Sandrine Collette

Sandrine Collette
Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l'université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Des noeuds d'acier, son premier roman, paru chez Denoël en 2013, a rencontré un vif succès critique et public avec plus de 8 000 exemplaires vendus.

Vidéos relatives à l'auteur

  • Sandrine Collette, récit d’une glaciale Patagonie

    Tonitruant, comme un sol de terre sèche foulé par les sabots d'un criollo. Il reste la poussière est de ces livres qui ne vous promettent rien, et qui vous donnent beaucoup. D'une mine presque douce, mais néanmoins affutée, Sandrine Collette raconte la...

Avis sur cet auteur (198)

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    Les Lectures de Cannetille sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    Abandonné par ses parents, le narrateur a été élevé par la vieille Augustine dans un hameau de la vallée des Forêts, avant de rejoindre Paris pour ses études. Lorsqu'il survit miraculeusement à la catastrophe qui détruit soudain quasiment tout ce qui vit à la surface de la terre, il n'a de cesse...
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    Abandonné par ses parents, le narrateur a été élevé par la vieille Augustine dans un hameau de la vallée des Forêts, avant de rejoindre Paris pour ses études. Lorsqu'il survit miraculeusement à la catastrophe qui détruit soudain quasiment tout ce qui vit à la surface de la terre, il n'a de cesse de parvenir à rejoindre ce qu'il reste des Forêts et, espère-t-il, Augustine. Que trouvera-t-il là-bas? Quelle vie pourra-t-il avoir, rare survivant dans un monde post-apocalyptique ?

    Pas du tout adepte de la science-fiction et de la dystopie, je me suis plongée dans celle-ci avec l'enthousiasme suscité par mes précédentes lectures de romans de Sandrine Collette.

    Malgré les improbables retrouvailles du narrateur aux Forêts, le récit se développe de manière plutôt crédible et a su balayer mes a priori légèrement réticents à ce genre d'histoire. J'ai certes ressenti une baisse de rythme en milieu de parcours, au cours du huis-clos qui s'installe aux Forêts, pour finalement me laisser à nouveau emporter avec plaisir par les derniers développements dont on se demande longtemps de quoi ils pourront bien être faits.

    Si l'intrigue est bien pensée, le style, sans provoquer d'émerveillement particulier, se distingue par son efficacité : le rythme est insufflé par des phrases courtes, voire hachées. La perception de l'incertitude des personnages est renforcée par un questionnement récurrent, reflet des doutes et des peurs qui les traversent. Le ton est délibérément moderne, il restitue sans fard le langage quotidien et confère à l'ensemble vie et réalisme, vivacité et spontanéité.

    Alternant grands tableaux épiques et scènes intimistes, l’inépuisable imagination de Sandrine Collette célèbre ici le miracle de la vie, petit îlot de chaleur et de couleur au sein d'une immensité noire et stérile, capable d'une extraordinaire résilience fut-ce au prix, pour certains, de l'impitoyable loi du plus fort.

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    Aurélien sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    Tout commence ici par une histoire de famille. Attention, pas la banale histoire de famille heureuse, non, ici ce n’est ni banal ni heureux, c’est même carrément violent et ce dès le début. Et puis ensuite, autant le dire tout de suite, rien ne s’arrange bien au contraire puisque ce n’est rien...
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    Tout commence ici par une histoire de famille. Attention, pas la banale histoire de famille heureuse, non, ici ce n’est ni banal ni heureux, c’est même carrément violent et ce dès le début. Et puis ensuite, autant le dire tout de suite, rien ne s’arrange bien au contraire puisque ce n’est rien de moins que l’apocalypse qui survient.

    Sandrine Collette livre ici un roman post-apocalyptique. Le lecteur suit le protagoniste principal sur des chemins désolés et à travers des villes en ruine. Et puis après le road-trip apocalyptique vient le temps de l’installation et de l’organisation pour la survie. C’est un roman plutôt très noir, à ne pas lire les soirs de déprime.

    L’écriture de l’écrivaine est impeccable et au fil du récit on découvre le meilleur mais aussi le pire de l’être humain qui se révèle dans des circonstances dramatiques. J’ai été hypnotisé par ce roman, par cette histoire, par cette écriture. Il y a bien quelques longueurs par-ci par-là mais rien de dérangeant puisque le faux rythme installé nous immerge encore plus profondément dans ce monde ravagé.

    Une franche réussite donc que ce roman post-apocalyptique et la plume de Sandrine Collette est une belle découverte à côté de laquelle il ne faut pas passer.

    Ma note : 4,5/5

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    yves MONTMARTIN sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    "Un môme, au fond, cela pouvait s'effacer comme un trait de craie sur un tableau. Il suffisait d'un bon chiffon."

    Ce nouveau roman de Sandrine Collette est comme le dirait Muriel Robin : « noir, noir, complètement noir ».

    Marie ne voulait pas savoir de qui était la petite saloperie qui lui...
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    "Un môme, au fond, cela pouvait s'effacer comme un trait de craie sur un tableau. Il suffisait d'un bon chiffon."

    Ce nouveau roman de Sandrine Collette est comme le dirait Muriel Robin : « noir, noir, complètement noir ».

    Marie ne voulait pas savoir de qui était la petite saloperie qui lui poussait dans le ventre, elle voulait juste s'en débarrasser. Mais Augustine, la grand-mère l'a empêchée de se débarrasser du petit quand il n'était qu'une goutte de pisse. le petit est ballotté de maison en maison, puis Marie l'emmène chez Augustine, dans les forêts, un territoire à part, charnu d'arbres centenaires, un endroit maléfique disaient certains. Corentin va s'habituer à cette vie, et petit à petit à cette arrière-grand-mère qui l'aime à sa façon, sans câlins, sans baisers, une sorte de douceur âpre, de rugosité bienveillante. Il y a aussi Mathilde, son premier amour d'enfant. À dix-huit ans, il part pour la ville, absorbé par elle. Ils sont douze, une tribu, un clan passant leurs soirées à boire dans les catacombes. Un jour, un souffle est venu, enflammant tout sur son passage, tout est devenu cendres. le jour ne se lèvera plus jamais, alors Corentin n'a plus qu'une idée rejoindre les forêts et retrouver Augustine.

    Sandrine Collette nous entraîne à la suite de Corentin dans une errance post-apocalyptique, dans un paysage lunaire. La désolation, une absence de couleurs, tout est gris, ou couleur sang, le bruit aussi a disparu.
    Nous ne saurons rien de l'origine de cette catastrophe, mais Sandrine nous délivre habilement un message très actuel :
    « Les avertissements lancés pendant des années, la Terre se réchauffait. Les animaux avaient souffert en premier de ces changements, des espèces avaient déjà disparu, mais pas un homme ne s'était dit qu'après se serait son tour, ou ils avaient été si peu nombreux, on leur avait coupé la parole. »

    Nous voilà donc projetés dans un monde où il n'y a plus rien, où la priorité pour les survivants est de survivre, il n'y a plus de graines à planter, manger non par plaisir, mais pour durer. Mais la tentation de vivre surpasse tout.
    J'ai bien aimé la façon dont Sandrine Collette nous emmène dans son univers sombre sur fond de désastre écologique, mais ce roman est aussi une réflexion sur la réalité virtuelle du bonheur que nous offre notre société de consommation à outrance où tout est abondance et gaspillage :
    « Était-ce vraiment terrible un monde dans lequel les enfants devenus adultes restaient légers et futiles, émerveillés d'un rien, sans responsabilité, sans pression, sans angoisse, est-ce que ce n'était pas une forme de joie ? »

    Un retour à la vie sauvage fait de solitude et l'obsession que tout renaisse, une plume précise et vivante pour décrire un monde où tout est mort, une nature devenue hostile. Sandrine Collette a vraiment le don de mettre en scène des personnages attachants dans une atmosphère et une ambiance obscures. Et si finalement l'avenir dépendait vraiment des enfants…
    "il pensa aux bébés endormis dans le lit avec Mathilde. le monde se remettait lentement en marche. Le monde avait un avenir."

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    Couverture du livre « Et toujours les forêts » de Sandrine Collette aux éditions Lattes

    Madame Tapioca sur Et toujours les forêts de Sandrine Collette

    L'apocalypse selon Collette

    La nature fait partie des romans de Sandrine Collette. En entamant son dernier roman, il était évident pour moi qu'elle y tiendrait encore une place importante mais je n'avais pas du tout anticipé qu'elle y serait sous cette forme. Elle éradique la nature, elle...
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    L'apocalypse selon Collette

    La nature fait partie des romans de Sandrine Collette. En entamant son dernier roman, il était évident pour moi qu'elle y tiendrait encore une place importante mais je n'avais pas du tout anticipé qu'elle y serait sous cette forme. Elle éradique la nature, elle l'anéantie, elle l'ensevelie, elle remet les pendules à l'heure en nous rappelant que nous devons en prendre soin. Et elle donne une idée de la dimension humaine : minuscule.

    Comme souvent on entre dans son livre en étant plongé dans un monde sans référence historique ni géographique, où les personnages évoluent comme mus par un destin implacable. Dans ce roman c'est encore plus vrai que dans les précédents car Sandrine Collette imagine un monde post apocalypse. Que s'est-il passé pour que notre monde ne soit plus qu'une relique? pas de réponse et ce n'est pas important. L'important c'est qu'il n'y a plus de vie animale, plus de vie végétale. Il n'y a que des cendres, des pluies qui brûlent et de l'eau qui empoisonne.
    Corentin fait partie des survivants. Il va retourner chez sa grand-mère dans les Forêts et tenter de continuer à vivre.

    Si le sujet surprend, l'écriture de Sandrine Collette n'est pas en reste. On a l'impression qu'elle adapte sa plume à son propos. Les phrases sont courtes, sèches, à la limite du télégraphique, on est dans l'urgence, dans une course. Et sans surprise on lit très vite, on enchaine les pages sans pouvoir s'arrêter.

    Gênée le temps de quelques pages par une oppressante comparaison avec La route de Cormac Mcarthy qui ne voulait pas lâcher mon petit cerveau , je me suis finalement laissée emporter par ce récit de peu d'action, de peu de personnages, de peu de dialogues mais de beaucoup de talent et dans lequel parvient à percer une infime lueur d'espoir.