Les couleurs qui changent la vie

mercredi 27 décembre 2017

Un livre qui peut donc changer la vie du lecteur ?

Les couleurs qui changent la vie

« Je voudrais changer les couleurs du temps,
Changer les couleurs du monde
Les mots que j'entends seront éclatants
Et nous danserons une ronde
 »,
chantait Guy Béart dans Les Couleurs du temps.

Et s’il avait raison ? Si les couleurs étaient finalement ce qui permet au monde de tourner – à peu près - rond ?

C’est à cette question que nous amène Jean-Gabriel Causse, l’auteur du best seller L'étonnant pouvoir des couleurs (J’ai lu), dans son premier roman, Les crayons de couleur (Flammarion). Dans cette histoire qui tient du conte, un loser, une aveugle et une petite fille vont littéralement sauver le monde.

 

Dans Les Crayons de couleur, un jour se lève sur la terre, et les humains n’en perçoivent plus aucune couleur. Le monde s’éveille en blanc, noir, gris. Camaïeu subtil, certes, mais totalement décoloré. Peu avant, Arthur a vu la fabrique de crayons de couleur dans laquelle il travaillait, fermer définitivement. Il erre entre le bar du quartier et son appartement d’où il observe une voisine très très jolie, toujours flanquée de lunettes noires. Il ne sait pas encore qu’il s’agit de Charlotte, chroniqueuse sur France Inter, maman d’une petite fille rêveuse de 5 ans, spécialiste des couleurs et… aveugle. « Rien d’étonnant, explique l’auteur malicieux, puisque les couleurs répondent à des longueurs d’onde et que certains peuvent les ressentir ». De même que 2% de la population sont capables de synesthésie, et peuvent combiner deux sens : c’est, dans le roman, le cas d’Ajay, chauffeur de taxi à New York qui associe les voix à des couleurs.

Tout ce qui semble abracadabrantesque dans ce livre est pure vérité, c’est là l’espièglerie d’un auteur qui s’habille lui même toujours en couleurs, et si possible avec son tee shirt favori d’un beau rose « framboise Berthillon » qu’il a lui même créé avec la complicité du glacier éponyme.

 

Un monde sans couleur

Quand les couleurs disparaissent, c’est l’économie mondiale qui s’effondre : le cours de l’art tombe à pic, la restauration est en crise, les boulangeries ferment devant le manque d’appétit des hommes et des femmes de la planète qui ne trouvent plus aucun plaisir à déguster des plats subtils ou une bonne baguette de pain. Les gens ne sortent plus, le moral des ménages est en chute libre. On était loin d’imaginer que la couleur pouvait à ce point influencer la prospérité du monde. Et pourtant. A chaque fois, Jean-Gabriel Causse place le petit argument qui fait mouche, et déploie ses connaissances de designer membre du Comité Français de la Couleur.

Arthur, Charlotte et sa fille Louise vont se retrouver au milieu d’une affaire inédite, où il va s’agir de retrouver les couleurs sans se faire alpaguer par une mafia parfaitement darwinienne qui trouve grand intérêt à conserver le monde en gris. C’est joli, distrayant, cela semble incroyable tandis que rien n’est pourtant improbable dans ce premier roman terriblement attachant.

Mais plus que cela, Jean-Gabriel Causse invite à réfléchir sur cette manie des urbains à se vêtir de noir, de gris et de blanc. Et si justement, nous ne savions déjà plus regarder les couleurs ? Et si, allons plus loin, nos records de consommation de psychotropes pouvaient s’arranger avec quelques petits mohairs bariolés ?

Trop simple, peut être, ou peut être pas. Jean-Gabriel Causse confie toutefois que la plupart de ses lecteurs changent leurs habitudes vestimentaires après l’avoir lu. Un livre qui peut donc changer la vie du lecteur.

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