Fils du feu

Couverture du livre « Fils du feu » de Guy Boley aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

Nés sous les feux de la forge où s'attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l'un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s'invente sa parade : si le père s'efface... Voir plus

Nés sous les feux de la forge où s'attèle leur père, ils étaient Fils du feu, donc fils de roi, destinés à briller. Mais l'un des deux frères décède précocement et laisse derrière lui des parents endeuillés et un frère orphelin. Face à la peine, chacun s'invente sa parade : si le père s'efface dans les vagues de l'ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s'était passé. Et comment interdire à sa mère de dresser le couvert d'un fantôme rêvé ou de border chaque nuit un lit depuis longtemps vidé ? Pourquoi ne pas plutôt entrer dans cette danse où la gaité renait ? Une fois devenu adulte et peintre confirmé, le narrateur, fils du feu survivant, retrouvera la paix dans les tableaux qu'il crée et raconte à présent. Ainsi nous dévoile-t-il son enfance passée dans une France qu'on croirait de légende, où les hommes forgent encore, les grands-mères dépiautent les grenouilles comme les singes les bananes, et les mères en deuil, pour effacer la mort, prétendent que leurs fils perdus continuent d'exister.
Dans une langue splendide qui n'a rien à envier à celle d'un Pierre Michon, Guy Boley déroule la fresque de cette vie supportée par des fictions de joie et bercée par les mots. Il signe ainsi un premier roman stupéfiant de talent et de justesse qui ne cède aucune place à la tristesse.     

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  • C’est un enfant de 5 ans qui regarde son père et Jacky travailler à la forge : « Papa et Jacky, ferronniers d’art, ils maîtrisaient le feu mais ignoraient Vulcain, Prométhée et Wotan, Zeus ou Héphaïstos. Les dieux du Walhalla, d’Olympe ou de l’Iliade leur étaient inconnus. » Par contre, ce...
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    C’est un enfant de 5 ans qui regarde son père et Jacky travailler à la forge : « Papa et Jacky, ferronniers d’art, ils maîtrisaient le feu mais ignoraient Vulcain, Prométhée et Wotan, Zeus ou Héphaïstos. Les dieux du Walhalla, d’Olympe ou de l’Iliade leur étaient inconnus. » Par contre, ce qu’écrit Guy Boley ne laisse aucun doute sur la fascination exercée par ces deux hommes « incultes mais intelligents ».

    Le fils du feu, titre si bien choisi, est le premier d’une trilogie que l’auteur construit peu à peu avec une ferveur filiale sans concession où l’admiration côtoie l’ironie ou la critique, le style parfois emphatique contribuant bien à entrer dans ce monde simple mais tellement riche d’amour.
    Fascination, interrogations, l’enfant qui grandit dans ce quartier de Besançon est persuadé que les adultes jouent un rôle tout en étant lucide sur lui-même : « J’étais en quelque sorte, avec tout cet orgueil dont est bouffie l’enfance, le docte souverain d’un royaume des médiocres. » Une grand-mère, une voisine qui parle et nourrit son fils mort à la guerre comme s’il était encore là, c’est là que grandit l’auteur, tout près du dépôt des locomotives qui imprègne tant la vie du quartier.
    Certaines pages sont magnifiques et je comprends pourquoi ce livre d’un écrivain qui se révèle sur le tard, a tant séduit, décrochant quand même six prix littéraires. Il décrit, fait vivre le quotidien d’un enfant au contact des adultes ou de camarades plus âgés, à l’école mais c’est lorsque son père, ivre, frappe sa mère, que je ressens encore plus tout ce que peut éprouver cet enfant et qui donne l’occasion à l’auteur de revenir sur la naissance en termes très crus.
    Guy Boley qui fut maçon, ouvrier, chanteur de rue, funambule, directeur de cirque, dramaturge, cascadeur… est profondément marqué par ce qui se passe sous ses yeux et… « soudain, tout brutalement se justifie : les crimes du passé, la violence des hommes, l’injustice du monde, Attila et ses hordes, les grenouilles décérébrées alors qu'elles sont vivantes, les guerres et leurs charniers, les chairs des femmes qui se déchirent afin de mettre au monde des enfants que la vie, d’un coup de dents broiera quand bon lui semblera… »

    C’est un livre plein de vie mais dont la mort marque forcément de nombreuses pages. Son frère, Norbert, a disparu et sa mère ne s’en remet pas alors que le feu de la forge a dû s’éteindre et le père s’adapter jusqu’à devenir représentant de commerce. Puis il y a la maison vide, le fils du forgeron qui va en fac de lettres, s’adonne à la peinture et retrouve sa sœur, enfants du peuple partageant des moments intenses et profondément émouvants.

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  • Une belle plume que celle de Guy Boley , une émotion certaine pour l'enfant qu'il était ...un voyage dans un univers âpre et dur où la parole n'avait pas sa place ...

    Une belle plume que celle de Guy Boley , une émotion certaine pour l'enfant qu'il était ...un voyage dans un univers âpre et dur où la parole n'avait pas sa place ...

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  • Jérôme, fils de forgeron est fasciné par le feu. La vie est un peu rustre à la campagne, mais il est tellement émerveillé lorsqu’il regarde son père et l’ouvrier travailler à la forge que la vie s’écoule tranquillement.
    Malheureusement, un drame les frappe, son petit frère meurt.
    La descente...
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    Jérôme, fils de forgeron est fasciné par le feu. La vie est un peu rustre à la campagne, mais il est tellement émerveillé lorsqu’il regarde son père et l’ouvrier travailler à la forge que la vie s’écoule tranquillement.
    Malheureusement, un drame les frappe, son petit frère meurt.
    La descente aux enfers pour les parents, seul, Jérôme s'efforcera de vivre et de grandir au sein d'une famille brisée.

    Un premier roman vraiment réussi qui aborde des thèmes essentiels de la vie (la mort, le deuil, la maladie, la différence) d’une manière pudique, poétique et sans noirceur. Étonnamment en lisant ce livre, on a cette impression d’être protégés et entourés d’un halo lumineux tant l’histoire qu’on nous conte est belle, émouvante et d’une grande sensibilité.

    Une fois la dernière page lue, l'émotion nous submerge et en refermant ce roman où tout prend son sens, où l’intensité des mots de l’auteur nous bouleverse encore inévitablement.

    À lire doucement, en le savourant le plus longtemps possible….
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2018/08/fils-du-feu-mille-petits-riens-poupee.html

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  • J’ai ouvert ce livre et je suis restée abasourdie, littéralement emportée, un roman rare et précieux que j’aurai bien du mal à chroniquer. Je crains en effet que mes propos ne dénaturent mon ressenti. Aussi, je serai brève, citant modestement Charles Bukowski à la lecture de « Demande à la...
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    J’ai ouvert ce livre et je suis restée abasourdie, littéralement emportée, un roman rare et précieux que j’aurai bien du mal à chroniquer. Je crains en effet que mes propos ne dénaturent mon ressenti. Aussi, je serai brève, citant modestement Charles Bukowski à la lecture de « Demande à la poussière » de John Fante :
    « Un jour j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restai planté un moment, lisant comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur le table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d’une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait sa forme à la page, une sensation de quelque chose de sculpté dans le texte… »
    La dernière page refermée, j’ai éprouvé une sensation de manque et ai relu une seconde fois ce roman exceptionnel pour mieux encore saisir le texte, la poésie des mots, l’humanité et l’émotion ce roman incandescent.

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  • " Et puis la vie reprit son cours. Ce n'est qu'une expression bien sûr : la vie ne pouvait pas reprendre son cours, puisque son cours ne s'était jamais arrêté; la vie ne s'arrête que pour celui qui meurt."

    Jérôme, le narrateur est "fils de feu", c'est à dire fils d'un forgeron ferronnier...
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    " Et puis la vie reprit son cours. Ce n'est qu'une expression bien sûr : la vie ne pouvait pas reprendre son cours, puisque son cours ne s'était jamais arrêté; la vie ne s'arrête que pour celui qui meurt."

    Jérôme, le narrateur est "fils de feu", c'est à dire fils d'un forgeron ferronnier d'art. L'enfance de Jérôme est ainsi bercée par l'activité de son père.Jérôme nous raconte son enfance, une vie de village dans les années 50. Son petit frère meurt précocement. Face à la peine, chacun s’invente sa parade : si le père s’efface dans les vagues de l’ivresse, la mère choisit de faire comme si rien ne s’était passé. Elle continue de dresser le couvert de son enfant décédé et de le border chaque nuit dans un lit depuis longtemps vide et Jérôme accepte, par amour, d'entrer dans ce jeu .

    Guy Boley évoque la vie quotidienne d'un gamin dans les années 50 avant que le souffle de la modernité n'emporte tout. L'impossibilité de faire le deuil d'un enfant, la douleur d'une mère qui se transforme en folie, l'histoire d'un amour filial porté par une langue splendide, travaillée, riche et d'une poésie rare. L'auteur forge ses mots, cisèle ses phrases et c'est simplement magnifique. Ce roman est un pur bijou.

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  • Récit touchant servi par une faculté d'écriture captivante. La richesse des mots ou des tournures de phrases plonge le lecteur au cœur de descriptions palpables, sonores, visuelles. La force du vocabulaire amplifie l'impact de la langue. On reste saisi par la capacité de l'auteur à donner tant...
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    Récit touchant servi par une faculté d'écriture captivante. La richesse des mots ou des tournures de phrases plonge le lecteur au cœur de descriptions palpables, sonores, visuelles. La force du vocabulaire amplifie l'impact de la langue. On reste saisi par la capacité de l'auteur à donner tant de puissance à son récit.
    Loin de toute surcharge linguistique ou littéraire, l'écriture de Guy Boley est efficace, forte, pure, simple, toute droite tendue vers la mise à nu des émotions.

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  • Dès les premières pages, j'ai été happée par ce roman, charmée par son écriture.
    On s'immerge dans un mode disparu, très descriptif du quotidien de la province : la forge, les jours de lessive, la cuisson des grenouilles ( là, j'ai moins aimé :), le bruit des locomotives à charbon ...
    Puis le...
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    Dès les premières pages, j'ai été happée par ce roman, charmée par son écriture.
    On s'immerge dans un mode disparu, très descriptif du quotidien de la province : la forge, les jours de lessive, la cuisson des grenouilles ( là, j'ai moins aimé :), le bruit des locomotives à charbon ...
    Puis le progrès s'installe, transformant toutes les choses.
    Par moment, on a l'impression d'être comme " immergé " dans un poème, le roman n'est pas triste malgré le deuil et la douleur évoqués dans ce livre.
    On ressent beaucoup d'amour dans ce roman, l'amour des parents, du milieu de la forge ...
    L'écriture est sublime.

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  • Ce roman est un roman sur le deuil mais pas que.
    Des martèlements, des souffles, des escarbilles, de la limaille, des barres de feu chauffées à blanc, à rouge, de la fumée, des odeurs, des silences malgré le bruit assourdissant, de la sueur et un petit garçon de 5 ans assis un peu plus loin :...
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    Ce roman est un roman sur le deuil mais pas que.
    Des martèlements, des souffles, des escarbilles, de la limaille, des barres de feu chauffées à blanc, à rouge, de la fumée, des odeurs, des silences malgré le bruit assourdissant, de la sueur et un petit garçon de 5 ans assis un peu plus loin : il écoute, il observe, il admire. On est dans les années 50 (durant les Trente Glorieuses), dans la ville où Victor Hugo est né donc Besançon (en Franche-Comté) ; Papa et Jacky sont « ferronniers d’art » (p. 16).
    Norbert et Jacky ont un prénom, les autres personnages non. Le père, en deuil, se réfugie dans son travail, il martèle et martèle encore, jusqu’à ce que les artisans soient dépassés par l’industriel. La mère s’enfonce dans la folie et vit comme si Norbert était encore là après l’enterrement.
    Devenu adulte, le narrateur vit dans une maison à Arles et il peint ; il peint pour vivre, pour exorciser ses démons, pour se retrouver ! « Je suis heureux, ou plutôt libéré ; je sais à présent que je n’emporterai rien de mon passé, rien de mon enfance. Rien de cette maison. » (p. 136). Fils du feu est un roman douloureux, avec des descriptions fines et ciselées, non seulement sur le deuil et la difficulté de (sur)vivre mais aussi sur la force, la résilience et la volonté d’être soi et de vivre pour soi. Un livre peut-être difficile de premier abord mais tellement important tant au niveau littéraire qu’humain.
    J’ai vu plusieurs clins d’œil à des tableaux comme les lavandières, l’origine du monde, la forge de Vulcain mais il y en a sûrement d’autres, je ne suis pas assez calée pour les avoir tous devinés !
    Je n’ai pas aimé : le passage avec la grand-mère et les grenouilles (p. 52-55) ; quelle horreur !
    https://pativore.wordpress.com/2016/12/12/fils-du-feu-de-guy-boley/

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  • Lorsque j’ai commencé à lire ce livre dont j’avais entendu beaucoup de bien, j’ai cru un instant que je finirais par le reposer sans qu’il me marque, sans qu’il me laisse un souvenir impérissable. La plume est belle certes, mais me donnait peut-être cette première impression de vouloir trop en...
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    Lorsque j’ai commencé à lire ce livre dont j’avais entendu beaucoup de bien, j’ai cru un instant que je finirais par le reposer sans qu’il me marque, sans qu’il me laisse un souvenir impérissable. La plume est belle certes, mais me donnait peut-être cette première impression de vouloir trop en faire. Il m’aura donc fallu un peu de temps pour me laisser saisir par cette langue et cette syntaxe tantôt agaçantes, tantôt séduisantes. Puis au fil des pages, le récit perd de sa beauté froide pour devenir touchant, troublant. Si la figure paternelle inonde le livre de son aura alcoolisée et brisée, j’avoue que c’est la relation entre la mère et le fils qui m’a le plus touchée. D’abord décontenancés par la folie qui s’empare de cette femme en perdition, nous devenons les témoins d’un jeu qui s’instaure entre eux et qui m’a rappelé le sublime Lydie de Zidrou et Lafebre. Deux fragilités au diapason qui m’ont remise sur la voie de pages qui avaient d’abord voulu me perdre. Une belle lecture, malgré quelques bémols.

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  • J’ai trouvé que ce roman commençait poussivement : trop de comparaisons à des légendes, des dieux, des grands hommes.

    Et puis vient l’épisode de la mort des grenouilles, et là, le texte prend son envol pour nous conter une perte douloureuse.

    Un récit magnifique et touchant sur le deuil et...
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    J’ai trouvé que ce roman commençait poussivement : trop de comparaisons à des légendes, des dieux, des grands hommes.

    Et puis vient l’épisode de la mort des grenouilles, et là, le texte prend son envol pour nous conter une perte douloureuse.

    Un récit magnifique et touchant sur le deuil et notre rapport à la mort.

    Car même si l’homme a domestiqué le feu, il n’a jamais réussi à domestiquer la mort.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du linge lavé à la main, étendu sur des fils, et qui est inlassablement souillé par les vents noirs.

    Une citation :

    « La force de forger des armures pour protéger l’adulte, ce roitelet débonnaire sommeillant sous l’enfance.«

    http://alexmotamots.fr/?p=2528

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