Jonathan Coe

Jonathan Coe
Né en 1961, à Birmingham, en Angleterre, Jonathan Coe a fait ses études à Trinity Collège à Cambridge. Il a écrit des articles pour le Guardian, la London Review of Books, le Times Literary Supplement... Il a reçu 1e prix Femina Étranger en 1995 pour son quatrième roman, Testament à l'anglaise (F... Voir plus
Né en 1961, à Birmingham, en Angleterre, Jonathan Coe a fait ses études à Trinity Collège à Cambridge. Il a écrit des articles pour le Guardian, la London Review of Books, le Times Literary Supplement... Il a reçu 1e prix Femina Étranger en 1995 pour son quatrième roman, Testament à l'anglaise (Folio n° 2992) et le prix Médicis Étranger en 1998 pour La Maison du sommeil (Folio n° 3389). La femme de hasard est son premier roman.

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Articles en lien avec Jonathan Coe (3)

Avis sur cet auteur (72)

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    Couverture du livre « Le coeur de l'Angleterre » de Jonathan Coe aux éditions Gallimard

    Claire Guyard sur Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe

    Merci tout d’abord à Lecteurs.com de m’avoir offert ce livre.

    J’ai découvert l’auteur, Jonathan Coe il y a déjà bien longtemps avec « la maison du sommeil ». J’avais adoré ce roman et cette façon de raconter les histoires, ce sentiment de proximité avec les personnages, simples et complexes,...
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    Merci tout d’abord à Lecteurs.com de m’avoir offert ce livre.

    J’ai découvert l’auteur, Jonathan Coe il y a déjà bien longtemps avec « la maison du sommeil ». J’avais adoré ce roman et cette façon de raconter les histoires, ce sentiment de proximité avec les personnages, simples et complexes, cette façon de mêler si habilement la fiction et le contexte historique.
    Cet auteur est vite devenu l’un de mes préférés avec son regard si aiguisé, tendre et ironique, sur ses contemporains.

    « Le cœur de l’Angleterre » ne m’a vraiment pas déçue.
    J’ai retrouvé avec bonheur la famille Trotter, Doug, Philip.. des 2 premiers volets de la trilogie (Bienvenue au club et Le cercle fermé) et la nouvelle génération incarnée par Sophie, Coriandre..
    Dans ce roman, Jonathan Coe, à travers ces tranches de vie de ces familles, nous plonge dans les 10 années qui ont précédé le référendum sur le Brexit au Royaume-Uni.
    Comment en est-on arrivé là ?
    Et quels sont les impacts de ce bouleversement politique sur les individus ?

    Chronique sociale douce amère, tour à tour drôle et grave, réflexion sur l’évolution de la société britannique d’un point de vue collectif et individuel, personnages très attachants.... ce livre est très agréable à lire, prenant, instructif et au cœur de l’actualité, un regard utile sur notre époque.

    Je le conseille vivement!

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    Couverture du livre « Le coeur de l'Angleterre » de Jonathan Coe aux éditions Gallimard

    Markus OLMES sur Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe

    C'est bizarre, je ne suis pas étonné que ce livre soit premier de la rentrée littéraire dans la catégorie Littérature étrangère, et pour cause il est excellent et me fait prendre la ferme décision de lire les deux premiers tomes de cette trilogie, oui il s'agit d'une trilogie, " Bienvenue au...
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    C'est bizarre, je ne suis pas étonné que ce livre soit premier de la rentrée littéraire dans la catégorie Littérature étrangère, et pour cause il est excellent et me fait prendre la ferme décision de lire les deux premiers tomes de cette trilogie, oui il s'agit d'une trilogie, " Bienvenue au club " et " Le cercle fermé " que je regrette amèrement de n'avoir pas lus avant, enfin il n'est jamais trop tard..

    Nous assistons à travers plusieurs personnages plus ou moins liés, en famille, amis, au pré-Brexit qui secouera tout le Royaume-Uni et, qui à l'heure où j'écris cette chronique, est déclaré.

    Nous suivons la famille Trotter, Benjamin, Lois, Colin et leurs amis communs ou pas dans de nouvelles aventures où le Brexit prendra une place ( presque ) déterminante dans leur chemin de vie ou tout au moins va bousculer tout ce petit monde. C'est tout un pan de l'histoire britannique que Jonathan COE nous fait vivre et découvrir de l'intérieur et c'est passionnant. J'ai vécu avec chacun d'eux, j'ai ressenti leur mal aise, leur mal-être, leur bonheur quand même. J'ai mesuré l'impact impressionnant de ce tournant sur le peuple britannique représenté, bien sûr fictivement, par nos " héros ". Séparations, divorces, retrouvailles, départs, bagarres, traîtrise, enfin tout y passe. Mais quelle M. a mis ce Brexit dans la vie anglaise. Malgré tout cela, il y a dans ce roman beaucoup d'humour, d'hilarité ( un passage particulièrement de la page 304 à 311 qui fait dans l'étude de moeurs ) du cynisme aussi, ce pourrait être hormis ce sujet grave, une comédie politique.

    J'adore le Royaume-Uni et ce fut un vrai plaisir de lire cette oeuvre d'un auteur que j'apprends à connaître.

    Je remercie Lecteurs.com et les éditions Gallimard pour m'avoir offert ce livre et les perspectives de bonnes lectures futures qu'ils m'ouvrent.

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    Couverture du livre « Le cercle fermé » de Jonathan Coe aux éditions Gallimard

    Mumu Dans le Bocage sur Le cercle fermé de Jonathan Coe

    Après Bienvenue au club, je retrouve toute la bande de Birmingham à la veille du passage du millénaire. Ils ont désormais la quarantaine, sont entrés dans la vie active, mariés et pour certains ont désormais des enfants. Les temps changent après les années Thatcher ils entrent dans les années...
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    Après Bienvenue au club, je retrouve toute la bande de Birmingham à la veille du passage du millénaire. Ils ont désormais la quarantaine, sont entrés dans la vie active, mariés et pour certains ont désormais des enfants. Les temps changent après les années Thatcher ils entrent dans les années Blair.  Une page se tourne, que sont devenus leurs rêves d'adolescents, leurs amours, leurs ambitions, leurs idéologies. Sont-ils restés les mêmes ou ont-ils changé ? Et puis il y a les questions restées sans réponse, les disparitions, les traumatismes de l'adolescence pas toujours guéris, oubliés.

    Dans cet opus c'est autour principalement de Benjamin et Paul, les deux Trotter, frères mais tellement différents, que gravite le roman. A travers eux, Jonathan Coe se lance, grâce également à ses autres héros, dans un panorama de la situation sociale et politique de l'Angleterre. Après les attentats de l'IRA se sont d'autres attentats qui frappent le monde et en particulier les Etats-Unis avec des répercussions mondiales. Les peurs sont d'un autre ordre mais les opinions divergent sur les suites à leur donner.

    L'auteur dresse un portrait, parfois cinglant, d'un pays en crise : économique bien sûr : finies les trente glorieuses, voici venues les années du management, des liquidations sèches d'entreprises, des prises de profit, de la communication avec l'arrivée du portable, d'internet, tout va beaucoup plus vite.

    Et puis avec Paul, Jonathan Coe s'amuse à décrire une certaine catégorie de politiciens, de pâles figures, maladroits et opportunistes. A la différence de Benjamin qui reste le pilier du Club, immuable dans ses amours,dans son rêve de devenir écrivain, dans l'écriture depuis 25 ans de son Roman, mais qui va être ébranlé par une femme qui croisera son chemin.

    En plus de 500 pages Jonathan Coe porte un regard critique sur une époque mais en y glissant assez d'humour et de dérision pour rendre l'ensemble passionnant, avec ce qu'il faut de justesse sans toutefois en faire un long réquisitoire. Tout y est passe : les médias, les conflits mondiaux, la politique et au milieu de ces bouleversements l'auteur ne perd pas de vue les histoires personnelles de chacun, leurs amours, c'est habilement construit, et n'oublie pas d'apporter un éclairage sur des "affaires" laissées en suspend dans Bienvenue du club.

    Autant de cercles autant d'histoires et tout l'art est de tenir le lecteur en haleine, le ramener sur les rails, de raccrocher les wagons offrant parfois un point de vue différent. Quel talent d'écrivain il faut pour y parvenir. Faire d'une saga amicale et familiale sur un demi-siècle (si on tient compte du troisième volet : Le cœur de l'Angleterre que je vais bien sûr lire très prochainement) le récit d'un pays qui traverse les crises comme ses personnages traversent leurs propres crises avec leurs questionnements, leurs choix et avec une nouvelle génération qui arrive et qui porte sur leurs prédécesseurs un regard parfois inquiet sur le monde qui leur ont construit. Feront-ils mieux, sont-ils si différents ?

    Tout est maîtrisé, Jonathan Coe est un magicien des mots et des intrigues. Il est la parfaite illustration du flegme "so british" avec ce qu'il faut de dérision, d'humour mais aussi de clairvoyance et d'amour de son pays pour en relever toutes les contradictions, tous les combats mais quel pays n'en a pas ! A l'heure du Brexit il n'est pas inutile de se pencher sur un pays qui fait le choix de se tenir à l'écart, de se construire avec ses seules forces, qui a toujours eu sa particularité.

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    Couverture du livre « Le coeur de l'Angleterre » de Jonathan Coe aux éditions Gallimard

    Isabelle Anne sur Le coeur de l'Angleterre de Jonathan Coe

    Le cœur de l'Angleterre de Jonathan Coe
    Critique Isabelle ANNE


    Je venais de terminer « Une douce lueur de malveillance » , dont l'intrigue terrifiante est concoctée par Dan Chaon, lorsque j'ai reçu de Lecteurs.com, que je remercie chaleureusement pour cet envoi, « Le cœur de l'Angleterre...
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    Le cœur de l'Angleterre de Jonathan Coe
    Critique Isabelle ANNE


    Je venais de terminer « Une douce lueur de malveillance » , dont l'intrigue terrifiante est concoctée par Dan Chaon, lorsque j'ai reçu de Lecteurs.com, que je remercie chaleureusement pour cet envoi, « Le cœur de l'Angleterre », tel un bonbon anglais, douceur acidulée propre à me remettre de mes précédentes émotions.
    J'avais lu de Clémentine Beauvais « Brexit Romance » qui nous conte les tribulations joyeuses de la jeunesse anglaise post-brexit, nous voici avec Jonathan Coe dans les tout premiers instants d'avant ce tsunami politique.

    L'auteur nous immerge dans l'Angleterre des années 2010 à 2018 ; mi-chroniqueur, mi-romancier, im explore cette page d'histoire contemporaine qui débute par les émeutes de Londres pour aboutir au référendum sur le Brexit. En quelques années 'une nation soudée qui communie avec ferveur lors qe l'ouverture des Jeux Olympiques va se déchirer, au sein même des couples et des familles lors du Brexit

    Nous revivons les événements en suivant les tribulations de la famille Trotter dont les personnages sont les héros de deux romans précédents « Bienvenue au Club » et « Cercle fermé » que j'avoue ne pas avoir lus. Mais cela ne m'a pas foncièrement gênée dans ma lecture. On cerne rapidement les figures principales. Dans la famille Trotter, je voudrais le père, Colin quatre-vingt-deux printemps conservateur pur et dur . Dans la famille Trotter, je voudrais le fils, Benjamin, cinquantenaire, qui porte en lui le roman de toute une vie. Je voudrais la fille, Lois, rongée par ses démons et la petite fille Sophie, thésarde et maitre de conférence.

    Même si Jonathan Coe brosse le portait doux-amer de ses contemporains, la lectrice française que je suis retrouve dans les thèmes abordés les crispations de ses compatriotes la mondialisation, les identités, la xénophobie, la tolérance comme masque du vivre ensemble politiquement correct. « Ce que j'admire dans notre caractère britannique ( …) c'est notre amour de la modération. Notre amour immodéré de la modération ».

    Deux visions de l'Anglettere se font jour (de l'Angleterre vraiment ? Il me semble y voir aussi celles qui règnent dans mon pays) : l'ancienne génération adepte de l'antagonisme des partis politiques et la nouvelle, celle d'après la crise financière, pour qui les partis n'ont pas de solution, ne savent pas comment sortir le pays de la situation dans laquelle il se trouve.

    Les mises en situation sont très vivantes : les émeutes de Londres sont décrites avec soin et beaucoup de réalisme comme si elles étaient filmées d'un téléphone portable par l'un des participants à l'événement.

    Jonathan Coe se livre, au travers des événements historiques, à une étude des comportements humains, sociaux et familiaux. Il égratigne les travers de ses contemporains et, pour les décrire, il trempe sa plume dans le cynisme : « mes parents ne se disputent pas sans arrêt, ils vivent simplement dans un état permanent de, je cherche le mot, d'indifférence teintée d'hostilité ».

    Les personnages du roman sont très vivants, ils sont croqués sur le vif, ainsi, au mariage de Ian et Sophie, l'auteur note que Naheed, amie du couple a « un air d'amusement contrôlé au coin du sourire et des yeux ». Jonathan Coe sait aussi se faire mordant et acide pour relever certains travers « rien de tel qu'un zeste de racisme pour relever les palais après un dîner trop riche ». Quel sens de la formule ! Il en distille tout au long du texte, petits cailloux dans la chaussure : « mon frère est assez étranger à la vie de l'esprit » ; en quelques mots bien choisis tout est dit d'une formule élégante et assassine.

    C'est en caricaturiste accompli qu'il dénonce le racisme primaire bête à pleurer de certains de ses contemporains : ainsi le père de Krystal « n'avait jamais pris la peine de cacher son indignation devant le fait qu'une petite musulmane puisse être considérée comme une élève plus brillante ou plus remarquable que sa fille ».

    En musique, il existe l'oreille abolue, Coe, quant à lui semble avoir l'oeil absolu, il saisit au vol des instants d'apparence banale, auxquels il insuffle un humour pétillant : « »(ils) quittèrent le réfectoire dans un concerto pour cliquetis de couverts et grincement de banc ». L'action la plus banale se voit revêtue de truculence avec jeu de mots en prime dans sa version française (grincement de banc:/grincement de dents).

    Véritable artiste pictural, Jonathan Coe évoque des paysages en petites touches délicates : « un petit vent qui ridait la rivière et froissait les branches des saules ». En quelques mots, il brosse un paysage, l'habille d'une atmosphère, met en scène des odeurs, des couleurs, des sensations.

    A travers ce livre, j'ai aussi découvert un auteur britannique amoureux de la France qui décrit tout en délicatesse et en sensibilité Marseille et les Iles du Frioul que je connais bien et que j'aime.