Quand Dieu boxait en amateur

Couverture du livre « Quand Dieu boxait en amateur » de Guy Boley aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

Dans une France rurale aujourd'hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le... Voir plus

Dans une France rurale aujourd'hui oubliée, deux gamins passionnés par les lettres nouent, dans le secret des livres, une amitié solide. Le premier, orphelin de père, travaille comme forgeron depuis ses quatorze ans et vit avec une mère que la littérature effraie et qui, pour cette raison, le met tôt à la boxe. Il sera champion. Le second se tourne vers des écritures plus saintes et devient abbé de la paroisse. Mais jamais les deux anciens gamins ne se quittent. Aussi, lorsque l'abbé propose à son ami d'enfance d'interpréter le rôle de Jésus dans son adaptation de La Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, celui-ci accepte pour sacrer, sur le ring du théâtre, leur fraternité.
Ce boxeur atypique et forgeron flamboyant était le père du narrateur. Après sa mort, ce dernier décide de prendre la plume pour lui rendre sa couronne de gloire, tressée de lettres et de phrases splendides, en lui écrivant le grand roman qu'il mérite. Un uppercut littéraire.

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  • Mon père, ce héros... C'est un peu le poème de Victor Hugo qui donne la scansion du roman-récit de Guy Boley. A l'hôpital de Besançon (Doubs), trois étages séparent la naissance de René, ce père tant admiré, de sa mort. Cette distance, apparemment étriquée, le narrateur nous en fait toucher la...
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    Mon père, ce héros... C'est un peu le poème de Victor Hugo qui donne la scansion du roman-récit de Guy Boley. A l'hôpital de Besançon (Doubs), trois étages séparent la naissance de René, ce père tant admiré, de sa mort. Cette distance, apparemment étriquée, le narrateur nous en fait toucher la beauté banale en accomplissant par l'écriture le chemin à rebours.

    Orphelin de père ("Paf ! Ecrasé entre deux wagons, comme une crêpe, le pauvre"), René voyage sans quasiment bouger de l'appartement familial hormis pour l'école et puis, plus tard, pour sa forge. Ses plus belles explorations, c'est le Larousse qui les lui offre dans le secret de sa chambre : les mots, leur musique, leurs significations, les images qu'ils font naître, représentent un trésor dont il se sent à la fois dépositaire et indigne. Effrayée par l'idée que son fils puisse se "féminiser" par la lecture (activité peu virile s'il en est !), la mère de René l'exhorte à s'inscrire dans un club de boxe. Boxeur amateur, devenu champion, René combat avec la même fierté et la même dignité qu'il frappe l'enclume. Il cogne et les traces que laissent ses coups sont autant de mots imprimés dans la chair pour marquer son passage, pour cerner les contours d'une vie.

    Et voilà que Pierrot, l'ami d'enfance devenu abbé shakespearien, a l'idée saugrenue d'adapter la Passion du Christ pour la fête paroissiale annuelle et d'en confier le premier rôle à son copain René ! Après tout, amoureux des mots au point d'en faire des chansons, des opérettes et des poèmes, ce dernier pourrait aussi bien s'approprier ceux d'un autre pour leur donner vie ! La stature et le charisme de René font de lui un Jésus convaincant, surtout aux yeux de son fils, persuadé de la réalité des souffrances endurées par son père sur scène. Mais les enfants grandissent et les pères vieillissent. Le père, mis KO par la perte d'un second fils, s'enfonce dans l'alcool et son fils apprend le mépris.

    La mémoire de ce père flamboyant, de ce dieu sculpté par un regard d'enfant, est magnifiquement inscrite dans les phrases du narrateur, dans cette fresque à la fois sociale et intime à laquelle il donne toutes les nuances de la vie et de l'amour filial. Cet amour à la fois admiratif, impertinent et respectueux est mis en mots d'une manière poignante : l'humour, parfois corrosif, mais le plus souvent teinté d'une tendre malice, baigne la narration, alors même qu'elle semble imprégnée d'un chagrin immense, de ceux que l'on sait irrémédiables.

    Guy Boley réussit le tour de force d'émouvoir par des phrases d'un lyrisme sensible, charnel, et parvient, sans grandiloquence, ni affectation, à exprimer la profondeur des sentiments et leur complexité. "Quand Dieu boxait en amateur" érige un splendide Tombeau à ce père couronné d'épines, à ce Mohamed Ali auréolé de la gloire des humbles et des purs. Beau et juste du premier au dernier mot.

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  • Guy apprend que son père a été retrouvé mort à l'hôpital un matin, celui la même où il est né.. Il décide alors de nous relater la vie de cet homme, ex forgeron, ex boxeur, ex acteur de théâtre amateur attaché à sa région. Son père, René a partagé son enfance et plus avec son frère de cœur,...
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    Guy apprend que son père a été retrouvé mort à l'hôpital un matin, celui la même où il est né.. Il décide alors de nous relater la vie de cet homme, ex forgeron, ex boxeur, ex acteur de théâtre amateur attaché à sa région. Son père, René a partagé son enfance et plus avec son frère de cœur, Pierrot qui attiré par les livres à fini dans les Ordres en devenant abbé. Pierrot veut dynamiser un peu la représentation théâtrale donnée chaque année et pour ce faire, il fait appel à son ami, René pour incarner le rôle principal, job où finalement René se révèle.
    Guy Boley rend ici hommage et met en lumière son père au travers de ce roman qui est une déclaration d'amour filial.. Il nous fait part de l'enfance de son père, de sa vie, de ses aspirations littéraires abrégées en raison de sa condition sociale
    Ce roman peint les sentiments et relations existants entre ces 2 hommes grâce à une écriture vivante, forte tel un uppercut mais qui se fait tendre à d'autres moments, tel un baume.
    Le thème est intéressant, l'écriture aussi mais je ne suis pas arrivée à entrer dans le monde de Guy Boley ni à me mettre dans l'ambiance générale... Un petit arrière goût de déception....

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  • Le premier opus de Guy BOLEY « Fils du feu » m’avait tellement bouleversée que j’attendais avec impatience ce second récit dédié à son père.
    Son père, ce héros, est évoqué avec une grande tendresse, une grande indulgence, celle qui nait lorsqu’on devient adulte et que le regard sur les parents...
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    Le premier opus de Guy BOLEY « Fils du feu » m’avait tellement bouleversée que j’attendais avec impatience ce second récit dédié à son père.
    Son père, ce héros, est évoqué avec une grande tendresse, une grande indulgence, celle qui nait lorsqu’on devient adulte et que le regard sur les parents se fait moins mordant.
    Un père élevé par une mère austère, bigote qui veut en faire un homme et qui vit dans le souvenir de son défunt mari « paf écrasé entre deux wagons comme une crêpe ».
    Il lit en cachette car lire « use les yeux » (expression que j’ai entendue dans ma jeunesse) et incite à la paresse. Son ami de toujours, Pierrot, est de toutes les aventures, ils rivalisent d’ingéniosité pour échapper aux remarques acerbes de cette mère.
    Pour devenir un homme, sa mère l’inscrit à la boxe et ce sera une révélation.
    Devenu forgeron dès l’âge de 14 ans, il continuera et deviendra champion amateur.
    Avec l’aide de son ami, devenu prêtre, il jouera dans une pièce de théâtre amateur la passion du christ.
    Le texte est plein de tendresse, de souvenirs précieux à l’heure où le père n’est plus qu’un vieillard qui se meurt.
    Si j’ai trouvé le texte toujours aussi bien écrit, un jonglage de mots poétiques que je déguste, je n’ai pas été emportée comme dans « Fils du feu ».
    Une lecture agréable sans plus, un hommage du fils au père que je respecte mais qui ne m’a pas touchée à mon grand regret.

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  • Mon père, ce héros

    Après Fils du feu, un premier roman choc, Guy Boley rend hommage à son père à travers les épisodes marquants de sa vie. L’occasion aussi de prendre congé d’un monde ouvrier et d’une époque englouties par le «progrès».

    Présentant Fils du feu, le premier roman de Guy...
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    Mon père, ce héros

    Après Fils du feu, un premier roman choc, Guy Boley rend hommage à son père à travers les épisodes marquants de sa vie. L’occasion aussi de prendre congé d’un monde ouvrier et d’une époque englouties par le «progrès».

    Présentant Fils du feu, le premier roman de Guy Boley, j’écrivais: «un livre forgé avec puissance et élégance, avec rage et exaltation. C’est l’enfer la tête dans les étoiles.» Quand Dieu boxait en amateur est dans la droite ligne de cette découverte initiale et nous offre le portrait de René Boley, né le 3 mai 1926 à Besançon à l’hôpital du quartier, «entre les rails et les wagons, les tenders et les tampons, dans les panaches bleutés de leurs lourdes bouzines aux déchirants sifflets», décédé le 8 octobre 1999, «dans ce lieu ferroviaire où le destin la lui avait offerte. (…) Distance entre le lieu de sa naissance et celui de sa mort: trois étages.»
    Entre son décès et sa mort, il y a aussi le vibrant hommage d’un fils qui a partagé sa vie de chanteur, d’acrobate et acteur, de forgeron et de boxeur. Et de chercheur de mots. Car le dictionnaire ne l’a jamais quitté: «C‘est son problème, les mots, à cause du père inconnu qui s’est fait écraser paf-entre-deux-wagons-comme-une-crêpe-le-pauvre, la mère contrainte d’aller faire des ménages chez les riches (bourgeois du centre-ville) et lui l’école au rabais, puis l’apprentissage chez le premier patron qu’on a trouvé forgeron-serrurier, on aurait pu tomber sur pire pour, hop, entrer dans la vie active à tout juste quatorze ans, l’âge légal, parce que ça fait un salaire de plus à la maison.» Le travail est dur, pénible, mais il n’est pas pour autant sujet à déprime. Au contraire, on essaie d’avancer, de progresser, de construire. «On ne choisit pas son enfance, on s’acclimate aux pièces du puzzle, on bricole son destin avec les outils qu’on a sous la main» Ainsi, avec sa belle voix pousse René à distraire ses amis les cheminots, à leur offrir des morceaux d’opérette. Mais il n’entend pas s’arrêter là: «La gloire l’attirait comme l’aimant la limaille».
    Sa mère et son grand ami Pierre vont lui en donner l’opportunité. La première l’inscrit à la boxe pour l’aguerrir. Le 28 décembre 1952, il sera couronné champion de France et donnera naissance trois jours plus tard à son narrateur de fils. Le second, devenu curé, lui offre de un rôle d’apprenti comédien, «catégorie théâtre d’eau bénite» dans la représentation de la passion du Christ. On imagine bien ce que le garçon de trois ans peut ressentir en voyant son paternel en Jésus-Christ.
    Mais cette route vers la gloire va soudain se briser. Car si les difficultés du quartier, l’arrivée des locomotives électriques et la mutation industrielle commencent à faire des dégâts, ce monde qui change n’est rien face à la douleur de perdre un enfant.
    Le chagrin, l’incompréhension, la colère sourde s’exprimer alors avec violence.
    Le roman a soudain basculé. Le fils découvre un autre père…
    Guy Boley a le sens de la formule qui fait mouche. Son style, à nul autre pareil, nous offre un roman superbe, entre épopée et tragédie. Où l’humain à toute sa place, à savoir la première!
    « Quand un monde s'écroule, tous ceux qui vivent dedans, au loin ou à côté, s’en retrouvent affectés. Et, s’ils n’en meurent pas, toujours ils perdent pied Vésuve ou Pompéi, chagrins d’amour ou deuils intempestifs, c’est du pareil au même, il ne reste que cendres, vapeur d’eau ou buée, tempêtes de cris et océans de larmes. Des vies en suspens, comme des draps humides qui ne sécheront jamais plus. Aussi ai-je fui au plus vite ce pays endeuillé, et quitté ce cocon qui n'en était plus un. »
    https://urlz.fr/8iSD

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  • Guy Boley enfile ses gants de boxe pour mettre KO ses lecteurs.
    Après Fils du feu, premier roman, multi-primé, où il posait son regard sur le fils qu’il fut, il dresse un autel à son père « Parce que c’est insensé, le nombre de choses dont ça peut être champion du monde, un père ; le nombre de...
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    Guy Boley enfile ses gants de boxe pour mettre KO ses lecteurs.
    Après Fils du feu, premier roman, multi-primé, où il posait son regard sur le fils qu’il fut, il dresse un autel à son père « Parce que c’est insensé, le nombre de choses dont ça peut être champion du monde, un père ; le nombre de combats que ça a dû mener pour transmettre la vie, puis la porter, à bout de bras, de nos premiers pas à nos premiers ébats, en supportant son poids comme Atlas l’univers. »
    Pour cela il nous fait gravir le podium à rebours, la troisième marche est celle de l’état des lieux et de la découverte de la boite de Pandore. Celle du sommet c’est la vie de ses parents avec la mise en avant de la vie de son père, la construction d’un homme, qui ne se fait pas sans amour et sans amitié, celle avec l’ami Pierre, est remarquable. La seconde marche qui devient ici la dernière, est celle où l’enfant que chacun a pu être doit mettre KO ses regrets ou remords, car dans la vie chacun doit couper le cordon et être parfois égoïste, mais le temps passe vite.
    La famille est une famille simple vivant à Besançon, quartier Cras Chaprais, comme les gens humbles ils sont élevés dans des valeurs à leur portée, le travail, le respect, la dignité, la maison doit toujours être astiquée-encaustiquée, on élève les enfants à ne pas rêver plus haut, car la culture par exemple, est quelque chose qui ne peut leur être accessible. On les forge à être des hommes, on boxe pour étoffer ses épaules de mec, on bosse de ses mains, on gagne son pain.
    Alors souvent dans cette éducation les rêves sont étouffés dans l’œuf.
    L’auteur à l’art de nous rendre une gestuelle, qui m’émeut et de faire revivre une société qui a disparu. Autrefois chacun pouvait s’identifier à son monde : ouvriers, paysans, bourgeois, cela marquait une appartenance et aussi une fierté. Maintenant, le monde est partagé entre les riches et une multitude qui vit en lisière qui ne se sent plus rien, concernée par rien, plus grave qui n’a plus rien à transmettre.
    Alors, il y avait encore la transmission, minot il apprenait le métier de la forge, sans un sou en retour pour le travail accompli, juste l’héritage du geste, de la sueur partagée autour de la gueule de feu…
    Et puis au sortir de l’adolescence, le fils, le jeune se croit plus fort, plus vivant, plus libre et claque la porte. Il reviendra poussé par de multiples raisons, mais passera à côté de ses parents usés, désabusés par cette vie qui les pousse en dehors d’eux, leur monde a déjà foutu le camp.
    L’âge où devenus inutiles, ils sombrent l’un après l’autre dans l’océan d’une vieillesse précoce.
    Pourtant, « On aurait fait une photographie de nos deux mains que l’on n’eût pas distingué laquelle était la sienne, laquelle était la mienne, hormis peut-être d’infimes tavelures trahissant l’âge… Mon père fréquemment, à cette heure, s’endormait. Je posais alors, profitant de son sommeil, une de mes mains sur une des siennes, cherchant dans l’énigme de nos doigts emmêlés une trace adamique. Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. »
    La main qui tient la plume, celle du fils ? du père ? fait crisser les mots sur la page de nos émotions partagées.
    L’émotion, crescendo, s’insinue en nous, pour nous cueillir de plein fouet, comme un uppercut donné, du plus profond des gants de boxe délivrant, non des coups, mais « des mots d’or et de jade, de porphyre et de marbre, pour le glorifier. Le déifier. »
    Rencontrer Guy Boley, l’écouter dans ses mots et ses silences, dans sa vérité d’homme, rend ses livres encore plus bouleversants et je fais partie des lecteurs qui attendent ses autres livres avec impatience.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 19 novembre 2018.

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  • Un nouveau bijou d'orfévrerie et de sensibilité dans ce second roman à caractère autobiographique où Guy Boley nous entraine dans l'histoire de vie d'un père forgeron, boxeur amateur émérite et à la personnalité artistique prononcée dans les yeux d'un fils qui découvre toutes les fagilités de ce...
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    Un nouveau bijou d'orfévrerie et de sensibilité dans ce second roman à caractère autobiographique où Guy Boley nous entraine dans l'histoire de vie d'un père forgeron, boxeur amateur émérite et à la personnalité artistique prononcée dans les yeux d'un fils qui découvre toutes les fagilités de ce père pour lequel il a pu aussi porter des jugements trop critiques et blessants.

    René, un père dont la mère a exigé qu'il s'oriente vers la boxe plus que la lecture, jugée inutile, et pour laquelle il n'a cessé de ne pas vouloir la décevoir dans ses attentes alors qu'il dresse un culte inavouable à la découverte de son dictionnaire avec son meilleur ami Pierre, devenu l'abbé Delvault. Excellence dans l'art de la boxe amateur, la passion de son métier de forgeron, une épouse tendrement aimée avec laquelle il cultive l'amour de la chanson, voire de l'opérette et le goût du spectacle mais aussi la douleur de la perte d'enfants mort-nés avec un fils unique avec de trop rares moment de complicité....

    Cocasse ce combat que mène l'abbé Delvault pour installer René, à la fibre artistique contrariée, comme l'acteur principal de la Passion ;  le spectacle paroissial annuel contre un curé rétrograde et une commune rurale, ancrée dans une tradition absolue. Ce spectacle, s'il est le clou de sa vie pour René, le prenant tant à coeur, c'est aussi la manifestation que son fils détourne dans sa phase révolutionnaire (1968) pour la ridiculiser et l'ultime drame de la vie de René et de son épouse y mettra un terme.

    Cette recherche identitaire de René comme du narrateur, dans des mots à la fois simples mais aussi d'une extrême sensibilité est tout simplement bouleversante et criante de vérité dans l'amour d'un fils pour son père à titre, hélas posthume..

    Exceptionnel, ce second roman m'incite à revenir vers son premier ouvrage tant cette lecture est addictive.

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  • Il n’est jamais facile d’enchaîner avec un second roman après un premier roman qui a rencontré le succès auprès des lecteurs. Guy Boley y est parvenu !
    Dans Quand Dieu boxait en amateur l’auteur rend un bien bel hommage à son père, forgeron issu de la France rurale des oubliés, boxeur mais...
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    Il n’est jamais facile d’enchaîner avec un second roman après un premier roman qui a rencontré le succès auprès des lecteurs. Guy Boley y est parvenu !
    Dans Quand Dieu boxait en amateur l’auteur rend un bien bel hommage à son père, forgeron issu de la France rurale des oubliés, boxeur mais aussi amateur de mots et comédien, échappatoires à la rudesse de la réalité. Il n’y est pas seulement question de filiation et d’origine sociale (avec les inquiétudes de la transmission des failles) mais aussi de fidélité et d’amitié.
    Guy Boley nous relate en effet la vie de son père, un homme à la fois fragile et courageux, courageux dans son exercice de la boxe mais aussi en amitié. La relation avec son ami d’enfance, devenu prêtre, est particulièrement touchante. Après avoir eu les plus beaux rôles de champion de boxe sur un ring et s’être essayé à quelques opérettes, le prêtre lui offrira un premier rôle hautement symbolique, celui de Jésus dans la Passion de notre Seigneur Jésus-Christ. Ce rôle, pour lui bien éloigné de la foi, lui permettra de témoigner de son amitié à son ami d’enfance, et de réconcilier énergie de la boxe et amour des lettres.
    Guy Boley confirme une très belle maîtrise de la langue, une plume poétique, empreinte d’émotion et d’humour. Un livre à la fois sombre et lumineux, des caractéristiques qui apparaissaient déjà dans Fils du feu. Une très belle déclaration d’amour par les mots à un père amoureux des lettres.
    Il s’agit également d’un livre très personnel où Guy Boley nous dévoile ses propres angoisses et pose, peut-être l’écriture comme une forme de résilience. Pour ceux qui n’auraient pas lu Fils du feu, il est disponible en version poche (folio). Les deux peuvent se lire séparément mais comme l’indique l’auteur, ils forment un diptyque : Fils du feu était centré sur le fils, Quand Dieu boxait en amateur est axé sur le père (quand il était enfant). Guy Boley planche actuellement sur un troisième roman et donc triptyque, centré sur la mère… A suivre!
    https://accrochelivres.wordpress.com/2018/10/30/quand-dieu-boxait-en-amateur-guy-boley/

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  • Au décès de son père, Guy Boley décide de lui rendre hommage en écrivant son histoire. « Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. » Celle de ce gamin, vivant à Besançon, au côté de son ami Pierrot. Ce...
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    Au décès de son père, Guy Boley décide de lui rendre hommage en écrivant son histoire. « Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. » Celle de ce gamin, vivant à Besançon, au côté de son ami Pierrot. Ce duo passionné de lettres n’aura pas le même destin. L’un sera forgeron dès ses 14 ans et l’autre sera abbé. Jamais ils ne se quitteront allant même jusqu’à collaborer dans une adaptation théâtrale afin de justifier encore et toujours leur fraternité.

    Guy Boley nous parle de ce père dans cette atmosphère de forge déjà rencontrée dans son premier roman Fils du feu. Ce lieu qui l’a bercé toute son enfance et la fait devenir adulte. J’ai été touchée par la sincérité d’écriture exprimant les remords envers ce père, ce Dieu. Un amour filial, un rapport fusionnel rendant ce roman tendre. Une plume délicate qui vous embarquera dans cette ambiance brûlante des forges, dans ces recoins familiaux et dans une amitié tellement surprenante.

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/10/25/36810180.html

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  • « En Afrique, quand un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle » Amadou Hampâté Bâ.

    Quand un père décède, pour ses enfants, c’est un monde qui s’éteint, celui de l’enfance.

    Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley rend un vibrant hommage à son père disparu. Mais qui était ce...
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    « En Afrique, quand un vieillard meurt c’est une bibliothèque qui brûle » Amadou Hampâté Bâ.

    Quand un père décède, pour ses enfants, c’est un monde qui s’éteint, celui de l’enfance.

    Avec Quand Dieu boxait en amateur, Guy Boley rend un vibrant hommage à son père disparu. Mais qui était ce père ?

    René, le père de l’auteur est né à Besançon, dans le même hôpital où il mourra, trois étages plus bas. Élevé seul par sa mère, veuve, René n’a qu’un ami, Pierrot. Ils sont inséparables. Leur territoire de jeux, c’est le dépôt ferroviaire, au milieu de locomotives en réparation et de wagons mis au rebus. Tous deux passent leur temps plongés dans les livres. René voue une passion au dictionnaire tandis que Pierrot est féru de mythologie. Ce goût pour les mots désespère la mère de René. Elle décide de le mettre à la boxe.

    « Ça fait les hommes, la boxe, affirme sa mère. Tout comme la gnôle, les tranchées, l’enclume ou le pas de l’oie. C’est pour ça qu’elle l’a inscrit au club, afin qu’il entre, en costaud, dans le troupeau des mâles, qu’il accède à l’âge adulte en gentleman couillu. Sa plus grand peur est que son fils devienne quelqu’un d’efféminé. Elle sait que les gamins du quartier lui mettent parfois des baffes et que lui, indolent, ne répond jamais. Il faudrait qu’il sache faire la différence entre gentillesse et faiblesse. Mettons-le à la boxe, se dit-elle, ça lui apprendra, dans un premier temps sinon à frapper, du moins à esquiver. Le reste finira par suivre. »

    Très tôt, René doit aller travailler. Il sera forgeron. Un salaire de plus ce n’est pas du luxe. Pierrot quant à lui a rencontré Dieu, il va au séminaire.

    Adultes, malgré leurs trajectoires différentes, René et Pierrot restent inséparables. Même si René ne s’adresse plus à son ami qu’en l’appelant Monsieur l’Abbé. Pierrot passionné de théâtre décide d’offrir à René, devenu champion de France de boxe amateur, le rôle principale dans sa pièce de théâtre : La Passion de notre Seigneur Jésus Christ. Il sera Jésus pendant dix ans. Ce rôle accentuera encore le statut de star locale de René.

    Qu’en est-il des relations entre René et son fils. Enfant, l’auteur admirait son père « ce héros », cet être virevoltant qui après le travail organisait des dîners opérette où il poussait la chansonnette accompagné de sa femme. Pour lui, Jésus c’est son père et chaque année lors de la représentation théâtrale, il souffre à la mort du Christ et revit quand il ressuscite. À l’adolescence et à l’âge adulte, l’admiration béate laisse la place au mépris.

    « Il était pourtant beau, mon père, et ce jusqu’à la fin. J’aurais dû m’en souvenir quand il s’est mis à boire et à déchoir. Plutôt que de le mépriser. Ingérence d’Œdipe ou méfaits de mon propre alcoolisme, je ne parvenais plus à le voir autrement qu’en double et ne choisissais de lui que son mauvais côté. J’aurais dû rester, ou redevenir l’enfant aux yeux de braise, extasié et muet face au ring, à la scène ou la forge. J’aurais dû l’aider quand il fuyait de partout, ramasser sa couronne, sa ceinture, l’auréole, poser le tout en vrac sur sa tête de Roi, me mettre à ses genoux et réciter la liste de ses nombreux bienfaits. »

    Quel bel hommage rendu à un fils par son père. Quand Dieu boxait en amateur est un superbe livre où saigne encore la blessure causée par cette distance qui s’était creusée entre l’auteur et son père. La style de Guy Boley est plein de sincérité, de force, de tendresse, parfois de cruauté. Pour paraphraser Mohamed Ali décrivant son style de boxe, ses mots volent comme le papillon et piquent comme l’abeille. Ils font mouche !

    « Car c’était lui, mon père, qui fut tout à la fois mon premier homme, ma première parole, ma première étincelle et ma première aurore. »

    Un grand merci à Guy Boley pour ce bouleversant moment de lecture. Merci aussi à Netgalley et aux éditions Grasset de m’avoir permis de découvrir ce bijou.

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  • Il y a deux ans, j’avais eu du mal à trouver les mots (et le talent) pour pouvoir décrire les émotions que m’avait procurées le premier roman de Guy Boley « Fils du feu ». Ça avait été une flamboyante expérience dont je garde un très bon souvenir de lecture.

    Alors qu’il s’intéressait la...
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    Il y a deux ans, j’avais eu du mal à trouver les mots (et le talent) pour pouvoir décrire les émotions que m’avait procurées le premier roman de Guy Boley « Fils du feu ». Ça avait été une flamboyante expérience dont je garde un très bon souvenir de lecture.

    Alors qu’il s’intéressait la dernière fois à un enfant des forges, il se propose dans « Quand Dieu boxait en amateur » de nous parler de son père. Il nous raconte sa jeunesse dans la campagne profonde. On va suivre toutes les choses qui ont fait de lui un homme et un père à part entière. De son éducation particulière, bercée par les convictions de l’époque, à sa grande amitié, capable de combattre les différences, en passant par ses passions sportives et artistiques, l’auteur développe toute l’admiration qu’il porte à cette figure paternelle.

    La plume de Guy Boley fait mouche une nouvelle fois. Cet auteur a un véritable talent pour mettre en forme ses histoires. Sa langue est belle, nouée de magnifiques tournures et phrases. En très peu de pages, il sait exalter les sentiments et libérer une certaine poésie. Il offre donc un formidable roman hommage à son patriarche. Comme tout récit familial, j’ai l’impression qu’il est plus utile à l’auteur qu’à ses lecteurs, mais puisque c’est fait avec virtuosité, le plaisir est quand même au rendez-vous.

    Le seul petit bémol que je pourrais mettre à ce deuxième roman, découle en fait de la lecture du précédent. En effet, celui-ci dégageait de telles émotions, presque palpables, qu’il en devenait sensoriel. C’était un moment de grâce particulièrement marquant. Ce nouvel opus est toujours de très bon niveau, mais les sensations sont plus effacées. Le récit est plus pragmatique, s’en tient aux faits et se révèle donc moins mémorable.

    Toutefois, ne vous y trompez pas, ce livre est un bon livre. N’hésitez pas à découvrir Guy Boley qui vous ravira si vous aimez la belle littérature. De mon côté, à l’instar d’Agathe The Book, je reste légèrement frustré, en raison des grands espoirs que j’avais mis dans cet ouvrage.

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