Manu Larcenet

Manu Larcenet
auteur du Combat ordinaire et de Blast.

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  • Angoulême, capitale des bulles
    Angoulême, capitale des bulles

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Avis sur cet auteur (45)

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    Couverture du livre « Blast ; intégrale » de Manu Larcenet aux éditions Dargaud

    petemcpig sur Blast ; intégrale de Manu Larcenet

    Je viens de terminer BLAST de Manu LARCENET.

    Comme de plus en plus souvent avec le bonhomme, il s’agit d’une histoire en plusieurs tomes, dont GRASSE CARCASSE est le premier. Il nous conte une partie de la vie d’un dénommé POLZA MANCINI, jeune écrivain obèse, à crâne rasé et nez pointu, qui...
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    Je viens de terminer BLAST de Manu LARCENET.

    Comme de plus en plus souvent avec le bonhomme, il s’agit d’une histoire en plusieurs tomes, dont GRASSE CARCASSE est le premier. Il nous conte une partie de la vie d’un dénommé POLZA MANCINI, jeune écrivain obèse, à crâne rasé et nez pointu, qui aura eu la chance d’avoir un père communiste. Nous le découvrons en garde à vue, entouré d’enquêteurs, qui tout en essayant de le ménager tentent de comprendre les origines de l’agression, voire pire, d’une certaine Carole, dont il serait le suspect numéro un. Ce dernier est sujet au phénomène du blast, dont on ne sait s’il est plus une drogue ou un symptôme, mais qui donne son nom à l’histoire.

    Tout LARCENET est dans cette bande dessinée. Toute la bande dessinée est dans ce LARCENET. Le trait est formidable, grandiose ou émouvant ou bien les deux à la fois, dans les portraits comme dans les scènes ou les décors. On y retrouve le noir et blanc, tantôt rassurant, souvent inquiétant. La couleur y fait quelques apparitions, comme sur les couvertures, pour mettre encore plus en valeur son propos et ses talents. De plus, comme l’auteur est un grand humble il intègre des dessins d’enfants et nous dispense de la dispensable page de l’inventaire « du même auteur ». L’humour se fait discret, mais semble toujours possible, là où l’on s’y attend le moins, notamment dans les dialogues qui rappellent que l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui (« Tu détesteras ton prochain comme toi-même. »). Le rêve est là et même mystérieuses les statues de l’île de Pâques dont la présence le restera dans quelques planches.

    L’artiste se pose toujours autant de questions et aimerait peut-être bien que nous l’aidions à y répondre. Il nous rappelle que la ville et la campagne peuvent être tout aussi belles que laides l’une et l’autre, à l’image de la solitude et du communautarisme. Sans faire de psychanalyse à quatre centimes, quoique le ticket modérateur doive être légèrement plus cher à l’heure actuelle, on y retrouve le thème éternel de la mort et l’ambigu rapport aux paternels. Après le combat ordinaire dans les ports on découvre celui possible dans les îles. Tout homme est une île paraît-il. Quand au porc, tout homme l’est ?

    A l’instar de son personnage central, l’ouvrage est un monument et s’achève après deux-cents pages sur nombre d’interrogations et une impatience formidable. J’espère que BLAST ne sera pas son apogée et qu’il en pondra de nombreux de ce niveau, à l’attention de tous et pour tous les âges, puisqu’il sait tout faire et surtout parce qu’on le veut. Car le LARCENET c’est bon comme du bon lait, de la naissance au décès. Mais il est clair que ce pavé marquera un cap important dans sa création et laisse entrevoir maintes surprises.

    Vivement la suite pour que demain je rêve.

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    Couverture du livre « Blast t.1 ; grasse carcasse » de Manu Larcenet aux éditions Dargaud

    petemcpig sur Blast t.1 ; grasse carcasse de Manu Larcenet

    Je viens de terminer BLAST de Manu LARCENET.

    Comme de plus en plus souvent avec le bonhomme, il s’agit d’une histoire en plusieurs tomes, dont GRASSE CARCASSE est le premier. Il nous conte une partie de la vie d’un dénommé POLZA MANCINI, jeune écrivain obèse, à crâne rasé et nez pointu, qui...
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    Je viens de terminer BLAST de Manu LARCENET.

    Comme de plus en plus souvent avec le bonhomme, il s’agit d’une histoire en plusieurs tomes, dont GRASSE CARCASSE est le premier. Il nous conte une partie de la vie d’un dénommé POLZA MANCINI, jeune écrivain obèse, à crâne rasé et nez pointu, qui aura eu la chance d’avoir un père communiste. Nous le découvrons en garde à vue, entouré d’enquêteurs, qui tout en essayant de le ménager tentent de comprendre les origines de l’agression, voire pire, d’une certaine Carole, dont il serait le suspect numéro un. Ce dernier est sujet au phénomène du blast, dont on ne sait s’il est plus une drogue ou un symptôme, mais qui donne son nom à l’histoire.

    Tout LARCENET est dans cette bande dessinée. Toute la bande dessinée est dans ce LARCENET. Le trait est formidable, grandiose ou émouvant ou bien les deux à la fois, dans les portraits comme dans les scènes ou les décors. On y retrouve le noir et blanc, tantôt rassurant, souvent inquiétant. La couleur y fait quelques apparitions, comme sur les couvertures, pour mettre encore plus en valeur son propos et ses talents. De plus, comme l’auteur est un grand humble il intègre des dessins d’enfants et nous dispense de la dispensable page de l’inventaire « du même auteur ». L’humour se fait discret, mais semble toujours possible, là où l’on s’y attend le moins, notamment dans les dialogues qui rappellent que l’on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui (« Tu détesteras ton prochain comme toi-même. »). Le rêve est là et même mystérieuses les statues de l’île de Pâques dont la présence le restera dans quelques planches.

    L’artiste se pose toujours autant de questions et aimerait peut-être bien que nous l’aidions à y répondre. Il nous rappelle que la ville et la campagne peuvent être tout aussi belles que laides l’une et l’autre, à l’image de la solitude et du communautarisme. Sans faire de psychanalyse à quatre centimes, quoique le ticket modérateur doive être légèrement plus cher à l’heure actuelle, on y retrouve le thème éternel de la mort et l’ambigu rapport aux paternels. Après le combat ordinaire dans les ports on découvre celui possible dans les îles. Tout homme est une île paraît-il. Quand au porc, tout homme l’est ?

    A l’instar de son personnage central, l’ouvrage est un monument et s’achève après deux-cents pages sur nombre d’interrogations et une impatience formidable. J’espère que BLAST ne sera pas son apogée et qu’il en pondra de nombreux de ce niveau, à l’attention de tous et pour tous les âges, puisqu’il sait tout faire et surtout parce qu’on le veut. Car le LARCENET c’est bon comme du bon lait, de la naissance au décès. Mais il est clair que ce pavé marquera un cap important dans sa création et laisse entrevoir maintes surprises.

    Vivement la suite pour que demain je rêve.

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    Couverture du livre « Le rapport de Brodeck t.2 ; l'indicible » de Manu Larcenet aux éditions Dargaud

    Yves MABON sur Le rapport de Brodeck t.2 ; l'indicible de Manu Larcenet

    Cette bande dessiné est inspirée du roman de Philippe Claudel, paru en 2007 et est découpée en deux tomes : le premier (en 2015), intitulé L'autre, et le second (en 2016), intitulé L'indicible. Je n'ai pas lu le roman et ne peux donc comparer. L'histoire est forte, noire et violente. Elle parle...
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    Cette bande dessiné est inspirée du roman de Philippe Claudel, paru en 2007 et est découpée en deux tomes : le premier (en 2015), intitulé L'autre, et le second (en 2016), intitulé L'indicible. Je n'ai pas lu le roman et ne peux donc comparer. L'histoire est forte, noire et violente. Elle parle de crime, de la lâcheté humaine, de la peur et de la haine de l'autre, l'étranger, de la trahison. Elle parle également de la seconde guerre mondiale et du nazisme, de la supposée supériorité de certains, de la déportation et de la survie dans les camps et du retour dans un village coupé de tout et de tous lorsqu'on a subi les pires horreurs et que les villageois restés n'apprécient pas ce retour.

    Manu Larcenet développe tout cela dans un dessin noir et blanc duquel sourdent la violence et le désespoir, la noirceur des hommes et leurs pires lâchetés et turpitudes. On est assez loin du dessin net et précis et plutôt dans des traits flous, il est parfois difficile de reconnaître les hommes entre eux. A priori un genre que je n'apprécie pas plus que cela, mais je dois dire que dans ce double album, il renforce la noirceur, l'âpreté du monde décrit, la violence. C'est assez prodigieux. Parfois, les images surgissent d'un fond blanc, avec un minimum de traits, de points et si l'on s'y attarde, des détails apparaissent, pas visibles si la lecture est trop rapide. Les albums ne sont pas très bavards, parfois les dessins sont muets et ce ne sont pas ceux qui sont les moins parlants.

    Je ne sais pas si je lirai le roman, mais ce dont je suis persuadé c'est que si je le lis, je ne pourrai pas me défaire des visages et des lieux que Manu Larcenet a dessinés.

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    Couverture du livre « Le rapport de Brodeck t.1 ; l'autre » de Manu Larcenet aux éditions Dargaud

    Yves MABON sur Le rapport de Brodeck t.1 ; l'autre de Manu Larcenet

    Cette bande dessiné est inspirée du roman de Philippe Claudel, paru en 2007 et est découpée en deux tomes : le premier (en 2015), intitulé L'autre, et le second (en 2016), intitulé L'indicible. Je n'ai pas lu le roman et ne peux donc comparer. L'histoire est forte, noire et violente. Elle parle...
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    Cette bande dessiné est inspirée du roman de Philippe Claudel, paru en 2007 et est découpée en deux tomes : le premier (en 2015), intitulé L'autre, et le second (en 2016), intitulé L'indicible. Je n'ai pas lu le roman et ne peux donc comparer. L'histoire est forte, noire et violente. Elle parle de crime, de la lâcheté humaine, de la peur et de la haine de l'autre, l'étranger, de la trahison. Elle parle également de la seconde guerre mondiale et du nazisme, de la supposée supériorité de certains, de la déportation et de la survie dans les camps et du retour dans un village coupé de tout et de tous lorsqu'on a subi les pires horreurs et que les villageois restés n'apprécient pas ce retour.

    Manu Larcenet développe tout cela dans un dessin noir et blanc duquel sourdent la violence et le désespoir, la noirceur des hommes et leurs pires lâchetés et turpitudes. On est assez loin du dessin net et précis et plutôt dans des traits flous, il est parfois difficile de reconnaître les hommes entre eux. A priori un genre que je n'apprécie pas plus que cela, mais je dois dire que dans ce double album, il renforce la noirceur, l'âpreté du monde décrit, la violence. C'est assez prodigieux. Parfois, les images surgissent d'un fond blanc, avec un minimum de traits, de points et si l'on s'y attarde, des détails apparaissent, pas visibles si la lecture est trop rapide. Les albums ne sont pas très bavards, parfois les dessins sont muets et ce ne sont pas ceux qui sont les moins parlants.

    Je ne sais pas si je lirai le roman, mais ce dont je suis persuadé c'est que si je le lis, je ne pourrai pas me défaire des visages et des lieux que Manu Larcenet a dessinés.