Amélie Nothomb

Amélie Nothomb
Issue d'une illustre famille bruxelloise, Amélie Nothomb est la fille d'un ambassadeur belge. Née au Japon, elle reste profondément marquée par la culture nippone. Mais les déplacements successifs de son père l'emmènent toute jeune en Chine, à New York, et en Asie du sud-est. De ces voyages, Amél... Voir plus
Issue d'une illustre famille bruxelloise, Amélie Nothomb est la fille d'un ambassadeur belge. Née au Japon, elle reste profondément marquée par la culture nippone. Mais les déplacements successifs de son père l'emmènent toute jeune en Chine, à New York, et en Asie du sud-est. De ces voyages, Amélie conserve un sentiment tenace de solitude, atténué par une forte complicité avec sa soeur. Elle retourne en Belgique à l'âge de dix-sept ans et suit des études gréco-latines. En 1992, son roman 'Hygiène de l'assassin' est accueilli avec un énorme succès. Frustrée de ne pas être restée au Japon, elle y retourne et retranscrit cette expérience plus que déroutante dans 'Stupeur et Tremblements', couronné Grand Prix de l'Académie française en 1999. Depuis, elle publie à peu près un roman par an, se définissant elle-même comme une 'graphomane malade de l'écriture'.

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Avis (381)

  • Couverture du livre « Antechrista » de Amélie Nothomb aux éditions Lgf

    zenzibar sur Antechrista de Amélie Nothomb

    Le problème avec Amélie Nothomb est que le format réduit de ses oeuvres et le magnétisme de son écriture font que le lecteur dévore sans escale chaque livre.

    Pourtant chacun mériterait une lecture plus posée tant les pages regorgent de jeux de mots, d'invitations vers une certaine grâce si...
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    Le problème avec Amélie Nothomb est que le format réduit de ses oeuvres et le magnétisme de son écriture font que le lecteur dévore sans escale chaque livre.

    Pourtant chacun mériterait une lecture plus posée tant les pages regorgent de jeux de mots, d'invitations vers une certaine grâce si bienfaisante.

    Cet « Antéchrista » en fournit une merveilleuse illustration.

    Ce roman c'est l'histoire de Blanche, jeune fille de seize ans solitaire, timide et complexée, sans véritable fondement. Blanche est décalée et n'est pas à l'aise avec les postures à la mode, bruyantes, racoleuses des autres étudiant(e)s. Elle préfère vibrer avec ses livres dans une quiétude intimiste peu vendeuse socialement. Pour autant, elle brule de rompre ce splendide isolement et de se faire des ami(e)s.
    Et à l'université où elle suit des études de sciences politiques, cette rencontre improbable avec cette fille de son âge, engagée dans le même cursus, Christa. le premier contact fait chavirer Blanche. Christa la fascine tant celle-ci semble doter de toute les qualités que Blanche aimerait posséder, capter a minima, l'aisance en public, le confort d'un réseau d'amis, la beauté envoutante de cette amie à côtoyer dans l'intimité.
    Pour sceller cette amitié, avec l'accord de ses parents, Blanche offre à Christa de partager sa chambre.
    Mais le seuil de la chambre à peine franchie, Christa se révèle être une personne égoïste, mythomane, manipulatrice et vénéneuse au point de détourner complétement l‘affection parentale à son seul profit dans une suite d'humiliations stupéfiantes.

    Christa devient Antéchrista.

    Si le lecteur peine pour la gentille Blanche, il se régale pour ces bouquets de mots qu'AN ne cesse d'offrir. Ces associations de mots si évidentes à la Raymond Devos ou d'un Robert Desnos. Mais aussi d'autres plus symboliques, pleines de sens.
    Il y a par exemple ce délicieux passage où Blanche et Antechrista échangent sur leur mot préféré. Pour Blanche c'est le mot « archée » qui s'impose sans hésitation ; ce mot est effectivement une invitation puissante au rêve, il est jaillissement, fulgurance, au sens de portée de l'arc qui ouvre sur l'horizon, « la pure énergie brulée en un instant ».
    « Archée » renvoie aussi littéralement en grec ancien à la notion de principe et j'associe ce mot à un autre qui affleure, « archéologie », archaíos « ancien » et lógos « mot, parole, discours », un couple merveilleux. Montaigne, qui vient au secours de Blanche, aurait, me semble t-il, apprécié ce mot.
    AN chante la puissance du verbe, du mot écrit dans le livre, plus belle que les triomphes superficiels et faciles de la bêtise à l'université de Blanche. Les oppositions entre le mot dans l'intimité du lecteur et l'ouverture sur l'horizon par le symbole de l'arc. Les opposés apparents qui ne font qu'un.
    Car ce roman transcende les fausses apparences, la forte et la faible ne sont pas celles que l'on croit. Malgré l'aliénation subie à petit feu, Blanche ne perd pas sa dignité et en dépit de la violence de la déstabilisation psychologique, elle met à nu la véritable personnalité d'Antéchrista avec la précision d'une autopsie.
    Dans cette opposition Blanche/Antechrista, on pense à ces mots du Tao Te King de Lao Tseu

    « Rien au monde
    N'est aussi mou et fluide que l'eau
    Mais pour dissoudre le dur et l'inflexible
    Rien ne la surpasse

    Le mou triomphe du dur
    Le souple triomphe du rigide
    Tout le monde sait que cela et vrai
    Mais peu savent le mettre en pratique »

    Chaque mot est à sa place. Antéchrista est originaire de Malmedy, accessoirement ( ?) ville tristement connue pour le massacre par les SS de prisonniers américains pendant la bataille des Ardennes en un sombre jour de décembre 1944, acte qui avait traumatisé les Etats Unis.
    Malmedy, mal-me-dit… des lèvres d'Antechrista versent des mots toxiques en continu
    La force de Blanche est telle qu'elle n'aura pas besoin de mots pour terrasser en public Antéchrista.

    L'eau, fluide, claire, triomphe de la pierre la plus dure

    Magnifique

  • Couverture du livre « Frappe-toi le coeur » de Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel

    Murielle26 sur Frappe-toi le coeur de Amélie Nothomb

    Du bon Nothomb ! du très bon même à mon humble avis.
    J'ai adoré cette histoire dérangeante comme sait si bien le faire A. Nothomb.

    Du bon Nothomb ! du très bon même à mon humble avis.
    J'ai adoré cette histoire dérangeante comme sait si bien le faire A. Nothomb.

  • Couverture du livre « Frappe-toi le coeur » de Amélie Nothomb aux éditions Albin Michel

    Mumu Dans le Bocage sur Frappe-toi le coeur de Amélie Nothomb

    Jusqu'à ce jour je n'ai lu que peu de chose d'Amélie Nothond et parfois j'ai même abandonné la lecture car j'entrai dans un univers qui ne me correspondait pas.
    Lors de la rentrée littéraire de Septembre 2017, comme chaque année, le nouveau cru est sorti et là le sujet m'a interpellé : dans les...
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    Jusqu'à ce jour je n'ai lu que peu de chose d'Amélie Nothond et parfois j'ai même abandonné la lecture car j'entrai dans un univers qui ne me correspondait pas.
    Lors de la rentrée littéraire de Septembre 2017, comme chaque année, le nouveau cru est sorti et là le sujet m'a interpellé : dans les articles, interviews etc.... le sujet me parlait, m'intéressait. Je voulais savoir la façon dont l'auteure avait appréhendé celui-ci, l'avait analysé et transcris.... Et j'ai dévoré, je l'avoue, le livre. Pas très épais, il est vrai, en moins de 24 heures, comme quoi un bon livre ne se calcule pas au nombre de pages mais à la précision des mots, du récit.
    Frappe-toi le coeur, C'est là qu'est le génie ! Alfred de Musset
    L'histoire se divise en deux parties : la première, la jeunesse de Marie, la mère, la "déesse" (tout est dit), et l'enfance de Diane, sa fille. Très bien abordé et décrit. Tout est plausible, sans démesure, simplement la jalousie ordinaire , dans tous ses actes, pensées, événements, omniprésente dans la vie de Marie sans qu'elle n'en prenne vraiment conscience trop occupée à ne penser qu'à elle. J'ai même été très perturbée pour diverses raisons..... Certaines phrases ont tourné en boucle dans ma tête, me réveillant même en pleine nuit et n'ayant pas d'autres choix que de reprendre le fil de la lecture, pour en savoir plus.
    Une mère jalouse de la beauté de sa fille, de l'intérêt qu'elle suscite ! Inimaginable et pourtant. le récit est alerte, vif mais non violent, implacable, finement décrit, subtile. On souffre avec Diane qui quémande l'amour de cette femme froide et indifférente à son existence. On est à la limite de la maltraitance mais on franchit jamais la frontière. Marie est le portrait parfait de l'égocentricité : elle veut être le centre des attentions, des regards, elle a soif de reconnaissance. Son manque de sentiments pour son mari, pour Diane peut révolter, peut faire penser qu'elle est insensible mais non car les naissances suivantes prouverons que de l'amour elle peut en donner et parfois trop.
    Avec une narration simple il y a une violence inouïe et je pense que cela peut réveiller chez certaines (et peut être certains mais là il s'agit de la relation mère/fille) des souvenirs enfouis et tus.
    Dans la deuxième partie Diane adulte va s'orienter vers la cardiologie, soigner le coeur grâce à un médecin qui va prendre le temps de déceler chez l'enfant le manque, sera confrontée à Olivia, professeur de médecine qui va la vampiriser alors qu'elle espérait une amitié basée sur l'admiration, peut être une mère de substitution, un modèle et qui va se révéler comme quelqu'un de manipulateur et d'intéressé.
    Fallait-il qu'elle fut généreuse pour lui suggérer cela
    La récit est très bien construit en particulier dans la première partie, ensuite j'ai été surprise, pas de façon désagréable, mais je pensais qu'il y allait avoir une fin de roman orientée sur la revanche de la fille sur la mère, elle y est, mais d'une façon différente à celle qu'on pense et le fait d'avoir imaginé ce personnage d'Olivia, qui va devenir, elle aussi, un sorte de bourreau, source de désillusion pour Diane, d'avoir occulté la mère, surprend et au final redonne de l'élan à l'histoire et ne sombre pas dans le convenu.
    Il demeure qu'il est difficile de se construire avec des images féminines si négatives, froides, blessantes. Mais Diane est forte et va se servir de son passé pour se construire avec l'amour de ses grands-parents maternels aimant et très vite interpellés par le comportement de leur fille, ses amies même si parfois elle les délaisse. Sur son chemin il y aura des personnages clés et en particulier Mariel (je ne vous dirai pas qui elle est pour laisser le suspens) mais qui va lui permettre de donner ce qu'elle n'a pas reçu.
    Un roman réussit, qui tient en haleine, qui pose l'épineuse relation mère/fille à différents stades de la vie et de tous ses méandres. Une réussite.
    "La bêtise, c'est de conclure" a écrit Flaubert. Cela se vérifiait rarement autant que dans les querelles, où l'on identifiait l'imbécile à son obsession d'avoir le mot de la fin. (p87)

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