Sandrine Collette, récit d’une glaciale Patagonie

vendredi 31 mars 2017

Sous la poussière, la plume

Sandrine Collette, récit d’une glaciale Patagonie

Tonitruant, comme un sol de terre sèche foulé par les sabots d'un criollo.

Il reste la poussière est de ces livres qui ne vous promettent rien, et qui vous donnent beaucoup. D'une mine presque douce, mais néanmoins affutée, Sandrine Collette raconte la poursuite de Rafael, un petit garçon qui tente de gagner la liberté en s’affranchissant de ses frères, qui le harcèlent et le maltraitent face à une mère insensible. C’est leur vie dépouillée et brutale au sein d'une nature hostile au premier regard, inhospitalière en y regardant mieux, que Sandrine Colette nous dévoile.

Enveloppant, pourtant, comme la caresse du soleil d'hiver sur la peau, ce roman ne laisse pas intact son lecteur.

Aux Quais du Polar, impossible de ne pas s'arrêter pour échanger avec Sandrine Collette et comprendre son inspiration pour ces quelques pages d'envoûtement, entre faune et flore de Patagonie et drame familial.

- Des terres brûlées à perte de vue, des montagnes chaotiques et un hiver menaçant qui approche : dès les premières pages de « Il reste la poussière », vous transportez le lecteur au cœur de la Patagonie.  Qu'est-ce qui a fait naître chez vous cette envie de raconter cette région désolée, et comment l'avez-vous nourrie ?

C’est venu de plusieurs choses mélangées : mettre en scène ma passion des chevaux, mais pas seulement, car à mon sens, ça ne fait pas un livre. Puis je pense aussi que, je m’en rends compte petit à petit, des livres nous ont marqués au fil des années, des livres qu’on intègre, qu’on digère, qu’on oublie et à un moment, en écrivant quelque chose, c’est une façon de rendre hommage à ce livre qui nous a marqués.

 




« Des livres nous ont marqué au fil des années, des livres qu’on intègre, qu’on digère, qu’on oublie. »

- Dans ce roman, la violence et la brutalité innées à cette famille sont omniprésentes. Votre écriture juste et d'une certaine manière poétique, permet de créer un contrepoids. En quoi est-ce nécessaire selon vous ?

Il reste, malgré la violence, non pas la poussière mais quelque chose de la poésie. Mais ça c’est aussi la nature qui veut ça, même rude, même brutale, même rocailleuse, même sèche, il reste toujours quelque chose de beau, comme c’est le cas dans l’espèce animale également. Finalement, c’est l’humanité qui me pose le plus de problème.

- Rafael, le jeune garçon, est persécuté par ses frères. Il ne gagnera sa liberté qu’en vivant une expérience en dehors de sa famille. Pensez -vous que ceci soit nécessaire pour les jeunes ?

(rires) Ce que je pense c’est que, pour reprendre l’expression, « on ne grandit pas dans la soie ». Pour grandir, il faut quelque chose de différent, un accident : ça peut être une rencontre, ça peut être n’importe quoi. Et pour qu’il y est ce type d’accident, il faut forcément que le microcosme dans lequel on vit varie, il faut que les équilibres changent.

« L’impression qu’on est en pleine liberté […] et très vite, se rendre compte qu’il n’en est rien »

- Vous maîtrisez à merveille l'art du huis-clos comme nous avons pu le lire dans « Des nœuds d’acier ». Dans ce nouveau roman, avez-vous cherché à créer une autre forme de huis-clos, perlé d'éclats de liberté ?

Oui, c’est absolument ça. Au départ, c’est un piège : l’impression que c’est immense, puis à l’intérieur de cette immensité il y a une ferme, et dans cette ferme, plus précisément encore, il y a une famille : le huis-clos, la prison est là. C’est quelque chose d’assez récurrent chez moi, l’impression qu’on est en pleine liberté dans la campagne, les forêts, les vignes et très vite, se rendre compte qu’il n’en est rien.

« Je trouve [la nature] encore plus intéressant[e] qu’un tueur en série »

- On saisit dans vos livres, en-dehors de « Une brume si légère », une véritable sensibilité à la nature, aux échappées sauvages. La nature est-elle nécessaire pour votre écriture ?

Je trouve ça encore plus intéressant qu’un tueur en série car la nature, une fois qu’elle a commencé quelque chose, un ouragan, un raz-de-marée, rien ne peut l’arrêter : on peut juste se terrer dans un coin, et prier que ce ne soit pas notre heure. Et c’est ça qui m’intéresse, plus que le paysage pour lui-même, le fait que la nature devienne un personnage auquel on pourrait presque prêter vie et volonté, de la même manière que les pompiers disent que le feu est vivant.

« Je suis vraiment contente de finir un livre car j’ai déjà l’idée du suivant »

- Que ressentez-vous maintenant que « Il reste la poussière » est achevé ?

Je me suis demandée si j’aurais fait pareil (rires) !

Plus sérieusement, je suis vraiment contente de finir un livre car j’ai déjà l’idée du suivant et je n’ai qu’une envie, c’est de recommencer quelque chose de nouveau. Au bout d’un an d’écriture, j’ai envie de changer de personnages, de changer de lieu, de découvrir un nouveau monde, de recréer quelque chose de complètement différent.

 

 

En partenariat avec les éditions le livre de Poche, nous vous proposons de gagner l’un des exemplaires de Il reste la poussière mis en jeu. Dites-nous en quelques mots (dans la partie commentaires, ci-dessous) ce qui vous attire dans ce roman, l’intrigue, l’amour des polars en général ? N'oubliez pas que pour participer vous devez être connecté avec votre profil, et que vous devez avoir complété votre profil avec vos 10 livres préférés et au moins 3 ou 4 avis. Vous avez jusqu’au 17 avril.

Merci à tous pour votre participation, vous avez été nombreux à participer pour tenter de gagner « Il reste la poussière». Bravo aux gagnants. L’un d’entre vous aura la surprise de recevoir l’exemplaire dédicacé par Sandrine Collette dans la vidéo lors du festival Quais du polar.

Sandrine Gotti ; Vinie DUPUIS ; fabienne chirouze ; audrey D. ; magalie monnier ;  sylvie MOYERE

Un mail vient de vous être envoyé pour vous demander vos coordonnées.

 

Au festival Quais du polar, nous avons rencontré…

Olivier Truc, le conteur de polars nordiques
Sophie Loubière, l’étape polar de la Route 66
Sandrine Collette, récit d’une glaciale Patagonie
Lisa Gardner, la reine du thriller psychologique
Donna Leon, la Vénitienne dramatique

 

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