Jean Echenoz

Jean Echenoz
Jean Echenoz est né à Orange en 1947. Il a obtenu le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le prix Goncourt en 1999 pour Je m'en vais.

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Avis (87)

  • Couverture du livre « Ravel » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Pen Parrau sur Ravel de Jean Echenoz

    C'est pour moi, un pur plaisir de retrouver l'écriture de Jean Echenoz. Et dans la série de ses portraits, celui-ci est mon préféré.

    On découvre un Ravel esthète et solitaire souffrant d'une maladie que son époque n'a pas encore nommée et qui va le fragiliser durant les dix dernières années...
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    C'est pour moi, un pur plaisir de retrouver l'écriture de Jean Echenoz. Et dans la série de ses portraits, celui-ci est mon préféré.

    On découvre un Ravel esthète et solitaire souffrant d'une maladie que son époque n'a pas encore nommée et qui va le fragiliser durant les dix dernières années de sa vie.

    Le récit de sa traversée sur Le France et de son voyage en Amérique a le charme du luxe d'antan, passant des stucs du France aux bois précieux des trains spéciaux qui parcourent les États-Unis.

    Et puis, la plume d'Echenoz nous pose avec malice aux côté de cet homme qui reste assez mystérieux.

  • Couverture du livre « 14 » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Jean-Paul Degache sur 14 de Jean Echenoz

    14, c’est bien sûr 1914 et les trois années qui suivent. Jean Echenoz a bien fait d’aborder le sujet en pleine période de centenaire de la Première guerre mondiale. Il le fait à sa manière, en s’attachant aux pas de jeunes hommes mobilisés, rassemblés avec toute la population par le tocsin : «...
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    14, c’est bien sûr 1914 et les trois années qui suivent. Jean Echenoz a bien fait d’aborder le sujet en pleine période de centenaire de la Première guerre mondiale. Il le fait à sa manière, en s’attachant aux pas de jeunes hommes mobilisés, rassemblés avec toute la population par le tocsin : « Tout le monde avait l’air très content de la mobilisation : débats fiévreux, rires sans mesure, hymnes et fanfares, exclamations patriotiques, striées de hennissements. »

    Ils sont partis. Charles (27 ans), Anthime (23 ans), Padioleau, Bossis, Arcenel, chacun son matricule. Marche, défilé, le train et Blanche, comme les autres femmes, les enfants, les vieux, est restée, attendant ce retour qui ne devait pas tarder...
    Le moral baisse au fil des kilomètres, puis le capitaine Vayssière rassure : « Vous reviendrez tous à la maison… Si quelques hommes meurent à la guerre, c’est faute d’hygiène. Car ce ne sont pas les balles qui tuent, c’est la malpropreté qui est fatale et qu’il vous faut d’abord combattre. » Jean Echenoz, toujours de son style simple et efficace, très agréable à lire, suit ces hommes jusqu’à ce qu’ils entendent le bruit du canon.
    Sur un ton presque enjoué, badin, en une description anodine, comme au cours d’une conversation, l’auteur décrit une des premières batailles aériennes, montrant au passage l’impréparation de nos avions et de leurs pilotes malgré leur grand courage.
    Il n’oublie pas de revenir au pays pour nous montrer la vie qui se poursuit avec Blanche, l’usine de chaussures qui a du travail pour équiper l’armée. Cette armée, justement, où les hommes tombent, doit évoluer, remplacer le pantalon rouge trop criard, fournir une cervelière, sorte de calotte en acier, pour arriver enfin au casque en septembre 1915. Rien n’épargne les soldats, comme « les gaz aveuglants, vésicants, asphyxiants, sternutatoires ou lacrymogènes que diffusait très libéralement l’ennemi à l’aide de bonbonnes ou d’obus spéciaux, par nappes successives et dans le sens du vent. »

    Terrible est la séquence où Arcenel s’en va seul, est arrêté par les gendarmes, traduit en conseil de guerre et fusillé le lendemain, pour l’exemple ! Enfin, il y a le retour d’Anthime dont il ne faut rien dire pour laisser découvrir une histoire qui se termine par une pirouette dont Jean Echenoz (voir Ravel) a le secret.

  • Couverture du livre « 14 » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Dominique JOUANNE sur 14 de Jean Echenoz

    De la veille festive du départ, quand tous partaient joyeux pour une quinzaine de jours au plus, le temps de chasser l’envahisseur, à la fin, quatre ans plus tard, c’est avec un talent exceptionnel que Jean Echenoz nous livre en 120 pages, un tableau complet, très imagé et réaliste de la guerre...
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    De la veille festive du départ, quand tous partaient joyeux pour une quinzaine de jours au plus, le temps de chasser l’envahisseur, à la fin, quatre ans plus tard, c’est avec un talent exceptionnel que Jean Echenoz nous livre en 120 pages, un tableau complet, très imagé et réaliste de la guerre de 14/18 et d’une France vidée de ses hommes tous partis sur le front. Pour ce faire, il va suivre 4 soldats et une jeune femme d’un même village.
    Je suis toujours épatée par la mécanique, la technique, le vocabulaire, l'écriture minimaliste et pourtant la richesse d’informations, le détail exposant tout un panorama, l’acrobatie grammaticale et ses mille et un petits pièges et subtilités, le style agrémenté de tout plein de petits jeux de mots dont la pratique de ses fameux zeugmes sans compter l’humour et la légèreté du texte même sur un sujet aussi grave que la guerre.
    « …un regard, le plus court et le plus long possible, se forçant à le charger du moins d’expression disponible tout en suggérant le maximum… »
    « … on entend l’ennemi piocher sourdement au-dessous de cette tranchée même, au-dessous de soi-même, creusant des tunnels où il va disposer des mines afin de l’anéantir, et soi-même avec.
    On s’accroche à son fusil, à son couteau dont le métal oxydé, terni, bruni par les gaz ne luit plus qu’à peine sous l’éclat gelé des fusées éclairantes, dans l’air empesté par les chevaux décomposés, la putréfaction des hommes tombés puis, du côté de ceux qui tiennent encore à peu près droit dans la boue, l’odeur de leur pisse et de leur merde et de leur sueur, de leur crasse et de leur vomi, sans parler de cette effluve envahissant de rance, de moisi, de vieux, alors qu’on est en principe à l’air libre sur le front. Mais non : cela sent le renfermé … »
    En ce qui me concerne, « 14 » est un des meilleurs témoignages littéraires de la 1ere guerre mondiale, tiré des carnets de guerre de Constant Oheix, grand oncle de son épouse et qui sont exposés au Centre Pompidou à l’expo « Roman, rotor, stator » dédiée à l’œuvre de Jean Echenoz jusqu’au 5 mars 2018.

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  • Conseil de Libraire spécial Rentrée Littéraire janvier 2016

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