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Envoyée spéciale

Couverture du livre « Envoyée spéciale » de Jean Echenoz aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707329226
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé. Voir plus

Constance étant oisive, on va lui trouver de quoi s'occuper. Des bords de Seine aux rives de la mer Jaune, en passant par les fins fonds de la Creuse, rien ne devrait l'empêcher d'accomplir sa mission. Seul problème : le personnel chargé de son encadrement n'est pas toujours très bien organisé.

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Articles (3)

Avis (26)

  • Quel style ! De jolies formules … « à même le trottoir, des pauvres vendaient à des pauvres toute sorte de pauvre sorte d’objets de troisième main »…
    …D‘autres qui percutent tant on entend le narrateur hausser la voix et même hurler la fin de la phrase « Hubert Coste est plus grand que Lou...
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    Quel style ! De jolies formules … « à même le trottoir, des pauvres vendaient à des pauvres toute sorte de pauvre sorte d’objets de troisième main »…
    …D‘autres qui percutent tant on entend le narrateur hausser la voix et même hurler la fin de la phrase « Hubert Coste est plus grand que Lou Tausk, plus élancé, plus souriant, plus bronzé, plus musclé, plus tout ce que l’on peut concevoir et nous ferons grâce de sa putain de très jolie femme et de ses saloperies de merveilleux enfants. »….
    …Des apartés prenant le lecteur à témoin pour lui délivrer des informations aussi hors de propos que savoureuses … « On se retrouve devant le Mandarin pensif, on y entre, on est guidés vers la table habituelle de Tausk, près de l’aquarium dont Hyacinthe considère les occupants. Ceux-ci ne lui rendent pas son regard, l’évitent ou peut-être même le fuient, l’ayant repéré comme un ancien expert en halieutique – lorsque dans sa jeunesse Hyacinthe affrontait les vagues au large des mangroves de Sassandra, à bord de sa pirogue en bois d’iroko propulsée à la voile et à la pagaie, pêchant les poissons du coin tels que le rason polygame dont le harem, désemparé quand le mâle lui est soustrait par l’hameçon, désigne la plus grosse femelle qui se dévoue pour changer de sexe*, la saupe dont on se méfie car elle se nourrit d’algues hallucinogènes, l’inconsommable uranoscope, le pagre combatif ou l’aveugle beaux-yeux. »…
    …Des situations habituellement dramatiques (un enlèvement avec demande de rançon) qui deviennent loufoques… « Hubert a froncé un sourcil : ça devient emmerdant cette histoire, tu es bien sûr que c’est son doigt ? Tausk a avancé pour preuve la présence, sur ce doigt, du vernis 599, mais Hubert s’est montré réservé : Bien sûr mais enfin ça se bricole, un vernis. Ils vont continuer, a prédit Tausk, la prochaine fois c’est aussi bien un œil que je reçois. Non, l’a calmé Hubert, ils n’iront pas jusque là. Mais ça devient plus sérieux, tu es sûr que tu ne pourrais pas payer ? Quand je dis payer, je dis payer un peu, pas forcément tout ce qu’ils demandent. Pour voir. Non mais tu ne te rends pas compte, a soupiré Tausk, après tout ce qu’elle m’a déjà coûté. »…
    …Ou bien des barbouzes tout droits évadés de la série « Au service de la France » chargés de « veiller » sur l’épouse kidnappée… « Nature brute, air limpide, pollution minimum, ça me donnerait presque envie de m’installer (ici, en Creuse). Tu dis ça parce qu’il fait beau temps, c’est un climat dur en hiver, dans ces coins, c’est très humide et froid. N’empêche, argumente Christian, tu as lu Thoreau ? Il s’en tape complètement du climat, Thoreau, ça fait partie du truc. Il vit sa vie, c’est tout. Il est content Thoreau. Laisse tomber, disait Jean-Pierre, on arrive. »
    J’ai vraiment apprécié ce brillant et loufoque pastiche de roman d’espionnage, en mesure d’emporter l’adhésion du béotien de lecteur que je suis, ouvrant pour la première fois un ouvrage du Maître. Ce sera suffisant pour me donner envie de continuer l’exploration de son œuvre que je compte mener en parallèle d’un abonnement au Pêcheur français afin de capitaliser pleinement sur l’initiation érudite aux merveilles de la mer dont l’épisode de l’aquarium du mandarin pensif évoqué plus haut était la porte d’entrée.
    *J’ai vérifié, c’est vrai…confirmé dans un article de Corse Matin.

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  • Envoyée spéciale se présente sous l'aspect d'un faux roman d'espionnage. Dans une langue magnifique et "ductile", Jean Echenoz met en jeu la possibilité même de raconter une histoire. Mais, plutôt que de se contenter de cette impossibilité, il la traduit dans un roman foisonnant qui fonctionne...
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    Envoyée spéciale se présente sous l'aspect d'un faux roman d'espionnage. Dans une langue magnifique et "ductile", Jean Echenoz met en jeu la possibilité même de raconter une histoire. Mais, plutôt que de se contenter de cette impossibilité, il la traduit dans un roman foisonnant qui fonctionne sur autant d'invraisemblables coïncidences. Une lecture entraînante et maligne.

    https://viduite.wordpress.com/2017/05/05/envoyee-speciale-jean-echenoz

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  • Beaucoup aimé la 1ère partie, construction de l'histoire, mise en place des personnages, originale, drôle, très subtilement écrite, où, à la Echenoz, la narrateur est très présent dans ses commentaires personnels.
    Un peu moins aimé la seconde partie, qui se passe en Corée, où l'histoire devient...
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    Beaucoup aimé la 1ère partie, construction de l'histoire, mise en place des personnages, originale, drôle, très subtilement écrite, où, à la Echenoz, la narrateur est très présent dans ses commentaires personnels.
    Un peu moins aimé la seconde partie, qui se passe en Corée, où l'histoire devient un peu trop délirante à mon goût. Une très bonne lecture néanmoins.

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  • Un général du contre-espionnage français en pré-retraite et passablement désœuvré monte une opération de déstabilisation de la Corée du Nord, jusque-là rien qui ne nous fasse regretter le meilleur de John le Carré. Mais le dispositif de l'auteur est particulièrement séduisant. Il ne cesse...
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    Un général du contre-espionnage français en pré-retraite et passablement désœuvré monte une opération de déstabilisation de la Corée du Nord, jusque-là rien qui ne nous fasse regretter le meilleur de John le Carré. Mais le dispositif de l'auteur est particulièrement séduisant. Il ne cesse d'interpeller le lecteur tantôt complice, tantôt assistant opérateur, d'un style parfaitement ciselé; Il égratigne d'un humour grinçant et décalé cette troupe d'espions incompétents et balourds, et fustige la lâcheté ordinaire de ces personnages. Bref, ce cocktail doux-amer fonctionne très bien. Jean Echenoz s'amuse et nous amuse. Et pour quelqu'un qui n'a jamais visité la Creuse et la Corée du Nord, on s'y croirait ! Laissez-vous tenter par ce roman ébouriffant. Coup de cœur.

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  • Je découvre cet auteur avec ce roman et pourtant j'ai, dès les premières pages, ressenti comme un connivence. En nous prenant à plusieurs reprises à partie ou en nous disant qu'il est :

    " grand temps de mettre un peu de sexe" ou "d'introduire une arme dans ce récit" on a l'impression de...
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    Je découvre cet auteur avec ce roman et pourtant j'ai, dès les premières pages, ressenti comme un connivence. En nous prenant à plusieurs reprises à partie ou en nous disant qu'il est :

    " grand temps de mettre un peu de sexe" ou "d'introduire une arme dans ce récit" on a l'impression de participer à l'écriture : étrange et agréable sensation !

    Et il nous balade, Jean Echenoz, et on le suit avec plaisir de Paris, en Creuse puis en Corée du Nord, tout en confiance et avec allégresse dans cette histoire rocambolesque.

    Une belle surprise agréable comme un vieux film d'Audiard.

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  • De l’auteur, je n’avais rien lu (honte à moi).

    Je suis agréablement surprise par le style, exigeant. L’histoire ne m’a intéressée que dans la troisième et dernière partie, mais je n’ai pas boudée mon plaisir de lire une telle prose.

    Ironie, flegme et sens de l’absurde, tout y est.

    Un...
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    De l’auteur, je n’avais rien lu (honte à moi).

    Je suis agréablement surprise par le style, exigeant. L’histoire ne m’a intéressée que dans la troisième et dernière partie, mais je n’ai pas boudée mon plaisir de lire une telle prose.

    Ironie, flegme et sens de l’absurde, tout y est.

    Un moment de lecture intelligent.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la perceuse, accessoire qui interviendra régulièrement dans le récit.

    http://alexmotamots.fr/?p=2049

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  • Le général Bourgeaud, soixante-huit ans, est sur le déclin. Largement inutile et placardisé, il cherche à redorer son blason. Et n’a pas de meilleure idée que de chercher une parfaite inconnue à envoyer espionner en Corée du Nord, rien de moins.
    Constance est mariée, et Constance … a de la...
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    Le général Bourgeaud, soixante-huit ans, est sur le déclin. Largement inutile et placardisé, il cherche à redorer son blason. Et n’a pas de meilleure idée que de chercher une parfaite inconnue à envoyer espionner en Corée du Nord, rien de moins.
    Constance est mariée, et Constance … a de la constance dans l’ennui au quotidien. Son mari est un artiste largement sur le déclin. Enlevée en pleine rue, elle va passer quelques mois isolée mais très bien traitée dans la Creuse. Là, dans une ferme, puis au sommet d’une éolienne, elle passera de longues heures en compagnie de ses geôliers compatissants et d’une encyclopédie qu’elle lira de A à Z, rien de moins !
    Le décor est planté, les protagonistes y sont multiples, obéissants et le plus souvent stupides, au passé glauque d’ancien taulard ou plus brillant d’ex-vedette, homme de main stupide ou avocat véreux, assistante en mal d’amour ou coiffeuse un brin fleur bleue. Parodie de roman d’espionnage, notre envoyée spéciale, futile et inutile, tire son épingle du jeu, dans une deuxième partie qui se déroule dans une Corée du Nord totalement loufoque, ce pays prison duquel nul ne s’échappe et dont on ne peut qu’applaudir l’incroyable description de la DMZ, à vous d’aller la lire !
    Et tout au long du roman, une voix off, en quelque sorte narrateur humoristique et réalisateur du film (ou du « nanar » !) auquel nous assistons, prend le lecteur à partie. Expliquant, dévoilant, des situations, un passé, des noms, des relations, ou ne nous expliquant pas d’ailleurs, s’il ne le juge pas indispensable à notre compréhension du récit global, étonnant, non ? Du complexe de Stockholm à celui de la Creuse, il fallait oser et Jean Echenoz a osé ! De la caserne Mortier à la Corée de Kim Jong-un, ce digne descendant d’une dynastie de dictateurs qui officie sur les traces de son père Kim Jong-il et de son grand-père Kim Il-sung, du Trocadéro à la Creuse, l’auteur nous ballade, le narrateur s’amuse, et le lecteur soit s’emballe pour ce récit tellement décalé, soit se lasse de tant d’humour à plat. C’est mon cas, même si je reconnais une grande qualité à l’écriture, je me suis ennuyée. J’ai reposé plusieurs fois ce livre (pour en lire de nombreux autres entre temps) et finalement je l’ai terminé sans vraiment de plaisir… Je suis sans doute passée à côté de cet OSS 117 à la mode Brice de Nice qui tient autant des branquignols que des pieds nickelés, mais qui est porté par une écriture toujours aussi complexe, architecturée et soignée.

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  • Je préfère l'Echenoz de 14; des éclairs , de courir etc. mais j'ai pris plaisir à l'humour de l'auteur renforcé par la voix de Dominique Pinon. Il m'est arrivé de rire toute seule (notamment le passage avec les notices de médicaments)
    Ce roman d'espionnage et de contre espionnage est loufoque....
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    Je préfère l'Echenoz de 14; des éclairs , de courir etc. mais j'ai pris plaisir à l'humour de l'auteur renforcé par la voix de Dominique Pinon. Il m'est arrivé de rire toute seule (notamment le passage avec les notices de médicaments)
    Ce roman d'espionnage et de contre espionnage est loufoque. Les personnages nombreux se mêlent, s'emmêlent, se démêlent... L'auteur écrit comme un chroniqueur de journal , il met délibérèment le lecteur dans le coup.
    L'intrigue est tirée par les cheveux mais c'est une ironie voulue, je pense

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