Brigitte Giraud

Brigitte Giraud

Brigitte Giraud est née à Sidi-Bel-Abbès. Elle est l’auteure de nombreux romans traduits dans une douzaine de langues et largement récompensés, tels que À présent (Stock, 2001, mention spéciale du prix Wepler), L’amour est très surestimé (Stock, 2007, Bourse Goncourt de la nouvelle 2007) et Une a...

Voir plus

Brigitte Giraud est née à Sidi-Bel-Abbès. Elle est l’auteure de nombreux romans traduits dans une douzaine de langues et largement récompensés, tels que À présent (Stock, 2001, mention spéciale du prix Wepler), L’amour est très surestimé (Stock, 2007, Bourse Goncourt de la nouvelle 2007) et Une année étrangère (Stock, 2009, prix Jean Giono). Un loup pour l’homme, aux Éditions Flammarion est son neuvième roman.

Articles (2)

Voir tous les articles

Avis (35)

  • Couverture du livre « Un loup pour l'homme » de Brigitte Giraud aux éditions Flammarion

    Jean-Paul Degache sur Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud

    Brigitte Giraud en est à son neuvième roman et son talent mériterait davantage de reconnaissance. On a parlé de Un loup pour l’homme mais, à part une présence dans les listes de sélection pour différents prix, on en est resté là et c’est dommage car c’est un livre plein de sensibilité, de...
    Voir plus

    Brigitte Giraud en est à son neuvième roman et son talent mériterait davantage de reconnaissance. On a parlé de Un loup pour l’homme mais, à part une présence dans les listes de sélection pour différents prix, on en est resté là et c’est dommage car c’est un livre plein de sensibilité, de tendresse et d’humanité.

    L’Algérie, Brigitte Giraud y est née, à Sidi-Bel-Abbès, justement la ville où Antoine et Lila, ses deux principaux personnages qui, comme ses parents, vont se retrouver. Auparavant, Lila tente de faire interrompre sa grossesse car Antoine est appelé par l’armée. Elle a 22 ans et son mari va lui être bientôt confisqué. Ne voulant pas porter les armes, il a fait une formation d’infirmier militaire.
    Avec la traversée de la Méditerranée, dans la cale d’un bateau, où s’entassent près de mille hommes, l’auteure réussit une page qui remue autant que la houle avant qu’Antoine découvre que soigner pouvait être sauvage et dangereux. « On leur avait dit Algérie, maintenir l’ordre, personne ne leur avait parlé de combats. »
    Après Alger, il se retrouve à l’hôpital de Sidi-Bel-Abbès et apprend de nouveaux mots : djebel, gourbi, fellagha, mektoub… Sa vie est détaillée dans son quotidien. Il se rapproche d’un jeune soldat amputé de la jambe : Oscar. Il le rassure et découvre en même temps la souffrance et la misère.
    Lors d’une permission, Antoine sent que la situation évolue : « La peur est là qui gagne, celle de la guerre qui couve, celle de la vie qui vient dont il pressent qu’elle est trop exigeante pour lui. » Il écrit régulièrement à Lila mais voilà que celle-ci décide de le rejoindre. Courage ou inconscience ?
    Dans la seconde partie, Lila et Antoine s’installent dans un appartement et cela permet de découvrir un peu plus la ville. Lila découvre que « les Arabes font la plonge et passent la serpillère. » La guerre se rapproche. Antoine est au contact des morts, des blessés. Quand il rentre chez lui, ce n’est pas facile après les élans des premières semaines : « Ils sont chacun dans leur univers, il se change en bout de bois, presque un intrus à sa table. »
    La troisième partie met en lumière Oscar alors que Lila a accouché d’une petite fille. Quel style ! Quelle écriture pour nous faire partager la joie d’Antoine, heureux, éperdu de bonheur !
    « Il oublie la rébellion qui gagne, il sait que ce temps est suspendu, qu’on est juste avant une vague qui promet d’être noire. »

    Tout au long d’une lecture qui fourmille de détails, j’ai été vraiment surpris par la délicatesse de l’auteure, par sa finesse d’analyse psychologique pour parler des sentiments des appelés, de leur rapport au pays, des souffrances des blessés, des dégâts irrémédiables causés par ces années de guerre. Quand ces appelés rentrent : « Ils laissent un pays qu’ils n’ont pas eu le temps d’aimer, ils laissent tout ce qui fait un homme de 20 ans, et qu’ils ne retrouveront jamais. » Antoine « a fini par comprendre le rôle que jouait l’armée française, le lourd tribut payé par la population algérienne et il se sent trahi. »

    Certaines scènes sont terribles, haletantes, sauvages. Il faut lire Un loup pour l’homme pour éclairer notre mémoire, nous informer toujours plus sur une période dont les traces sont toujours visibles aujourd’hui.

  • Couverture du livre « Un loup pour l'homme » de Brigitte Giraud aux éditions Flammarion

    Madame Tapioca sur Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud

    La guerre d'Algérie reste assez tabou en France et je pense que c'est la première fois que je lis un livre qui aborde cette période de cette façon. En partant de l'expérience de son père, Brigitte Giraud nous offre un roman très personnel.
    La plume délicate de l'auteur éclaire cette époque...
    Voir plus

    La guerre d'Algérie reste assez tabou en France et je pense que c'est la première fois que je lis un livre qui aborde cette période de cette façon. En partant de l'expérience de son père, Brigitte Giraud nous offre un roman très personnel.
    La plume délicate de l'auteur éclaire cette époque confuse et complexe en nous livrant le portrait d'Antoine, un appelé, qui découvre en tant qu'infirmier les horreurs de cette guerre dont tout le monde tait le nom.
    Refusant de porter les armes, c'est en soignant le corps des autres qu'il va vivre «les évènements». Il va très vite se rendre compte qu'il ne sait rien de ce qui se passe, que les appelés n'ont aucune idée de la réalité du terrain.
    Pour tenir face à l'indicible, il y a Lila, sa femme venue donner la vie sur ce théâtre de mort mais il y a surtout Oscar, soldat amputeì enfermeì dans son mutisme. C'est dans cette fraternité qu'il va puiser la force de continuer.
    Ecrit à la 3ème personne, c'est toute la vie intérieure d'Antoine et l'ambivalence de ses sentiments face à cette période traumatique.

  • Couverture du livre « Un loup pour l'homme » de Brigitte Giraud aux éditions Flammarion

    Virginie H sur Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud

    J'avais beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici) m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.

    J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive...
    Voir plus

    J'avais beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici) m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.

    J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive (phrases courtes) et poétique (les descriptions de l'arrière-pays, mais aussi de la beauté d'Alger-la-Blanche, sont très évocatrices), mais aussi terriblement juste dans sa manière d'évoquer la peur et le désarroi de ces personnages auxquels on s'attache bien volontiers.

    Elle exprime avec force les difficiles relations entre les hommes (soldats français/rebelles algériens, population des villes/paysans bergers et démunis...) mais aussi entre hommes et femmes dans ce début des années 1960 encore marquées par la patriarcat (Lila est confrontée au refus de l'avortement) ou par les différences de culture.

    "Elle demande quelle différence entre Algériens, harkis et fellaghas. Qui sont les bons et les mauvais ? Est-ce qu’ils sont ennemis entre eux ? Elle est gênée de son ignorance. Elle a peur que cela ne recommence. Son mari et maintenant son fils. Elle dit que les informations à la radio ne sont pas claires. Quand elle interroge le père d’Antoine, il s’emporte. Et de Gaulle, est-ce qu’il l’a déjà vu ? Est-ce qu’on peut lui faire confiance ?"

    Le roman, s'il n'évoque les combats et la rébellion que de manière feutrée, laisse une grande part à une nostalgie ambiguë : le casernement prend parfois des airs de colonie de vacances malgré les estropiés ou les morts dont devra s'occuper le héros.

    On devine assez vite une grand part d'autobiographie dans ce livre, et sans doute pas mal de non-dits.

    Quelques longueurs m'ont empêchée d'en faire un coup de cœur, mais j'ai encore une fois succombé avec plaisir au charme de la plume de Brigitte Giraud, et apprécié la dernière partie qui raconte l'histoire d'Oscar, le soldat amputé.

    "Avant d’embarquer, ils n’osent pas s’avouer qu’ils laissent en Algérie plus qu’un pays qu’ils n’ont pas eu le cran d’aimer, ils laissent tout ce qui fait un homme à vingt ans, et qu’ils ne retrouveront jamais."

Voir tous les avis

Ils le suivent

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !