîme, les larmes, le sang, la faim et les ongles arrachées contre les grillages d’une horreur piégeante et irrévocable, sont dans la trame d’Aharon Appelfeld, un mémoriel à retenir à jamais. Faudra t’il toujours se méfier du prochain ? Combien de décennies avant d’atteindre la rive d’un Vivre-Ensemble ? Tsili, est un symbole. Abandonnée par les siens, seule dans l’antre familial, petit fardeau de vulnérabilité laissée en proie au nauséabond. Tsili grandit, s’éveille à la survivance. Elle se souvient d’un livre de prières : « Qu’est-ce-que l’homme ? poussière et cendre. » répondait Tsili à son maître, passeur du Verbe. Apprendre de l’invisibilité. Il faudra du temps pour Tsili pour déchiffrer la ténacité, la confiance, la tendresse sur le parchemin de ses jours. Elle sait les fruits donnants d’une nature qui ne connaît pas la haine. Elle comprend le langage de l’amour et se laisse apprivoiser, petit oisillon, dans les mains ensanglantées de Marek, son ombre, son frère, son sauveur. Universel, Tsili est l’emblème de l’Histoire de ces hommes, femmes et enfants dont les cicatrices resteront visibles à jamais. La force de ce grand livre est la foi en la vie malgré sa cruauté. Sombre, il est pourtant pour ceux qui savent l’espoir d’une résilience, mais sans pouvoir pardonner. Pour les autres, c’est un livre qui foudroie et rend fou de douleur. Ce livre poignant est indispensable. A lire en urgence. A déposer dans chaque école, chaque lycée, chaque université, chaque bibliothèque et dans chaque maison. Pour que l’enfant d’aujourd’hui ne soit pas le monstre de demain. Publié par les Editions de l’Olivier et en Points Poche.

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    Couverture du livre « Des jours d'une stupéfiante clarté » de Aharon Appelfeld aux éditions Editions De L'olivier

    Léanne sur Des jours d'une stupéfiante clarté de Aharon Appelfeld

    A la fin de la guerre, Théo quitte un camp de concentration abandonné par les nazis, pour retourner chez lui, à la maison. Son espoir, retrouver sa mère, enfermée dans un asile psychiatrique avant-guerre. Sa route est solitaire, il est entouré de paysages désolés, les survivants règlent leur...
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    A la fin de la guerre, Théo quitte un camp de concentration abandonné par les nazis, pour retourner chez lui, à la maison. Son espoir, retrouver sa mère, enfermée dans un asile psychiatrique avant-guerre. Sa route est solitaire, il est entouré de paysages désolés, les survivants règlent leur compte aux collabos…

    Pour survivre, il se réfugie dans des bulles de passé, retrouvant sa mère, une femme très belle et fantasque qui trouvait son bonheur en admirant des icônes dans les monastères, qui plaçait Bach au-dessus de toutes ses joies. Son père, libraire, correspondait, lui, au profil de l’intelligentzia juive d’avant-guerre.

    En chemin, Théo s’installe dans la cabane vide d’anciens gardiens. Il y reprend son souffle, peut dormir, manger, y accueillir Madeleine. Ca et là sur son chemin, il croise des personnages bienveillants, se délectant de café chaud symbolisant ici tout ce qui n’est pas les camps, reprenant la route inlassablement.

    Ce dernier roman du grand écrivain israélien, Aharon Appelfeld, est paru quelques semaines après sa mort. C’est un texte court, étrangement lumineux, évoquant le retour à la vie après l’horreur. Aharon Appelfeld ou l’écriture comme une épure.

    Des jours d’une stupéfiante clarté, Aharon Appelfeld, traduit de l’hébreu par Valérie Zénatti, Editions de l’Olivier