Sandrine Collette

Sandrine Collette
Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l'université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Des noeuds d'acier, son premier roman, paru chez Denoël en 2013, a rencontré un vif succès critique et public avec plus de 8 000 exemplaires vendus.

Vidéos relatives à l'auteur

  • Sandrine Collette, récit d’une glaciale Patagonie

    Tonitruant, comme un sol de terre sèche foulé par les sabots d'un criollo. Il reste la poussière est de ces livres qui ne vous promettent rien, et qui vous donnent beaucoup. D'une mine presque douce, mais néanmoins affutée, Sandrine Collette raconte la...

Avis sur cet auteur (187)

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    Couverture du livre « Animal » de Sandrine Collette aux éditions Denoel

    BERNARD DOMINIQUE sur Animal de Sandrine Collette

    Bonjour. Après avoir refermé ANIMAL....Je me demande si vraiment il y a des choses tues au visage du monde ,dans ce Népal farouche , sauvage , mystérieux ...
    Est-ce que le Népal, l'Inde engloutissent leur peuple comme un animal sauvage?D'une bouchée , sans lui laisser le temps de savourer la...
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    Bonjour. Après avoir refermé ANIMAL....Je me demande si vraiment il y a des choses tues au visage du monde ,dans ce Népal farouche , sauvage , mystérieux ...
    Est-ce que le Népal, l'Inde engloutissent leur peuple comme un animal sauvage?D'une bouchée , sans lui laisser le temps de savourer la beauté des forêts , la douceur du ciel, la rondeur du soleil qui se miroitent dans l'eau ..Est-ce seulement ce combat pour la vie ,un tic tac trépidant qui dit" prends garde , tes jours , tes heures sont comptés"....La précarité accompagne tant d'habitants, la colère , la rage....
    Mara vivait seule dans la montagne depuis la mort de son mari,et quand elle avait vu les enfants saucissonnés à des arbres, son coeur s'était brisé,il lui avait fallu les emmener avec elle....Mais dans son monde ou la faim rôde ,ou c'est à peine si elle réussit à se nourrir...Elle décide de tenter "leur" chance en ville."Après avoir descendu les montagnes pendant des jours Mara avait vu le bidonville .Et à la fois un immense soulagement,car enfin elle allait cesser de guetter (les tigres,et ceux qui avaient ligotés les enfants)...et à la fois une sorte de désespoir s'était rué sur elle(devant)les constructions précaires"
    Mara va se battre pour qu'ils survivent dans cette ville qui, comme une bête sauvage ,les dévore, arrache"esprit","âme",et "coeur".
    Est-cela le sort des enfants de ce peuple? Quel est leur avenir?Est-ce une course contre la montre? A quel moment peut-on connaître la"joie de vivre" quand pour seul regard sur la vie on a la pauvreté, une lutte perpétuelle pour manger , se laver , se lever, s'habiller....

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    EmilieG sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    J’ai découvert Sandrine Collette avec ses polars et notamment Nœuds d’acier – je l’ai même proposé en lecture à des lycéens ! J’avais accroché à ce monde rural, noir, froid qu’elle mettait en scène dans ses romans. Je la retrouve donc avec plaisir dans le cadre du Grand Prix RTL/Lire avec Et...
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    J’ai découvert Sandrine Collette avec ses polars et notamment Nœuds d’acier – je l’ai même proposé en lecture à des lycéens ! J’avais accroché à ce monde rural, noir, froid qu’elle mettait en scène dans ses romans. Je la retrouve donc avec plaisir dans le cadre du Grand Prix RTL/Lire avec Et toujours les Forêts et je constate qu’elle est restée fidèle à son écriture, véritable marque de fabrique. Cette fois, point de polar mais le monde rural a toujours sa place comme refuge mais aussi comme lieu de dangers et de menaces.
    Le roman s’ouvre sur la naissance de Corentin, ce garçon né de l’adultère, ce garçon non désiré. Balloté de foyers en foyers, sa mère finit par l’abandonner chez Augustine, son arrière grand-mère . Elle vit dans les Forêts, isolée de tout ou presque mais elle va donner à Corentin ce que la vie lui refusait : l’amour d’une « mère » pour son « enfant ». Malgré la rudesse du cadre et de certains sentiments, elle l’élève. L’appel de la vi(ll)e est cependant plus grand, Corentin part. Mais la Chose détruit tout. L’Apocalypse est arrivée. Face à ce monde détruit, Corentin, rare survivant, part vers le seul refuge qu’il connaît, les Forêts. Espérant retrouver Augustine, il traverse le néant, adoptant sur sa route L’Aveugle, un chiot orphelin. Par miracle, Augustine a survécu à la Chose, tout comme Mathilde, l’amour de jeunesse de Corentin. A trois, ils survivent, reconstituent un semblant de famille alors que le monde qui les entoure semble mort, n’être que cendres et désolation. Quelques poussières d’étoiles apparaissent dans ce monde de dénuement : les enfants, leurs enfants mais le danger rôde, un danger bestial, viscéral…
    Sandrine Collette nous plonge dans un univers post-Apocalypse. L’humanité est décimée, le néant, la mort, les cendres, la bestialité ont remplacé la vie et l’espoir. Par une écriture à la fois froide et poétique, elle décrit cet univers de désolation. Au fil des pages, le lecteur ressent ce silence de mort, imagine, se représente ces paysages en noir et gris, ressent le désespoir de Corentin. C’est la force de Sandrine Collette de transformer cette fiction en réalité, de donner « vie » à ce néant.
    Derrière le récit glacial, noir, apparait une réflexion sur l’Homme et sur sa bestialité. Que construire, comment construire sur les ruines de la nature, de l’humanité ? Dans un élan final où la violence, où l’homme cède la place à la bête, au barbare, l’auteure glisse une lueur d’espoir, d’amour et de sacrifice. Après la nuit, le jour se lève délicatement sur l’humanité à laquelle il faut faire confiance – tel est l’ultime message de ce roman.
    En résumé : l’Apocalypse, cette menace, anéantira-t-elle l’humanité ? Sera-t-elle l’avènement et le règne de la barbarie ? Sandrine Collette par sa fiction délivre une réponse mais quelle réponse !

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    Marie Kirzy sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    Le voilà mon premier coup de coeur de l'année et cela pourrait être MON coup de l'année tout court tellement j'ai été percutée par l'intensité de ce roman dès les premières lignes, terribles, sur l'enfance perdue de Corentin.

    Et puis l'Apocalypse. Une implosion, un incendie, un monde rendu...
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    Le voilà mon premier coup de coeur de l'année et cela pourrait être MON coup de l'année tout court tellement j'ai été percutée par l'intensité de ce roman dès les premières lignes, terribles, sur l'enfance perdue de Corentin.

    Et puis l'Apocalypse. Une implosion, un incendie, un monde rendu stérile, sans couleur, sans soleil, sans plante, sans animaux, une population humaine décimée, la sixième extinction. Corentin a survécu.

    Oui, le genre post-apocalyptique est fort encombré et a donné lieu à de grands romans, des chefs d'oeuvre même. La Route ( Cormac McCarthy ), Ravage ( Barjavel ), Je suis une légende ( Richard Matheson ), Les Derniers hommes ( Pierre Bordage ), Dans la forêt ( Jean Hegland ), La Peste écarlate ( Jack London ). La liste est longue, j'affectionne tout particulièrement les romans post-apo. Et ce n'est pas le énième. Il est même plutôt inclassable, même si il est question de survivants errants sur la route, même s'il est question de forêts refuge.

    Sandrine Collette opte pour la lignée intimiste, rien n'est spectaculaire, tout est crépusculaire. A peine comprend-on que l'apocalypse est climatique. L'auteure joue sa propre partition en se recentrant sur le personnage de Corentin, comme dans un huis-clos de mots pour dire le vide, la solitude, la disparition des couleurs dans ces jours devenus sauvages que va connaître Corentin. J'ai été prise aux tripes par le destin de cet personnage accroché à la vie, pris dans un combat intérieur entre l'animal et l'humain, au bord de la démence, à la fois lâche et courageux, combatif et désabusé. Que faire de cette vie, de cet espoir qui ne meurt pas, de cet amour à donner encore ? Il n'est pas le seul à m'avoir bouleversé, il y le merveilleux personnage de l'Aveugle, ce chiot rescapé devenu compagnon indispensable.

    Si ce roman est aussi puissant, c'est parce qu'il est porté par une écriture superbe, tellurique et poétique, un tour de force. Les phrases sont courtes, avec des renvois à la ligne. Des phrases saccadées, qui claquent, cueillent l'émotion sans esbroufe, sans pathos. Authentiques avec leur syntaxe parfaite pour rythmer le parcours de vie de Corentin et son évolution psychologique dans ce chaos.

    « La seule couleur était celle du sang.
    Corentin s'en aperçut en s'écorchant la main à un morceau de bois, un soir qu'il faisait du feu. Cela roula sur sa paume. Cela coula sur ses doigts. Dans son esprit chaviré, cela prit des teintes d'automne flamboyantes, des lueurs de rubis, des incandescences d'un vermillon inouï. Cela refléta le soleil disparu.
    Il fut émerveillé.
    Il comprit que cela n'existait pas, avant.
    A présent, il savait créer la couleur. Il la portait en lui. Malgré tout le malheur, la chose n'avait pas pu détruire ce qu'il à avait à l'intérieur.
    Pas la foi.
    Pas son âme.
    Mais le rouge.
    Mais le sang.
    Parfois le long de l'autoroute, il piquait sa peau de la pointe du couteau pour être sûr que c'était toujours là. Deux ou trois gouttes écarlates. Il riait tout bas en les regardant. »

    Ecriture et récit sont en symbiose parfaite pour nous faire vibrer jusqu'à l'os. Sandrine Collette ne nous prend pas qu'aux tripes, ses mots résonnent jusqu'à notre tête pour nous pousser à la réflexion sur notre société qui gaspille et consomme, responsable du fléau qui s'abat sur Terre. Il ne s'agit pas pour elle de faire de Et toujours les forêts un roman idéologique ou politique, mais à l'heure où l'Australie brûle, ce récit instinctif prend de l'ampleur et terrifie.

    Un grand roman noir où brûle la flamme de la résilience, porté par une écriture sublime, épique et époustouflant, bouleversant d'humanité.

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    isav sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    Ils étaient dans les catacombes quelque part dans la Grande Ville quand cela arriva, tous les douze, étudiants qui termineraient bientôt leurs études, jeunes adultes désespérés à l’idée d’entrer dans la vraie vie, de se quitter, de se lancer seuls dans le monde. Mais le monde disparut ce jour-là...
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    Ils étaient dans les catacombes quelque part dans la Grande Ville quand cela arriva, tous les douze, étudiants qui termineraient bientôt leurs études, jeunes adultes désespérés à l’idée d’entrer dans la vraie vie, de se quitter, de se lancer seuls dans le monde. Mais le monde disparut ce jour-là et c’est un miracle s’ils survécurent, une chance infime qui pourtant les sépara définitivement. Car chacun voulut tenter de rejoindre les siens et Corentin entreprit un voyage improbable vers sa Petite Ville pour retrouver celle qui l’avait élevé, Augustine.
    Et malgré cette implacable extinction, la vie va passer, entre désespoir et renoncement mais aussi entre survie et joie, puisant dans l’innocence d’une nouvelle génération, l’espoir d’une renaissance.
    Quand Sandrine COLLETTE croise la route de Cormac McCARTHY, la rencontre est grandiose et le résultat est à la hauteur de ces deux immenses auteurs.
    Un magnifique roman, d’une noirceur insondable, écrit de ce style incomparable qui caractérise Sandrine COLLETTE, fait d’un mélange de sensations brutes et de parler familier, si naturel et si complexe à la fois.
    La fin est une apothéose que je ne cesse de revivre depuis que j’ai refermé la dernière page de ce livre qui laissera son empreinte dans ma mémoire encore longtemps.
    Superbe !