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Trencadis

Couverture du livre « Trencadis » de Caroline Deyns aux éditions Quidam
  • Date de parution :
  • Editeur : Quidam
  • EAN : 9782374911588
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

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Avis (9)

  • De Niki de Saint Phalle, je connaissais le nom. Je connaissais sa carrière de mannequin. Je connaissais aussi ses "Nanas" et sa fontaine Stravinsky. Mais, je ne m’étais jamais intéressée de près au personnage. La lecture de "Trencadis" de Caroline Deyns m’a fait l’effet d’une bombe. Cette...
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    De Niki de Saint Phalle, je connaissais le nom. Je connaissais sa carrière de mannequin. Je connaissais aussi ses "Nanas" et sa fontaine Stravinsky. Mais, je ne m’étais jamais intéressée de près au personnage. La lecture de "Trencadis" de Caroline Deyns m’a fait l’effet d’une bombe. Cette biographie romancée explique bien l’œuvre de l’artiste.

    Et Trencadis ? Pourquoi ? Pour le coup, je ne connaissais pas ce mot. Trencadis : type de mosaïque à base d’éclats de céramique, typique de l’architecture modernise catalane" et aussi, en partie, de l’œuvre de Niki. Mais cette chronique n’est pas d’art, mais de lecture. J’en ressors bousculée. Bousculée par ce que j’ai appris de la vie de l’artiste, mais aussi bousculée par l’écriture de l’auteure. Elle m’a semblé totalement en adéquation avec le sujet qu’elle aborde dans son ouvrage. Une écriture à la fois précise et belle, éclatée comme les morceaux de céramique, une écriture éclatante comme les sculptures de Niki, mais parfois sombre aussi comme l’a été sa vie.

    "Le père, la mère ou la fille ?
    Le violeur, la femme aveugle du violeur, ou la violée ?
    Qui, le monstre ?
    La question revient, se ressasse à intervalles réguliers dans la vie de Niki.
    Ses nanas sont adulées dans le monde entier, elle est devenue célèbre… Mais elle ne continue pas, interrompt la série…
    Ses Mères Dévorantes elle y tient plus que tout…"

    Tout est dit dans ces mots de la noirceur de la vie de l’artiste, elle avait onze ans quand son père l’a violée. Une vie de succès mais aussi de soins psychiatriques pour lutter contre sa dépression, des électrochocs qui abimeront sa mémoire à jamais. L’auteure a ce talent de parler de la femme, à l’aide de mots choisis, de fragments, de morceaux de vie, de pensées, sans rien cacher des troubles et des faiblesses. Construit comme un tableau qu’un pinceau constellerait de gouttes de couleurs, le roman fait revivre une immense artiste entre rires et larmes.

    Profond et bouleversant !

    Merci à Lecteurs.com, Quidam Editeur et... Violaine Bélouard pour le prêt.

    https://memo-emoi.fr

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  • Trencadis : Mosaïque à base d'éclats de céramique, typique de l'architecture moderniste catalane.
    Peut-être faut-il commencer par le titre de ce livre pour comprendre Niki de Saint Phalle.
    Peut-être faut-il commercer par là pour comprendre la narration de cette biographie atypique.

    Fillette...
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    Trencadis : Mosaïque à base d'éclats de céramique, typique de l'architecture moderniste catalane.
    Peut-être faut-il commencer par le titre de ce livre pour comprendre Niki de Saint Phalle.
    Peut-être faut-il commercer par là pour comprendre la narration de cette biographie atypique.

    Fillette espiègle, jeune femme suicidaire, mannequin, épouse dépressive, mère de famille, artiste accomplie, « mauvaise mère », femme amoureuse, féministe, combattante…
    Niki de Saint Phalle était tout cela et bien plus. Une femme faite de morceaux, d’éclats, comme ces mosaïques qu’elle découvre lors d’un séjour espagnol.
    Elle se construit en opposition à ses parents, à sa mère trop conformiste, à son père qui l’a violée quand elle avait 11 ans, à son milieu, à son éducation, à son époque, à sa condition de femme.
    Elle aborde l'art en autodidacte et devient un phénomène artistique quand elle se fait remarquer avec ces « Tirs ». A quelques années de mai 68, dans une société au bord de l’implosion, elle tire sur les inhibitions, l’ordre, l’autorité, le paternalisme, la morale, les travaux ménagers. Pour elle l’art est un jeu. Elle a pour héros le Douanier Rousseau, le Facteur Cheval, Gaudi.
    Viendront bien plus tard ses sculptures monumentales, les Nanas, le Golem, le Jardin des Tarots….

    Caroline Deyns parvient à rendre compte de toutes les facettes de cette femme incroyable en choisissant de ne pas écrire une classique bio. Certes elle respecte la chronologie mais elle le fait par petits bouts, par courts chapitres. Le narrateur n’est jamais le même : Niki elle-même, la fille de sa femme de ménage, son psychiatre, une journaliste, une avorteuse. La forme aussi est sans cesse mouvante : des entretiens, des poèmes, des citations…
    Et tout cela se tient. Tout cela fait que l’on découvre Niki de Saint Phalle par strate, à travers un kaléidoscope. Quand bien même l’auteur laisse des blancs le lecteur arrive à les remplir sans difficulté, on ne perd pas le fil. C’est un sacré pari mais ça marche merveilleusement bien. Sans doute parce que cette audace littéraire est le plus grand hommage que l’on peut rendre à une femme aussi libre que Niki.

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  • Impression à la page 100 : j'ai pu apprécier l'art de Niki de SAINT PHALLE. Pour autant je ne sais rien de la femme, ni même de l'artiste... Là, il m'est proposé de combler cette lacune et je vais y aller les yeux fermés tant c'est bien écrit.

    TRENCADIS, au premier abord, le titre interroge...
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    Impression à la page 100 : j'ai pu apprécier l'art de Niki de SAINT PHALLE. Pour autant je ne sais rien de la femme, ni même de l'artiste... Là, il m'est proposé de combler cette lacune et je vais y aller les yeux fermés tant c'est bien écrit.

    TRENCADIS, au premier abord, le titre interroge la néophyte que je suis... TRENCADIS, une mosaïque d'éclats de céramique et de verre... Caroline DEYNS crée ici une mosaïque avec les différents moments de la vie de Niki de SAINT PHALLE, artiste néo-réaliste compagne puis épouse de Jean TINGUELY, autre artiste néo-réaliste. Elle nous emmène découvrir cette femme hors norme. Car avant d'être artiste, Niki de SAINT PHALLE était une femme et avant d'être femme, elle a été une enfant. Violentée. Violence morale de la mère, violence sexuelle du père... Tout au long de la lecture, l'auteur accompagne le lecteur et lui fait découvrir, donne les clés pour comprendre cet être en devenir, sur le chemin de la résilience.
    Cette nouvelle naissance a nécessité des choix, certains plus difficiles que d'autres mais guidés par la nécessité. Le lecteur a suffisamment de recul pour ne pas devenir juge.
    La biographie de Niki de SAINT PHALLE est aussi un témoignage de la vie artistique des années 50 aux années 90. Il n'est nullement question du mouvement de 1968 et c'est tant mieux. Les néo-réalistes, hommes et femmes, étaient libres. Libres de vivre, libres d'oser être eux, libres d'aimer, libres de créer. Certes, cette liberté avait un prix, celle de l'ostracisme du restant du monde. 1968 a permis d'ouvrir la porte de ce monde et de partager avec l'autre, celui des gens bien pensants.
    Il y a très longtemps que j'ai lu un ouvrage de la qualité de TRENCADIS. L'écriture de Caroline DEYNS est, comme le sujet qu'elle traite, d'une grande intelligence, subtile, sensible. Merci Madame.

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  • Niki de Saint Phalle : une personnalité forte, en décalage avec son temps, qui a placé la liberté de créer, de faire ce qui lui tenait à cœur, et la maintenait en vie, avant tout. Pour cela, elle a même abandonné ses enfants. Son cheminement d'enfant violée par son père, de fille d'une mère peu...
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    Niki de Saint Phalle : une personnalité forte, en décalage avec son temps, qui a placé la liberté de créer, de faire ce qui lui tenait à cœur, et la maintenait en vie, avant tout. Pour cela, elle a même abandonné ses enfants. Son cheminement d'enfant violée par son père, de fille d'une mère peu attentive (euphémisme du siècle, une mère très belle aussi, mondaine et glacée, le contraire physique des créations de Niki), l'a conduite, à travers sa folie créatrice, sa démesure, à travers l'Art, et grâce à cette passion, née "chez les fous", à exorciser, tant bien que mal, ses démons, à échapper au suicide, à l'auto destruction.
    Un nom célèbre, associé à des formes féminines épanouies, à des rondeurs joyeuses et colorées. Qui aurait pu penser que cette exubérance réconfortante était une réponse à ce choc majeur dans son existence. On comprend que la technique du Trencadis l'ait subjuguée, révélation que d'une personnalité pulvérisée, fracassée (ici par l'inceste, puis l'indifférence ou le déni de l'entourage) il pouvait sortir de l'harmonie et de la beauté. Recyclage superbe et salvateur de l'effraction et du malheur qui vous a mise en miettes. Et vaille que vaille on se recompose, littéralement on "recolle les morceaux."
    Ce livre, superbement écrit (probablement l'un de mes préférés de cette rentrée littéraire sur le plan de l'écriture), qui s'attache à mêler fond et forme, est fascinant, puissant, troublant et m'a profondément touchée.
    Niki à Eva : "On n'a rien fait encore. Tu vas voir. À bas l'art pour le salon. VIVE LA GRANDEUR ! LA FORCE ! LA FEMME ! VIVE LE CON !" ( Page 205).
    Le voyage créatif et humain de Niki prouve, si besoin était, la valeur rédemptrice et salvatrice de l'Art sous toutes ses formes, mais aussi le danger infini des secrets de famille, du silence. En effet, les œuvres de Niki (sculptures mais aussi cinéma) sont un cri, une révélation, un besoin de faire entendre sa voix de petite fille souillée à jamais, du noir qui encombre son corps et son esprit, une tentative de se débarrasser du monstre qui peut être en chacun de nous, même chez ceux qui sont censés nous protéger.
    Nikki : "J'ai eu la chance de rencontrer l'art parce que j'avais, sur le plan psychologique, tout ce qu'il faut pour devenir une terroriste." ( Page 195).
    Retranscrire la rage, la colère, l'incroyable sentiment d'injustice qui donnent envie de hurler et de tout casser, justement.
    Un roman que je n'hésite pas à recommander !

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  • Bon, on ne va pas se mentir, Niki de Saint Phalle, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Disons plutôt que je ne savais rien d'elle à part ces statues monumentales et colorées qui me faisaient rire lorsque j'étais gamine. Alors autant dire que ce roman, ou biographie romancée, je l'ai ouvert avec...
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    Bon, on ne va pas se mentir, Niki de Saint Phalle, ça n'a jamais été ma tasse de thé. Disons plutôt que je ne savais rien d'elle à part ces statues monumentales et colorées qui me faisaient rire lorsque j'étais gamine. Alors autant dire que ce roman, ou biographie romancée, je l'ai ouvert avec curiosité mais aussi une certaine appréhension. Et en le refermant, je regrette de ne jamais avoir pris le temps de m'intéresser à cette artiste ni, surtout, à cette femme. Parce que ce que nous fait vivre Caroline Deyns va au-delà du récit, c'est une immersion, une véritable expérience qui utilise la forme pour servir son propos. Ce pourrait être gadget, cela se révèle tout simplement génial.

    Donc, j'ai tout découvert de Niki de Saint Phalle et je ne regarderai plus jamais ses œuvres de la même manière. J'aurais pu avoir ces infos sur Wikipedia ou autres... certes. Mais les faits sont des faits, bruts, alors que ce que nous offre l'auteure ce sont des sensations, une sorte de "vis ma vie", le chaos qui préside à la création, la colère, la folie, la passion, la souffrance. Et, au-dessus de tout : la liberté. Rarement un texte m'aura autant surprise, emportée, fait passer d'un sentiment à l'autre et donné envie de tourner les pages, curieuse de ce que j'allais trouver ensuite. Car c'est une sorte de mosaïque que nous avons entre les mains, où alternent les pages de récit, des témoignages, des citations, des déclarations de l'artiste, sous des formes toujours inattendues. Le texte est fort, saisissant, à la fois direct et imagé. Plastique. Habité. Au fil des pages l'artiste et la femme ne font qu'une, c'est la faiblesse et aussi la force de Niki de Saint Phalle : franco-américaine, mariée (à Harry Mathews) et mère de famille, internée, fugueuse, artiste, amoureuse, créatrice, chalumeau à la main dans la journée et stilettos le soir, passionnée, souffrant le martyr dans son corps, cassant sans cesse son image, célébrée et moquée... Et libre. Ce que porte ce texte, ce sont tous ces fragments de Niki et cette urgence vitale à créer pour ne pas mourir.

    "Toute œuvre blessée déclenche par ricochet un blasphème, un rire provocateur et défiant. Où l'émotion reste première. Une gesticulation effrénée, spontanée, pour se débarrasser de l'emprise de son monde intérieur comme du monde dans lequel il lui est donné de vivre avec ses guerres à n'en plus finir, froide, nucléaire, du Vietnam ou d'Algérie : Niki reste une instinctive turbinant à l'émoi. Ce n'est qu'une fois l’œuvre terminée que vient la théorisation, l'intellectualisation du geste".

    Il y a bien sûr la blessure initiale, l'enfance volée, l'horreur qu'elle n'aura révélée que tardivement et qui sous-tend son élan créatif. C'est aussi la réussite de ce livre que d'en faire un manifeste féministe autant qu'artistique et de parvenir à faire percevoir à quel point les deux sont inextricables pour approcher le travail de Niki. Que dis-je percevoir ? C'est vivre dont il s'agit. Oui, cette lecture est une expérience inédite et j'espère un jour avoir l'occasion d'écouter Caroline Deyns parler de son travail, de la façon dont elle a conçu ce texte et est parvenue à éviter tous les écueils.

    Bien plus qu'une biographie, romancée ou pas, Caroline Deyns a conçu une œuvre d'art qui s'efface derrière son modèle pour mieux le sublimer ; et jamais elle n'en oublie d'être écrivain. Chapeau l'artiste !

    (Chronique publiée sur mon blog : motspourmots.fr)

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  • J'avoue je ne connaissais Niki de Saint Phalle que de nom et aussi l'image que j'avais de certaines de ses sculptures et en particulier celles représentant des femmes voluptueuses et colorées et curieusement avec souvent une tête très petite, disproportionnée mais je n'avais jamais cherché à en...
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    J'avoue je ne connaissais Niki de Saint Phalle que de nom et aussi l'image que j'avais de certaines de ses sculptures et en particulier celles représentant des femmes voluptueuses et colorées et curieusement avec souvent une tête très petite, disproportionnée mais je n'avais jamais cherché à en chercher l'origine. J'aimais la joie qui s'en dégageait, les couleurs qui éclataient mais je ne savais pas ce qu'elles cachaient finalement.

    Quelle vie encore pour cette femme au physique fragile qui révéla sur le tard la blessure qu'elle portait en elle depuis l'enfance, qui pris des décisions en tant que mère que d'autres lui reprochèrent et qui vécut une histoire d'amour et de création avec son second mari, Jean Tinguely. Un destin fait de dépressions, d'internements parfois, de ruptures mais aussi une œuvre foisonnante marquées par différentes étapes : Les Tirs (tirs à la carabine sur des poches de couleurs, la période blanche, les Nanas,  Golem (jeux toboggan) pour enfants et le Jardin des Tarots entre autres, dont on découvre toutes les significations intimes de son auteure.

    Une vie faite d'ombres et des créations éclatantes, démesurées, colorées pour parler d'elle, de ses tourments mais aussi qui illustrent et s'expliquent après la lecture de cette biographie.

    Caroline Dyns a choisi une construction toute particulière : en effet elle utilise différentes voix pour cerner la personnalité de cette  femme en se glissant à la fois dans son personnage mais surtout en imaginant les témoignages des personnes qui l'ont côtoyée : une boulangère de Soisy où elle habitait, la fille de sa femme de ménage, une œuvre elle-même, une avorteuse, des visiteurs d'un musée, une journaliste etc..., reprenant la façon de s'exprimer de chacune, les plaçant dans le contexte, donnant un récit vivant et dynamique, sans temps mort mais peut-être un peu déroutant en début de lecture.

    Ce roman biographique est également une évocation de ses choix de vie, en tant que femme, ses prises de position sur son rôle de mère, sur le féminisme et comme amoureuse, acceptant de son deuxième mari, Jean Tinguely, ses escapades et même une double vie, mais jamais soumise et formant avec lui un couple haut en couleurs et en voix.

    Un parcours de vie étonnant pour une femme qui décida d'être celle qu'elle voulait être, sans tenir compte de ce que l'on attendait d'elle, qui assuma ses choix et décida d'exposer sa vie et ses visions dont tout le sens nous en est donné ici. Une vie de femme à la fois fragile, faite à la fois de silences mais aussi d'explosions et qui puisa sa force dans son travail de création qui lui permit d'exposer ses souffrances.

    "(...) En réalité, si malgré cela, elle s'est sentie asphyxiée au point de le quitter pour ne pas en crever, ce n'est pas sa faute mais celle de sa mère, la faute de toutes les épouses dociles du monde, qui ont réussi à instiller dans son esprit cette croyance séculaire, millénaire, que les femmes ont le devoir d'exister petitement pour permettre à l'homme de pousser en hauteur (p156-157)"

    Certes la construction du récit peut dérouter certain(e)s mais pour ma part je l'ai trouvée finalement astucieuse car elle permet d'imaginer la relation que chacun pouvait avoir avec elle, d'autres visions ou interprétations des événements, des époques et des ressentis de l'artiste, de son quotidien ou de ses prises de position.

    J'aime particulièrement découvrir à travers un roman à la fois la biographie d'artistes mais aussi mieux comprendre leurs œuvres car elles sont, souvent, le reflet de leurs existences mais encore faut-il en reconnaître les indices, les clés, d'en saisir certaines subtilités. Lire, découvrir et voyager c'est ce que je demande à mes lectures et celle-ci m'a fait découvrir une artiste mais aussi une femme étonnante.

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  • Magistral, sur le piédestal, le voici, le chef-d’œuvre office d’une lecture nourricière, glaise et abandon. Ce grand livre est épiphanie, un classique, culte à l’aube-née. Le style est si beau, que le rare perle sur les lignes. L’émotion vive, à fleur de sens, on retient cette grandeur...
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    Magistral, sur le piédestal, le voici, le chef-d’œuvre office d’une lecture nourricière, glaise et abandon. Ce grand livre est épiphanie, un classique, culte à l’aube-née. Le style est si beau, que le rare perle sur les lignes. L’émotion vive, à fleur de sens, on retient cette grandeur d’écriture pour soi. « Trencadis » est un châle sur les épaules frigorifiées, une rencontre unique qui bouleverse dès le premier regard. Un livre- empreinte, chemin, modèle et passage. Un récit destinée, enivrant, palpitant, si mature qu’il signe l’arrêt des doutes. Le détenir est un hommage. Le lire, c’est être bouleversé par un récit albatros, vague, ressac, falaises et cimes. Ici, respire la plus divine des femmes, l’aura d’une personnalité maîtresse. Un livre transcendant dont on retient à jamais les courbes, points, regards, cils, sourires et sentiments. « Trencadis » est une porte à franchir, une inoubliable lecture. Un changement radical pour le lecteur. La voici, l’altière, la femme-maîtresse, la fragile, l’artiste, Niki de Saint-Phalle. « Que les couleurs sont en réalité des tristesses noires qui se griment en Arlequin pour s’assurer qu’on ne les reconnaisse pas : un désespoir qui voudrait passer incognito. » Agnès Mathews alias Niki, bouleversante, libre, trop peut-être, torturée, enfance gouffre, inceste cutter, enfants loin des yeux, lovés dans ses pensées à jamais, femme abîme, sommet. Manichéenne, pinceau lacérant les angoisses. Une personnalité si franche qu’elle écarquille le ciel et lui procure la gestuelle de l’artiste au plus juste de son expression. « Je refuse de n’être qu’une femme d’écrivain qui fait de la peinture ! C’est dit, martelé, pleuré, craché, hurlé. » « Mais c’est quoi la norme exactement ? » Niki de Saint Phalle fuit sur l’autre versant. L’art à haute échelle, sans vaciller. Les couleurs parois de verre, brisures, ou rocs. Sûre d’elle sur son fil d’Ariane, Niki construit sa tour d’Ivoire, ses idéaux, cartes à jouer qu’elle autorise aux regards, au dénudé, au cru, au fécondant, matrice grotte. L’impasse Ronsin, l’entrée au monde. Elle est son choix. On reste en assisse. Colonne de marbre, fébrile, transi par les pages chorales. Niki la flamboyante, la triste, la malade, l’artiste hors pair. « Si vous l’aviez vue… Tout son être râlait après l’amour, l’amitié, la fraternité, la rivalité… » Niki, soudée avec ses pairs, artistes. Les Nouveaux Réalistes, auberge espagnole, galerie éphémère, changeante, couleurs accrochées aux murs qui approuvent le décalé, l’épure, l’improbable, l’imprévisible, les écorchures, les amours transis. Niki œuvre, elle est la traversée du miroir. « Le père, la mère ou la fille. Le violeur, la femme aveugle du violeur, ou la violée ? Qui, le monstre ? » « Ses Nanas » sont exutoires, reins brisés et larmes vagabondes. « Trencadis » est hymne, force et repentance. Un livre né depuis des millénaires tant les semences sont regain. Le visage de Niki est là bien après la lecture, souriant, bleu nuit et lèvres rouge-sang. On aime Niki par-dessus les toits du monde, on rêve de pénétrer son art comme une double peau collée à la nôtre. Ce livre est un honneur pour l’enfant, la femme, l’artiste devenue. « Trencadis » modèle Niki en art absolu et divin. Caroline Deyns est une auteure émérite, brillante. Niki est là à nous regarder. Que ce livre est noble et puissant ! Publié par les majeures Editions Quidam. « Trencadis » est en lice pour le Prix Hors-Concours 2020 et c’est une grande chance.

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  • Je ne connaissais pas du tout Niki de Saint Phalle et j'étais curieuse de découvrir ce livre. Un récit original dans sa construction et qui mêle, je pense, le vrai et la fiction. C'est une manière intéressante de proposer de découvrir une personne car je ne suis pas très assidue aux biographies...
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    Je ne connaissais pas du tout Niki de Saint Phalle et j'étais curieuse de découvrir ce livre. Un récit original dans sa construction et qui mêle, je pense, le vrai et la fiction. C'est une manière intéressante de proposer de découvrir une personne car je ne suis pas très assidue aux biographies sinon. Je vais reprendre ma lecture avec plaisir, à voir si cela se confirme.

    Avis final :

    " Trencadis est un ouvrage proposé en cette rentrée littéraire par Caroline Deyns. Son sujet principal est Catherine de Saint Phalle dite Niki de Saint Phalle. Pour qui ne connaîtrait pas cette femme, ce livre est fait pour vous. L'auteure présente ainsi la vie de cette femme qui a été à la fois épouse, maman, et une grande artiste autodidacte. Je ne dis pas qu'il s'agit d'un roman en tant que tel puisque ce n'est pas vraiment le cas. Il est complexe de le situer dans un genre particulier car il est déjà difficile de résumer le contenu tant il est riche d'informations.

    On peut illustrer le résumé en disant qu'il est à la hauteur de ce que Niki de Saint Phalle était : originale ! Ce livre est donc un cas à part dans la littérature française pour moi car il met en scène tour à tour les subtilités de la fiction, puis celles de la biographie pour revenir sur des chapitres purement romancés. Je ne connaissais pas cette personne et je me suis ainsi laissée prendre au jeu car justement il ne s'agit pas simplement de l’étalage d’une vie, mais plutôt d’une sorte d’hommage. J'ai découvert une femme aux multiples facettes, qui n'a pas été épargnée par la vie et qui a voulu sortir des chemins tous tracés pour construire le sien. Alors certes il reste un chemin assez chaotique mais il représente bien l'âme : rien n'est simple dans la vie et il faut accepter d'aller dans les noirceurs de son être pour ressortir avec fierté de ces mauvais moments. Niki de Saint Phalle c'est ça ! Une femme dotée d'une grande capacité d'adaptation à la vie. L'ouvrage est vraiment bien construit jusque dans la typographie et j'ai ressenti tout le travail effectué par l'auteure, c'est ce qui crée l'attachement et l'envie de découvrir encore plus l'univers de Niki de Saint Phalle.

    Je ne suis pas une habituée des biographies car souvent je perds un peu pied si je ne connais pas du tout la personne. Ici j'ai eu l'agréable surprise d'avoir une histoire autour d'une personne qui a réellement existé et j'ai ainsi pris un plus grand plaisir à laisser mon imagination se mettre en route. Finalement je pouvais visualiser cette femme bien plus facilement, avec les descriptions je pouvais la voir évoluer dans des lieux, avec ses proches et elle m'est apparue ainsi dans toute son humanité. J'ai beaucoup apprécié voir les remerciements de l'auteure auprès des héritiers car effectivement la réalité a pu être modifiée mais je trouve important de le reconnaître. C'est un livre que je n'aurais surement pas découvert toute seule mais qui m'a permis d'approfondir ma culture et ainsi sortir de ma zone de confort. "

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