Dany Laferriere

Dany Laferriere
Dany Laferrière est né en 1953 à Port-au-Prince. Depuis son premier
roman, Commentjàire l'amour a/Jf( un Nègre sans se fatiguer, salué par une
reconnaissance immédiate, à l'Art presque perdu de ne rien faire (Grasset), en
passant par l'Énigme du retour (Grasset, Prix Médicis 2009), Dany Laferrière
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Dany Laferrière est né en 1953 à Port-au-Prince. Depuis son premier
roman, Commentjàire l'amour a/Jf( un Nègre sans se fatiguer, salué par une
reconnaissance immédiate, à l'Art presque perdu de ne rien faire (Grasset), en
passant par l'Énigme du retour (Grasset, Prix Médicis 2009), Dany Laferrière
a construit une oeuvre qui lui a valu son élection à l'Académie française.
Après le Cri des oiseaux Jous (2015), Zulma publie également en mai 2016
le Charme des après-midi sans Jin.

Articles (3)

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Avis (46)

  • Couverture du livre « Pays sans chapeau » de Dany Laferriere aux éditions Zulma

    Yves Mabon sur Pays sans chapeau de Dany Laferriere

    Quel plaisir de retrouver Vieux Os et ses anecdotes, histoires qui s'empilent parfois comme de courtes nouvelles ayant toutes en commun des personnages ou des lieux d'Haïti. Cette fois-ci le ton est plus sombre que dans les livres précédents de Dany Laferrière (L'odeur du café, Le charme des...
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    Quel plaisir de retrouver Vieux Os et ses anecdotes, histoires qui s'empilent parfois comme de courtes nouvelles ayant toutes en commun des personnages ou des lieux d'Haïti. Cette fois-ci le ton est plus sombre que dans les livres précédents de Dany Laferrière (L'odeur du café, Le charme des après-midi sans fin, Le goût des jeunes filles), l'auteur a grandi, vieilli et quitté le pays de son enfance. Mais en abandonnant la légèreté il n'abandonne pas pour autant tout ce qui fait plaisir au lecteur que je suis. La langue est toujours aussi belle, très oralisée, très dialoguée. Les lieux sont toujours aussi chargés, le pays aussi plaisant à découvrir et difficile sans doute à vivre, entre l'extrême pauvreté des nombreux, la richesse de quelques uns et la crainte des entre-deux de tomber. Les personnages sont toujours aussi beaux et fous. Ils oscillent entre la dure réalité de la vie et les croyances dans les dieux vaudous, les zombies, la vie après la mort. "Je vais vous donner le secret de ce pays. Tous ceux que vous voyez dans les rues en train de marcher ou de parler, eh bien ! la plupart sont morts depuis longtemps et ils ne le savent pas. Ce pays est devenu le plus grand cimetière du monde." (p.55)

    Vieux Os un peu perdu dans son pays qu'il retrouve et dont il a oublié les us et pratiques, tente à la fois de le comprendre de l'extérieur et de replonger au-dedans avec ses ami(e)s, sa famille, les rencontres fortuites ou pas qui, à chaque fois l'interrogent sur le bien-fondé de son départ et de sa longue absence, sur son retour, sur son pays natal et son évolution. Haïti, pays réel ou imaginaire ?

    Très belle idée des éditions Zulma que de rééditer les livres de Dany Laferrière que pour ma part j'ai découvert assez récemment. A chaque fois, je plonge avec bonheur et ressort avec le sourire, même lorsque le propos comme dans celui-ci est moins léger. Pour reprendre un slogan un peu ancien : tout le bien qu'il fait à l'intérieur se voit à l'extérieur.

    Et puis pour finir, une citation que j'aime bien, d'Elsie, la femme d'un des amis de Vieux Os qui parle à l'écrivain :

    "C'est mon rêve d'être dans un livre. Je connais beaucoup de gens qui aimeraient écrire un livre, moi, mon rêve c'est d'être un personnage de roman. C'est le sommet pour moi. Je trouve ça d'un charme fou." (p.199)

    J'avoue que je ne suis pas loin de penser comme elle. Avis aux écrivains...

  • Couverture du livre « L'enigme du retour » de Dany Laferriere aux éditions Lgf

    Catherine L sur L'enigme du retour de Dany Laferriere

    https://lettresexpres.wordpress.com/2018/09/07/dany-laferriere-lenigme-du-retour/

    Ce roman racontant son retour à Haïti après la mort de son père et trente ans d’exil me semblait idéal pour faire connaissance avec Dany Laferrière, que j’avais écouté avec délice. C’est un conteur inlassable...
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    https://lettresexpres.wordpress.com/2018/09/07/dany-laferriere-lenigme-du-retour/

    Ce roman racontant son retour à Haïti après la mort de son père et trente ans d’exil me semblait idéal pour faire connaissance avec Dany Laferrière, que j’avais écouté avec délice. C’est un conteur inlassable doté d’un sens de l’humour étonnant ! Mais en ouvrant le livre après achat, j’ai eu un moment de frayeur et de solitude en voyant les pages écrites en vers, libres certes, mais en vers tout de même… La poésie et moi, nous ne nous côtoyons que très rarement, et jamais bien longtemps !
    Je me suis heureusement rendu compte aussi que certains paragraphes reprenaient une forme de texte plus habituelle, et que le fond et la forme se mariaient tellement bien que rien n’empêchait une lecture plutôt fluide, ponctuée uniquement d’arrêts pour apprécier une formule, relire un aphorisme, savourer quelques lignes ressemblant à un haïku. Dany Laferrière n’a-t-il pas écrit d’ailleurs un livre intitulé « Je suis un écrivain japonais » ? En voici la preuve !

    Donc, comme il le dit avec humour en racontant un entretien avec une journaliste dans un café, Dany Laferrière dans ses romans est son propre sujet, ses pensées, ses doutes et ses souvenirs, son expérience de l’exil, mais aussi sa famille, ce qu’il voit autour de lui. Il est un observateur inlassable et un tantinet cynique, quoique plein de tendresse pour l’humanité en général. Emportée par la narration, je n’ai pas noté beaucoup de phrases pour que vous vous fassiez une idée, mais il suffit d’ouvrir le livre n’importe où pour trouver de ces petits joyaux d’écriture qui donnent le sourire et émeuvent tout à la fois.

    Si je le recommande ? Mais oui, ce livre est une parfaite entrée en matière pour faire connaissance avec l’auteur haïtien, permet en outre de faire le lien entre le jeune homme de Port-au-Prince et l’homme de Montréal, entre le fils de son père (exilé lui aussi) et celui qui revoit sa mère après trente ans, entre l’exilé et celui qui retrouve enfin les saveurs et les couleurs de son pays. Je ne regrette pas cette découverte assez fascinante, et réfléchis déjà à ma prochaine lecture de l’auteur.

  • Couverture du livre « Pays sans chapeau » de Dany Laferriere aux éditions Zulma

    Nath Bertrand sur Pays sans chapeau de Dany Laferriere

    « Il y a longtemps que j’attends ce moment : pouvoir me mettre à ma table de travail (une petite table bancale sous un manguier, au fond de la cour, pour parler d’Haïti, tranquillement, longuement… On écrit avec son esprit. On parle avec son corps. Je ressens ce pays physiquement. Jusqu’au...
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    « Il y a longtemps que j’attends ce moment : pouvoir me mettre à ma table de travail (une petite table bancale sous un manguier, au fond de la cour, pour parler d’Haïti, tranquillement, longuement… On écrit avec son esprit. On parle avec son corps. Je ressens ce pays physiquement. Jusqu’au talon."

    Après vingt ans d’exil, l’écrivain primitif, "Vieux os", narrateur du roman, revient en Haïti. Un retour aux sources nécessaire qui provoque en lui une impérieuse nécessité d’écrire. De décrire. Décrire ses sens à nouveau en éveil, réveillés.

    Dany Lafferière nous offre avec Pays sans chapeau ce retour aux sources.

    Pourquoi ce titre ? Sachez que le Pays sans chapeau, en Haïti, c’est l’au-delà. La tradition veut que personne ne soit enterré avec son couvre-chef. C’est ainsi.

    Au fil des pages, de courts chapitres s’ouvrent délicieusement sur une pensée écrite en créole et traduite littéralement, afin que leurs sens restent toujours un peu secrets : on est dans le bain !

    Les souvenirs, les odeurs, les sensations, les mots oubliés (ce créole que l’on retrouve en tête de chaque chapitre) reviennent, comme tout ce que l’on garde au fond de soi, avec cette nostalgie que l’on n’ose avouer. Ces mots gardés , ces mots tus, parce qu’on est loin, et parce que là où on est, ils n’ont aucun sens.

    Le roman est peuplé d’anecdotes, de courts chapitres, et alterne entre vie réelle et vie rêvée. On est transporté dans un autre monde. Peuplé de légendes, de croyances ancestrales emplies de sagesse. On partage la vie de famille de l’auteur, ses souvenirs. Son présent. On fait connaissance avec sa famille, sa mère et sa tante notamment.

    « Les Américains, mon fils, me dit ma mère avec un sourire au coin des lèvres, ils n’arrivent même pas à distinguer un Noir instruit d’un Noir illettré, et tu leur demandes maintenant de faire la différence entre un Noir mort et un Noir vivant. »

    La langue est colorée, ronde et charnue, chaude, drôle et poétique.

    C’est un bonheur de retrouver la verve de l’auteur et ce regard si particulier, quelque peu indescriptible, qu’il porte sur tout ce qui à mon sens, une source de réflexions : sur la vie, sur la mort, sur les traditions, sur la transmission, sur la famille et bien évidemment sur l’exil. Est-on le même lorsque l’on revient, longtemps après être parti ? Qui a changé ? Le pays ou l’exilé ?

    J’ai aimé la poésie du roman, cette langue riche et colorée, j’ai appris énormément sur Haïti, pays que je découvre peu à peu (ma dernière lecture sur ce sujet étant le roman de Louis-Philippe Dalembert dont vous trouverez la chronique un peu plus loin).

    " - Ce que je peins, c'est le pays que je rêve.

    - Et le pays réel ?

    - Le pays réel, monsieur, je n'ai pas besoin de le rêver"

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