Bakhita

Couverture du livre « Bakhita » de Véronique Olmi aux éditions Albin Michel

4.769230769

13 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226393227
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise,... Voir plus

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Enlevée à sa famille à l’âge de 7 ans dans son village du Darfour afin d’être vendue comme esclave, Bakhita a vécu l’innommable durant son enfance.

    Son incroyable destinée la conduira jusqu’en Italie où la jeune soudanaise sera rachetée par un consul. Après un procès lui permettant de...
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    Enlevée à sa famille à l’âge de 7 ans dans son village du Darfour afin d’être vendue comme esclave, Bakhita a vécu l’innommable durant son enfance.

    Son incroyable destinée la conduira jusqu’en Italie où la jeune soudanaise sera rachetée par un consul. Après un procès lui permettant de retrouver sa liberté, elle deviendra religieuse jusqu’à sa mort en 1947 et sera ensuite canonisée par Jean-Paul II.

    J’ai été emportée et révoltée par la vie de cette femme hors du commun. Une personne qui force l’admiration par son humilité alors qu’elle a vécu les pires tortures.

    Les pages ont défilé à toute allure et j’ai été bouleversée par l’écriture de Véronique Olmi. Ses mots sont beaux, justes et le récit est intense.

    Un roman riche qui nous dévoile tout un pan de l’Histoire de l’esclavage. Bakhita sera sans conteste l’une de mes lectures les plus fortes de cette année.

    Un portrait vibrant et inoubliable qui nous est livré par la magnifique plume de Véronique Olmi. Même si Bakhita a vécu l’indicible, elle m’a ébranlée par son courage et son humanité. Une lecture bouleversante pour une destinée extraordinaire.

  • 0.25

    « Car c’est partout la même histoire, une répétition de la violence, le feu des fusils et des torches, le feu qui prend les cases et les gens dans les cases, le feu qui dévore les bêtes, les arbres et les champs, le feu qui court plus vite que la vie. »
    Je commence rarement mes recensions par...
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    « Car c’est partout la même histoire, une répétition de la violence, le feu des fusils et des torches, le feu qui prend les cases et les gens dans les cases, le feu qui dévore les bêtes, les arbres et les champs, le feu qui court plus vite que la vie. »
    Je commence rarement mes recensions par un extrait du livre, mais j’ai envie de partager ce rythme si particulier que Véronique Olmi donne à cette histoire exceptionnelle.
    L’auteure a réussi a imprimé cette sensation que ses mots courent comme le feu, tantôt ils vous brûlent, tantôt ils vous réchauffent, toujours il y a cette répétition de mouvement qui cadence la vie jusqu’à la mort. Cette lecture est avant tout une alchimie parfaite entre les mots et les images qui encerclent celui qui lit l’histoire de Bakhita, petite fille de 7 ans à la fin du XIX℮ siècle qui fut enlevée à sa famille et sa fratrie pour être mise en esclavage et changer plusieurs fois de maître.
    Bakhita raconte ce qu’elle vit (même si l’on sait que l’auteure a comblé les vides) et à son âge si elle a survécu à ces atrocités c’est probablement parce qu’elle a réussi à se dissocier des évènements.
    Les horreurs subies par cette petite fille était chose courante, ce qui ne l’est pas, c’est son destin.
    Elle a perdu jusqu’à son prénom, Bakhita est celui donné par ses ravisseurs et signifie « la chanceuse », triste ironie.
    « Bakhita comprend qu'on peut tout perdre, sa langue, son village, sa liberté. Mais pas ce que l'on s'est donné. On ne perd pas sa mère. Jamais. C'est un amour aussi fort que la beauté du monde, c'est la beauté du monde. Elle porte la main à son cœur, et elle pleure, des larmes de consolation. Elle a si peur de la perdre. »
    Dans cette période elle a une petite compagne Binah, elles vont se tenir la main mais seront séparées.
    Pendant ces deux années dans la maison serpent elle va servir de jouet à deux fillettes et d’objet sexuel au fils. Mais tout passe, tout casse, tout lasse et elle sera vendue à nouveau, cette fois elle ira vivre chez un militaire.
    Une fois de plus « Elle quitte la maison serpent sans rien emporter, aucun objet, pas même une pierre, un peu de terre, une parole, un au revoir, un regard. Rien. Que la peur de l’inconnu, et cette impureté que tout le monde, elle en est sûre, voit dans son regard baissé, sa respiration minuscule, et dans sa voix qui a changé, si basse, et qui chante faux maintenant, déraille et divague. »
    Bakhita une fois encore va être livrer à des femmes oisives et totalement perverses…
    Mais tout a une fin. Sa route jonchée de morts va la mener vers d’autres horizons lorsqu’elle croise celle d’un consul italien. Au départ de cette nouvelle vie elle se heurte au plus terrible des murs celui de la mémoire effacée. Elle ne sait plus son village, son nom, sa famille, son dialecte tout ce qui a nourri la petite fille jusqu’à ses sept ans. Le choc est immense et elle doit faire à nouveau face.
    Cette souffrance-là va être autrement plus difficile à surmonter que les horreurs physiques qu’elle a vécues.
    Une nouvelle fois, après deux années au service du consul Calisto Legnani, alors que sa vie s’est adoucie, il y a changement, le consul va rentrer en Italie. Pour lui pas question d’emmener ses esclaves. Il en aura fallu de l’audace à Bakhita pour infléchir cette décision et faire partie de ce voyage.
    Son sentiment de déchirure sera extrême, comme un tsunami qui emporterait tout sur son passage.
    Et cela se révèle dans les faits avec la chute de Khartoum le 26 janvier 1885, après son passage avec le Consul.
    Sous la plume de Véronique Olmi le lecteur voit Bakhita découvrant le vaste monde, et se révéler, car en elle sont gravées la douceur et la force.
    Seulement, « ça n’est pas fini, l’esclavage. C’est simplement plus lent et moins bruyant. »
    Moins bruyant ? que le cri retentissant que pousse les italiens en voyant un être humain à peau noire pour la première fois.
    Le consul offre Bakhita à la femme d’un ami comme il lui aurait offert un coupon de tissu et la laisse sans se retourner.
    La femme en question est despotique et se servira de la petite fille qu’elle aura et dont Bakhita sauvera la vie, pour entraver cette dernière par les liens affectifs qui se créent entre l’esclave et l’enfant. Cependant l’intendant de ce couple, Stefano, va adopter cette Moretta et va vouloir la protéger grâce à la religion. La famille de Stefano sera une bulle de liberté et de normalité dans leurs relations. C’est grâce à sa persévérance que Bakhita entre au couvent à Venise. Sa vie va prendre un tour inattendu. En effet Bakhita la dévouée, va dire NON pour la première fois et ne voudra pas sortir de ce couvent, elle ira jusqu’à vouloir épouser Dieu. Cela donnera un procès retentissant, qui, fort heureusement, conclura qu’en Italie l’esclavage n’existe plus et que Bakhita est libre. Si sa vie changeait environ tous les deux ans, là elle va pouvoir se poser cinq ans. A part, elle est et restera. Elle sera envoyée, dans un institut pour orphelines, pour user de ses talents de ménagères. Mais son rôle ira bien au-delà, car les enfants se reconnaissent en elle. Cette vie-là, elle la passera à apaiser, soutenir et conduire les autres plus loin sur leur route.
    Arrivée à la fin de ma lecture, j’ai beaucoup de difficultés à lâcher la main de Bakhita qui a tenu celle de Véronique Olmi jusqu’au bout. Dans la première partie l’écriture est sèche, phrases courtes, qui claquent comme des coups de fouets. Le lecteur ressent dans sa chair les atrocités subies par cette petite fille. Dans la seconde partie, les phrases se délient, ont le souffle du vent au printemps, froid au début puis de plus en plus doux, apaisant.
    Bakhita tient-elle la main de l’auteur pour nous dire que l’esclavage n’est pas fini, que les regards doivent se déciller.
    Il y a plus de 21 millions de personnes maintenues en esclavage dans le monde contre 13 millions durant les 350 années du trafic. Cela génère beaucoup d’argent.
    Alors cette petite fille qui a vécu plusieurs vies et qui n’a pas retrouvé son prénom n’oublions pas que ce n’est pas une icône mais une enfant devenue adulte avec un corps ayant gardé des cicatrices et une âme cherchant ses origines encore et toujours jusqu’au jour de sa mort, un manque jamais comblé.
    Elle restera ce cœur qui bat comme celui d’un petit oiseau.
    Une histoire à méditer.
    Bakhita 1869-8 février 1947.
    ©Chantal Lafon- Litteratum Amor 21 novembre 2017.

  • 0.2

    Dans une période chanceuse, j'ai récemment gagné ce roman grâce à Babelio et pu enfin découvrir le roman dont tout le monde parlait, Bakhita. Sortie retentissante de la rentrée littéraire, c'est pour moi le premier roman de Véronique Olmi entre mes mains. Recevoir un livre de cette rentrée,...
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    Dans une période chanceuse, j'ai récemment gagné ce roman grâce à Babelio et pu enfin découvrir le roman dont tout le monde parlait, Bakhita. Sortie retentissante de la rentrée littéraire, c'est pour moi le premier roman de Véronique Olmi entre mes mains. Recevoir un livre de cette rentrée, super, mais découvrir une auteure, encore mieux! Au risque d'en décevoir certains, j'avoue qu'au début il a fallu me familiariser avec l'écriture de l'auteur qui est à la fois imagée et descriptive. Mais vite je me suis laissée embarquer par cette histoire inspirée d'un personnage réel, à la vie folle, entre détresse et quête d'amour. 

    Née à Olgossa au Darfour vers 1869, Bakhita ne s'appelle pas encore Bakhita. Cette petite fille vit une existence heureuse dans son village auprès des siens, où les chants se mêlent au travail de la terre. Malgré tout, la méfiance s'est installé dans les cœurs suite à une razzia qui laisse le village traumatisé, compter les morts et les disparus. Kishmet, sœur aînée de Bakhita compte parmi les kidnappés. A six ans, c'est malheureusement à son tour de subir le même sort et connaître les affres de l'esclavage. Marches forcées, violences et abus rythmes le quotidien de cet enfant tout comme amitié et volonté. Jusqu'à sa rencontre avec le consul Italien à Khartoum qui change le cours de sa vie pour l'emmener en Italie. Là-bas, elle y connaîtra l'amour et la foi, y croisera des regards apeurés mais aussi la politique et la guerre.

    De l'esclavage, beaucoup de romans en sont sortis. Attachée à l'Histoire de la Réunion le sujet ne m'est pas inconnu mais écrit avec tellement de force et de sensibilité comme Véronique Olmi, très peu. Le dur récit de cette période met toute l'horreur de la situation à la lumière de la plume de l'écrivain qui tente d'apaiser la réalité de la souffrance. Divisé en deux parties, tout d'abord de l'esclavage à la liberté puis de la liberté à la sainteté, y ressort plusieurs thématiques. Le temps de l'enfance avec l'arrachement et la désillusion, le temps de l'espoir comme celui de l'attachement et du renoncement. La question identitaire prend évidemment une place centrale mais aussi l'éducation qui entraîne le retournement culturel avec la domination de la religion comme source de réconfort.

    Entre épisodes cruels et douloureux qui m'ont franchement glacés le sang, et poésie de petits rien, le cœur palpite à la lecture d'un personnage réel, victime des atrocités de pratiques censées révolues mais malheureusement encore d'actualité. N'apprendrons-nous jamais du passé? En évoquant les époques pour décrire un climat social et politique, Véronique Olmi en dénonce les dérives qui, finalement n'ont pas disparues mais se sont adaptées. 

    Sous couvert d'un portrait riche, passionné et sincère, la romancière évoque l'espoir sous forme d'amitié et d'amour. Cet amour, source à la fois de nostalgie et de fantasme, nourri Bakhita, comble cette peur de l'abandon pour enfin lui apparaître comme un refuge, tout d'abord auprès des enfants puis de Dieu. Mais quelques soient les épisodes de sa vie elle sera toujours considérée et associée à sa couleur de peau ainsi qu'à l'esclavage et c'est en ce sens que ce récit est bouleversant. A l'image de son langage, fait de dialectes différents, elle est et sera toujours Bakhita, la Moretta (la noire) et ce depuis qu'elle a oublié son vrai nom comme un synonyme de rupture des siens. 
    Pas un coup de cœur à la différence de la plupart des lecteurs mais il est vrai qu'on ne peut oublier de sitôt cette histoire qui illustre la vie de tant d'autres. Parfois un peu décousu, des passages de longues à de très courtes phrases pouvant déstabiliser, l'écriture est vite rattrapée par le style imagé qui raisonne encore dans l'esprit. Plus attirée par la première partie que la seconde plus ennuyeuse, ce roman reste toutefois vibrant et brillant.
    http://bookncook.over-blog.com/

  • 0.25

    Un livre excellent, inoubliable. Plus qu’un roman car Bakhita a existé. Veronique Olmi raconte la vie de cette esclave puis sainte avec un souffle épique. Au début certains passages sont d’une grande violence. Mais il n’y a pas de pathos et de façon générale pas de fausse note dans ce...
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    Un livre excellent, inoubliable. Plus qu’un roman car Bakhita a existé. Veronique Olmi raconte la vie de cette esclave puis sainte avec un souffle épique. Au début certains passages sont d’une grande violence. Mais il n’y a pas de pathos et de façon générale pas de fausse note dans ce livre.
    http://www.envies-de-livres.fr/2017/10/bakhita-veronique-olmi.html?m=1

  • 0

    L'oeuvre d'Olmi est historique, c'est également une belle fiction. L'histoire de Bakhita nous plonge au XIXe siècle, au moment de l'assaut des Européens en Afrique. Nous sommes en effet vers 1880, début véritable de l'ere sur le continent. Cette oeuvre montre que, comme la Saison de l'ombre de...
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    L'oeuvre d'Olmi est historique, c'est également une belle fiction. L'histoire de Bakhita nous plonge au XIXe siècle, au moment de l'assaut des Européens en Afrique. Nous sommes en effet vers 1880, début véritable de l'ere sur le continent. Cette oeuvre montre que, comme la Saison de l'ombre de L. Miano, les Africains ont une part active de responsabilité dans la colonisation du peuple noir.
    Ce sont au fait des négriers qui enlèvent la jeune Bakhita au Soudan, pour la revendre aux Européens. L'oeuvre aussi montre une autre facette de l'immigration, celle où l'arrivée des migrants devaient participer à la vie des pays d'accueil et non celle où ils sont victimes.
    Bakhita Italie est touchée par la grâce et fini canonisée.
    Ce roman est aussi intéressant dans le sens où l'auteure utilise des images, des comparaisons, des anaphores pour tenter de nous restituer la douleur, la vie, la joie de Bakhita.
    Merci.

  • 0.25

    Véronique Olmi nous conte l'histoire bouleversante de Bakhita. Une femme au destin incroyable.

    Née en 1869, elle a 7 ans lorsqu'elle est razziée dans son village natal du Soudan. Elle est enlevée par des négriers musulmans. Elle devra endurer l'insupportable, trouvera une énergie et une...
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    Véronique Olmi nous conte l'histoire bouleversante de Bakhita. Une femme au destin incroyable.

    Née en 1869, elle a 7 ans lorsqu'elle est razziée dans son village natal du Soudan. Elle est enlevée par des négriers musulmans. Elle devra endurer l'insupportable, trouvera une énergie et une force pour vivre incroyables. Imaginez, mais c'est presque inimaginable, des conditions de vie innommables, l'isolement, la crasse, la peur, la douleur, les longues marches attachée aux fers. Garder l'espoir grâce à Binah, sa compagne de misère avec qui elle sera vendue. L'espoir par la fuite, l'espoir de retrouver sa soeur Kishmet vendue bien avant elle...

    Les coups, la souffrance.. L'arrivée au harem. Elle a moins de douze ans, sort à peine de l'enfance et a déjà tout enduré : torture, scarification, abus et violence, elle a vu des soeurs mourir, périr de souffrances abominables.

    Vendue pour la cinquième fois à un consul italien, cette rencontre décisive va changer sa vie et la mener en Italie.

    Bakhita c'est le don pour l'autre, elle a une compassion sans faille, elle rencontrera Stefano qui veut l'adopter, lui donner une éducation. Elle ira étudier chez les soeurs Cannassiennes de Venise, elle y rencontrera la foi, "l'illumination".

    Celle que l'on nommera "La Moretta" accepte son sort, elle donnera sa vie à Dieu et aux autres. Tour à tour esclave, captive, domestique, religieuse et sainte.

    Un destin hors du commun qui nous parle de l'esclavage, de la société, de l'Histoire majuscule avant l'avènement du fascisme, du Duce, des guerres mondiales.

    Une plume magnifique, un récit qui se partage en deux parties : Le Soudan, l'enfance et les horreurs subies par la fillette dans le monde de l'esclavagisme et son parcours vers la foi, sa vie de religieuse, dévouée toujours aux autres jusqu'à sa sainteté.

    L'écriture est poétique même si la noirceur, la violence de la première partie est parfois insoutenable. La narration est magnifique, une plume très visuelle dégageant énormément d'humanité. Un récit lumineux. C'est sans conteste mon troisième gros coup de coeur de cette rentrée.

    Coup de coeur ♥♥♥♥♥

    Les jolies phrases

    Pour qu'une histoire soit merveilleuse, il faut que le début soit terrible, bien sûr, mais que le malheur reste acceptable et que personne n'en sorte sali, ni celle qui raconte, ni ceux qui écoutent.

    Il y aura toujours en elle deux personnes : une à la merci de la violence des hommes, et l'autre, étrangement préservée, qui refusera ce sort. La vie mérite autre chose. Elle le sait.

    Elle ne comprend pas la phrase, elle comprend le sentiment. Et c'est comme ça que dorénavant elle avancera dans la vie. Reliée aux autres par l'intuition, ce qui émane d'eux elle le sentira par la voix, le pas, le regard, un geste parfois.

    C'était un mystère et un espoir, c'était surtout une envie de vivre encore, l'interstice par lequel passe la dernière force humaine, avec la certitude fulgurante et violente de ne pas être totalement seule.

    Pourtant, traitées comme des bêtes, maltraitées par les bêtes, enfermées, piétinées, attachées, leur personnalité, leurs rêves, et même une partie de leur innocence, ce qu'ils sont, demeurent.

    La vie était un carnaval aux masques trompeurs, à la joie factice, une fête susceptible de si vite s'interrompre.

    C'était un monde clos, peuplé de maîtresses et d'esclaves, toutes vivaient ensemble et toutes étaient captives.

    Être nue à Olgossa était aussi naturel que l'herbe dans le vent, être vêtue d'un simple pagne dans la maison du maître est une honte permanente.

    Bakhita comprend qu'on peut tout perdre, sa langue, son village, sa liberté. Mais pas ce que l'on s'est donné. On ne perd pas sa mère. Jamais. C'est un amour aussi fort que la beauté du monde, c'est la beauté du monde. Elle porte la main à son coeur, et elle pleure, des larmes de consolation. Elle a si peur de la perdre.


    Mais elle ne sait pas écrire. Et tous autour d'elle parlent des langues nouvelles, les mots sont comme les pays sur la carte, changeants et lointains, elle ne peut les relier à aucun des sentiments qui l'habitent, et elle s'isole dans cette incertitude.

    L'esclavage ne s'efface pas. Ce n'est pas une expérience. Ça n'appartient pas au passé. Mais si elle a le droit d'être aimée, alors ce jour qui vient est sa récompense. Elle a marché jusqu'à ce jour. Elle a marché des années. Marché jusqu'à el Paron. Pour ne plus jamais obéir à d'autres ordres, ne plus jamais se prosterner devant d'autres maîtres.

    Elle a la force maintenant pour aimer les autres. Maintenant que sa vie est dans des mains plus hautes.

    Elle voudrait leur dire comme la vie est rapide, ce n'est qu'une flèche, brûlante et fine, la vie est un seul rassemblement, furieux et miraculeux, on vit on aime et on perd ceux que l'on aime, alors on aime à nouveau et c'est toujours la même personne que l'on cherche à travers toutes les autres.


    https://nathavh49.blogspot.be/2017/10/bakhita-veronique-olmi.html

  • 0.25

    Bakhita est inspiré de la vie de Sainte Guiseppina Bakhita, religieuse d'origine soudanaise première Africaine canonisée par le pape Jean-Paul II. Bakhita signifie « la chanceuse », mais l’est-elle cette enfant qui au seuil d’une vie heureuse et choyée par sa mère et de sa fratrie, dans son...
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    Bakhita est inspiré de la vie de Sainte Guiseppina Bakhita, religieuse d'origine soudanaise première Africaine canonisée par le pape Jean-Paul II. Bakhita signifie « la chanceuse », mais l’est-elle cette enfant qui au seuil d’une vie heureuse et choyée par sa mère et de sa fratrie, dans son village du Darfour, va être enlevée puis vendue comme esclave ?
    Elle a tout juste 7 ans et sa sœur a déjà été emportée lors d’une razzia dont sont coutumiers les négriers musulmans, marchands d’esclaves par tradition. Elle sera vendue plusieurs fois, ira de souffrance en souffrance, d’abandon en séparation, mais toujours elle aura cette force en elle qui lui a permis de vivre, belle et invincible. Peut-être portée par cette enfance choyée, aimée, insouciante, par l’oubli de son prénom également, qui marque à jamais la perte des siens.
    Elle connaitra les chaines, la violence, physique et mentale, l’abandon, l’oubli. Souffre-douleur de ceux à qui elle est offerte, objet sexuel et creuset des souffrances, torturée et scarifiée, elle saura survivre en regardant la lune, le ciel, les étoiles, souvenir du bonheur quotidien et familial. Jusqu’à sa rencontre avec le consul italien, qui va bouleverser sa vie.
    Bakhita est un roman émouvant, à l’écriture visuelle et sensuelle, ni revancharde, ni pleurnicheuse, avec toujours une grande justesse de mots et de sentiments. J’ai été émue par ces mots qui font comprendre que l’on peut porter très haut un flambeau d’espérance.
    https://domiclire.wordpress.com/2017/10/28/bakhita-veronique-olmi/

  • 0.2

    " Elle avance dans la vie reliée aux autres par l'intuition, elle sait ce qui émane d'eux, par la voix, le pas, le regard, un geste."
    Elle ne sait pas comment elle s’appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c’est ce...
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    " Elle avance dans la vie reliée aux autres par l'intuition, elle sait ce qui émane d'eux, par la voix, le pas, le regard, un geste."
    Elle ne sait pas comment elle s’appelle, elle a laissé son prénom au bord de la rivière. Elle voit les deux hommes, elle ne se méfie pas. Une fillette c’est ce qui se vend le plus cher, ils voient qu’elle est belle, une beauté de harem. Ils lui disent qu’elle se nomme Bakhita, son nouveau nom, elle entre dans le monde de la violence et de la soumission. Bakhita comprend que la fuite est du temps perdu, le monde des esclaves est le sien maintenant. L’argent circule, un nouveau maître à chaque fois, l’esclave une espèce animale qu’il faut dompter.

    Dans la première partie de ce roman il y a des scènes terribles, l’écriture toute en retenue de Véronique Olmi ne nous épargne cependant aucune horreur. Le monde de l’esclavage où l’on ne sait plus où sont les vivants et les morts, où la vie n’a aucune valeur et seule la mort peut soulager. Nous suivons Bakhita pendant plusieurs mois de marche à travers le soudan, les coups qui arrachent la chair, un quart des esclaves meurt en route. L’auteur nous entraîne à sa suite à Khartoum, le Nil, la mer rouge, le canal de Suez, la méditerranée, et enfin l’Italie, un pays où les femmes sans enfants ne sont pas répudiées, où les femmes peuvent sortir seules et sans voile.

    Elle ne sait pas qu’elle est enfin arrivée chez elle, que son corps objet de profit et de tant de violences va lui être rendu. L’histoire vraie d’une âme simple et sensible, elle a vu le diable, maintenant elle veut voir Dieu. Elle veut devenir la fille d’un père qui ne l’abandonnera jamais. Cette seconde partie Véronique Olmi la rend plus douce malgré l’évocation de Mussolini et du fascisme où les races inférieures, les nègres et les juifs menacent la pureté du pays.

    Un récit inhumain rempli d’humanité. Un livre lumineux comme Bakhita l’esclave devenue sainte. Véronique Olmi nous livre une très belle évocation d’une personne humble et discrète. Et une fois ce roman refermé, le lecteur ne sait plus si l’émotion ressentie tout au long de sa lecture vient du talent de Véronique Olmi ou tout simplement de tout ce que la vie de Bakhita nous inspire, sûrement un peu des deux.

  • 0.25

    C’est l’un des romans incontournable de la rentrée littéraire 2017 ! Et c’est grandement justifié ! Un livre qu’il faut absolument lire…
    C’est un magnifique roman, tellement bien écrit, qu'il ne faut pas passer à côté de cette terrible histoire...Elle nous bouleverse et à la fois, elle est ...
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    C’est l’un des romans incontournable de la rentrée littéraire 2017 ! Et c’est grandement justifié ! Un livre qu’il faut absolument lire…
    C’est un magnifique roman, tellement bien écrit, qu'il ne faut pas passer à côté de cette terrible histoire...Elle nous bouleverse et à la fois, elle est incroyable.
    Comment ne pas être touchée par l’histoire de cette petite fille de 7 ans, enlevée et vendue comme esclave. Les coups, les humiliations, les privations qu’elle subit ainsi que ces camarades nous bouleverse. Toutes ces horreurs révélées, nous font souffrir…car nous savons pertinemment que cela a existé ! C’est difficile à lire, il y a tant de cruauté, mais malgré tout, nous sommes happées par Bakhita que nous suivons page par page… presque une biographie !
    Un très beau roman, une pépite qu’il faut lire, et faire partager à son entourage.

  • 0.25

    Si l'on m'avait dit que lire une histoire de sainte me mettrait dans un tel état, je n'y aurais pas cru. Eh bien, c'est chose faite avec Bakhita qui a littéralement épuisé ma réserve de mouchoirs en papier. Attention, il n'y a aucune ironie dans mes propos et je ne veux pas dire que c'est un...
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    Si l'on m'avait dit que lire une histoire de sainte me mettrait dans un tel état, je n'y aurais pas cru. Eh bien, c'est chose faite avec Bakhita qui a littéralement épuisé ma réserve de mouchoirs en papier. Attention, il n'y a aucune ironie dans mes propos et je ne veux pas dire que c'est un livre à l'eau de rose, mélo à souhait, non, pas du tout, Bakhita est tout simplement un texte magnifique, d'une pure beauté, à l'image de la femme dont il peint la destinée. C'est un roman qui m'a complètement transportée, profondément bouleversée grâce à la langue de Véronique Olmi qui a su exprimer à la fois avec beaucoup de puissance et beaucoup de pudeur toutes les souffrances de Bakhita et la terrible et semble-t-il infinie violence des hommes.
    Il est d'ailleurs difficile d'imaginer toute la violence que peut subir une jeune esclave enlevée enfant à sa famille habitant un petit village du Darfour, vendue par les uns, achetée par les autres, violée, battue, mal nourrie, assoiffée, obligée de marcher enchaînée sur des kilomètres en plein désert, de dormir au sol piétinée par des bêtes, contrainte d'assister à des scènes insoutenables de torture ou de meurtre et de se séparer toujours des êtres auxquels elle parvient à s'attacher.
    Une vie en forme de chemin de croix...
    La mort à côté est presque un soulagement, mais de la mort, Bakhita (« la chanceuse » surnommée ainsi par ses ravisseurs musulmans - quelle ironie !) n'en veut pas et toujours, elle s'accroche à la moindre petite étincelle qui la retient à la vie, aussi ténue soit elle.
    Ces moments fugaces où elle regarde le ciel, la lune, les étoiles, contemple la beauté du monde, repense à sa famille, celle qui lui a donné un nom maintenant oublié, sont magnifiques et très émouvants. Purs moments de grâce, petites fenêtres qui lui permettent d'échapper par l'esprit, très ponctuellement, à l'enfer de sa vie, à l'inhumanité qui fait son quotidien. Quelle fascinante force mentale...
    C'est en visitant l'église Saint-Jean-Baptiste à Langeais, ville près de laquelle Véronique Olmi possède une maison, que cette dernière découvre, à travers quelques photos, Bakhita. Elle est littéralement happée par ces portraits au point qu'elle abandonne le livre qu'elle était en train d'écrire et se lance dans des recherches qui vont la conduire à la rédaction de ce très beau roman.
    Bakhita née et enlevée au Darfour en 1876 finira par échapper à ses nombreux tortionnaires en étant achetée par le consul italien de Khartoum, Calisto Legnani, qui va l'emmener en Italie où, après moult péripéties (car être noire en Italie, à cette époque, c'est être le diable), elle deviendra religieuse. Elle sera canonisée le 1er octobre 2000 par Jean-Paul II.
    Ce roman fait ainsi le portrait d'une femme inoubliable, pleine d'humanité, dévouée corps et âme aux autres, se donnant sans compter jusqu'à la fin de son existence. C'est aussi une femme immensément amoureuse de la vie, ce qui lui a donné cette force extraordinaire, cette capacité de supporter la douleur, la souffrance.
    Bakhita est aussi un livre qui nous rappelle que l'esclavage existe encore, que ce qu'a vécu cette femme, certains (es) - et ils/elles sont nombreux(ses) : quarante-six millions de personnes dans le monde ! - le vivent aujourd'hui, ne l'oublions surtout pas.
    Enfin, Bakhita est aussi l'histoire d'une époque terrible - finalement, toutes les époques ne le sont-elles pas ?- où se mêlent esclavage, colonialisme, racisme, nazisme, fascisme et la pauvre Bakhita, à peine sortie de l'horreur la plus complète, replonge dans la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences désastreuses. Elle a à peine le temps de respirer un peu que le pire, de nouveau, est là. Quel destin terrible...
    Pour moi, tout ça vaut bien un prix Goncourt, non ?

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

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