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L'Américaine

Couverture du livre « L'Américaine » de Catherine Bardon aux éditions Les Escales
Résumé:

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l'université, un stage au Times. Une nouvelle vie... Elle n'en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l'était son père,... Voir plus

Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l'université, un stage au Times. Une nouvelle vie... Elle n'en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l'était son père, Wilhelm.
Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l'amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l'assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l'opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam...
Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s'interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d'adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?
Entrelaçant petite et grande histoire, explorant la question de l'exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre une radiographie des États-Unis des années 1960, en poursuivant la formidable fresque romanesque inaugurée avec Les Déracinés.

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Avis (8)

  • Au moment où sort le 3e volet, je termine juste l'Américaine; les personnages des Déracinés sont toujours là après la mort de Wil (stupide accident de collision avec une vache) mais cette fois, c'est Ruth qui est l'héroïne, au moment où elle quitte son île pour NY où elle rêve de journalisme...
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    Au moment où sort le 3e volet, je termine juste l'Américaine; les personnages des Déracinés sont toujours là après la mort de Wil (stupide accident de collision avec une vache) mais cette fois, c'est Ruth qui est l'héroïne, au moment où elle quitte son île pour NY où elle rêve de journalisme comme son père après avoir abandonné ses études d'infirmière (rompant avec la tradition de la branche maternelle)
    Tout au long de ce livre Ruth se cherche et découvre l'histoire tragique de la Shoa que ses parents lui ont cachée pour que son enfance soit heureuse.
    Ruth est d'abord Dominicaine mais de parents juifs exilés d'Autriche, elle est Américaine quelques années où elle a une vie amoureuse tourmentée; elle sera enceinte, mais le père du futur bébé est mort. Sa mère lui déconseille de revenir sur l'île en proie à une guerre civile, mais Ruth ne veut plus rester en Amérique où elle a connu de grands événements historiques comme l'assassinat de Kennedy, le discours de Luther King et...un concert des Beatles, elle décide de partir avec sa petite Gaya vivre en Israël mais les règles du kibboutz l'étouffent et elle va rentrer "chez elle"
    Un gros livre survolé ici!
    L'écriture de Catherine Bardon est toujours claire et simple; des chapitres très courts facilitant la lecture. Une partie est une sorte de journal intime de Ruth où elle évoque sa vie en Amérique, ses doutes, ses désillusions, ses passions, son amitié profonde pour Arturo; l'autre partie est écrite à la troisième personne. Malgré la multitude de personnages, aucun problème de compréhension.
    Belle lecture mais j'ai été moins émue que par les Déracinés, peut-être la différence entre l'exil forcé et l'exil voulu. Dans les Déracinés, il y avait la montée de l'anti sémitisme, les dangers, les angoisses, le rejet des américains et le départ à zéro de l'île de Saint Domingue; dans l'américaine, il y a les états d'âme d'une jeune fille qui a eu une merveilleuse enfance et qui découvre le monde tel qu'l est.

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  • Rappelez-vous, il y a quelques semaines, un souffle romanesque m'embarqua de Vienne à Sosùa en République dominicaine. C'était avec Les déracinés le premier opus de cette saga familiale. L'Américaine n'est autre que la suite du primo roman de Catherine Bardon. Inutile d'avoir lu le premier pour...
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    Rappelez-vous, il y a quelques semaines, un souffle romanesque m'embarqua de Vienne à Sosùa en République dominicaine. C'était avec Les déracinés le premier opus de cette saga familiale. L'Américaine n'est autre que la suite du primo roman de Catherine Bardon. Inutile d'avoir lu le premier pour se plonger dans le second. Néanmoins au vu des nombreux analepses, il est tout de même conseiller de les découvrir dans l'ordre de leur publication.

    Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine.
    En ligne de mire : New York, l’université, un stage au Times. Une nouvelle vie… Elle n’en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l’était son père, Wilhelm.
    Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l’amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l’assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l’opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam…

    Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s’interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d’adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?

    Ecrire une suite après un premier roman qui plus est lorsqu'il a été très bien accueilli par les lecteurs, est un exercice difficile et particulièrement risqué. Catherine Bardon a su relever le défi. Bien que L'Américaine soit de mon point de vue un peu en deçà du premier opus, notamment parce qu'il est moins rythmé, moins romanesque, c'est avec plaisir que j'ai retrouvé ceux qui ont fait Les déracinés. Entrelaçant encore une fois petite et grande histoire, explorant la question de l’exil et de la quête des racines, Catherine Bardon nous livre à travers le parcours de Ruth une radiographie des États-Unis des années 1960, tout en poursuivant l'histoire d'Almah, de Frédérick, d'Aaron, Myriam, Svenja, Markus et les autres...

    Si de prime abord les thèmes explorés par l'auteure semblent similaires d'un roman à l'autre, il convient de souligner que l'exil de Ruth aux Etats-Unis après le décès de son père est volontaire et qu'à aucun moment il ne s'impose à elle en raison de faits extérieurs. Si cette jeune femme tout juste sortie de l'adolescence ressent le besoin de rompre avec les siens c'est uniquement pour répondre à une question existentielle qui la taraude. Qui est-elle ? Née en République dominicaine de parents juifs autrichiens, parachutée à New York, Ruth est perdue. Est-elle juive, dominicaine, américaine ? S'exiler sera pour elle non seulement l'occasion de convoquer le passé de ses parents pour mieux le comprendre mais surtout pour trouver son identité. Mais si Ruth choisit de s'éloigner des siens, c'est également pour exister indépendamment de sa mère, cette femme flamboyante au destin si singulier, cette femme qu'elle a mis sur un piédestal.
    Partir non pas pour fuir, mais partir pour se trouver, telle est la démarche de Ruth, telle est la thématique de L'Américaine.

    Catherine Bardon a réussi ce pari fou mais pas impossible de convoquer le passé des parents pour aider la fille à mieux définir son futur. Elle fait du second opus, L'Américaine, un roman miroir du premier, Les déracinés. Bien qu'un peu moins exaltant, moins fouillé d'un point de vue historique L'Américaine reste un roman plaisant à lire. On y croise énormément de personnages, ceux qui ont fait Les déracinés mais également ceux qui ont fait l'Amérique tels Marilyn Monroe, John Fitzgerald Kennedy, Martin Luter King, les hippies, les Rock Stars...

    Dans L'Américaine, petite et grande histoire se mêlent, s'emmêlent, s'entremêlent pour mieux dénouer celle d'une famille d'exilés qui finira par poser ses valises sur une parcelle de terre, un petit bout de paradis.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2019/09/mon-avis-sur-lamericaine-de-catherine.html

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  • Nous retrouvons dans ce roman, les héros qui ont fait la joie des lecteurs qui ont aimé « Les déracinés ». Le récit alterne toujours les faits et le journal des ressentis, émotions du héros principal, qui est Ruth, la fille de Wilhelm et Almah Rosenheck.

    Un drame est survenu à la ferme,...
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    Nous retrouvons dans ce roman, les héros qui ont fait la joie des lecteurs qui ont aimé « Les déracinés ». Le récit alterne toujours les faits et le journal des ressentis, émotions du héros principal, qui est Ruth, la fille de Wilhelm et Almah Rosenheck.

    Un drame est survenu à la ferme, Wilhelm est décédé à la suite d’un accident de la route, idiot comme souvent : sa voiture a percuté une vache, dans la nuit, à peine quelques secondes d’inattention et c’est le grand voyage…

    Ce drame traumatise tout le monde, on s’en doute, mais Ruth, « le premier bébé » de la colonie, dont le visage a été photographié, a même été utilisé pour des timbres-poste éprouve le besoin de quitter sa famille pour aller faire des études de journalisme à New-York. Nous sommes en 1961.

    Elle part en bateau, refaisant à l’envers le voyage que ses parents ont fait des années plus tôt, comme un pèlerinage. Elle fait la connaissance d’Arturo sur le steamer, un jeune Dominicain qui part faire des études aussi.

    Ruth découvre ainsi la sinistre Ellis Island qui depuis ne retient plus personne en quarantaine, et comprend ce que ses parents ont dû ressentir quand les US ont refusé de les accueillir.

    Elle vient vivre chez sa tante Myriam, qui tient une école de danse, et dont le mari Aaron a bien réussi dans son métier d’architecte, et une relation forte se noue avec leur fils Nathan, épris de danse lui-aussi. Leur réussite est teintée de tristesse, car Myriam pense à son frère Wil et à Almah qui n’ont pas peu réaliser leur rêve.

    « Je voulais vivre ma vie comme je l’entendais sans m’encombrer des bagages pesants de l’histoire familiale. J’allais écrire une page de la vie des Rosenheck en Amérique. Ma propre page. »

    Ce roman évoque surtout le statut difficile des enfants de la deuxième génération : ses parents sont des êtres tellement exceptionnels pour Ruth, qu’elle se sent nulle, ne pouvant jamais leur arriver à la cheville. Comment faire son chemin quand les parents ont tant souffert, ont dû supporter tellement de désillusions, travailler la terre, construire leur colonie ?

    « Qui étais-je, moi Ruth Rosenheck, née en république Dominicaine de parents juifs autrichiens, parachutée à New-York ? Juive, Autrichienne, Dominicaine, américaine ? Avais-je fait le bon choix ? Je me sentais perdue… »

    Un autre élément entre en ligne de compte : ils n’ont jamais parler de leurs propres parents, de l’antisémitisme, de la Shoah pour préserver leurs enfants, car c’était trop lourd à porter, alors ils les ont élevés dans la liberté, l’insouciance : Ils étaient « les petits princes de la colonie » dit Ruth.

    Alors dans ce cas, comment savoir qui l’on est et d’où l’on vient ? Comment se construire ? Ruth a choisi le journalisme comme son père, après avoir abandonné ses études d’infirmière, (dans la famille d’Almah, ils étaient médecins depuis des générations) et le virus était entré en elle lorsqu’elle avait couvert le procès d’Eichmann…

    A l’université, elle se rend compte qu’il y a des clans, l’élite et les autres dont elle fait partie, ce qui ne facilite pas l’intégration… les US n’ont guère fait de progrès depuis l’arrivée de ses parents, la fermeture d’Ellis Island n’est qu’un symbole et encore…

    Ruth a idéalisé aussi le couple formé par ses parents, en mettant la barre aussi haut, comment s’engager dans une histoire d’amour, construire un couple ou une famille ?

    Elle se cherche, s’égare dans des amours sans lendemains, comme si elle voulait se perdre elle-même, seul Arturo son ami est fidèle au poste. Avec lui, elle va assister, à l’assassinat de JFK, le racisme, Johnson et la guerre au Vietnam, et la marche des droits civiques avec Martin Luther King, le plus jeune prix Nobel, ne l’oublions pas… en passant par les jeunes hippies, la drogue, l’amour libre, (où elle retrouvera Lizzie qui faisait partie de la bande des quatre copains autrefois.

    Même si le récit qui s’étend jusqu’à 1966, allume un projecteur sur Ruth, on ne perd pas de vue les autres personnages, Almah, Marcus, Svenja, Frizzie entre autres, ni l’évolution de la situation politique et sociale de la République Dominicaine, ou la construction d’Israël.

    J’ai aimé la manière d’aborder la recherche de l’histoire familiale pour savoir ce que l’on veut transmettre, le besoin de se connecter avec les grands-mères qu’elle n’a pas connues, pour continuer le chemin tout en partant à la quête de son identité. Mettre de la distance, géographiquement parlant, ne rend pas forcément plus autonome. Cette jeune femme est intéressante, même si l’on parfois envie de la « secouer un peu » pour qu’elle avance…

    Catherine Bardon, nous fait parcourir les US par le biais de tous les évènements importants qui se sont déroulés sur cette période, et pointe le traitement des Noirs, le rejet dont ils sont victimes. Elle n’est pas tendre dans sa description et tout ce qu’elle évoque résonne tristement avec la période actuelle. En choisissant de faire participer Ruth et Arturo à la marche pour les droits civiques pour écouter le discours de Martin Luther King : « I have a dream », elle donne au lecteur la possibilité de « revivre » cette manifestation pacifique.

    J’ai bien aimé ce roman, même s’il manque quelque chose de la magie du premier tome « Les déracinés », cela reste une belle histoire, qui étrille « l’Amérique » et sa société qui ne brille pas par sa tolérance, et se comporte comme le gendarme du monde, n’hésitant pas à envoyer des soldats pour maintenir à tout prix une dictature en République dominicaine par exemple…

    Ce roman est dense, il ne s’étend que sur six années et pourtant il se passe tant de choses ! j’espère que l’auteure nous proposera une suite car il est difficile de se détacher des personnages…

    Un grand merci à NetGalley et aux éditions Les Escales qui m’ont permis de découvrir ce roman et d’apprécier une nouvelle fois son auteure.

    ♥ ♥ ♥ ♥ ♥

    #Laméricaine #NetGalleyFrance

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  • Catherine Bardon donne une suite aux Déracinées son premier roman paru l'an dernier. J'attendais cette suite avec impatience mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Les Déracinées était un roman très romanesque mais aussi très fort et j'y ai beaucoup appris. Je n'avais jamais entendu...
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    Catherine Bardon donne une suite aux Déracinées son premier roman paru l'an dernier. J'attendais cette suite avec impatience mais je dois avouer que j'ai été un peu déçue. Les Déracinées était un roman très romanesque mais aussi très fort et j'y ai beaucoup appris. Je n'avais jamais entendu parler de cet essai d'implantation d'un Kibboutz à Saint Domingue et les péripéties de cette famille de la grande bourgeoisie juive autrichienne, une dentiste et un journaliste qui se retrouvent fermiers aux Antilles, m’avaient passionnée.
    La suite est pour moi un peu mièvre. L'héroïne, Ruth, est en fait une enfant gâtée que ses parents ont voulu épargné après les horreurs qu’eux avaient traversées. La jeune femme se cherche, ce qui est normal, dans le New-York bourgeois des années 1960 et en Israël. L’auteure en profite pour évoquer tous les grands problèmes de l’époque mais ne fait que les survoler.
    L'été dernier en lisant les Déracinés j'avais reçu un grand coup de poing, là j'ai passé un agréable moment, sans plus. J’attends le prochain roman de Catherine Bardon.
    https://ffloladilettante.wordpress.com/2019/07/30/lamericaine-de-catherine-bardon/

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  • La fresque des Déracinés a fleurit à Saint Domingue. L’américaine est la suite des Déracinés qui m’a tant étourdit il y a moins d’un an. Forcément j’étais impatiente de le lire. Ruth le premier bébé née dans le kibboutz a bien grandit. En 1961 à l’aube de sa vie adulte elle choisit de prendre...
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    La fresque des Déracinés a fleurit à Saint Domingue. L’américaine est la suite des Déracinés qui m’a tant étourdit il y a moins d’un an. Forcément j’étais impatiente de le lire. Ruth le premier bébé née dans le kibboutz a bien grandit. En 1961 à l’aube de sa vie adulte elle choisit de prendre son envol loin de ses racines loin de Sosua loin d’Almah sa mère. New -York sera sa terre d’accueil, l’appel mirifique du rêve Américain, mais aussi une manière de réaliser le rêve de son père, Wilhelm décédé qui lui manque tant…. Elle ajuste ses pas sur les pas de son père en sens inverse, lui qui s’était vu refuser l’accès aux Etats-Unis. Elle habite chez sa tante Myriam, poursuit des études de journalisme agrémentés d’un stage au Times. Partit en bateau, dès la traversée elle fait la rencontre d’Arturo qui bouleversera sa vie. Parfois l’éloignement permet de mieux se découvrir. Ruth est à ce moment de sa vie, en proie à ses questionnements. Qui est-elle? Une américaine d’adoption ? Une dominicaine fille d’autrichiens Juifs? Qui préfère parler espagnol? Une fille d’immigrés ? C’est le tourbillon et le doute qui la perturbent alors qu’elle n’est pas si bien acceptée à la fac loin de son pays qui lui manque. J’ai particulièrement apprécié la nostalgie égrainée des souvenirs d’enfance de Ruth à Sosua et retrouver la lumineuse et solaire Almah l’héroïne des Déracinés qui ne quitte pas Saint Domingue, malgré la guerre civile qui embrase le pays. Roman d’apprentissage porté par une plume si romanesque où respire la grande histoire des Etats-Unis qui se tricote ourdie dans le quotidien de Ruth: le discours de Martin Luther King, les hippies, la mort de Marilyn, les prémices du Vietnam. Les sixties…. Une atmosphère si réelle et captivante. Entre déceptions, et déconvenues Ruth se cherche, s’affirme, et devient une femme à la recherche de l’endroit où elle va construire sa vie: Israël et le kibboutz la tente. Je ne vous en dis pas plus lisez-le… Catherine Bardon explore avec talent dans ce deuxième opus, le thème de l’identité et de la transmission à travers une écriture foisonnante minutieusement étayée par les faits historiques qui en font sa signature.
    Une saga touchante, attachante et ensoleillée qu'on a vite envie de retrouver...

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  • Après «Les Déracinés», Catherine Bardon nous offre le second tome de sa saga. Dans «L’Américaine» elle explore les années 60 en suivant Ruth partie à New York pour étudier le journalisme. Passionnant!

    Quel plaisir de retrouver les personnages des «Déracinés» et le plume alerte de Catherine...
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    Après «Les Déracinés», Catherine Bardon nous offre le second tome de sa saga. Dans «L’Américaine» elle explore les années 60 en suivant Ruth partie à New York pour étudier le journalisme. Passionnant!

    Quel plaisir de retrouver les personnages des «Déracinés» et le plume alerte de Catherine Bardon. Pour ceux qui seraient passés à côté de ce beau roman, signalons qu’il est disponible en poche et retrace la saga d’une famille viennoise à partir des années trente. La belle histoire d’amour entre Wilhelm et Almah va résister à la fureur de la guerre, mais au prix de grands sacrifices et d’un exil en République dominicaine où le couple et leurs enfants vont essayer de se construire une nouvelle vie. Tout l’intérêt du roman, outre ce pan méconnu de l’histoire de la Seconde guerre mondiale, est de mêler intimement la grande Histoire avec les destins des personnages au fil des ans, comme avait si bien pu le faire Régine Deforges avec «La bicyclette bleue».
    Je souhaite du reste à Catherine Bardon le même succès et j’imagine fort bien les prochains tomes qui nous conduiront jusqu’aux années 2000…
    Mais n’anticipons pas et revenons-en à «L’Américaine». Nous sommes en septembre 1961, au moment où Ruth, la fille d’Almah choisit de quitter son île pour rejoindre sa tante, son oncle et son cousin Nathan à Brooklyn. Elle entend mettre ses pas dans ceux de son père disparu et devenir journaliste. Pour cela, elle a étudiera à l’Université de Columbia tout en effectuant un stage au Times.
    Sur le paquebot qui va le mener jusqu’à la grande pomme, elle rencontre Arturo, un jeune homme qui rêve d’une carrière de musicien et avec lequel elle va se lier d’amitié.
    Si Ruth est accueillie avec grand plaisir à New York, elle ne peut éviter de ressentir le mal du pays. Sa mère et son frère qui font face aux soubresauts politiques dans un état qui essaie de se débarrasser d’une dictature et, après une brève parenthèse de pouvoir plus démocratique, va finir par retrouver ses anciens démons avec l’aide des … États-Unis qui ne vont pas hésiter à intervenir militairement.
    Bien décidé à prouver à tous qu’elle a fait le bon choix, Ruth va s’accrocher et avec l’aide d’Arturo, de Debbie, sa copine d’université et l’affection de son cousin Nathan, découvrir un pays qui se transforme lui aussi à grande vitesse. Après l’épisode de la baie des cochons, on voit la Guerre froide prendre un tour plus radical et en parallèle, la contre-culture se développer. On voit la beatlemania et les drogues débarquer. On voit émerger Martin Luther King et John F. Kennedy avant qu’ils ne finissent tous deux abattus. C’est dans ce contexte que Ruth va faire la connaissance de Chris, un beau jeune homme qui rêve de Prix Pulitzer,de se rendre sur les points chauds de la planète pour témoigner de cette histoire en mouvement. Une énergie qui séduit Ruth, même si elle se rend compte qu’elle ne viendra qu’en seconde position dans la liste des passions de celui qui se rêve en nouveau Capa.
    Un tragique accident de voiture va mettre une fin abrupte à cet amour, quelques semaines après qu’un médecin ait confirmé à Ruth qu’elle était enceinte.
    Un choc terrible qui va pousser la jeune fille à fuir. Car elle reste une déracinée, toujours à la recherche de ses racines. Ne pouvant se résoudre à rentrer en République dominicaine, elle choisit un Kibboutz en Israël.
    Y trouvera-t-elle la paix intérieure? Je vous laisse le découvrir tout en soulignant le côté addictif de l’écriture de Catherine Bardon, ce que les américains nomment un page turner et que j’appellerai pour ma part un bonheur de lecture!
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2019/06/11/lamericaine/

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  • Alors certes, rien d'interdit d'embarquer avec L'Américaine sans avoir lu Les Déracinés. Mais ce serait à mon avis extrêmement dommage. Car cela enlève beaucoup à la compréhension et à la complexité du personnage de Ruth qui peut sembler pâlot et un poil agaçant à se chercher comme ça pendant...
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    Alors certes, rien d'interdit d'embarquer avec L'Américaine sans avoir lu Les Déracinés. Mais ce serait à mon avis extrêmement dommage. Car cela enlève beaucoup à la compréhension et à la complexité du personnage de Ruth qui peut sembler pâlot et un poil agaçant à se chercher comme ça pendant des années. Si l'on n'a pas suivi l'histoire de ses parents, sa propre naissance et son enfance dans ce petit "paradis" si préservé au cœur de la République Dominicaine, je pense qu'on a du mal à comprendre et surtout à accepter son désarroi. Avec cette suite, Catherine Bardon offre un regard sur la génération "d'après" ; une génération particulièrement préservée par des parents confrontés à l'horreur et désireux de tourner la page. Mais elle pose également la question des conséquences du déracinement forcé, cette perte du sentiment d'appartenance.

    A la mort de Wil, Ruth décide donc de quitter la République Dominicaine pour s'installer aux États-Unis, à Brooklyn chez son oncle et sa tante, la sœur de Wil. Elle laisse derrière elle sa mère, Almah et son frère Frédérick désormais à la tête de leur exploitation agricole. Ruth entame des études de journalisme, bien décidée à marcher sur les traces de son père et à reprendre les rênes du Courrier de Sosua à son retour. C'est un changement énorme pour la jeune fille habituée à l'isolement de leur coin de nature ; nous sommes dans les années 60 avec tous les bouleversements qui s'annoncent dans la société, Ruth fait l'apprentissage d'une forme de conscience politique sans réussir à se forger de réelles convictions. Pendant ce temps, son île natale est en proie aux guérillas et à l'instabilité politique qui voit se succéder les dictateurs les uns après les autres. Almah, fidèle à elle-même cherche une autre forme d'engagement. Le parcours de Ruth la mènera jusqu'en Israël dans un Kibboutz, comme si elle cherchait à retrouver le cocon perdu des débuts de la colonie de Sosua. Mais le monde change, et les idéaux passent...

    Il y a quelque chose de touchant dans cette volonté de Ruth de "refaire le chemin à l'envers" sur les traces de ses parents, même si elle n'ira pas jusqu'à l'Europe ; façon de tenter de se rattacher à des origines, à des racines. Elle cristallise les choix qu'ont dû faire la plupart des exilés : se réinventer ailleurs malgré les blessures indélébiles. Alors qu'elle est née en République Dominicaine, le poids de l'avant est si fort qu'elle n'est plus très sûre de savoir à quelle terre elle appartient. A l'image des compatriotes de ses parents, désormais éparpillés dans le monde en fonction des endroits qui ont bien voulu les accueillir. Écartelée entre la fidélité à ses origines, matérialisées par la figure perdue trop tôt de son père, sa volonté de voir et comprendre le monde et enfin, à son berceau, terre d'accueil de sa famille pourchassée, la République Dominicaine.

    Ce second volet est plus classique, moins surprenant dans son contexte et beaucoup moins trépidant. Axé sur le cheminement de Ruth et, dans une moindre mesure, celui d'Almah, il met l'accent sur la vie d'après. Les Déracinés étaient dans l'urgence, la survie, la nécessité de retrouver une existence. Ici, les menaces ont disparu, une sorte d'âge d'or commence et pourtant, sans racines, sans fondations, comment bâtir ? Avoir le choix est un luxe d'enfant gâté, on a trop souvent tendance à l'oublier... Et c'est au fil du parcours de Ruth que l'on mesure les sacrifices, les souffrances et le courage de la génération précédente. Donc, je renouvelle mon conseil : lisez Les Déracinés avant !

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  • Je remercie vivement les équipes de Lecteurs.com et des éditions Les Escales pour l’envoi de ce très beau roman.
    Je dois avouer que j’avais peur de me lancer dans la lecture de cette œuvre. Les œuvres des auteurs encensés par la presse me font toujours douter. J’avais tort pour celui-ci !...
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    Je remercie vivement les équipes de Lecteurs.com et des éditions Les Escales pour l’envoi de ce très beau roman.
    Je dois avouer que j’avais peur de me lancer dans la lecture de cette œuvre. Les œuvres des auteurs encensés par la presse me font toujours douter. J’avais tort pour celui-ci ! C’est un véritable coup de cœur pour moi.
    Il faut savoir que « L ’Américaine » est la suite de « Les Déracinés ». N’ayant pas encore lu la première œuvre, c’est avec plaisir que je me suis rendue compte que la seconde pouvait se lire indépendamment de l’autre. On n’est pas perdu dans des histoires passées auxquelles on ne comprend rien. Tout est clair et agréable. J’aime beaucoup lire les sagas familiales parce que contrairement aux apparences, aucune famille n’est parfaite … Aucune famille ne détient pas de petits secrets … Ce sont le genre d’œuvres qui nous rappellent que la vie de famille n’est pas une douce romance. J’aime ce côté réel. D’ailleurs, à de nombreuses reprises, je me suis tellement laissé emporter par cette histoire que (l’espace de quelques secondes) j’étais convaincue que c’était une histoire vraie. Ce côté « histoire vraie » découle également de la présence de nombreux faits historiques. C’est l’alliance parfaite entre fiction et réalité. Et ce mélange est absolument divin !
    J’ai beaucoup apprécié ce roman de par certaines similitudes avec mon ressenti lorsqu’adolescente j’ai du quitter mon île natale pour la France. Tout ce que Ruth expliquait de son île, j’aurais pu l’écrire et le décrire de la même façon. Peut-être est-ce parce que nos deux îles se ressemblent énormément. Sa reconstruction a également été mienne. Difficile parfois … Ruth m’a beaucoup touchée parce que je me suis complètement reconnue en elle.
    Je ne suis pas (très) objective, puisque je ne connais pas encore « Les Déracinés », mais il me semble que Ruth est le personnage principal idéal pour cette saga familiale, qui me semble-t-il va continuer.
    Le personnage d’Arturo m’a beaucoup plu lui aussi. Il est naïf et d’une grande sensibilité. Parfois, on a l’impression d’avoir affaire à un enfant. Lui aussi essaie de se construire malgré les difficultés. Ce roman, à mes yeux, est basé sur l’amour du soi et de l’évolution. Parce que Ruth et Arturo, pour avancer, doivent apprendre à s’accepter. Accepter ce qu’ils sont, ce qu’ils étaient, ainsi que leur histoire familiale. C’est un bond vers le monde adulte. Un pas qui les éloigne de l’insouciance de l’enfance.
    Le style d’écriture de l’auteur, qui est un style très moderne, très frais et très digeste, me parle énormément. Sans trop en faire, elle parvient à nous faire passer des émotions. Il n’y a pas de sur-jeu. C’est juste. Malgré les sujets abordés, quelques fois durs compte-tenu des origines juives de Ruth, ce roman reste très doux. Étonnement, je l’ai trouvé presque réconfortant. L’ouvrir et me mettre à le lire me réchauffait le cœur.
    C’est un roman imposant … mais quand on aime on le trouve trop court. Les chapitres sont relativement courts ce qui nous permet de ne pas être frustré lorsqu’on doit arrêter notre lecture (à contre-cœur). C’est une très belle découverte et une très belle rencontre avec une auteure qui restera parmi mes préférés. J’ai hâte, à présent, de lire « Les Déracinés ».

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