Vie de Gérard Fulmard

Couverture du livre « Vie de Gérard Fulmard » de Jean Echenoz aux éditions Minuit
  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707345875
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

La carrière de Gérard Fulmard n'a pas assez retenu l'attention du public. Peut-être était-il temps qu'on en dresse les grandes lignes.
Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s'est retrouvé enrôlé au titre d'homme de main dans un parti politique mineur où... Voir plus

La carrière de Gérard Fulmard n'a pas assez retenu l'attention du public. Peut-être était-il temps qu'on en dresse les grandes lignes.
Après des expériences diverses et peu couronnées de succès, Fulmard s'est retrouvé enrôlé au titre d'homme de main dans un parti politique mineur où s'aiguisent, comme partout, les complots et les passions.
Autant dire qu'il a mis les pieds dans un drame. Et croire, comme il l'a fait, qu'il est tombé là par hasard, c'est oublier que le hasard est souvent l'ignorance des causes.

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Avis (6)

  • Je ne comprends pas l'engouement pour cet ouvrage.
    Certes, il se lit bien, mais l'histoire n'est pas captivante et les personnages ne sont pas très intéressants.
    J'ai dû passer ... à côté !
    Ce qui est sûr, c'est que je ne m'en souviendrai pas dans quelques semaines.

    Je ne comprends pas l'engouement pour cet ouvrage.
    Certes, il se lit bien, mais l'histoire n'est pas captivante et les personnages ne sont pas très intéressants.
    J'ai dû passer ... à côté !
    Ce qui est sûr, c'est que je ne m'en souviendrai pas dans quelques semaines.

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  • Bienvenue en Echenozie !

    Cette fois, l'auteur s'empare du genre polar, mais à sa manière, très personnelle , rien que pour le plaisir d'en détourner les codes. Il y a bien un détective privé, une disparition mystérieuse qui pourrait s'avérer un meurtre, et un marigot d'hommes et femmes...
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    Bienvenue en Echenozie !

    Cette fois, l'auteur s'empare du genre polar, mais à sa manière, très personnelle , rien que pour le plaisir d'en détourner les codes. Il y a bien un détective privé, une disparition mystérieuse qui pourrait s'avérer un meurtre, et un marigot d'hommes et femmes politiques prêts à toutes les combines pour s'emparer du pouvoir interne au sein de leur parti.

    Clairement passe ton tour si tu veux un polar conventionnel "suspense – rebondissements – dénouement surprenant". La trame enquête est une célébration de la cassure, de l'ellipse et de la digression. Cet art du zigzag totalement maitrisé – et souvent jubilatoire – te fait côtoyer pendant quelques pages un boulon géant issu d'un satellite soviétique obsolète qui s'écrase sur Paris, un Mike Brant défenestré et même un cannibale japonais ... autant de détails ou d'informations que le lecteur appréhende sans trop savoir comment les classer dans la hiérarchie des péripéties. C'est son style qui embarque le lecteur dans une intrigue complètement farfelue - ou pas, on peut ne pas adhérer au style Echenoz.

    Car oui, Echenoz est un styliste de haute volée, un formidable fabriquant de phrases. Chacune est un bonheur. Chaque phrase possède sa propre histoire, avec ses changements de registre de langue ou d'échelle, avec son art prononcé de la ponctuation pour cadencer les ruptures narratives internes . Les mots fondent dans la bouche comme des gourmandises.

    Et quel humour ! Tout est cocasserie, on rit beaucoup. Notamment dans la présentation des nombreux personnages, qui donne lieu à une galerie de portraits truculents, à commencer par celui de Gérard Fulmard, le narrateur, antihéros désoeuvré et dérisoire, improvisé détective privé : « je ressemble à n'importe qui en moins bien. Taille au-dessous de la moyenne et poids au-dessus, physionomie sans grâce, études bornées à un brevet, vie sociale et revenus proche de rien, famille réduite à plus personne, je dispose de fort peu d'atouts, peu d'avantages ni de moyens. Encore heureux que j'aie pu rependre ces deux pièces et demie après le décès de ma mère, elles étaient locativement les siennes et je n'ai pas changé les meubles. »

    J'ai adoré les noms attribués aux personnages ainsi que leurs descriptions
    , Luigi Pannone, Nicole Tourneur, Cédric Ballestertous, Guillaume Flax, Francis Delahouère ( assistant de Joël Chanelle « aspect sphéroïdal voisin de celui-ci mais en version effilochée, imprécise, mal rangée. Sa cravate dépasse derrière le col de sa chemise, ses cheveux sont rétifs et ses vêtements, même neufs, paraissent élimés aux extrémités, il ressemble au portrait de Chanelle exécuté par un enfant psychotique. » ), les frères Apollodore et Ermosthène Nguyen, Dorothée Lopez ( « ce genre de femmes un peu mûres qu'on doit croiser dans des soirées dont je me fais une idée lointaine et qui, coupe de champagne en main, voix de fumeuse et bas fumés, décolleté abyssal et rouge à lèvres extraterritorial, doivent laisser distraitement glisser une bretelle de leur robe en citant Plekhanov du bout de leur grosse langue rose et, en pareil cas, le mécanisme est immanquable : je dois regarder ailleurs sinon je bande. »

    Un roman délicieux et drolatique à savourer pour ses extraordinaires qualités d'écriture. Le souvenir en sera sans doute fugace, mais peu importe, le plaisir est là.

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  • Un héros bien falot,des situations loufoques,une intrigue pas vraiment captivante car la narration semble bien alambiquée:mais où l'auteur veut-il nous conduire?Un humour pince-sans-rire,presque so british,jeux de mots et vocabulaire un tantinet trop sophistiqué,nous laisse à penser que...
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    Un héros bien falot,des situations loufoques,une intrigue pas vraiment captivante car la narration semble bien alambiquée:mais où l'auteur veut-il nous conduire?Un humour pince-sans-rire,presque so british,jeux de mots et vocabulaire un tantinet trop sophistiqué,nous laisse à penser que l'auteur"s'écoute" écrire et qu'il se fait surtout plaisir à lui-même...
    "Vue du ciel,la Porte de Bercy ressemble à un réseau intestinal,un plateau de vieux flipper Gottlieb ou un noeud borroméen mal ficelé."

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  • "Je ressemble à n'importe qui en moins bien."
    Gérard Fulmard, un ancien stewart qui a connu quelques déboires dont on ne saura rien, si ce n'est qu'ils lui ont valu une interdiction d'exercer ainsi qu'une obligation de suivi psychologique, envisage une reconversion professionnelle radicale en...
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    "Je ressemble à n'importe qui en moins bien."
    Gérard Fulmard, un ancien stewart qui a connu quelques déboires dont on ne saura rien, si ce n'est qu'ils lui ont valu une interdiction d'exercer ainsi qu'une obligation de suivi psychologique, envisage une reconversion professionnelle radicale en devenant détective privé. Mais est-ce vraiment une bonne idée ? Il va se retrouver mêlé à une affaire très louche touchant un petit parti politique populiste et au fonctionnement obscur.
    Quel bonheur, que la lecture de ce roman !
    On est tout à la fois dans le polar politico-loufoque et le vaudeville. C'est drôle, très drôle (tendance humour noir) et la belle écriture de Jean Echenoz nous rend complices du narrateur, un anti-héros dans la plus pure tradition du genre.
    J'espère que l'auteur a pris autant de plaisir à écrire son livre que j'en ai eu à le lire. D'ailleurs, je ne l'ai pas seulement lu, je l'ai savouré, avec toujours le sourire aux lèvres.

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  • Ah, la prose d’Echenoz ! L’anti-héros, Gérard Fulmard est une sorte de Pierre Richard entraîné dans des évènements qui le dépassent. Les choses se font à son insu, souvent à son détriment, mais sans jamais l’atteindre, comme dans un dessin animé. Même pas mort ! Il est là le ressort narratif,...
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    Ah, la prose d’Echenoz ! L’anti-héros, Gérard Fulmard est une sorte de Pierre Richard entraîné dans des évènements qui le dépassent. Les choses se font à son insu, souvent à son détriment, mais sans jamais l’atteindre, comme dans un dessin animé. Même pas mort ! Il est là le ressort narratif, moqueur et bondissant, dans le contraste entre un personnage maladroit et des circonstances dramatiques, d’une improbable gravité (la chute d’une météorite sur un supermarché, le décès d’une pin-up croquée par un requin blanc suite à l’égratignure de son doigt). L’auteur s’amuse, dialogue parfois avec le lecteur, se distancie de son récit pour en allonger le sarcasme. Le roman d’Echenoz est un bonheur de lecture parce que sa langue est belle et sophistiquée, que son observation des petits riens du quotidien est jouissive (excellence des litotes et des euphémismes), que sa satire de notre société est irrésistible et que ses descriptions des personnages ou des décors relèvent du grand art (Exemple : « Rassurante autant que majestueuse, non moins autoritaire que bienveillante, la moustache de Franck Terrail ne relève pas de l’assertorique mais de l’apodictique »). On ricane, on apprend des mots nouveaux, on émarge les aphorismes. Cela fait oublier l’obsolescence du sujet (luttes intestines dans un parti politique), l’absurdité des situations et la légèreté de l’intrigue. Voilà un texte qui, signé par un inconnu, serait immédiatement recalé : confusion des personnages, manque de crédibilité, inconsistance de certains personnages secondaires, et j’en passe. Oui mais voilà, c’est Jean Échenoz, et c’est un virtuose. Alors qu’importe, pour la beauté de son style, on le suivrait au bout de ses délires.
    Bilan :

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  • Quel plaisir de découvrir le dernier Echenoz, qu’on attendait depuis Envoyée spéciale.
    Et suivre les mésaventures burlesques et rocambolesques de Gérard Fulmard est particulièrement
    jubilatoire.

    Gérard Fulmard est un ancien steward tout à fait quelconque. Physique peu affriolant, mal...
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    Quel plaisir de découvrir le dernier Echenoz, qu’on attendait depuis Envoyée spéciale.
    Et suivre les mésaventures burlesques et rocambolesques de Gérard Fulmard est particulièrement
    jubilatoire.

    Gérard Fulmard est un ancien steward tout à fait quelconque. Physique peu affriolant, mal fagoté, casanier, maladroit, sans aucune qualité ni personnalité, le loser par excellence mais Echenoz en fait un héros du quotidien, narrateur principal de sa vie. Il habite rue Erlanger à Paris, une rue singulièrement touchée par les tragédies. Une rue qui a vu un satellite russe s’écraser sur un supermarché, le suicide de Mike Brand et un étudiant japonais se livrer à l’anthropophagie. Le décor est posé !
    Fulmard décide de s’établir comme détective, chez lui, dans cette rue et à voilà qu’une pluie de catastrophes va s’abattre sur lui.

    Echenoz n’a pas son pareil pour ballotter Gérard Fulmard comme une sorte de dindon de la farce dans une spirale infernale faite d’une succession de maladresses, de mauvaises rencontres, de hasards malheureux, d’actes manqués mais qui l’entraînent toujours plus loin. Il se fait piéger, manipuler ne maîtrise rien mais ne capitule jamais.

    D’une écriture vive et alerte, en veillant à ce que « le texte ne s’endorme pas », Echenoz nous entraîne avec virtuosité dans le sillage de Gérard Fulmard, griffe les politiciens au passage, met en scène un kidnapping comme dans Envoyée spéciale, convoque des personnages bien dessinés, deux frères coréens gardes du corps obnubilés par le jeu de go, un médecin psychiatre vraiment louche, les protagonistes hypocrites du FPI, petite formation politique prête à tout pour gagner des voix, des femmes de pouvoir, des prostituées chics ou pas … Il maintient le suspense jusqu’à la fin, maîtrise les revirements de situation, promène le lecteur dans Paris, sa banlieue chic et jusqu’en Indonésie, sur l’île de Sulawesi.

    C’est remarquablement écrit, truffé de détails, agrémenté d’un vocabulaire encyclopédique, empli de cet humour qui n’appartient qu’à lui et qui nous enchante.

    N’hésitez pas à suivre Gérard Fulmard dans cette aventure échenozienne menée tambour battant, avec style, parfois improbable, parfois amère, mais drôle et déjantée !

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