La disparition de Josef Mengele

Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le... Voir plus

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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  • De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il...
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    De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il est aujourd’hui établi qu’il est mort noyé au Brésil en 1979, pendant plus de 30 ans on a rien su ou presque de sa lui, de son train de vie, de sa vie professionnelle en Amérique du Sud, de ses protections familiales ou politiques. C’est sur cette trame qu’Olivier Guez a décidé de mettre son talent d’écrivain à l’œuvre. C’est un roman à la lisière du livre historique et de l’enquête journalistique, et l’on suit la destiné de l’Ange de la Mort d’Auschwitz de son débarquement du bateau à Buenos Aires qu’à l’exhumation de son cadavre pour des expertises ADN dans les années 90. L’Argentine de Perón lui laisse entrevoir une relative protection, il retrouve d’anciens nazi et d’anciens collabos, vit chichement mais garde en lui, comme il le fera jusqu’à son dernier souffle, son idéologie mortifère chevillée au corps. Mais toutes les choses ont une fin et la fin du péronisme le pousse au Paraguay, puis au Brésil. Il refait sa vie, connait des périodes presque heureuses mais fugaces. Le destin le rattrape, son passé le rattrape (à défaut de le hanter), les chasseurs de nazis le traquent, il devient parano, doit se cacher, doit mentir, il va inexorablement tout perdre jusqu’à une fin minable, indigne de la très haute idée qu’il se fait de lui, de son intelligence et de son « œuvre ». C’est que le Mengele décrit par Guez ne renie rien, ne nie rien, revendique tout, le justifie encore et toujours avec la même force, le même fanatisme. Cette obstination aveugle, fanatique, comme si la notion de morale lui était parfaitement étrangère fait de lui un personnage de roman presque incroyable, au sens littéral du terme, et pourtant… Au vu de la bibliographie en fin d’ouvrage, il est clair qu’Olivier Guez a beaucoup cherché et que son Mengele doit ressembler de façon troublante au vrai. Le style de Guez est très facile à lire tout en étant assez élégant, c’est fluide, accessible, exigeant sans être ampoulé, c’est un petit livre passionnant qui mérite le prix Renaudot qui lui a été attribué l’année dernière. Les rappels historiques qui parsèment son roman, sur Auschwitz, sur le travail de Simon Wiesenthal, le procès Eichmann, le travail de Mossad sont autant de points de repère pour comprendre ce que fut le destin de ce médecin maudit pour l’éternité. Ce qui est advenu de ses restes après exhumation prouve que le « destin » à un sens de l’humour plein d’ironie. Et en refermant le livre on se dit que cet immonde personnage, pour lequel au n’aura jamais eu le début d’une ébauche de pitié, n’a pas volé ce qui lui n est finalement arrivé !

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  • Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en...
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    Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en Amérique du Sud après guerre.
    Josef Mengele débarque sous une fausse identité en Argentine en 1949. En effet, l'Argentine de Peron accueille tous ces criminels de guerre, attendant le moment propice pour en tirer partie.
    p. 39-40 : " [...] l'Argentine a une formidable carte à jouer. Alors, en attendant que la guerre froide dégénère, Peron devient le grand chiffonnier. Il fouille les poubelles d'Europe, entreprend une gigantesque opération de recyclage : il gouvernera l'Histoire, avec les détritus de l'Histoire. Peron ouvre les portes de son pays à des milliers et des milliers de nazis, de fascistes et de collabos ; des soldats, des ingénieurs, des scientifiques, des techniciens et des médecins ; des criminels de guerre invités à doter l'Argentine de barrages, de missiles et de centrales nucléaires, à la transformer en superpuissance. "
    Après l'horreur de la guerre, le monde ne pense qu'à une seule chose : oublier.
    Mais les témoignages ne tardent pas à s'accumuler et on attend de ces monstres qu'ils répondent de leurs actes devant la justice. Une traque commence alors contre ces criminels de guerre. Se croyant à l'abri, Joef Mengele ne semble pas épris de remords et profite de sa nouvelle vie, allègrement. Mais lorsque ces complices lui communiquent certaines arrestations, un vent de panique le traverse.
    Il trouve donc asile au Brésil en 1961, où il devient Helmut Gregor. Retrouvant d'autres criminels de guerre de la même trempe, il ne peut s'empêcher de vanter ses états de fait, risquant même sa couverture.
    p. 49 : " Mengele tombe le masque de Gregor. Médecin, il a soigné le corps de la race et protégé la communauté de combat. Il a lutté à Auschwitz contre la désintégration et les ennemis intérieurs, les homosexuels et les asociaux, contre les juifs, ces microbes qui depuis des millénaires œuvrent à la perte de l'humanité nordique : "il fallait les éradiquer, par tous les moyens". Il a agi en homme moral. En mettant toutes ces forces au service de la pureté et du développement de la force créative du sans aryen, il a accompli son devoir de SS. "
    Essoufflée, la traque prend une nouvelle dynamique avec l'intervention du Mossad.
    p. 105 : " Début mai, l'opération Attila entre dans sa phase active avec l'arrivée des commandos du Mossad à Buenos Aires. "
    Mengele sent le vent tourner et panique. Il devient totalement paranoïaque, à s'en rendre malade, sans pour cela ressentir le moindre sentiment de culpabilité. Il est tétanisé à l'idée seule de se retrouver face à ses propres victimes. Noyé dans sa solitude, il est victime d'un AVC en 1976. Cet accident le limitera nettement dans sa cavale, il finira tranquillement sa vie au bord de la mer, toujours grâce à la complicité de ses réseaux et du soutient financier de sa famille. Sa mort en février 1979 l'aura donc sauvé d'un procès et privé ses victimes et familles de victimes d'une justice.
    Afin de réaliser ce roman historique, l'auteur a réalisé en amont de l'écriture plusieurs mois de recherche, jusqu'en Amérique du Sud, et apporte des détails sordides mais riches.
    A cette lecture, il paraît totalement inconcevable d'admettre que ce criminel de guerre ait pu vivre en toute impunité toute sa vie. Comment a-t'il pu échapper à une arrestation et à un procès pour crime contre l'humanité ? Ses réseaux étaient si influents ?
    Ce qui doit ressortir de cette lecture difficile mais réelle, c'est que l'expérience et les témoignages de l'Histoire doivent nous inciter à en retenir des leçons, et ne surtout pas réitérer, sous peine nous aussi de devenir complice.
    p. 231 : " Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal. Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. "

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  • Décidément j’aime que les auteurs nous lisent leur livre, j’y trouve une autre dimension et j’apprécie toujours l’entretien avec l’auteur, merci Audiolib pour ce soin particulier apporté aux ouvrages en question.
    Le nom de Mengele est associé dans la mémoire à médecin maudit. A la botte de...
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    Décidément j’aime que les auteurs nous lisent leur livre, j’y trouve une autre dimension et j’apprécie toujours l’entretien avec l’auteur, merci Audiolib pour ce soin particulier apporté aux ouvrages en question.
    Le nom de Mengele est associé dans la mémoire à médecin maudit. A la botte de Hitler et plus encore comme beaucoup d’autres il est allé encore plus loin et a mis pour cela son intelligence et son savoir au service de l’immonde.
    L’auteur a fait un travail d’historien et d’écrivain pour nous raconter l’indicible.
    Les mots entendus me semblent renforcer l’histoire, lire tout bas avec soi-même et les fantômes de l’époque, c’est déjà une sacrée descente aux enfers mais écouter les mots choisis et travaillés sur les maux d’une époque c’est encore plus prégnant, urgent et criant.
    C’est un triste sire pour lequel le lecteur n’aura aucune empathie, ses angoisses dues à sa fuite en avant, nous paraissent bien douces comparées à ce qu’il a fait. L’Argentine, comme une prison à ciel ouvert, 30 ans de vie dans un pays où il reçoit protection et asile, ne nous ferons pas pleurer sur son sort.
    Oui l’auteur nous entraîne à sa suite, nous rappelle les faits…
    C’est surtout cela qu’il ne faut pas oublier les faits, car dans le monde cette ignominie n’est pas éteinte, elle a subi un virus mutant dont les changements sont aléatoires et imprévisibles.
    Attentions, les vieux démons que sont l’ambition, l’argent, les politiques du pire qui oublient que c’est l’homme qui doit être au cœur de leurs actions et non l’argent, le fanatisme, l’illettrisme, le nivèlement par le bas, qui font couler l’humanité vers ce qu’il y a de plus dangereux.
    Olivier Guez nous le démontre avec intelligence et érudition.
    Un indispensable pour ne jamais oublier, se souvenir encore et toujours.
    Chantal Lafon-Litteratum Amor 28 avril 2018

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  • Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa...
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    Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa personne, aigri, colérique, cruel et sans pitié. Jusqu’à sa mort, il considérera le nazisme comme la voie parfaite pour l’Humanité, restera un fidèle fervent admirateur d’Hitler, et restera persuadé que la race arienne pure et forte est celle qui devrait dominer le Monde. Jusqu’à la fin de sa vie, il justifiera le bien fondé de ses crimes abjects.
    Olivier Guez fait paraître dans son roman Adolf Eichmann comme un grossier imbécile sans éducation ni ressources contrairement au docteur Mengele, fils d’une famille de riches industriels allemands, hautement éduqué et habitué au luxe.
    J’ai particulièrement apprécié la conclusion par laquelle l’auteur met en garde des manipulations d’idéologues véreux tels le Nazisme bien sûr mais aussi toutes autres formes de sectarisme qu’on a vu apparaître avec, par exemple, Daech dernièrement, et qui, professionnels de l’endoctrinement, savent inciter à commettre le pire.
    « Mengele, ou l’histoire d’un homme sans scrupules à l’âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l’irruption de la modernité. Elle n’a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l’argent, jusqu’à l’inciter à commettre des crimes abjectes et à les justifier. »
    Et ce que je trouve très important à souligner :
    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal. »
    Je suis d’accord. Tout peut recommencer.
    « Méfiance, l’homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. »
    Je ne partage pas cette dernière phrase reflétant une généralité. En effet le cerveau humain est ce qu’on a de plus fort mais aussi de plus fragile. La confiance en l’Humain est le terreau de base pour œuvrer au progrès de l’Humanité mais certes, restons vigilants.

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  • Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman...
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    Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman vrai » de haute volée qui s’intéresse à la vie du tortionnaire après 1945 et au contexte géopolitique favorisant cette disparition. Il nous raconte comment Mengele a pu fuir jusqu’en Amérique latine et y vivre en toute impunité jusqu’à sa mort en 1979. L’auteur a fouillé dans le passé trouble de cet homme, issu d’une famille bourgeoise conservatrice, qui a rallié le parti nazi pour ensuite devenir SS. La clé de son ascension est un opportunisme cynique qui guidera sa conduite jusque dans l’exil au soleil. A-t-il été puni par la vie, la justice des hommes n’ayant pu être rendue ? C’est ce que l’auteur cherchera à savoir en s’intéressant à sa cavale de près de trente ans. Cette biographie romancée très documentée le dévoile sans pathos ni affect qui dévoieraient le contenu, fruit de trois années de recherche et d’écriture.

    À la fin de la guerre, Josef Mengele n’est pas inquiété outre mesure, il ne porte pas le tatouage de son rhésus sanguin sous l’aisselle identifiant tous les SS. Il a refusé cette pratique. Cette coquetterie lui a permis d’être considéré comme un simple soldat. C’est ainsi, dans la confusion, qu’il réussit à berner son monde. En 1949, il débarque en Argentine où le gouvernement de Perón est bienveillant avec les exilés nazis ou vichystes. Même les condamnés à mort par contumace sont accueillis à bras ouverts. Sous le pseudonyme d’Helmut Gregor, Mengele fraye avec les hauts dignitaires et officiers SS et, grâce à l’argent de l’entreprise familiale gérée par son frère en Allemagne, il entame une vie très agréable à Buenos Aires. Mais le silence sur l’Holocauste est rompu. Les survivants parlent et accusent. La vie de Mengele bascule à partir de 1960, au moment du procès de Eichmann. Il se sent traqué. Il a beau fulminer, il est contraint de fuir encore. Ce sera le Paraguay, puis le Brésil. Son angoisse fluctue en fonction des accords d’extradition entre les pays. Cette paranoïa rabougrit le dandy gominé et perclus d’un orgueil démesuré. Il s’entoure d’une meute de chiens et construit un mirador dans la ferme où il vit chez des Hongrois. Il sera ballotté de cache en cache, échouant dans une immonde favela où il croupira… jusqu’à sa mystérieuse noyade en 1979.

    La Disparition de Josef Mengele est une claque, magistrale et douloureuse, propre à réveiller et à faire comprendre. Après la lecture des 240 pages à la densité vertigineuse, la brûlure est tenace, mais rassérène et soulage. Une justice immanente a frappé. Ce « roman vrai de non-fiction » comme l’a nommé Olivier Guez lors des Dimanches culturels des Étangs de Corot en janvier dernier, allie avec efficacité un style journalistique précis et objectif à une narration romanesque qui embarque le lecteur au plus près de l’homme traqué. Les sentiments et les dialogues sont rendus vrais par des fragments disponibles du journal tenu pendant vingt ans par le médecin-chef barbare. Le lecteur peut facilement s’identifier à une sorte d’ange vengeur qui assiste à la déchéance de Mengele au fil de son épopée digne d’un roman. Le traitement original de ce récit démontre avec évidence combien l’homme était pitoyable. Selon Olivier Guez, Josef Mengele n’était pas le Diable, mais un homme à l’esprit médiocre qui a commis des atrocités au nom de son idéologie, un homme que la justice des hommes aurait dû pouvoir juger pour ses crimes. Avec son roman vrai, l’auteur réussit à déconstruire le mythe du criminel superpuissant.

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  • Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est...
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    Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est indispensable.

    Comme Éric Vuillard, avec L’ordre du jour, Olivier Guez doit être lu absolument car La Disparition de Josef Mengele remet en perspective, sans négliger le moindre détail, toutes ces années qui ont suivi la défaite du nazisme. Pendant que le monde tentait de se relever, les acteurs de massacres inimaginables utilisaient tous les moyens, sollicitaient toutes les complicités pour ne pas avoir à répondre de leurs actes.

    Olivier Guez a donc choisi de s’attacher aux pas du Docteur Mengele, le qualifiant ainsi : « Le médecin orgueilleux a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Le fils de bonne famille a envoyé 400 000 hommes à la chambre à gaz en sifflotant. »
    Quand la défaite du IIIe Reich a été consommée, ce criminel de guerre a réussi à se faire oublier puis, utilisant les réseaux nazis, a pu débarquer en Argentine, à Buenos-Aires, le 22 juin 1949. Ce scientifique, généticien de haut vol se fait appeler Helmut Gregor mais tient à garder avec lui une valise contenant seringues, échantillons de sang, plaquettes de cellules… Dans ses moments de nostalgie, il songe à « ses plus belles années d’ingénieur de la race, une cité interdite à l’odeur âcre de chairs et de cheveux brûlés ceinte de miradors et de fils de fer barbelé. »
    Ce livre retrace alors la vie d’un homme toujours sur ses gardes, très méfiant, soucieux mais bien soutenu par la fortune familiale qui profite de la dictature de Perón comme tant d’autres nazis déjà réfugiés là-bas. L’auteur cite quantité de nazis pas du tout repentis, de criminels de guerre bien installés en Amérique du Sud qui savent profiter de la guerre froide et des rivalités est-ouest.
    Depuis 1946, les Perón sont maîtres de l’Argentine, soutenus par l’Église, les militaires, les nationalistes et les prolétaires. Avec son écriture précise, concise, directe, Olivier Guez remet bien en place ces années-là.
    Puis il y a la séquence Eichmann qui inquiète beaucoup Mengele. Cela ne l’empêche pas de revenir en Europe, à Genève puis à Günzburg, dans sa famille. Hélas, il n’est pas recherché en Allemagne, même s’il est placé sur la liste des criminels de guerre… La peur d’être reconnu le fait fuir à nouveau en Argentine où il peut couler des jours heureux avant de reprendre la fuite au Paraguay puis au Brésil.
    Au passage, l’auteur égratigne Simon Wiesenthal auquel il reproche d’avoir créé « le mythe du meurtrier insaisissable. » Si « Mengele est un manipulateur égocentrique », Olivier Guez prouve qu’ « aucun nazi en cavale n’a bénéficié d’un tel soutien. » Après sa mort, le 7 février 1979, à 68 ans, sur une plage, près de S࣯ão Paulo, il faut attendre 1985 pour que sa fin soit confirmée.

    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal… il faut se méfier des hommes. » La conclusion d’Olivier Guez est tellement juste et importante !

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  • Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait...
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    Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait des expérimentations terribles (fécondation forcée de jumeaux, sevrage total d'un nourrisson pour voir combien de temps il survivrait, etc.). La guerre finie, Mengele part en cavale, il se cache, d'abord dans une ferme en Allemagne avant de gagner l'Argentine. Là-bas, il se tisse un réseau d'anciens nazis et autres fascistes rassurés par les grandes idées de Peron. Ses amis sont avant définis par le nombre d'innocents qu'ils ont envoyé à la mort, le plus assidu est considéré comme le meilleur soldat, le plus fidèle à leurs idées. Mengele s'installe, divorce, se remarie avec sa belle-soeur, profite des moyens financiers pharamineux de sa famille pour s'acheter une grande maison. Jusqu'à ce que sa tête soit mise à prix pour de bon. Il se réfugie au Paraguay, puis au Brésil, terrifié à l'idée d'être enlevé par le Mossad, comme Eichmann. Jusqu'à sa mort, Mengele refuse de faire face à la justice. Seul, abandonné de tous et malade, il continue de justifier ses crimes comme un devoir à sa patrie. Jusqu'au bout, il aura refusé d'admettre qu'il était un bourreau.
    Cette vie de fugitif traqué et apeuré valait-elle mieux que la mort? Valait-elle mieux qu'une reconnaissance de ses crimes? La fuite n'aura apporté à Mengele que la peur et l'angoisse, elle l'empêché de vivre, elle l'a détourné des siens, elle lui a détruit la santé. Tellement certain de son bon droit, il n'a jamais cessé d'affirmer qu'il était une victime, il n'a jamais remis en question son comportement présent ou ses crimes passés. Mengele avait l'impunité de ceux qui se sont sentis supérieurs toute leur vie.
    Mengele est un personnage tellement détestable, un archétype de psychologie de boulevard : imbu de lui-même jusqu'à l'extrême, il a trouvé dans l'idéologie nazie le tremplin parfait pour servir ses ambitions. Olivier Guez joue ici sur notre envie de haïr ce criminel de guerre, en le présentant souvent comme un homme perdu, victime de sa situation, et en nous rappelant l'instant suivant sa nature profondément pernicieuse qui l'amène à se mêler de tout, à faire la leçon à tout le monde en permanence.
    On retrouve ici encore la notion de « banalité du mal« : Mengele est persuadé de n'avoir fait que « son devoir« , comme il l'indique à son fils quand celui-ci vient chercher des réponses. Il se présente lui-même comme un exécutant, là où il a souvent été l'instigateur – notamment pour toutes les expériences inhumaine infligées aux prisonniers des camps. Il parvient magnifiquement à justifier ses crimes, dans leur contexte, dans leur nécessité et leur cohérence, et nous ne pouvons nous empêcher d'admirer sa logique, toute cruelle et aberrante qu'elle soit.
    Olivier Guez a réussi à donner vie ici à Josef Mengele, dans toute la complexité de ce personnage simplement honni, et pourtant terriblement complexe. C'est un roman qui sent l'exactitude historique à plein nez, avec des citations réelles, des anecdotes contextuelles à propos, mais c'est heureusement un roman, sans les travers que je reproche souvent aux reconstitutions historiques : nous, lecteurs, n'avons pas l'impression de lire un documentaire. Il distille habilement les informations sur les exactions commises par Mengele, pour qu'on ne le haïsse pas tout de suite, pour qu'on ait pitié, puis il assène comme un coup de grâce le détail de ses expérimentations au camp. A la fin, aucun doute, on regrette que Mengele n'ait jamais eu à répondre de ses crimes. Surtout lorsque quelques dates présentées dans l'épilogue nous rappellent que tout cela n'a eu lieu que qu'une ou deux dizaines d'années avant notre naissance, que le fils de Mengele est toujours vivant, ainsi que d'autres personnages de ce récit.
    Comme le souligne parfaitement Olivier Guez dans sa conclusion, les hommes ont l'oubli facile : même les pires atrocités sont finalement laissées de côté, oubliées. Qui, dans ma génération, celle des enfants du XXIème siècle, connait Josef Mengele? Je vous l'avoue, ce n'était pas un nom qui m'était familier avant de lire ce récit. Désormais, c'est un nom que je n'oublierai pas.

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  • Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire...
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    Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire le récit d'une des traques les plus célèbre de l'histoire moderne, l'auteur choisi de se ranger du côté de l'horreur et de l'indicible en une plongée spectaculaire dans un esprit nébuleux. Précision et rigueur rythment le roman d'Olivier Guez qui pratique le détachement et la froideur d'une personnalité ombrageuse autant que lâche. Rencontre avec un personnage qui ne fut, malheureusement pas, que fiction. 

    La Seconde Guerre Mondiale terminée, l'heure des comptes a sonné. Josef Mengele, médecin tortionnaire d'Auschwitz n'est qu'aux prémices de sa longue traversée du désert. Après s'être caché au nord de l'Allemagne puis obtenu un passeport italien, il opte pour le nouveau monde : l'Argentine. Fraîchement débarqué en 1949, il rêve d'une nouvelle vie à Buenos Aires auprès d'anciens camarades de guerre. Tout avait pourtant bien commencé : un pays avec à sa tête un couple sympathisant et admirateur d'Hitler et Mussolini, les Perón, des amis qui vous veulent du bien, un avenir professionnel... c'était sans compter sur la traque du Mossad comme de la justice allemande et internationale. Durant trente ans, de planque en planque, d'un pays à l'autre, le médecin vacille entre inquiétude et paranoïa. Du port de la moustache à celui des chapeaux, l'homme dont tout le monde veut la tête passera entre les mailles du filet, et ce, jusqu'au dénouement final.

    Récit très documenté ou biographie romancée, on peut affirmer la volonté de l'auteur de décrire un homme convainquant et convaincu d'une idéologie néfaste et mensongère en mettant sur pied les pires expérimentations connues. En se penchant sur sa propre perception de l'homme qu'il fut, le romancier interroge non seulement l'homme, mais aussi les actes. 

    Dans un premier temps, on découvre un homme craintif de voir sa véritable identité dévoilée mais néanmoins heureux d'une liberté retrouvée, d'un métier a nouveau pratiqué et une vie sociale et confortable assouvie. Toutefois, une pointe de nostalgie, qui le poursuivra toute sa vie, l'empêche de jouir pleinement de sa nouvelle autorité. 

    En le présentant comme un homme en proie aux doutes, l'image de Mengele s'étiole. De plus en plus acculé, le criminel de guerre cède à la panique puis la paranoïa. Entouré de sa seconde femme, qui n'est autre que la veuve de son frère, d'amis fidèles et d'une famille protectrice, l'homme commence à sombrer. Colérique, froid et lâche, son entourage supporte de moins en moins cet homme fourbe et manipulateur. 

    A l'aube de la fin, l'homme fort et autoritaire n'est plus que l'ombre de lui même. Bercé par ses gloires d'antan, il n'est plus qu'un homme dépassé par son temps et par une vie de fuite. La fuite rattrape l'homme et l'homme essaie tant bien que mal de rattraper le passé. Pitoyable, il regarde un monde qu'il ne comprend plus.

    Des chapitres courts, parfois ardus, cadence le roman et mettent en lumière la rapidité des mouvements du personnage sur sa traque. A chaque nouvelle identité, chaque déménagement, j'ai cru en son arrestation imminente comme on croit au Père Noel. J'ai maudit ces réseaux tentaculaires, des administrations à l'Eglise, qui ont joué un rôle décisif à sa liberté. J'ai maudit ces hommes et ces femmes libres, jouissant d'une vie de pacha où l'argent coule à flots. Oui, c'est peut-être ça le plus pénible : l'insouciance, même le plus petit répit, de tous ces êtres dénués de cœur et de raison.

    Olivier Guez a su confondre à ce personnage toute la bestialité et la froideur des sentiments qui le caractérise. A l'image du monstre se découpe l'image d'une nouvelle génération qui, elle, refuse toutes ambiguïtés et assimilations aux actes de leurs pères. 

    Afin de palier à l'antipathie de cet affreux personnage, je vous conseille du sucre, du sucre et encore du sucre ! Une challah aux fruits secs (gâteaux polonais, et toc Mengele !) ainsi qu'un thé Honeybush d'English Tea Shop compléteront une rugueuse lecture.
    http://bookncook.over-blog.com/

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  • La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques...
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    La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques générées par son exil forcé et sa décadence semblent une bien faible peine au regard de ses crimes et ne suscitent aucune pitié. Au contraire, elles sont presque jouissives.

    La part de romanesque ne nous permet pas de savoir s'il n'avait réellement aucun remords et justifiait sans cesse ses actes par l'obéissance au Reich, mais quand bien même il aurait éprouvé de profonds regrets, aucune absolution n'était envisageable.

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  • Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

    Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

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