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Jean Echenoz

Jean Echenoz
Jean Echenoz est né à Orange en 1947. Il a obtenu le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le prix Goncourt en 1999 pour Je m'en vais.

Vidéos relatives à l'auteur

Articles en lien avec Jean Echenoz (6)

Avis sur cet auteur (109)

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    Couverture du livre « Courir » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Bruno (BMR) sur Courir de Jean Echenoz

    ❤️ Courir, c'est l'histoire d'Émile.
    Émile n'aime pas le sport. Émile travaille dans une usine de chaussures Bata en Tchécoslovaquie (c'est ça le destin ?).
    Émile sera pourtant le coureur le plus rapide du monde.
    Émile n'aime pas trop son boulot à l'usine. Et on s'aperçoit qu'Émile est...
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    ❤️ Courir, c'est l'histoire d'Émile.
    Émile n'aime pas le sport. Émile travaille dans une usine de chaussures Bata en Tchécoslovaquie (c'est ça le destin ?).
    Émile sera pourtant le coureur le plus rapide du monde.
    Émile n'aime pas trop son boulot à l'usine. Et on s'aperçoit qu'Émile est vraiment très rapide à la course, même s'il court n'importe comment.
    Alors, poussé par son entourage, Émile s'entraine, s'entraine encore, par tous les temps.
    Bientôt les records de Tchécoslovaquie commencent à tomber dans les poches du survêtement d'Émile.
    Encore quelques années d'entrainement et ce sera les records d'Europe puis du monde. Le 5.000 mètres, le 10.000 mètres, le record de l'heure (plus de 20.000 mètres), les médailles d'or des Jeux Olympiques, jusqu'au mythique marathon.
    C'est l'histoire d'Émile.
    C'est l'histoire de Zatopek, Émile Zatopek, la locomotive tchèque qui sera pendant de nombreuses années l'homme le plus rapide du monde, accumulant records et médailles et courant n'importe comment, sans style, la tête bringuebalant sur le côté, sans méthode, au grand dam des entraineurs et docteurs sportifs. À une époque où le mot dopage n'avait pas encore été inventé et où sur la piste, sur la cendrée comme l'on disait encore, il n'y avait que des hommes et non des cobayes de labos pharmaceutiques.

    [...] Un jour on calculera que, rien qu'en s'entrainant, Émile aura couru trois fois le tour de la Terre. Faire marcher la machine, l'améliorer sans cesse et lui extorquer des résultats, il n'y a que ça qui compte et sans doute est-ce pour ça que, franchement, il n'est pas beau à voir. C'est qu'il se fout de tout le reste. Cette machine est un moteur exceptionnel sur lequel on aurait négligé de monter une carrosserie. Son style n'a pas atteint ni n'atteindra peut-être jamais la perfection, mais Émile sait qu'il n'a pas le temps de s'en occuper : ce seraient trop d'heures perdues au détriment de son endurance et de l'accroissement de ses forces. Donc même si ce n'est pas très joli, il se contente de courir comme ça lui convient le mieux, comme ça le fatigue le moins, c'est tout.

    Enfin, presque tout. Car Échenoz a l'intelligence de replacer la course d'Émile dans celle, encore plus folle, du monde. Le monde finissant du XX° siècle.
    Émile a 17 ans quand le III° Reich envahit les Sudètes (beaucoup) et la Tchécoslovaquie (un peu, tant qu'on y est, on y reste). La première course officielle d'Émile est un cross de la Wehrmacht. Après la guerre il court à Berlin dans le stade construit par Hitler pour les fameux JO de 1936. Plus tard son talent est "utilisé" par la propagande tchèque (ou même celle du PC français avec le cross de l'Humanité). Même si le pouvoir communiste ne lui délivre des visas qu'au compte-goutte ... dès fois qu'il prenne goût à la course de l'autre côté du rideau de fer.
    Encore un peu plus tard, il se rallie à la bannière de Dubcek pendant le printemps 68.
    On sait comment le printemps se termine : Émile signera donc son autocritique comme tout le monde et, après un passage par les mines d'uranium, finira archiviste dans un sous-sol du ministère des sports.
    Ce petit bouquin d'Échenoz (tous les bouquins d'Échenoz sont petits !) se lit à toute allure, à toute vitesse.
    En moins de deux heures, en moins de temps qu'il n'en faut à Émile pour courir les 20.000 mètres.
    On suit tout cela (les courses d'Émile et la roue de l'Histoire) au rythme donné par Échenoz, dans la foulée d'Émile : c'est passionnant, captivant, haletant.
    Sous la plume d'Échenoz, on a l'impression de voir le monde courir à sa perte tandis que le petit bonhomme Émile court sur la planète, poursuivi par les chars, essayant vainement d'échapper à l'Histoire qui finira par le rattraper lorsque, avec l'âge, Émile s'essouffle et se trouve bien heureux de voir quelques jeunes prendre enfin la relève.
    Échenoz est un écrivain fort discret et fort talentueux. C'est son dernier bouquin et son écriture si caractéristique (une douce ironie, une tendre cocasserie, faussement naïves), est ici parfaitement dosée et maîtrisée et réussit à nous faire partager pendant quelques pages la course folle d'Émile.
    Impeccable.
    Pour celles et ceux qui aiment la course à pied, et même pour ceux qui n'aiment pas.

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    Couverture du livre « Lac » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    GeorgesSmiley sur Lac de Jean Echenoz

    Soyons clairs : je n’ai à peu près rien compris à cette histoire d’espionnage. Un comble pour le lecteur compulsif et assidu qui d’ordinaire décrypte avec ravissement les intrigues de John Le Carré. Disons le tout net, le colonel Seck n’a pas grand-chose à voir avec George Smiley et Chopin n’est...
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    Soyons clairs : je n’ai à peu près rien compris à cette histoire d’espionnage. Un comble pour le lecteur compulsif et assidu qui d’ordinaire décrypte avec ravissement les intrigues de John Le Carré. Disons le tout net, le colonel Seck n’a pas grand-chose à voir avec George Smiley et Chopin n’est pas le maître espion qu’on voudrait, tant ses micros implantés sur le thorax de mouches introduites dans les appartements à surveiller ne lui inspirent qu’une confiance limitée : « Chopin fit valoir que cette technique était très limitée. Qu’une mouche ne dure qu’un temps. Qu’une vie de mouche n’est qu’un battement. »
    L’intérêt est bien sûr ailleurs, essentiellement dans l’humour et la fantaisie de cette parodie de roman d’espionnage. Dans l’art singulier, que maitrise si bien l’auteur, des propos hors de propos, des apartés vraiment à part et des périphrases aussi décalées que jubilatoires. Quelques exemples :
    « Près des portes un groom aidait une vaste cliente à enfiler sa fourrure : quoique dressé sur la pointe des pieds, il procédait avec souplesse et savoir-faire, comme s'il montait une tente en même temps qu'il langeait un nourrisson. »
    « C'était un frais matin de grande banlieue, l'air vif était léger comme une salade, sec et limpide comme du vin blanc… »
    « ... le secrétaire général lui accorda le même regard bref et sans affect qu'il posait tout à l'heure sur ses documents : il n'était pas tellement réconfortant de se sentir ainsi feuilleté, parcouru en diagonale. »
    Joyeux, inattendu et pétillant, c’est le cocktail coutumier que concocte Jean Echenoz et je ne m’en lasse jamais.

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    Couverture du livre « Je m'en vais » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Christine GAZO sur Je m'en vais de Jean Echenoz

    Voilà ! J’ai lu Jean Echenoz pour la première fois !
    J’ai beaucoup aimé le style et l’écriture, travaillée, soignée, pleine de clins d’œil, de traits d’esprit, parfois poétique, parfois presque cynique...
    J’ai eu plus de mal à comprendre où voulait en venir l’auteur. Il nous fait suivre les...
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    Voilà ! J’ai lu Jean Echenoz pour la première fois !
    J’ai beaucoup aimé le style et l’écriture, travaillée, soignée, pleine de clins d’œil, de traits d’esprit, parfois poétique, parfois presque cynique...
    J’ai eu plus de mal à comprendre où voulait en venir l’auteur. Il nous fait suivre les élucubration et déambulations d’un propriétaire d’une galerie d’art contemporain, très dépendant des femmes, qui part dans l’Arctique à la recherche d’une épave contenant des objets de valeur.
    Les différents protagonistes restent insondables et insaisissables, l’intrigue plus ou moins amoureuse, plus ou moins policière... j’ai dû un peu m’accrocher mais au final, j’ai apprécié ma lecture... contente d’avoir découvert l’auteur, surprise tout de même que cet opus ait obtenu le Goncourt (ce que je n’ai découvert qu’après lecture)...!

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    Couverture du livre « Vie de Gérard Fulmard » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Christlbouquine sur Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz

    Gérard Fulmard est le patronyme banal d’un homme banal qui vit seul dans son appartement de la rue Erlanger à Paris. Un petit homme banal, bien tranquille et sans emploi qui prend la décision de créer son agence de renseignements, le Cabinet Fulmard Assistance, s’imaginant déjà détective. Cette...
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    Gérard Fulmard est le patronyme banal d’un homme banal qui vit seul dans son appartement de la rue Erlanger à Paris. Un petit homme banal, bien tranquille et sans emploi qui prend la décision de créer son agence de renseignements, le Cabinet Fulmard Assistance, s’imaginant déjà détective. Cette initiative va le conduire bien loin de ce qu’il imaginait lorsque sa route croise celle d’un obscur parti politique en mal de notoriété, la FPI (Fédération Populaire Indépendante).

    Ce personnage de Gérard Fulmard est à l’opposé du héros et traverse la vie avec une certaine nonchalance enchaînant les échecs et se retrouvant malgré lui à devoir gérer des situations qui le dépassent.

    Difficile de rendre compte de ce livre dont les nombreuses péripéties et digressions sont surtout des prétextes à déployer tout l’art narratif et la dérision du romancier.

    Jean Echenoz est un auteur que je retrouve toujours avec un égal plaisir. J’aime son style, son humour, sa manière de traiter l’histoire et les personnages, cette fausse désinvolture qu’il cultive de livre en livre et cette façon très particulière qu’il a de s’emparer d’un univers pour en casser les codes. Ici l’univers du polar et celui du monde politique sont étroitement mêlés donnant l’occasion à Jean Echenoz de pousser loin la satire et le pastiche.

    Je ne mentirai pas toutefois en disant que ce livre restera à jamais gravé dans ma mémoire. S’il est un véritable bonheur de lecture, il est aussi assez vite oublié. Un plaisir fugace en somme mais 2 heures de lecture qui font oublier le quotidien grâce à son côté totalement décalé, à une écriture riche qui donne toute l’ampleur du talent de Jean Echenoz à combiner les styles et à une maitrise parfaite de l’humour. Un roman réjouissant donc, parfait pour s’échapper quelques heures.