L'amant

Couverture du livre « L'amant » de Marguerite Duras aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707306951
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« Dans L'Amant, Marguerite Duras reprend sur le ton de la confidence les images et les thèmes qui hantent toute son oeuvre. Ses lecteurs vont pouvoir ensuite descendre ce grand fleuve aux lenteurs asiatiques et suivre la romancière danstous les méandres du delta, dans la moiteur des rizières,... Voir plus

« Dans L'Amant, Marguerite Duras reprend sur le ton de la confidence les images et les thèmes qui hantent toute son oeuvre. Ses lecteurs vont pouvoir ensuite descendre ce grand fleuve aux lenteurs asiatiques et suivre la romancière danstous les méandres du delta, dans la moiteur des rizières, dans les secrets ombreux où elle a développé l'incantation répétitive et obsédante de ses livres, de ses films, de son théâtre. Au sens propre, Duras est ici remontée à ses sources, à sa « scène fondamentale » : ce moment où, vers 1930, sur un bac traversant un bras du Mékong, un Chinois richissime s'approche d'une petite Blanche de quinze ans qu'il va aimer. Il faut lire les plus beaux morceaux de L'Amant à haute voix. On percevra mieux ainsi le rythme, la scansion, la respiration intime de la prose, qui sont les subtils secrets de l'écrivain. Dès les premières lignes du récit éclatent l'art et le savoir-faire de Duras, ses libertés, ses défis, les conquêtes de trente années pour parvenir à écrire cette langue allégée, neutre, rapide et lancinante à la fois capable de saisir toutes les nuances, d'aller à la vitesse exacte de la pensée et des images. Un extrême réalisme (on voit le fleuve, on entend les cris de Cholon derrière les persiennes dans la garçonnière du Chinois), et en même temps une sorte de rêve éveillé, de vie rêvée, un cauchemar de vie : cette prose à nulle autre pareille est d'une formidable efficacité. À la fois la modernité, la vraie, et des singularités qui sont hors du temps, des styles, de la mode. » François Nourissier (Le Figaro Magazine, 20 octobre 1984).

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  • Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/12/lamant-de-marguerite-duras.html

    L'amour impossible sous toutes ses formes. L'amour de cet homme plus âgé alors qu'elle n'a que quinze ans. L'amour interdit, elle française née au Vietnam, lui chinois. Lui riche, elle pauvre, fille d'une...
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    Lien : https://www.livresselitteraire.com/2018/12/lamant-de-marguerite-duras.html

    L'amour impossible sous toutes ses formes. L'amour de cet homme plus âgé alors qu'elle n'a que quinze ans. L'amour interdit, elle française née au Vietnam, lui chinois. Lui riche, elle pauvre, fille d'une directrice d'école, soeur de deux frères dont l'un porte en lui une violence folle.
    L'amour clandestin, dans cette chambre de bonne où elle découvre le sexe, le corps pour la première fois. Et chaque autre fois semblera être une première fois.

    L'amour impossible sous toutes ses formes. À travers son histoire familiale. Ce sombre grand frère qu'elle aurait aimé tuer. Ce petit frère, pris sous son aile. Cette mère, qui ne sait pas aimer. Cette mère, que la folie semble gagner. Cette mère, qui n'a d'yeux que pour le grand.

    L'amour impossible sous toutes ses formes. À travers le vertige d'écrire. Un vertige qui ne lui ai pas permis. Comme l'amant de Cholen.
    L'amour avec lui, l'amant, dont elle ne sait si elle est amoureuse. Il l'attire, il la désire au premier regard. Elle est belle. Les hommes la regardent. Mais bientôt ce sera lui. Lui l'homme de retour au Vietnam. Lui, l'homme qu'elle ne peut fréquenter. Transgression sociale.

    À l'âge de quinze ans, elle s'offrira à lui, laissant à ses mains experte son corps, sa jeunesse, sa peau laiteuse. Elle en redemandera encore, encore plus, toujours plus fort. La liberté aux bout de ses doigts. Expulser peut-être le mal par le corps. Par les pores. Durant deux ans. Jouir. Sans jamais lui céder son cœur.
    Mais mourir, sous son corps, pourquoi pas. La mort présente partout, très jeune. Rôde, petite morte. Celle des corps assouvissant le désir. Dans un dernier cri, jouir et tout relâcher. Puis mourir de désir pour Hélène Lagonelle.
    Mais aussi la mort, celle des proches, le petit frère notamment. La mort qui plane dessus la plume. La plume qu'elle prend pour contrer la mort. D'un amour, des amours, des souvenirs, d'un pays.

    Dans cette histoire familiale, je m'y suis retrouvée. Dans cet entre-deux de la découverte de soi, je m'y suis retrouvée. Cet âge où nous ne sommes plus enfants, pas adultes. Cet âge où le corps change, explore, désire, enfièvre. Homme. Femme. Cette nudité que l'on découvre puis qu'on possède. Décomplexés.
    Dans une atmosphère moite, Marguerite Duras révèle la complexité des sentiments. L'hésitation perpétuelle entre mort et jouissance, amour et désir. Liberté et obéissance. La non-communication familiale, omniprésente. L'incapacité et l'impuissance à rendre cette mère heureuse et fière. La crainte d'un homme - son frère - dont la violence menace sans cesse d'éclater. Et puis la perte, qui cause le plus immense des chagrins. Celle du petit frère.

    Au sein de ces paysages inoubliables du Vietnam, sur un bras du Mékong, elle retrace l'apprentissage. Les pronoms se confondent comme autant d'observation sur la vie. Parfois "je", parfois "elle" lorsqu'elle ne devient plus raconteuse mais observatrice, anthropologue des souvenirs. Comme une distance entre celle qu'elle fut et celle qu'elle était en 1984, écrivaine. Entre la réalité d'un passé et le rêve d'une vie ou son cauchemar, parfois, quand le sombre s'abat sur le cœur, quand la nuit se pose en plein jour.

    Même si j'avoue qu'elle a parfois perdu mon attention dans certaines de ses digressions - qui font cependant partie de sa grande liberté - je ressors secouée de cette lecture. Marguerite Duras parvient, au travers de ses fulgurances, à extraire de profondes réflexions sur tous nos paradoxes. Et ils sont rares ces récits qui disent, si justement, l'état de cet âge. Qui parlent si librement du corps, de sa fouille. De sa jouissance. Qui parlent si librement de cette pulsion d'anéantir autant que de retenir. Un homme, un frère, une mère, un amour, des souvenirs, une folie. D'une vie.

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  • Un jeune héroïne aux prémices de la sensualité, un amant chinois en Indochine, tout est déroutant et envoûtant dans ce livre magnifiquement écrit.

    Un jeune héroïne aux prémices de la sensualité, un amant chinois en Indochine, tout est déroutant et envoûtant dans ce livre magnifiquement écrit.

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  • Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire et à mes souvenirs peut-être erronées du film, ce roman ne se centre pas uniquement sur la relation qui a lié la narratrice (et l'auteure me semble-t'il) à un jeune chinois de vingt-sept issu d'une famille fortunée alors qu'elle-même n'en...
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    Contrairement à ce que le titre pourrait laisser croire et à mes souvenirs peut-être erronées du film, ce roman ne se centre pas uniquement sur la relation qui a lié la narratrice (et l'auteure me semble-t'il) à un jeune chinois de vingt-sept issu d'une famille fortunée alors qu'elle-même n'en avait que quinze. C'est ça, bien sûr mais aussi, et de plus en plus au fur que le roman avance, c'est sur sa famille qu'elle écrit, cette mère qui ne s'est pas remise d'avoir acheté une concession qui ne rapporte pas et qui mise sur sa fille pour qu'elle passe l'agrégation de mathématiques et ses deux frères, le "bon" et le "méchant", car il n'y a pas de nuances de gris dans la description de ces deux-là. On retrouve dans L'Amant de nombreux thèmes, personnages, intrigues d' Un Barrage contre le Pacifique mais en plus épuré et en plus construit, même si on passe souvent d'une idée à une autre, sans lien apparent. Mais ça, quand c'est bien fait et c'est le cas, c'est un aspect que je peux aimer dans la littérature. C'est donc un roman que j'ai aimé, moins sensuel et surtout moins polémique que ce à quoi je m'attendais, sans doute parce que l'histoire est racontée par la narratrice adulte qui n'est pas traumatisée par cette expérience mais au contraire, se réjouit d'avoir été initiée par un connaisseur du corps et du plaisir féminins.

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  • j'avais aimé le film, il me fallait lire le livre. Et quelle littérature !

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  • C'est un livre fascinant qui peut se lire sous plusieurs angles de lecture : celui d'un amour impossible, de la découverte de la sexualité par cette grande écrivaine, celle de l'émancipation d'une jeune femme, et enfin sous l'angle de L'Indochine.

    Ce roman autobiographique de Marguerite...
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    C'est un livre fascinant qui peut se lire sous plusieurs angles de lecture : celui d'un amour impossible, de la découverte de la sexualité par cette grande écrivaine, celle de l'émancipation d'une jeune femme, et enfin sous l'angle de L'Indochine.

    Ce roman autobiographique de Marguerite DURAS, est écrit dans atmosphère riche en émotions, de mystère et de nostalgie. L'ouvrage, est écrit avec sincérité, je l'ai adoré tout comme l'adaptation cinématographique adapté par Jean-Jacques ANNAUD.

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  • Un bijou pour moi. Toujours adoré Duras. Son écriture me fascine, même dans ses mauvais livres

    Un bijou pour moi. Toujours adoré Duras. Son écriture me fascine, même dans ses mauvais livres

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  • Une écriture tout droit sortie d'une tornade de souvenirs et d'intuitions. Une profondeur énorme et une quête de soi magnifique.

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  • Bel ouvrage sur l'amour adolescent et le colonialisme en Cochinchine. M. Duras a attendu la mort de sa mère pour écrire ce livre où elle raconte sa première relation sexuelle et amoureuse avec un Chinois...

    Bel ouvrage sur l'amour adolescent et le colonialisme en Cochinchine. M. Duras a attendu la mort de sa mère pour écrire ce livre où elle raconte sa première relation sexuelle et amoureuse avec un Chinois...

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  • Ma première rencontre avec l'Amant de Marguerite Duras, fut le film de Jean Jacques Annaud. Celui ci traitait de la relation amoureuse qu'a entretenu la jeune fille avec un riche chinois. Il dépeignait les rencontres, les non dits de ces sentiments amoureux qui n'avaient de réalité que lors de...
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    Ma première rencontre avec l'Amant de Marguerite Duras, fut le film de Jean Jacques Annaud. Celui ci traitait de la relation amoureuse qu'a entretenu la jeune fille avec un riche chinois. Il dépeignait les rencontres, les non dits de ces sentiments amoureux qui n'avaient de réalité que lors de leurs rencontres. J'ai toujours aimé ce film pour ce côté à la fois poétique et cette voix envoutante et troublante de Jeanne Morreau, dont je n'ai pu me défaire lors de la lecture du livre.
    A la fin de ce livre, j'ai eu un coup de colère en moi même. L4amant n'est pas uniquement le résumé de cette rencontre. Marguerite Duras a pour moi utilisé le récit de sa relation avec cet homme pour parler avec dureté mais réalisme de ce qu'elle vivait dans sa propre famille.
    Il y a une pudeur toute légitime, lorsqu'elle parle de son amant, car elle ne le décrit que par les relations et rencontres : un amant. La relation amoureuse, impossible, est refoulée, mise de côté pour éviter les questions et l'embarras. Plus qu'un amant, il a été le premier amour; celui qu'on ne peut oublier, malgré le temps et les épreuves.
    Elle le rencontre alors qu'elle retourne à sa pension de jeune fille. Les mots échangés sont rares, l'alchimie fait le reste. Ils se rencontrent le plus souvent dans sa garçonnière. Elle fait face aux allusions, aux rumeurs, et garde la tête haute lorsque cette relation lui ai reprochée par une famille difficile à cerner.
    Je ne peux m'appesantir plus sur cette relation, qu'il faut réellement découvrir par les mots de Marguerite et cette différence entre la raison et les sentiments.
    "Il dit qu'il est seul, atrocement seul avec cet amour qu'il a pour elle. Elle lui dit qu'elle aussi elle est seule. Elle ne dit pas avec quoi. Il dit : vous m'avez suivi jusqu'ici comme vous auriez suivi n'importe qui. Elee répond qu'elle ne peut pas savoir, qu'elle n'a encore jamais suivi personne dans une chambre." (p.47)
    Il y a une force dans l'écriture qui est à la fois proche et détachée. Mais ne faut il pas se détacher pour s'approprier davantage une histoire, ou simplement pour la raconter sans que les sentiments nous rattrape?
    Durant tout le roman, on sent la peine, l'injustice, l'amour mais parfois la colère. L'écriture est très travaillée et j'aime ce style, qui veut qu'on soit happé par l'histoire, mais en même temps repoussé par l'auteur qui passe d'un sujet à l'autre, revenant sur des périodes de vie, puis à la relation difficile et compliqué avec sa famille : cette mère dont elle se détache, ce frère dont elle a peur, et l'autre frère, le plus jeune, qu'elle protège.
    Derrière l'amant, il y a cette souffrance familiale, racontée sans pathos, avec une simple volonté de dire et raconter sa propre histoire.
    Je deviens de plus en plus amoureuse de la plume de cette auteur qui parvient à me faire fléchir, et malmène mon cœur par des palpitations insensées. J'ai aimé cette lecture, mais je suis une fois encore déçue par la transposition à l'écran.

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  • C’est l’histoire simple d’une toute jeune fille qui prend un amant bien plus vieux qu’elle. C’est aussi l’histoire simple, comme le dit Duras elle-même, du passage d’un bac sur le Mékong. Et c’est aussi l’histoire moins simple de l’éphémère et du silence qui pourtant laisse des traces. C’est ce...
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    C’est l’histoire simple d’une toute jeune fille qui prend un amant bien plus vieux qu’elle. C’est aussi l’histoire simple, comme le dit Duras elle-même, du passage d’un bac sur le Mékong. Et c’est aussi l’histoire moins simple de l’éphémère et du silence qui pourtant laisse des traces. C’est ce qui est annoncé au fronton du roman: « Très vite dans ma vie il a été trop tard. »
    Dans la mise en roman de l ‘enfance de Duras, il ne s’agit ni de raconter un événement traumatisant, ni une exotique adolescence en Asie, et encore moins de détournement de mineur. L’Amant de Marguerite Duras, c’est le déchirement. D’abord celui du visage de l’auteure, vieilli subitement et trop tôt : « un visage dévasté », une gueule cassée, belle comme un tableau de Picasso.
    Duras noircit alors les pages des mots de son enfance qui ont fané son teint. Son roman épidermique écrit l’histoire d’un visage qui s’offre sans se mettre totalement à nu. La beauté de son art réside dans la pudeur et les non-dits, au moment même de la confession.
    Puisque la vie n’a pas de forme, le roman s’en voit dépourvu. Pourquoi s’enfermer dans les carcans d’un genre qui sent le formol dans le temps où il faut faire sentir à son lecteur l’odeur de la terre des rives du Mékong ? Ce sont alors des réseaux épars de souvenirs qui se mêlent comme les gouttes d’eau dans les méandres du fleuve. Tout prend source dans le for-intérieur de ce je qui écrit un roman de ce qui n’a une existence que dans le murmure à soi-même. Duras écrit les hommes comme des êtres magnifiques de désirs, et de silence.
    Ce qui reste de la lecture de L’Amant, c’est la photographie d’une jeune fille accoudée au bastingage d’un bac sur le Mékong, en robe de soie et souliers dorés, ses cheveux longs et cuivrés recouverts d’un chapeau d’homme – une photo qui n’a jamais été prise.

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