Bakhita

Couverture du livre « Bakhita » de Véronique Olmi aux éditions Albin Michel
  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226393227
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise,... Voir plus

Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l'esclavage. Rachetée à l'adolescence par le consul d'Italie, elle découvre un pays d'inégalités, de pauvreté et d'exclusion.
Affranchie à la suite d'un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte. Avec une rare puissance d'évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d'âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu'elle soit razziée.

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  • Cela commence dans un petit village au cœur de l’Afrique, au Darfour. Elle était belle. Sa mère avait onze enfants. Elle a dû naître en 1869, à peu près. Elle a cinq ans, une sœur jumelle qui n’est plus là et Kishmet, sa grande sœur de 14 ans, mariée, un enfant. Soudain, le feu, les fusils ! Ils...
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    Cela commence dans un petit village au cœur de l’Afrique, au Darfour. Elle était belle. Sa mère avait onze enfants. Elle a dû naître en 1869, à peu près. Elle a cinq ans, une sœur jumelle qui n’est plus là et Kishmet, sa grande sœur de 14 ans, mariée, un enfant. Soudain, le feu, les fusils ! Ils ont pris Kishmet et les jeunes surtout : « Les garçons pour les armées, les filles pour le plaisir et la domesticité. » Cette vie qui commence, sombre dans le drame et la douleur, ce que raconte superbement Véronique Olmi (photo ci-dessous), dans Bakhita.

    Deux années plus tard, elle est prise par deux hommes. Sa vie a basculé définitivement : obligée de marcher, enchaînée, battue, privée de tout. « Elle ne savait pas que l’on pouvait marcher enchaîné et fouetté. »
    Esclaves, ils traversent des villages dans l’indifférence jusqu’à un premier tri. Puis c’est l’évasion, une nouvelle capture, 300 km de marche au centre du Soudan jusqu’à El Obeid où on les soigne pour être vendus. On l’a appelée Bakhita (la Chanceuse !) mais ce n’est pas son vrai nom qu’elle a complètement oublié.
    Ainsi, plongé dans cette lecture hallucinante, passionnante, douloureuse, j’ai suivi Bakhita achetée et devenue servante : « La vie était un carnaval aux masques trompeurs, à la joie factice, une fête susceptible de si vite s’interrompre. » Entre intranquillité et soumission, Bakhita a neuf ans quand elle est violée par Samir, le fils du maître. Battue, humiliée, cantonnée aux tâches les plus dégradantes, jusqu’à cette horrible scarification aux 114 entailles sur le ventre, la poitrine et les bras, supplice ordonné et perpétré par des femmes.
    Achetée par un consul italien, à Khartoum, elle trouve enfin un peu de dignité et décide son maître à l’emmener avec lui en Italie au moment où les Européens fuient le Soudan. Rien n’effacera jamais tout ce qu’elle a subi jusque-là mais Bakhita a 16 ans et, en Italie, elle est le diable noir, la noiraude, la brunette… Les réactions des gens, dans la rue, sont horribles car ils découvrent pour la première fois, une personne à la peau noire.
    La vie italienne de Bakhita n’est pas de tout repos. Celle qu’on appelle la Moretta n’est pas libre. Maria Michieli l’affirme : « Tu es à moi. C’est à moi qu’on t’a donnée. Où as-tu vu une esclave dire non à son maître ? » C’est grâce aux religieuses Canossiennes de Venise qu’elle trouve enfin sa liberté. Aussi, il n’est pas étonnant qu’elle choisisse de rester dans cette congrégation où elle s’épanouit alors qu’elle a vu tant de misère en Italie.
    La vie de Bakhita se poursuit à Schio. La Première guerre mondiale, la montée du fascisme, tout cela est bien décrit alors que l’Église décide d’utiliser Bakhita en lui faisant raconter son esclavage dans toute l’Italie pour récolter de l’argent pour les missions : « Le discours officiel. C’est ce qui se faisait de mieux en Italie, la rassurance et l’espérance passaient par des voix simplistes qui s’adressaient directement aux peurs des peuples, la peur des autres. Ces barbares. »
    Elle qui a vu à nouveau des razzias avec les Juifs emmenés à Auschwitz, est morte le 8 février 1947, à 78 ans, et on en a fait une sainte… Mais c’est sa vie qu’il faut connaître car ce qu’elle a vécu, d’autres le vivent encore dans ce monde qui n’a pas son pareil pour oublier les leçons du passé.
    Bakhita est un livre qui marque. À lire !

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  • http://lechatquilit.e-monsite.com/pages/mes-lectures-2018/bakhita.html

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  • Hello !! Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un thème encore sensible : l’esclavage.

    Je pense que nombre d’entre vous en avez entendu des échos. Car oui, malheureusement l’esclavage (moderne) reste aujourd’hui un système encore fréquent dans certains pays. Dont le Gabon, la côte d’Ivoire, le...
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    Hello !! Aujourd’hui j’aimerais vous parler d’un thème encore sensible : l’esclavage.

    Je pense que nombre d’entre vous en avez entendu des échos. Car oui, malheureusement l’esclavage (moderne) reste aujourd’hui un système encore fréquent dans certains pays. Dont le Gabon, la côte d’Ivoire, le Népal…ou encore la Moldavie.

    Alors quoi de mieux que d’aborder ce thème dans le livre « Bahkita »? Un roman riche en émotions, intense et très émouvant.

    Encore une seule chose à vous dire: accrochez vous, car ce livre en vaut la peine… tant par la violence des mots que des sentiments ressentis.

    Mon avis: Que dire sur ce livre… Il y a tellement de points à aborder.

    En commençant par l’esclavage. Car c’est le principal sujet concerné dans « Bahkita ».

    Mais qui est donc cette petite fille devenue captive, esclave, domestique, sainte puis religieuse? Une enfance dure, traumatisante, intolérable et inhumaine pour une petite fille de 7 ans à peine.

    On peut dire qu’elle est née à la mauvaise période, au mauvais moment dans une Afrique en Guerre à ce moment là. Quoi qu’il en soit, Véronique Olmi a su nous mettre dans l’ambiance, en écrivant d’une manière poétique les scènes parfois « douloureuses », « trop violentes ». Justement, c’est ce qui m’a aidé à prendre du recul et à avancer dans ses moments certes difficiles, mais admirables à surmonter pour cette petite « Bahkita ». L’histoire de « Bahkita » m’a énormément touchée, surtout les parties où elle décrivait les scènes de violences (qui étaient très présentes malheureusement!). Par contre, je n’ai pas trop aimé la fin de l’histoire car Véronique Olmi s’éloignait de Bahkita, elle partait plus sur la guerre et la politique à cette époque et non sur la vie de religieuse de Bahkita ainsi que sur la fin de sa vie. Mais en général, ce fut une belle histoire avec un personnage principal touchant, vivant. « Bahkita » est une personne dotée d’une incroyable humanité, c’est un exemple de sagesse de bonté, tant par sa gentillesse que par sa maturité. De plus, elle a été très courageuse d’avoir pu surmonter tant de souffrances tout au long de sa vie. Oui , j’espère que maintenant, à l’heure qu’il est, que « Bahkita » repose en paix.

    Elle a tant donné de sa personne, elle a fait preuve de bienveillance et a donné de son temps en redonnant le sourire aux gens les plus démunis alors qu’elle avait encore ses démons du passé. Elle ne montrait jamais ses faiblesses, même quand elle était souffrante. Elle ne voulait encombrer personne. Juste montrer un visage calme et paisible, maîtrisée d’elle même.

    Et ce qui est le plus beau, c’est qu’elle ait même réussi à se reconstruire alors qu’elle avait traversé un parcours traumatisant, difficile, insurmontable.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/02/bakhita-de-veronique-olmi.html

    Bakhita ne connait plus son vrai nom, ne sait plus d'où elle vient et a même perdu sa langue maternelle. En 1876, elle a été enlevée à l'âge de sept ans par des vendeurs d'esclaves dans son village du Darfour à...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2018/02/bakhita-de-veronique-olmi.html

    Bakhita ne connait plus son vrai nom, ne sait plus d'où elle vient et a même perdu sa langue maternelle. En 1876, elle a été enlevée à l'âge de sept ans par des vendeurs d'esclaves dans son village du Darfour à l'ouest du Soudan, elle a subi le même sort que sa sœur aînée deux ans plus tôt.

    Après une marche de longs mois dans le désert au sein d'une caravane d'esclaves sous la coupe de négriers qui lui ont donné son nouveau nom, Bakhita "la chanceuse", un moment enfermée avec des brebis, Bakhita lutte pour ne pas sombrer dans la folie et s'accroche à son amie Binah. Cette vie d'esclave aux services de différents maîtres la mène dans un harem, lui fait connaitre les coups, le fouet, la torture et la peur mais Bakhita garde toujours l'espoir de retrouver sa sœur aînée enlevée comme elle. Sa beauté est une malédiction qui s'ajoute à celle de sa jeunesse, elle bénéficie parfois d'une place privilégiée par rapport aux autres esclaves qui travaillent dans les champs mais c'est une place dont la contre partie est lourde.

    Vendue plusieurs fois, elle finit par arriver chez le consul d’Italie, Signore Lignani qui la traite un peu mieux. Puis elle gagne l'Italie où, une fois libre, elle voue sa vie à l'église et devient la Madre Moretta. Elle est canonisée en 2000 par Jean-Paul II.
    Son histoire lui sera finalement volée pour en faire un livre de propagande fasciste en 1931, "histoire merveilleuse" brochure éditée par les catholiques pour donner un exemple de la barbarie de l'Afrique opposée à la grandeur de l'Italie catholique qui a sauvé Bakhita.

    Ce récit n'est pas une biographie de Bakhita, cette ancienne esclave canonisée par le pape, c'est un roman qui tente de retracer le parcours incroyable de cette femme exceptionnelle. Une femme dotée d'une force intérieure impressionnante, de ressources inépuisables, une petite fille qui avait la capacité de s'imaginer ailleurs, de faire vivre un oiseau imaginaire, de se réfugier dans les chants de son enfance, de faire preuve de soumission quand il fallait se soumettre, d'obéissance quand il fallait obéir mais qui était dotée d'une résistance intérieure hors du commun qui lui a permis de tenter des évasions et surtout de survivre.
    Tout le long de son parcours d'esclave, Bakhita manifeste un intérêt, une préoccupation pour les tout-petits, préoccupation qui restera présente toute sa vie puisqu'elle se consacrera aux enfants pauvres et aux orphelins.

    J'ai beaucoup aimé la première partie de ce roman "De l'esclavage à la liberté", même si elle est très sombre avec parfois des scènes insoutenables, le propos est toujours réaliste mais Véronique Olmi ne fait que suggérer d'un mot ce que Bakhita a subi, elle fait preuve une élégante retenue ne prononçant jamais le mot de viol.
    Par contre j'ai moins aimé la deuxième partie "De la liberté à la sainteté" qui raconte l'arrivée de Bakhita en Italie et son entrée en religion. Globalement, j'ai trouvé ce roman assez inégal et j'y ai déploré un certain nombre de longueurs, malgré tout je suis ravie d'avoir découvert l'histoire de Bakhita à qui Véronique Olmi rend un bel hommage avec ce roman.

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