"L’Américaine" de Catherine Bardon aux éditions Les Escales, un vrai coup de cœur de notre lectrice du mois

jeudi 28 mars 2019

Cette saga familiale après "Les déracinés" nous emporte entre fiction et faits réels. Un récit dense et captivant !

"L’Américaine" de Catherine Bardon aux éditions Les Escales, un vrai coup de cœur de notre lectrice du mois

Topetopette, notre lectrice du mois d’avril 2019, a chroniqué  L'Américaine de Catherine Bardon et nous fait découvrir ce livre qui la replonge dans des ressentis proches de sa propre histoire.

 

L’avis de Topetopette :

À la suite d’un drame, Ruth regarde son île s’éloigner d’elle alors qu’elle se tient sur le pont d’un bateau. Une nouvelle vie commence pour elle. Loin de tout ce qu’elle a connu sur son île. De la République Dominicaine il ne lui restera plus que des souvenirs parce qu’elle s’en va. Elle rejoint New-York. Là-bas, elle espère intégrer une école de journalisme et exercer le même métier que son père. Bousculée par les faits politiques de l’époque, Ruth se cherche. Dominicaine, juive, autrichienne puis américaine, elle essaie de comprendre qui elle est, d’où elle vient et inévitablement, quelle est l’histoire de sa famille. Comme le dit le dicton : « Si tu ne sais pas qui tu es, regardes d’où tu viens ».

 

Je dois avouer que j’avais peur de me lancer dans la lecture de cette œuvre. Les œuvres des auteurs encensés par la presse me font toujours douter. J’avais tort pour celui-ci ! C’est un véritable coup de cœur pour moi.

 

Il faut savoir que L ’Américaine est la suite de Les Déracinés. N’ayant pas encore lu la première œuvre, c’est avec plaisir que je me suis rendue compte que la seconde pouvait se lire indépendamment de l’autre. On n’est pas perdu dans des histoires passées auxquelles on ne comprend rien. Tout est clair et agréable.

 

J’aime beaucoup lire les sagas familiales parce que contrairement aux apparences, aucune famille n’est parfaite … Aucune famille ne détient pas de petits secrets … Ce sont le genre d’œuvres qui nous rappellent que la vie de famille n’est pas une douce romance. J’aime ce côté réel. D’ailleurs, à de nombreuses reprises, je me suis tellement laissée emporter par cette histoire que (l’espace de quelques secondes) j’étais convaincue que c’était une histoire vraie. Ce côté « histoire vraie » découle également de la présence de nombreux faits historiques. C’est l’alliance parfaite entre fiction et réalité. Et ce mélange est absolument divin !

 

J’ai beaucoup apprécié ce roman de par certaines similitudes avec mon ressenti lorsque, adolescente, j’ai dû quitter mon île natale pour la France. Tout ce que Ruth expliquait de son île, j’aurais pu l’écrire et le décrire de la même façon. Peut-être est-ce parce que nos deux îles se ressemblent énormément. Sa reconstruction a également été mienne. Difficile parfois... Ruth m’a beaucoup touchée parce que je me suis complètement reconnue en elle.  

 

Je ne suis pas (très) objective, puisque je ne connais pas encore Les Déracinés, mais il me semble que Ruth est le personnage principal idéal pour cette saga familiale, qui me semble-t-il va continuer.

Le personnage d’Arturo m’a beaucoup plu lui aussi. Il est naïf et d’une grande sensibilité. Parfois, on a l’impression d’avoir affaire à un enfant. Lui aussi essaie de se construire malgré les difficultés. Ce roman, à mes yeux, est basé sur l’amour du soi et de l’évolution. Parce que Ruth et Arturo, pour avancer, doivent apprendre à s’accepter. Accepter ce qu’ils sont, ce qu’ils étaient, ainsi que leur histoire familiale. C’est un bond vers le monde adulte. Un pas qui les éloigne de l’insouciance de l’enfance.

 

Le style d’écriture de l’auteur, qui est un style très moderne, très frais et très digeste, me parle énormément. Sans trop en faire, elle parvient à nous faire passer des émotions. Il n’y a pas de sur-jeu. C’est juste. Malgré les sujets abordés, quelques fois durs compte-tenu des origines juives de Ruth, ce roman reste très doux. Étonnement, je l’ai trouvé presque réconfortant. L’ouvrir et me mettre à le lire me réchauffait le cœur.

 

C’est un roman imposant … mais quand on aime on le trouve trop court. Les chapitres sont relativement courts ce qui nous permet de ne pas être frustré lorsqu’on doit arrêter notre lecture (à contrecœur). C’est une très belle découverte et une très belle rencontre avec une auteure qui restera parmi mes préférés. J’ai hâte, à présent, de lire Les Déracinés.

© Topetopette

 

 

Topetopette, quelle lectrice êtes-vous ? 

Le livre qui a bercé votre enfance ?

Sans hésiter, Heidi de Johanna Spiry. Le premier roman qu'on m'a offert lorsque j'étais enfant. Une fois adulte, j'ai racheté exactement la même édition. C'est un de mes livres "Collection".

 

Le livre qui vous donne le moral ?

Je lis peu de romans "feel good", mais celui qui m'a marqué dernièrement et que j'ai fortement apprécié est Alice au pays des casseroles de Maud Brunaud.

 

Le livre qui vous rend triste mais que vous lisez quand même ?

Il y en a beaucoup. Petite, comme beaucoup j'imagine, c'était La chèvre de Monsieur Seguin. Même noyée sous les larmes, je continuais à le lire. Aujourd'hui, je dirais davantage Le lion de Joseph Kessel. C'est un livre vraiment intense.

 

Le livre que vous relisez tout le temps ?

Le second roman qu'on m'a offert étant enfant :

Les malheurs de Sophie. Cette petite fille m'a suivi toute ma vie et continuera à me suivre.

 

Le livre que vous offrez le plus ?

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut. Ce roman est, pour moi, une ode à l'amour. Le vrai ! Celui que rien n'arrête … pas même la fatalité !

C'est dur mais à la fois très beau !

 

Le lieu idéal pour lire ?

L'idéal pour moi est d'être installée dans un canapé moelleux. Mais, je peux lire partout lorsque l'histoire m'habite. Je me coupe facilement du monde !

 

Et vous ? Si vous étiez un livre, vous seriez ?

J'aimerais, je pense, être Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. C'est un roman bouleversant bien que fictif. C'est un roman qui interpelle, qui choque quant à la condition des Hommes mentalement diminués. C'est un roman "prise de conscience".

 

Si vous étiez un personnage de roman, vous seriez ?

Mon côté enfant dirait Lyra de À la croisée des mondes de Philip Pullman. J'ai découvert cette oeuvre que très tardivement et malgré l'âge de Lyra, je n'ai jamais eu de mal à m'identifier à elle. Puis, j'aurais tant aimé avoir un daemon. J'aurais choisi un petit furet, un peu à l'image de Pan.

 

Si vous étiez un auteur ?

Emile Zola ! Sa plume était divine et juste ! Il n'en faisait jamais trop. C'était poétique sans être lourd, c'était imagé sans perdre le lecteur et surtout c'était recherché. Avec Zola, quand un personnage meurt même les fleurs qui l'entourent sont en rapport avec la mort. C'est un vrai travail d'écriture. Un style qui, à mon grand regret, ne se retrouve plus beaucoup aujourd'hui.

 

Quelle lectrice êtes-vous ?

Je suis une lectrice "addict". Malgré des journées bien remplies, je prends une vingtaine de minutes chaque jour pour lire (une vingtaine de minutes qui se transforment quotidiennement en une heure). Il m'est très difficile de m'arrêter. J'essaie, au maximum, de ne jamais abandonner mes lectures. Je me mets à la place de l'auteur, et me dis que c'est un manque de respect pour son travail. Malgré tout, parfois, je capitule.

 

Pourquoi et quand allez-vous sur lecteurs.com ?

lecteurs.com est une plateforme qui me permet d'avoir les avis des autres lecteurs sur le roman que j'ai fini. Fonctionnant sur une base de tirage au sort, je ne me base jamais sur les avis des autres pour choisir mes romans, mais j'aime les lire après ma propre lecture. Ce qui est parfois utile lorsqu'on a pas cerné complètement une œuvre.

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