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Jean Echenoz

Jean Echenoz
Jean Echenoz est né à Orange en 1947. Il a obtenu le prix Médicis en 1983 pour Cherokee et le prix Goncourt en 1999 pour Je m'en vais.

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Articles en lien avec Jean Echenoz (6)

Avis sur cet auteur (113)

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    Couverture du livre « Vie de Gérard Fulmard » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Christlbouquine sur Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz

    Gérard Fulmard est le patronyme banal d’un homme banal qui vit seul dans son appartement de la rue Erlanger à Paris. Un petit homme banal, bien tranquille et sans emploi qui prend la décision de créer son agence de renseignements, le Cabinet Fulmard Assistance, s’imaginant déjà détective. Cette...
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    Gérard Fulmard est le patronyme banal d’un homme banal qui vit seul dans son appartement de la rue Erlanger à Paris. Un petit homme banal, bien tranquille et sans emploi qui prend la décision de créer son agence de renseignements, le Cabinet Fulmard Assistance, s’imaginant déjà détective. Cette initiative va le conduire bien loin de ce qu’il imaginait lorsque sa route croise celle d’un obscur parti politique en mal de notoriété, la FPI (Fédération Populaire Indépendante).

    Ce personnage de Gérard Fulmard est à l’opposé du héros et traverse la vie avec une certaine nonchalance enchaînant les échecs et se retrouvant malgré lui à devoir gérer des situations qui le dépassent.

    Difficile de rendre compte de ce livre dont les nombreuses péripéties et digressions sont surtout des prétextes à déployer tout l’art narratif et la dérision du romancier.

    Jean Echenoz est un auteur que je retrouve toujours avec un égal plaisir. J’aime son style, son humour, sa manière de traiter l’histoire et les personnages, cette fausse désinvolture qu’il cultive de livre en livre et cette façon très particulière qu’il a de s’emparer d’un univers pour en casser les codes. Ici l’univers du polar et celui du monde politique sont étroitement mêlés donnant l’occasion à Jean Echenoz de pousser loin la satire et le pastiche.

    Je ne mentirai pas toutefois en disant que ce livre restera à jamais gravé dans ma mémoire. S’il est un véritable bonheur de lecture, il est aussi assez vite oublié. Un plaisir fugace en somme mais 2 heures de lecture qui font oublier le quotidien grâce à son côté totalement décalé, à une écriture riche qui donne toute l’ampleur du talent de Jean Echenoz à combiner les styles et à une maitrise parfaite de l’humour. Un roman réjouissant donc, parfait pour s’échapper quelques heures.

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    Couverture du livre « Vie de Gérard Fulmard » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Henri-Charles Dahlem sur Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz

    Satire du milieu politique sous forme de polar déjanté, la «Vie de Gérard Fulmard» permet à nouveau à Jean Echenoz de casser les codes et de nous régaler avec un anti-héros dépassé par les événements.

    S’il n’est pas question de parler de «génie du lieu» pour une rue propice aux faits divers...
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    Satire du milieu politique sous forme de polar déjanté, la «Vie de Gérard Fulmard» permet à nouveau à Jean Echenoz de casser les codes et de nous régaler avec un anti-héros dépassé par les événements.

    S’il n’est pas question de parler de «génie du lieu» pour une rue propice aux faits divers en tout genre, on peut toutefois dire que la rue Erlanger, sise dans le XVIe arrondissement de Paris, a enflammé l’imagination de Jean Echenoz. C’est ainsi que la Vie de Gérard Fulmard s’inscrit dans une série impressionnante. Il n’avait pas un an quand sa mère a failli être victime collatérale du suicide de Mike Brant. Quand le chanteur s’est jeté dans le vide, elle se rendait du marché et, à quelques minutes près, aurait pu être heurté par ce corps devenu projectile. Quelques années plus tard, à quelques mètres de là, sa mère a également vu un étudiant japonais chargé de deux lourdes valises et découvrira quelques jours plus tard qu’elles contenaient les restes du corps de Renée Hartevelt qu’il avait assassinée avant de la découper, «en avait entreposé sept kilos dans le réfrigérateur et, deux jours durant, en avait préparé la plupart selon différents modes de cuisson pour s’en nourrir, l’accompagnant à l’occasion de petits pois».
    Quand s’ouvre le roman Gérard Fulmard vit seul rue Erlanger, après le décès de sa mère, et peut poursuivre cette chronique effrayante. Car en revenant du centre commercial voisin, il échappe de peu à la chute d’un vieux satellite russe qui pulvérise le bâtiment. Parmi les victimes se trouve le propriétaire de son appartement, lui offrant ainsi l’occasion de sursoir provisoirement au paiement de son loyer. Comme il a perdu son emploi de steward, cela l’arrange plutôt. D’autant que ses finances sont inversement proportionnelles à son poids. D’un côté le calme plat, de l’autre une surcharge pondérale. Mais Gérard a une idée, il va créer son entreprise. Après avoir un peu tâtonné, il trouve l’inspiration en passant devant un cabinet de détectives et publie cette annonce: «Cabinet Fulmard Assistance, Renseignements & Recherches, Litiges & Recouvrements, Promptitude & Discrétion». Comme on peut l’imaginer, les clients ne se bousculent pas, si ce n’est un énergumène décidé à le piéger. Aussi quand il est approché par un responsable de la FPI (Fédération populaire indépendante), un parti politique qui rêve de jouer les premiers plans, il se laisse entraîner dans ce qui va se révéler une bien sombre affaire, car Nicole Tourneur, une «figure notable de cette sphère», a été enlevée.
    Gérard, qui trouve Nicole «pas mal dans le genre de son âge, catégorie mature», va aller de surprises en surprises.
    Jean Echenoz, dont on sait au moins depuis Envoyée spéciale, qu’il aime jouer avec les codes, nous offre ici un vrai-faux polar mâtiné de combines politiques où tous les coups sont permis et où le pire devient de plus en plus sûr. Le lecteur, à l’image de Gérard Fulmard, va être ballotté par les rebondissements de cette affaire tortueuse qui va créer un joli désordre. En «aiguisant les convoitises et chauffant les rivalités», la situation va vite dégénérer et nous offrir une satire qui pourrait bien sonner comme un avertissement !
    https://urlz.fr/dz8R

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    Couverture du livre « Des éclairs » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    Anne-Marie Lemoigne sur Des éclairs de Jean Echenoz

    Après m'être régalée de LA VIE DE GERARD FULMARD, je me suis replongée dans DES ECLAIRS .
    Un vrai délice que ce récit de le vie de Gregor, sorte de Geotrouvetout génial !

    Jetant sur son personnage un regard tantôt amusé, tantôt admiratif, Echenoz trouve la distance nécessaire pour faire...
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    Après m'être régalée de LA VIE DE GERARD FULMARD, je me suis replongée dans DES ECLAIRS .
    Un vrai délice que ce récit de le vie de Gregor, sorte de Geotrouvetout génial !

    Jetant sur son personnage un regard tantôt amusé, tantôt admiratif, Echenoz trouve la distance nécessaire pour faire de ce personnage, savant un peu fou, peu sympathique, un héros atypique au parcours passionnant . «  les autres vont s’emparer discrètement de ses idées pendant que lui passera sa vie en ébullition . Mais ce n’est pas tout de faire bouillir, il faut ensuite décanter, filtrer, sécher, broyer, moudre et analyser . Gregor n’a jamais eu le temps de s’occuper de tout ça . Eux, dans leur coin, vont prendre tout le leur pour mener ses idées à terme alors que lui ,haletant, aura déjà bondi sur autre chose » 

    D’une plume efficace ,riche, mais toujours concise, sans graisse, il rend le lecteur témoin de l’odyssée de ce personnage agité dont il présente avec une savoureuse ironie le comportement obsessionnel et l’emmène ainsi dans un tourbillon d’inventions surprenantes, de situations parfois presque surréalistes .

    Par cette« fiction sans scrupules biographiques », Echenoz termine la suite des 3 vies commencée avec RAVEL et COURIR . Dommage, car je reprendrais bien encore une louche de ce genre de biographie …...

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    Couverture du livre « Jérôme Lindon » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

    ClémentineBotta sur Jérôme Lindon de Jean Echenoz

    Récit très touchant sur Jérôme Lindon, illustre éditeur des éditions de Minuit. Jean Echenoz y raconte leur rencontre, leurs années passées ensemble, leur relation auteur-éditeur et parvient ainsi à offrir sa version de l’histoire. On y apprend les hauts, les bas, les difficultés, les...
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    Récit très touchant sur Jérôme Lindon, illustre éditeur des éditions de Minuit. Jean Echenoz y raconte leur rencontre, leurs années passées ensemble, leur relation auteur-éditeur et parvient ainsi à offrir sa version de l’histoire. On y apprend les hauts, les bas, les difficultés, les mésententes, les romans jamais publiés, ceux qui ont été retravaillés, on y comprend la nature de leur attachement l’un vers l’autre.
    Très court, ce roman est une sorte d’hommage, de point final à leur relation. Publié en 2001, la même année de la mort de Jérôme Lindon, cet écrit est un véritable témoignage des premiers pas de Jean Echenoz en tant qu’écrivain. L’écriture est très délicate, la narration est organisée chronologiquement, s’arrêtant sur quelques détails, sur une rencontre avec Robbe-Grillet, un repas, un film partagé… Peu à peu se dessine la personnalité de Jérôme Lindon, le lecteur le découvre autrement, le discerne, le saisit. Il y a une volonté de le dévoiler tout en laissant planer le mystère autour de lui. En effet, comme Jean Echenoz, le lecteur ne réussira pas à comprendre totalement l’éditeur, ni à se sentir assez proche de lui pour se féliciter de le connaître.
    De ce fait ce récit expose les tréfonds d’une relation entre un écrivain et un éditeur, montrant l’importance d’une maison d’édition plutôt qu’une autre, l’appartenance et la fidélité à celle-ci. Tel un mariage, ces deux personnalités ce sont accrochés pour le restant de leurs vies, expérimentant la distance puis des retrouvailles régulières. l’évolution de leur relation construit la carrière d’un Jean Echenoz encore perdu dans ce monde littéraire qu’il ne maîtrise pas et dont il se surprend de faire partie. Cette lecture est fluide, rapide, instructive et plaira à ceux qui ont suivi l’écrivain depuis ses premiers succès. Une certaine poésie persiste et adoucit ce témoignage criant.
    Très intéressant.