Et le Goncourt est attribué à …

mardi 07 novembre 2017

Et le Goncourt est attribué à …

Pour nous comme pour beaucoup, le Goncourt 2017 ce sera tout de même l’éblouissant Bakhita de Véronique Olmi (Albin Michel). Mais les jurés Goncourt ont récompensé un livre immense, L'ordre du jour d’Eric Vuillard (Actes Sud). Un roman ancré dans l’histoire, tout comme le Renaudot décerné à Olivier Guez pour La Disparition de Josef Mengele (Grasset), abondamment loué par les explorateurs de lecteurs.com.

 

Dans le court texte publié par Eric Vuillard en mai, il s’agira de la réunion des gros industriels allemands juste avant que l’Anschluss ne soit décidée. On ne peut s’empêcher de penser à la pièce de Jacques Attali, Du cristal à la fumée (Fayard) qui racontait comment le désastre engendré par la nuit de Cristal avait conduit à envisager la mise en œuvre de la Solution finale. Ici, c’est à la complaisance des capitaines d’industrie qu’on assiste, avec des complicités et des accords aux plus hauts niveaux de l’état autrichien. Le livre est court, dense, la langue siffle dans ce joyau resserré sur un propos qui a précédé un des moments clefs de l’histoire de la deuxième guerre mondiale. « Au fond on a besoin que la littérature soit tournée vers le réel et en dise quelque chose », a dit Eric Vuillard à son arrivée dans les salons douillets du Drouant, où les jurés du Prix Goncourt l’attendaient pour festoyer. Il a sans doute raison, Eric Vuillard, et les jurés Goncourt ne peuvent que partager ce regard. Ils sont en effet allés chercher un livre publié en mai pour l’inscrire sur une liste qui, habituellement, fait son miel des publications de la rentrée littéraire.

 

Le réel, oui, l’histoire en tout cas. C’est également ce qui anime le roman vrai de Olivier Guez, La Disparition de Josef Mengele (Grasset). Une longue enquête et trois années d’écriture auront été nécessaires pour transformer en personnage de roman ce médecin bourreau d’Auschwitz, qui n’aura jamais eu le moindre remords jusqu’à sa mort en Amérique du Sud dans les années 70. « J’ai voulu écrire ce livre pour dire l’extraordinaire médiocrité du mal », explique Olivier Guez aux caméras. Il a aussi signé un documentaire en 2016 sur Fritz Bauer, le procureur général qui a réussi à faire pincer Eichmann mais qui ne parviendra jamais à mettre la main sur ce diable de Mengele. Olivier Guez happe le lecteur dès les premières lignes, effet d’un style puissant et d’une irréfragable et malsaine fascination pour le Mal qu’incarnait le sinistre et insouciant Mengele.

 

Un Goncourt et un Renaudot d’excellent niveau, mais de bien sombres préoccupations.

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