Un loup pour l'homme

Couverture du livre « Un loup pour l'homme » de Brigitte Giraud aux éditions Flammarion

4

19 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Flammarion
  • EAN : 9782081389168
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

En 1960, alors qu'il vient d'apprendre que Lila, sa jeune épouse, est enceinte, Antoine est appelé pour l'Algérie. Sur place, il travaille dans un hôpital militaire où il fait la rencontre de Oscar, un jeune caporal amputé et enfermé dans son mutisme. L'amitié entre les deux hommes se construit... Voir plus

En 1960, alors qu'il vient d'apprendre que Lila, sa jeune épouse, est enceinte, Antoine est appelé pour l'Algérie. Sur place, il travaille dans un hôpital militaire où il fait la rencontre de Oscar, un jeune caporal amputé et enfermé dans son mutisme. L'amitié entre les deux hommes se construit autour de l'indicible de la guerre.

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  • 0.2

    La guerre d'Algérie reste assez tabou en France et je pense que c'est la première fois que je lis un livre qui aborde cette période de cette façon. En partant de l'expérience de son père, Brigitte Giraud nous offre un roman très personnel.
    La plume délicate de l'auteur éclaire cette époque...
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    La guerre d'Algérie reste assez tabou en France et je pense que c'est la première fois que je lis un livre qui aborde cette période de cette façon. En partant de l'expérience de son père, Brigitte Giraud nous offre un roman très personnel.
    La plume délicate de l'auteur éclaire cette époque confuse et complexe en nous livrant le portrait d'Antoine, un appelé, qui découvre en tant qu'infirmier les horreurs de cette guerre dont tout le monde tait le nom.
    Refusant de porter les armes, c'est en soignant le corps des autres qu'il va vivre «les évènements». Il va très vite se rendre compte qu'il ne sait rien de ce qui se passe, que les appelés n'ont aucune idée de la réalité du terrain.
    Pour tenir face à l'indicible, il y a Lila, sa femme venue donner la vie sur ce théâtre de mort mais il y a surtout Oscar, soldat amputeì enfermeì dans son mutisme. C'est dans cette fraternité qu'il va puiser la force de continuer.
    Ecrit à la 3ème personne, c'est toute la vie intérieure d'Antoine et l'ambivalence de ses sentiments face à cette période traumatique.

  • 0.2

    J'avais beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici) m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.

    J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive...
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    J'avais beaucoup aimé Nous serons des héros, lu il y a deux ans, et cette année deux belles découvertes de la rentrée littéraire (à découvrir ici) m'ayant déjà entrainé en Algérie, j'avais envie de poursuivre le voyage.

    J'ai retrouvé la belle plume de l'auteur, tout à la fois incisive (phrases courtes) et poétique (les descriptions de l'arrière-pays, mais aussi de la beauté d'Alger-la-Blanche, sont très évocatrices), mais aussi terriblement juste dans sa manière d'évoquer la peur et le désarroi de ces personnages auxquels on s'attache bien volontiers.

    Elle exprime avec force les difficiles relations entre les hommes (soldats français/rebelles algériens, population des villes/paysans bergers et démunis...) mais aussi entre hommes et femmes dans ce début des années 1960 encore marquées par la patriarcat (Lila est confrontée au refus de l'avortement) ou par les différences de culture.

    "Elle demande quelle différence entre Algériens, harkis et fellaghas. Qui sont les bons et les mauvais ? Est-ce qu’ils sont ennemis entre eux ? Elle est gênée de son ignorance. Elle a peur que cela ne recommence. Son mari et maintenant son fils. Elle dit que les informations à la radio ne sont pas claires. Quand elle interroge le père d’Antoine, il s’emporte. Et de Gaulle, est-ce qu’il l’a déjà vu ? Est-ce qu’on peut lui faire confiance ?"

    Le roman, s'il n'évoque les combats et la rébellion que de manière feutrée, laisse une grande part à une nostalgie ambiguë : le casernement prend parfois des airs de colonie de vacances malgré les estropiés ou les morts dont devra s'occuper le héros.

    On devine assez vite une grand part d'autobiographie dans ce livre, et sans doute pas mal de non-dits.

    Quelques longueurs m'ont empêchée d'en faire un coup de cœur, mais j'ai encore une fois succombé avec plaisir au charme de la plume de Brigitte Giraud, et apprécié la dernière partie qui raconte l'histoire d'Oscar, le soldat amputé.

    "Avant d’embarquer, ils n’osent pas s’avouer qu’ils laissent en Algérie plus qu’un pays qu’ils n’ont pas eu le cran d’aimer, ils laissent tout ce qui fait un homme à vingt ans, et qu’ils ne retrouveront jamais."

  • 0.25

    « Un loup pour l’homme » est un roman à plusieurs personnages, Antoine, Lila, Oscar, et les évènements entre la France et l'Algérie. Cette guerre dans laquelle Antoine s’engage, juste au moment où Lila est enceinte de leur premier enfant.
    Antoine est médecin, ce sera donc au service des autres...
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    « Un loup pour l’homme » est un roman à plusieurs personnages, Antoine, Lila, Oscar, et les évènements entre la France et l'Algérie. Cette guerre dans laquelle Antoine s’engage, juste au moment où Lila est enceinte de leur premier enfant.
    Antoine est médecin, ce sera donc au service des autres qu’il agira puisque le voilà affecté comme infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. Là il va combattre les blessures des corps et celles des âmes, auprès de soldats anéantis par des combats.
    Lila, n’en peut plus d’être séparée d’Antoine, alors sans plus attendre elle débarque en Algérie. Lila va faire sa place dans ce pays dont elle ignore tout avec beaucoup de courage et de ténacité.
    Enfin, Oscar, blessé mutique auquel s’attache Antoine. Il est amputé d’une jambe et ne pourra plus jamais prendre sa place au domaine agricole de ses parents ni auprès de celle qui pourtant l’attend. Antoine s’émeut pour ce convalescent si différent, il va essayer de lui redonner gout à la vie, d’en faire un homme debout malgré son handicap.
    L’auteur nous parle de la guerre dans ce qu’elle a de plus profond, les hommes, l’humanité, le désespoir, la souffrance et le désir, la vie, la mort. Brigitte Giraud est elle-même née à Sidi Bel Abbés, et il y a beaucoup d’elle ou plutôt de ses parents dans ce roman. Il y a surtout une belle écriture ciselée et poétique, à l’image de ces paysages d’Algérie qu’elle dépeint si bien, et qui dit les sentiments, la vie, la mort, les regrets et les remords, de façon aussi subtile, sans amertume, tout en émotion. Elle nous émeut par ce récit à hauteur d’homme, car la guerre, abstraite, est surtout une affaire d’humains, de relations, de foi en l’autre et de désenchantement.

  • 0.15

    Un roman juste et touchant!

    Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud aux Editions Flammarion fait partie des romans de cette rentrée littéraire.

    Je n'avais encore rien lu de cette auteure. C'est le sujet autour de la guerre d'Algérie qui m'a attiré. En effet, j'avais déjà lu plusieurs...
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    Un roman juste et touchant!

    Un loup pour l'homme de Brigitte Giraud aux Editions Flammarion fait partie des romans de cette rentrée littéraire.

    Je n'avais encore rien lu de cette auteure. C'est le sujet autour de la guerre d'Algérie qui m'a attiré. En effet, j'avais déjà lu plusieurs romans sur cette période de l'histoire. Mais celui-ci est très original. Il traite le sujet d'un tout autre point de vue. Celui des jeunes appelés du contingent qui ne sont pas combattants mais infirmiers, cuisiniers ...dans un hôpital militaire. ils nous racontent simplement leur rôle dans cette drôle de guerre. Ils n'ont rien demandé à personne mais ont été forcés d'y participer. Ne souhaitant pas prendre les armes, ils ont été affectés dans cet hôpital où leur rôle est finalement primordial. Chaque jour, du mieux qu'ils le peuvent, ils soignent, ils soutiennent, ils soulagent, ils parlent à tous ces jeunes blessés de guerre. Blessés physiquement. Blessés psychologiquement. Un angle de vue intéressant, touchant et émouvant sur ce conflit.

    1960. Antoine et Lila viennent de se marier et s'installent dans la vie. Ils sont jeunes, ils sont heureux et ils ont toute la vie devant eux. Ils attendent même déjà un heureux évènement. Le Bonheur.
    Mais la vie est parfois cruelle. Le couperet tombe sur ce bonheur. Antoine est mobilisé et doit partir pour l'Algérie en laissant Lila. Ne voulant pas prendre les armes, il devient infirmier à l'hôpital de Sidi Bel Abbes. Il y rencontre Oscar, un jeune amputé avec qui il se lie d'amitié. Courageuse, Lila décide finalement de rejoindre Antoine en Algérie et d'y donner naissance à leur fille Lucie. Je ne vous en dit pas plus! Je vous laisse vous plonger dans ce roman!

    Cette histoire a particulièrement résonné en moi. Je me suis sentie si proche de Lila et d'Antoine. Ceci est certainement dû à mon histoire personnelle. En effet, compagne d'un jeune militaire parti pour une autre guerre en Bosnie quelques décennies plus tard dans les années 90, j'ai revécu avec Lila les difficultés de cette vie : la séparation, l'éloignement, la solitude, la grossesse en se posant mille et une questions.

    L'écriture est juste. Elle évoque les dégâts faits par cette guerre comme tant d'autres sur de jeunes hommes. Morts. Blessés physiques et psychologiques. Séquelles. Difficultés ensuite à reprendre une vie normale.
    Mais elle conte également l'attachement de ces jeunes français à cette terre qu'ils ont découvert malgré eux et qu'ils ont appris à aimer. La douceur de son climat. La beauté de ses paysages.

    Un roman qui chez moi laissera une trace! J'ai maintenant envie d'en savoir plus sur Brigitte Giraud en découvrant ses précédents romans.

  • 0.15

    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2017/11/un-loup-pour-lhomme-de-birgitte-giraud.html

    Printemps 1960, Antoine a vingt ans lorsqu’il est réquisitionné pour la guerre d’Algérie. Un conflit, un pays, un combat dont il ignore tout. La jeunesse qui coule dans ses veines va alors être...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2017/11/un-loup-pour-lhomme-de-birgitte-giraud.html

    Printemps 1960, Antoine a vingt ans lorsqu’il est réquisitionné pour la guerre d’Algérie. Un conflit, un pays, un combat dont il ignore tout. La jeunesse qui coule dans ses veines va alors être relégué au second plan. Il faut grandir, porter les valeurs de la France sur cette terre inconnue. Abandonné Lila, sa jeune épouse enceinte qui hésite à garder un enfant qui ne connaîtra peut-être jamais son père.
    Ne sachant se battre et ne voulant pas mourir sur la ligne de front, Antoine demande à rejoindre le corps des infirmiers pensant ainsi éviter l’horreur, la barbarie et le danger. Mais il est bien loin d’imaginer que la guerre s’immisce partout, peu importe la position et le poste que l’on occupe. Voir les corps et les âmes brisées par la monstruosité des combats, Antoine ne peut l’envisager. Jusqu’à son arrivée sur place. Jusqu’à ce qu’il fasse la connaissance d’Oscar, un jeune homme hospitalisé, amputé et enfermé dans un profond mutisme. Chaque jour, Antoine va prendre soin de lui. Changer ses pansements, masser le moignon, tenter de lui faire retrouver l’envie de se lever, de se confier. Une rencontre qui le changera à jamais.

    Lorsqu’il n’est pas en tenue blanche, Antoine remet ses vêtements militaires. Il visite le pays, part voir la mer, fume des cigarettes au fond du camp avec ses collègues, avec des « Harkis ». Comme un simple touriste. Toujours en pensant à Lila qu’il aimerait retrouver. Leurs échanges de lettres sont la bouffée d’oxygène qui le rappellent à son monde réel. Mais Lila ne supporte plus la séparation, alors sur un coup de tête elle décide de le rejoindre en terre inconnue. Pour qu’ils s’aiment malgré et contre la violence. Pour que lorsque leur enfant naîtra, il connaisse son père. Mais se peut-il qu’Antoine soit toujours le même ? Lila a-t-elle une chance de retrouver sa place auprès de l’homme qu’elle aime ? Parviendront-ils en étant ensemble à trouver leur équilibre dans un pays ravagé par la folie des hommes ?

    Avec minutie, Brigitte Giraud nous dépeint le quotidien de ces conscrits. Un quotidien fait de banalités mais aussi de peurs qui se font de plus en plus grandes à mesure que les mois passent, que la pacification déjà si trompeuse dans son appellation prend une toute autre tournure. Elle s’immisce à pas de loup dans l’esprit de ces jeunes appelés bousculés par des sentiments contradictoires sur ce qu’ils vivent et ce qu’ils découvrent. Quand violences et beautés d’un pays s’entremêlent au point de perdre tout repère du bien, du mal, du bon et du mauvais. Au point de ne plus savoir quoi penser. Libre arbitre bafoué.
    Mais elle s’attarde également sur un autre point de vue important, celui des femmes de soldats. A travers Lila mais aussi Alcaraz (sa voisine) elle se fait mémoire de ces mères, filles, sœurs qui craignaient pour la vie de leurs hommes et de leur famille.

    Et s’il est important d’évoquer ces détails peu souvent développés j’ai néanmoins regretté les trop nombreuses (à mon goût) longueurs du récit malgré la richesse qu’il contient. Peut-être une question de rythmique ou d’articulation du roman, puisque les trois grandes parties qui le composent sont restées pour moi bien abstraites. Mais également, et c’est là tout le paradoxe, une sensation d’écriture détachée parfois. Mais il ne fait nul doute qu’il s’agit là d’un livre important dans la vie de l’auteure, et qu’il était essentiel de redonner voix à ces hommes et ces femmes qui ont perdu l’insouciance de leur jeunesse bien malgré eux. Et pour cela, Un loup pour l'homme vaut la peine d'être lu.

  • 0.15

    1960. Antoine a 20 ans. Marié depuis peu à Lila, ils viennent d’apprendre la grossesse de cette dernière. C’est alors que le couperet tombe : Antoine est mobilisé pour partir en Algérie.

    Après avoir tenté en vain d’interrompre la grossesse, Lila ne se voyant pas mère sans homme à la maison,...
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    1960. Antoine a 20 ans. Marié depuis peu à Lila, ils viennent d’apprendre la grossesse de cette dernière. C’est alors que le couperet tombe : Antoine est mobilisé pour partir en Algérie.

    Après avoir tenté en vain d’interrompre la grossesse, Lila ne se voyant pas mère sans homme à la maison, les deux jeunes gens sont forcés de se séparer. Lila reste en France, Antoine part en direction de Sidi-Bel-Abbès, affecté comme infirmier dans un hôpital militaire.

    Commencent alors de longs mois d’exil, d’attente, dans un entre-deux troublant. Car Antoine et ses copains de chambrée passent leur temps à l’hôpital, n’en sortent que peu. Ils voient défiler nombre de blessés, plus ou moins graves, entendant un certain nombre de rumeurs, sont peu au fait de la politique. Ils côtoient des harkis, des pieds-noirs, entendent parler des arabes, des fellaghas… Tout cela leur semble bien confus, de même que leur rôle dans ce pays.

    A côté de cet univers clos, c’est la lumineuse Algérie qui transparaît, qui les happe à son tour. Ils s’attachent à cette terre qu’ils n’ont pas choisie.

    Rapidement, Antoine se rapproche d’un blessé, Oscar, amputé d’une jambe et qui ne parle plus. De façon inexplicable, il se sent proche de cet homme dont le destin aurait pu être le sien, et tente de le ramener à la vie. Oscar devient le centre de ses préoccupations, peut-être une façon de masquer l’absence des siens, d’occulter les nombreux autres jeunes soldats mutilés, choqués…

    Quand après quelques mois, Lila lui fait part de sa décision de le rejoindre en Algérie, Antoine a peur mais accepte la volonté de cette femme forte et décidée. Il quitte les baraquements de soldats pour un petit appartement, faisant des allers-retours quotidiens entre deux univers, ne sachant où est son véritable « chez moi », entre le cocon familial et le théâtre de tant de destins brisés.

    Lucie naît, puis Lila repart bientôt, poussée par le danger. Antoine finit par être démobilisé, et rentre à son tour. Sort-on jamais indemne d’une guerre, même d’une drôle de guerre ?

    Si j’ai aimé l’écriture dès les premières lignes, celle-ci m’a un peu pesé au fil du récit, comme si elle était un obstacle de plus, comme si elle participait à cette chape de plomb qui a recouvert cette période historique. Car tout est relaté à la troisième personne, dans dialogues, maintenant comme une distance avec la réalité.

    Mais c’est également ce choix d’expression fait par l’auteure qui traduit également, et justement, la sensation éprouvée par Antoine et ses condisciples, entre silence, réalité cachée, réalité suggérée, réalité fantasmée. Ce n’est pas un documentaire sur la guerre d’Algérie, par ailleurs encore peu documentée, mais bien la perception d’événements lointains et pourtant si proches, d’exactions terribles, des jeunes fracassés par la violence subie ou donnée.

    J’ai aimé lire un livre traitant de cette période historique, sujet toujours tabou. Je garde en tête le mélange, ou le contraste, entre des paysages magnifiques et une atmosphère douce, et la terreur d’une période de déchirement extrême. Un roman qui se savoure, qui se dévore, qui laisse des traces…

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/11/03/un-loup-pour-lhomme-de-brigitte-giraud/

  • 0.2

    En prévision de mes prochaines rencontres littéraires, j’avais celle de Brigitte Giraud, hier soir, pour son livre « Un loup pour l’homme » que je me suis empressée de lire afin de pouvoir en parler avec elle et de connaître son opinion.

    Bien sûr en quatrième de couverture on sait qu’il...
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    En prévision de mes prochaines rencontres littéraires, j’avais celle de Brigitte Giraud, hier soir, pour son livre « Un loup pour l’homme » que je me suis empressée de lire afin de pouvoir en parler avec elle et de connaître son opinion.

    Bien sûr en quatrième de couverture on sait qu’il s’agit de la guerre d’Algérie, au printemps 1960.
    Mais, contrairement à mes habitudes, j’avais décidé de ne pas publier ma critique sitôt le livre lu, une sorte d’instinct. Et bien m’en a pris. Non pas que je n’aie pas compris le livre, loin de là car c’est très simple. Mais j’ai eu le fort ressenti de l’auteure qui, elle-même d’origine algérienne (elle est née à Sidi-Bel-Abbès), a expliqué qu’en fait, ce livre est l’histoire de sa famille, une sorte d’autobiographie romancée (un peu de fiction aussi).

    Ce livre est constitué de trois chapitres : Antoine (qui représente son père) – Lila (qui représente sa mère) – Oscar (un jeune soldat hospitalisé).
    La question centrale est que le père, Antoine, a été appelé en Algérie alors qu’il avait déjà été réformé car de constitution plutôt fragile. Il doit donc laisser sa femme Lila qui est enceinte. Mais il refuse de porter une arme et déclare qu’il veut seulement devenir infirmier, sauver des vies.

    Pour Brigitte Giraud, ce roman était important car elle y a joint la pensée de ses parents à qui elle n’osait pas, depuis de nombreuses années, poser des questions.
    Son vécu est le même que dans le livre.  Elle a du beaucoup se documenter : certes elle avait le récit mais comment le définir ? S’agissait-il d’une guerre ? D’un conflit ? D’une révolution ? Mais la réponse est bien « la guerre d’Algérie ».

    Elle a donc eu besoin d’une vingtaine d’années avant de pouvoir écrire ce roman avant de pouvoir arriver à en savoir un peu plus et surmonter les tabous. Le silence venait du fait que son père ne voulait pas répondre à ses questions surtout quand il a su que sa fille voulait tout raconter. Afin de nous dire comment quelqu’un (ici un engagé) apprend petit à petit dans quoi il se retrouve : grande méconnaissance du terrain où les soldats sont « jetés ». Il s’agit d’ailleurs d’une classe sociale issue du milieu ouvrier (à part les officiers). Mais ce voyage vers l’Algérie les rendait désirables car, arrachés à leurs familles, ils pensaient gagner des galons en se rendant dans ce pays « exotique ». Pour eux c’était une « guerre invisible » où on transformait des jeunes gens en leur donnant l’envie de « casser du fellagha ». Ils se retrouvent donc dans l’armée, cette Grande Muette.
    Le livre passe aussi beaucoup sur les corps, un thème cher à l’auteure. Une grande place est faite également à l’’amour ; Celui d’Antoine pour sa femme qui, un jour, décide de le rejoindre en Algérie alors qu’elle est enceinte (de Brigitte). D’ailleurs, sur le bandeau en quatrième de couverture est écrit : « C’est violent d’aimer dans ces moments-là ».
    Quand elle débarque, elle force l’admiration pour son courage alors qu’elle ne se rendait pas compte de la situation sur le terrain. Elle est d’ailleurs assez insouciante.
    A ce moment-là, Antoine est le seul soldat à ne plus dormir dans la « chambrée » car il retourne chaque soir chez Lila et cela cause quelques jalousies.

    Mais on en vient au troisième chapitre, « Oscar », avec qui Antoine s’investit beaucoup car avec lui tout est à recommencer. Ce chapitre est le plus important pour Brigitte Giraud. Oscar est un être brisé, devenu mutique car handicapé (amputé d’une jambe) et refuse toute relation. Mais Antoine fait tout son possible pour lui redonner goût à la vie, accepter son handicap, le remettre debout, le refaire parler. Oscar est un personnage vraiment touchant (obsédé par les loups). Et se pose aussi la question, en parallèle, celle de devenir père. Mais également celle de savoir si on peut revenir…

    Concernant le style, il y a des dialogues mais ce n’est pas ce que préfère l’auteure. En principe, le temps est au présent car il représente l’inquiétude, il suppose de ne pas savoir ce qui va se passer et permet de se trouver à côté du héros.
    Ses chapitres sont courts, de même que les phrases (pour correspondre à des tranches de vie). Il y a des séquences qui font penser à un film. A mesure que la lecture avance, les phrases sont plus longues – autre mode d’écriture.

    De ces « années de braise et de silence », l’auteure qui a reconnu avoir besoin de travailler sous tension, a su écrire un ouvrage touchant, très important pour elle. En fil rouge, il y a l’intrigue, la relation avec Oscar et la naissance du bébé, une fille (Brigitte). Mais rien n’est fini et la dernière phrase du livre : « Lui seul savait », nous laisse perplexes.

    En page 242, on peut aussi lire « : « Voilà, c’est terminé. Ils sont priés de ne plus y penser. De chasser le mauvais rêve d’un revers de la main. La guerre d’Algérie n’a pas eu lieu ».
    Je ne parlerai pas de la fin, suspense oblige, et je constate que j’ai eu raison d’attendre cette rencontre qui m’a beaucoup apporté. Autant au départ j’étais restée un peu sur ma faim car j’aurais aimé en savoir un peu plus sur cette guerre où De Gaulle a laissé tomber ce peuple, autant à présent, je désire relire rapidement ce livre car je le ferai avec une autre vision. 

    Merci Brigitte pour cet entretien si chaleureux et où, vous-même, avez été ravie de voir l’engouement des lecteurs présents.

  • 0.25

    Nous ne découvrirons qu’à la fin du roman pourquoi l’animal est important dans cette histoire. En attendant, l’auteure nous parle d’un autre loup pour l’homme : lui-même.

    Le récit a lieu pendant les Evénement d’Algérie (ah, ah, ah). Nous suivons Antoine, jeune appelé qui choisi de devenir...
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    Nous ne découvrirons qu’à la fin du roman pourquoi l’animal est important dans cette histoire. En attendant, l’auteure nous parle d’un autre loup pour l’homme : lui-même.

    Le récit a lieu pendant les Evénement d’Algérie (ah, ah, ah). Nous suivons Antoine, jeune appelé qui choisi de devenir infirmier, et sa femme Lila tout juste enceinte qui choisi de le rejoindre à Sidi-Bel-Abbès avant la naissance de leur enfant.

    A l’hôpital où il travaille, Antoine se prend d’amitié pour Oscar, appelé amputé d’une jambe qui ne parle pas.

    J’ai aimé découvrir les paysages algériens si beaux sous la plume de Brigitte GIRAUD. Mais aussi les récits auvergnats qu’Antoine fait à Oscar et l’omniprésence du genêt.

    http://alexmotamots.fr/un-loup-pour-lhomme-brigitte-giraud/

    J’ai aimé la guerre telle que décrite par l’auteure : les corps qu’Antoine soignent ; les appelés et jamais les militaires, la torture qui fait son apparition sans jamais être nommée.

    J’ai aimé l’innocence de Lila qui ne comprend rien à ce conflit, se liant d’amitié avec sa femme de ménage.

    Enfin, j’ai aimé la fable du loup finale.

    Merci, Mme GIRAUD, l’Algérie est si belle dans votre roman, et les hommes si humains et perdus.

    L’image que je retiendrai :

    Celle d’Antoine luttant contre les cafards à son arrivée à l’hôpital, sorte de rite de passage. Il doit faire soigner son dos par un camarade.

  • 0.25

    Plus qu'un roman sur la guerre d'Algérie, "Un loup pour l'homme" nous parle de la force de l'amour qui pousse une femme à rejoindre son mari appelé en Algérie.
    J' ai beaucoup aimé ce roman qui fait entrer la grande histoire dans l' histoire intime de ce couple. Antoine, est en effet embarqué...
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    Plus qu'un roman sur la guerre d'Algérie, "Un loup pour l'homme" nous parle de la force de l'amour qui pousse une femme à rejoindre son mari appelé en Algérie.
    J' ai beaucoup aimé ce roman qui fait entrer la grande histoire dans l' histoire intime de ce couple. Antoine, est en effet embarqué dans une guerre qui n'est pas la sienne mais il refuse de prendre les armes et tentera de donner un sens à tout cela en soignant et réconfortant les soldats blessés.
    Un roman fort et émouvant, qui donne un éclairage inédit à cette période de l'histoire.

  • 0.25

    En attendant avec impatience la rencontre avec l'auteur, je remercie infiniment Babelio et Flammarion pour m'avoir permis de lire ce livre avant sa sortie.

    "L'Algérie, ce n'est pas la même chose qu'une guerre." C'est ce qu'affirme le gynécologue genevois en refusant de pratiquer l'avortement...
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    En attendant avec impatience la rencontre avec l'auteur, je remercie infiniment Babelio et Flammarion pour m'avoir permis de lire ce livre avant sa sortie.

    "L'Algérie, ce n'est pas la même chose qu'une guerre." C'est ce qu'affirme le gynécologue genevois en refusant de pratiquer l'avortement que Lila est venue solliciter. le bébé, Lila n'en veut pas puisqu'Antoine, son mari, est "appelé" en Algérie. Comment apprendre à aimer seule un enfant sans savoir s'il connaîtra un jour son père ? Lila ne s'en sent pas capable. Pour ne pas avoir à porter une arme, Antoine a suivi une formation d'infirmier militaire et, à son arrivée en Algérie, il est affecté à l'hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. A ce poste, la guerre vient à lui à travers les corps et les esprits massacrés des jeunes soldats qu'il soigne, révélant un au-delà de l'horreur que le jeune homme perçoit malgré les silences des officiers. Cette proximité de la guerre, que finalement personne n'évoque en ces termes, passe par la proximité des corps meurtris qui suscitent chez Antoine une profonde compassion. Chacun de ses gestes est imprégné d'une empathie muette qui donne tout son sens aux soins qu'il offre. Amputé d'une jambe, Oscar, replié dans un silence douloureux, personnifie l'ensemble de ces jeunes gens à la vie mutilée et Antoine se donne pour mission de rendre la parole et le goût de vivre à ce blessé qui l'obsède. Une mission presque sacrificielle puisqu'elle l'éloigne de Lila, pourtant venue en Algérie pour être près de lui.

    L'écriture de Brigitte Giraud joue de tous ces hurlements retenus pour faire émerger la douleur pure, sans explications, sans justifications, puisque l'épouvante ne peut en avoir. Les motivations d'Antoine restent aussi impénétrables que les raisons de la présence des jeunes soldats français en Algérie. Certes, des hypothèses, des interprétations sont possibles mais elles restent du domaine de l'indicible. le rythme de la narration accuse le contraste entre la menace oppressante des attentats et des embuscades et la luminosité des paysages éblouissants de soleil, entre des moments de pause où la vie pourrait être la même qu'en France et de brusques accélérations où la folie et la violence déchirent un peu plus les certitudes.

    Il y a dans ce roman un mélange intime de douceur et de fureur qui m'a chavirée. J'ai ressenti des émotions comparables à celles que l'on éprouve face à certaines Pietà : un chagrin incommensurable et le saisissement devant une ineffable beauté.

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