La disparition de Josef Mengele

Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le... Voir plus

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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  • Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa...
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    Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa personne, aigri, colérique, cruel et sans pitié. Jusqu’à sa mort, il considérera le nazisme comme la voie parfaite pour l’Humanité, restera un fidèle fervent admirateur d’Hitler, et restera persuadé que la race arienne pure et forte est celle qui devrait dominer le Monde. Jusqu’à la fin de sa vie, il justifiera le bien fondé de ses crimes abjects.
    Olivier Guez fait paraître dans son roman Adolf Eichmann comme un grossier imbécile sans éducation ni ressources contrairement au docteur Mengele, fils d’une famille de riches industriels allemands, hautement éduqué et habitué au luxe.
    J’ai particulièrement apprécié la conclusion par laquelle l’auteur met en garde des manipulations d’idéologues véreux tels le Nazisme bien sûr mais aussi toutes autres formes de sectarisme qu’on a vu apparaître avec, par exemple, Daech dernièrement, et qui, professionnels de l’endoctrinement, savent inciter à commettre le pire.
    « Mengele, ou l’histoire d’un homme sans scrupules à l’âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l’irruption de la modernité. Elle n’a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l’argent, jusqu’à l’inciter à commettre des crimes abjectes et à les justifier. »
    Et ce que je trouve très important à souligner :
    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal. »
    Je suis d’accord. Tout peut recommencer.
    « Méfiance, l’homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. »
    Je ne partage pas cette dernière phrase reflétant une généralité. En effet le cerveau humain est ce qu’on a de plus fort mais aussi de plus fragile. La confiance en l’Humain est le terreau de base pour œuvrer au progrès de l’Humanité mais certes, restons vigilants.

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  • Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman...
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    Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman vrai » de haute volée qui s’intéresse à la vie du tortionnaire après 1945 et au contexte géopolitique favorisant cette disparition. Il nous raconte comment Mengele a pu fuir jusqu’en Amérique latine et y vivre en toute impunité jusqu’à sa mort en 1979. L’auteur a fouillé dans le passé trouble de cet homme, issu d’une famille bourgeoise conservatrice, qui a rallié le parti nazi pour ensuite devenir SS. La clé de son ascension est un opportunisme cynique qui guidera sa conduite jusque dans l’exil au soleil. A-t-il été puni par la vie, la justice des hommes n’ayant pu être rendue ? C’est ce que l’auteur cherchera à savoir en s’intéressant à sa cavale de près de trente ans. Cette biographie romancée très documentée le dévoile sans pathos ni affect qui dévoieraient le contenu, fruit de trois années de recherche et d’écriture.

    À la fin de la guerre, Josef Mengele n’est pas inquiété outre mesure, il ne porte pas le tatouage de son rhésus sanguin sous l’aisselle identifiant tous les SS. Il a refusé cette pratique. Cette coquetterie lui a permis d’être considéré comme un simple soldat. C’est ainsi, dans la confusion, qu’il réussit à berner son monde. En 1949, il débarque en Argentine où le gouvernement de Perón est bienveillant avec les exilés nazis ou vichystes. Même les condamnés à mort par contumace sont accueillis à bras ouverts. Sous le pseudonyme d’Helmut Gregor, Mengele fraye avec les hauts dignitaires et officiers SS et, grâce à l’argent de l’entreprise familiale gérée par son frère en Allemagne, il entame une vie très agréable à Buenos Aires. Mais le silence sur l’Holocauste est rompu. Les survivants parlent et accusent. La vie de Mengele bascule à partir de 1960, au moment du procès de Eichmann. Il se sent traqué. Il a beau fulminer, il est contraint de fuir encore. Ce sera le Paraguay, puis le Brésil. Son angoisse fluctue en fonction des accords d’extradition entre les pays. Cette paranoïa rabougrit le dandy gominé et perclus d’un orgueil démesuré. Il s’entoure d’une meute de chiens et construit un mirador dans la ferme où il vit chez des Hongrois. Il sera ballotté de cache en cache, échouant dans une immonde favela où il croupira… jusqu’à sa mystérieuse noyade en 1979.

    La Disparition de Josef Mengele est une claque, magistrale et douloureuse, propre à réveiller et à faire comprendre. Après la lecture des 240 pages à la densité vertigineuse, la brûlure est tenace, mais rassérène et soulage. Une justice immanente a frappé. Ce « roman vrai de non-fiction » comme l’a nommé Olivier Guez lors des Dimanches culturels des Étangs de Corot en janvier dernier, allie avec efficacité un style journalistique précis et objectif à une narration romanesque qui embarque le lecteur au plus près de l’homme traqué. Les sentiments et les dialogues sont rendus vrais par des fragments disponibles du journal tenu pendant vingt ans par le médecin-chef barbare. Le lecteur peut facilement s’identifier à une sorte d’ange vengeur qui assiste à la déchéance de Mengele au fil de son épopée digne d’un roman. Le traitement original de ce récit démontre avec évidence combien l’homme était pitoyable. Selon Olivier Guez, Josef Mengele n’était pas le Diable, mais un homme à l’esprit médiocre qui a commis des atrocités au nom de son idéologie, un homme que la justice des hommes aurait dû pouvoir juger pour ses crimes. Avec son roman vrai, l’auteur réussit à déconstruire le mythe du criminel superpuissant.

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  • Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est...
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    Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est indispensable.

    Comme Éric Vuillard, avec L’ordre du jour, Olivier Guez doit être lu absolument car La Disparition de Josef Mengele remet en perspective, sans négliger le moindre détail, toutes ces années qui ont suivi la défaite du nazisme. Pendant que le monde tentait de se relever, les acteurs de massacres inimaginables utilisaient tous les moyens, sollicitaient toutes les complicités pour ne pas avoir à répondre de leurs actes.

    Olivier Guez a donc choisi de s’attacher aux pas du Docteur Mengele, le qualifiant ainsi : « Le médecin orgueilleux a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Le fils de bonne famille a envoyé 400 000 hommes à la chambre à gaz en sifflotant. »
    Quand la défaite du IIIe Reich a été consommée, ce criminel de guerre a réussi à se faire oublier puis, utilisant les réseaux nazis, a pu débarquer en Argentine, à Buenos-Aires, le 22 juin 1949. Ce scientifique, généticien de haut vol se fait appeler Helmut Gregor mais tient à garder avec lui une valise contenant seringues, échantillons de sang, plaquettes de cellules… Dans ses moments de nostalgie, il songe à « ses plus belles années d’ingénieur de la race, une cité interdite à l’odeur âcre de chairs et de cheveux brûlés ceinte de miradors et de fils de fer barbelé. »
    Ce livre retrace alors la vie d’un homme toujours sur ses gardes, très méfiant, soucieux mais bien soutenu par la fortune familiale qui profite de la dictature de Perón comme tant d’autres nazis déjà réfugiés là-bas. L’auteur cite quantité de nazis pas du tout repentis, de criminels de guerre bien installés en Amérique du Sud qui savent profiter de la guerre froide et des rivalités est-ouest.
    Depuis 1946, les Perón sont maîtres de l’Argentine, soutenus par l’Église, les militaires, les nationalistes et les prolétaires. Avec son écriture précise, concise, directe, Olivier Guez remet bien en place ces années-là.
    Puis il y a la séquence Eichmann qui inquiète beaucoup Mengele. Cela ne l’empêche pas de revenir en Europe, à Genève puis à Günzburg, dans sa famille. Hélas, il n’est pas recherché en Allemagne, même s’il est placé sur la liste des criminels de guerre… La peur d’être reconnu le fait fuir à nouveau en Argentine où il peut couler des jours heureux avant de reprendre la fuite au Paraguay puis au Brésil.
    Au passage, l’auteur égratigne Simon Wiesenthal auquel il reproche d’avoir créé « le mythe du meurtrier insaisissable. » Si « Mengele est un manipulateur égocentrique », Olivier Guez prouve qu’ « aucun nazi en cavale n’a bénéficié d’un tel soutien. » Après sa mort, le 7 février 1979, à 68 ans, sur une plage, près de S࣯ão Paulo, il faut attendre 1985 pour que sa fin soit confirmée.

    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal… il faut se méfier des hommes. » La conclusion d’Olivier Guez est tellement juste et importante !

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  • Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait...
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    Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait des expérimentations terribles (fécondation forcée de jumeaux, sevrage total d'un nourrisson pour voir combien de temps il survivrait, etc.). La guerre finie, Mengele part en cavale, il se cache, d'abord dans une ferme en Allemagne avant de gagner l'Argentine. Là-bas, il se tisse un réseau d'anciens nazis et autres fascistes rassurés par les grandes idées de Peron. Ses amis sont avant définis par le nombre d'innocents qu'ils ont envoyé à la mort, le plus assidu est considéré comme le meilleur soldat, le plus fidèle à leurs idées. Mengele s'installe, divorce, se remarie avec sa belle-soeur, profite des moyens financiers pharamineux de sa famille pour s'acheter une grande maison. Jusqu'à ce que sa tête soit mise à prix pour de bon. Il se réfugie au Paraguay, puis au Brésil, terrifié à l'idée d'être enlevé par le Mossad, comme Eichmann. Jusqu'à sa mort, Mengele refuse de faire face à la justice. Seul, abandonné de tous et malade, il continue de justifier ses crimes comme un devoir à sa patrie. Jusqu'au bout, il aura refusé d'admettre qu'il était un bourreau.
    Cette vie de fugitif traqué et apeuré valait-elle mieux que la mort? Valait-elle mieux qu'une reconnaissance de ses crimes? La fuite n'aura apporté à Mengele que la peur et l'angoisse, elle l'empêché de vivre, elle l'a détourné des siens, elle lui a détruit la santé. Tellement certain de son bon droit, il n'a jamais cessé d'affirmer qu'il était une victime, il n'a jamais remis en question son comportement présent ou ses crimes passés. Mengele avait l'impunité de ceux qui se sont sentis supérieurs toute leur vie.
    Mengele est un personnage tellement détestable, un archétype de psychologie de boulevard : imbu de lui-même jusqu'à l'extrême, il a trouvé dans l'idéologie nazie le tremplin parfait pour servir ses ambitions. Olivier Guez joue ici sur notre envie de haïr ce criminel de guerre, en le présentant souvent comme un homme perdu, victime de sa situation, et en nous rappelant l'instant suivant sa nature profondément pernicieuse qui l'amène à se mêler de tout, à faire la leçon à tout le monde en permanence.
    On retrouve ici encore la notion de « banalité du mal« : Mengele est persuadé de n'avoir fait que « son devoir« , comme il l'indique à son fils quand celui-ci vient chercher des réponses. Il se présente lui-même comme un exécutant, là où il a souvent été l'instigateur – notamment pour toutes les expériences inhumaine infligées aux prisonniers des camps. Il parvient magnifiquement à justifier ses crimes, dans leur contexte, dans leur nécessité et leur cohérence, et nous ne pouvons nous empêcher d'admirer sa logique, toute cruelle et aberrante qu'elle soit.
    Olivier Guez a réussi à donner vie ici à Josef Mengele, dans toute la complexité de ce personnage simplement honni, et pourtant terriblement complexe. C'est un roman qui sent l'exactitude historique à plein nez, avec des citations réelles, des anecdotes contextuelles à propos, mais c'est heureusement un roman, sans les travers que je reproche souvent aux reconstitutions historiques : nous, lecteurs, n'avons pas l'impression de lire un documentaire. Il distille habilement les informations sur les exactions commises par Mengele, pour qu'on ne le haïsse pas tout de suite, pour qu'on ait pitié, puis il assène comme un coup de grâce le détail de ses expérimentations au camp. A la fin, aucun doute, on regrette que Mengele n'ait jamais eu à répondre de ses crimes. Surtout lorsque quelques dates présentées dans l'épilogue nous rappellent que tout cela n'a eu lieu que qu'une ou deux dizaines d'années avant notre naissance, que le fils de Mengele est toujours vivant, ainsi que d'autres personnages de ce récit.
    Comme le souligne parfaitement Olivier Guez dans sa conclusion, les hommes ont l'oubli facile : même les pires atrocités sont finalement laissées de côté, oubliées. Qui, dans ma génération, celle des enfants du XXIème siècle, connait Josef Mengele? Je vous l'avoue, ce n'était pas un nom qui m'était familier avant de lire ce récit. Désormais, c'est un nom que je n'oublierai pas.

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  • Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire...
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    Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire le récit d'une des traques les plus célèbre de l'histoire moderne, l'auteur choisi de se ranger du côté de l'horreur et de l'indicible en une plongée spectaculaire dans un esprit nébuleux. Précision et rigueur rythment le roman d'Olivier Guez qui pratique le détachement et la froideur d'une personnalité ombrageuse autant que lâche. Rencontre avec un personnage qui ne fut, malheureusement pas, que fiction. 

    La Seconde Guerre Mondiale terminée, l'heure des comptes a sonné. Josef Mengele, médecin tortionnaire d'Auschwitz n'est qu'aux prémices de sa longue traversée du désert. Après s'être caché au nord de l'Allemagne puis obtenu un passeport italien, il opte pour le nouveau monde : l'Argentine. Fraîchement débarqué en 1949, il rêve d'une nouvelle vie à Buenos Aires auprès d'anciens camarades de guerre. Tout avait pourtant bien commencé : un pays avec à sa tête un couple sympathisant et admirateur d'Hitler et Mussolini, les Perón, des amis qui vous veulent du bien, un avenir professionnel... c'était sans compter sur la traque du Mossad comme de la justice allemande et internationale. Durant trente ans, de planque en planque, d'un pays à l'autre, le médecin vacille entre inquiétude et paranoïa. Du port de la moustache à celui des chapeaux, l'homme dont tout le monde veut la tête passera entre les mailles du filet, et ce, jusqu'au dénouement final.

    Récit très documenté ou biographie romancée, on peut affirmer la volonté de l'auteur de décrire un homme convainquant et convaincu d'une idéologie néfaste et mensongère en mettant sur pied les pires expérimentations connues. En se penchant sur sa propre perception de l'homme qu'il fut, le romancier interroge non seulement l'homme, mais aussi les actes. 

    Dans un premier temps, on découvre un homme craintif de voir sa véritable identité dévoilée mais néanmoins heureux d'une liberté retrouvée, d'un métier a nouveau pratiqué et une vie sociale et confortable assouvie. Toutefois, une pointe de nostalgie, qui le poursuivra toute sa vie, l'empêche de jouir pleinement de sa nouvelle autorité. 

    En le présentant comme un homme en proie aux doutes, l'image de Mengele s'étiole. De plus en plus acculé, le criminel de guerre cède à la panique puis la paranoïa. Entouré de sa seconde femme, qui n'est autre que la veuve de son frère, d'amis fidèles et d'une famille protectrice, l'homme commence à sombrer. Colérique, froid et lâche, son entourage supporte de moins en moins cet homme fourbe et manipulateur. 

    A l'aube de la fin, l'homme fort et autoritaire n'est plus que l'ombre de lui même. Bercé par ses gloires d'antan, il n'est plus qu'un homme dépassé par son temps et par une vie de fuite. La fuite rattrape l'homme et l'homme essaie tant bien que mal de rattraper le passé. Pitoyable, il regarde un monde qu'il ne comprend plus.

    Des chapitres courts, parfois ardus, cadence le roman et mettent en lumière la rapidité des mouvements du personnage sur sa traque. A chaque nouvelle identité, chaque déménagement, j'ai cru en son arrestation imminente comme on croit au Père Noel. J'ai maudit ces réseaux tentaculaires, des administrations à l'Eglise, qui ont joué un rôle décisif à sa liberté. J'ai maudit ces hommes et ces femmes libres, jouissant d'une vie de pacha où l'argent coule à flots. Oui, c'est peut-être ça le plus pénible : l'insouciance, même le plus petit répit, de tous ces êtres dénués de cœur et de raison.

    Olivier Guez a su confondre à ce personnage toute la bestialité et la froideur des sentiments qui le caractérise. A l'image du monstre se découpe l'image d'une nouvelle génération qui, elle, refuse toutes ambiguïtés et assimilations aux actes de leurs pères. 

    Afin de palier à l'antipathie de cet affreux personnage, je vous conseille du sucre, du sucre et encore du sucre ! Une challah aux fruits secs (gâteaux polonais, et toc Mengele !) ainsi qu'un thé Honeybush d'English Tea Shop compléteront une rugueuse lecture.
    http://bookncook.over-blog.com/

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  • La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques...
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    La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques générées par son exil forcé et sa décadence semblent une bien faible peine au regard de ses crimes et ne suscitent aucune pitié. Au contraire, elles sont presque jouissives.

    La part de romanesque ne nous permet pas de savoir s'il n'avait réellement aucun remords et justifiait sans cesse ses actes par l'obéissance au Reich, mais quand bien même il aurait éprouvé de profonds regrets, aucune absolution n'était envisageable.

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  • Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

    Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

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  • Auschwitz. Pandemonium réel de l’horreur dans toute sa monstruosité. La Shoah, la solution finale, ce fut des assassinats par milliers, par millions, des tortures et… des expériences médicales par les « docteurs de la mort », oxymore total et absurde. Pourtant ces médecins ont existé et combien...
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    Auschwitz. Pandemonium réel de l’horreur dans toute sa monstruosité. La Shoah, la solution finale, ce fut des assassinats par milliers, par millions, des tortures et… des expériences médicales par les « docteurs de la mort », oxymore total et absurde. Pourtant ces médecins ont existé et combien d’entre eux ont échappé à la justice, n’ont jamais été condamné pour des crimes inqualifiables. On pense de suite à Aribert Heim et Josef Mengele. C’est ce dernier qui est le sujet du dernier roman d’Olivier Guez « La Disparition ».

    Le récit débute en 1949 quand « l’ange de la mort » débarque en Argentine, nation d’un continent qui va devenir une terre d’accueil (ou plutôt de cachette) pour un chiffre incalculable de nazis. Et si, par exemple, Klaus Barbie a fini par être rattrapé par la justice, beaucoup couleront des jours tranquilles (ou presque), tel Josef Mengele qui s’éteindra sur les côtes brésiliennes en 1979. 30 ans de liberté totale…

    La forme du roman permet de donner une dimension excessivement puissante à cette tragédie de l’impunité et du caractère absolument déconcertant de Josef Mengele qui ne « s’abandonnait jamais à un sentiment humain » !

    Egoïste, narcissique, insensible pour les autres, paranoïaque… la liste des qualificatifs envers ce bourreau est longue ; la seule consolation est de se rendre compte qu’il n’a jamais été vraiment heureux dans cette fuite, il se sentait traqué et paniquait à chaque instant… lui qui jouissait de dominer les déportés, qui riait du sort funeste de milliers de juifs, qui faisait régner la terreur était, en fait, un piètre couard, incapable de prendre seul une décision et sans l’aide de sa riche famille et d’amis plus solidaires que lui, il aurait terminé beaucoup plus rapidement dans les ténèbres de la mort lente…

    Récit qui permet de sombres réflexions sur la responsabilité de ceux qui aident des criminels de masse à s’enfuir, à ces dictatures qui se soutiennent les unes aux autres même si, parfois, les buts et idéaux politiques sont différents, à cette tendance à protéger ou à oublier parce que d‘autres enjeux sont à affronter. Et puis cette notion de culture, d’éducation, qui est loin d’être une arme infaillible contre l’intolérance et l’extrémisme : nombre de nazis étaient des amoureux de la littérature et de musique, Mengele sifflant de notes de « Tosca » en acheminant les déportés vers les chambres à gaz… el lucevan senza stelle…

    Un ouvrage à lire, relire parce que l’histoire ne doit jamais être effacée. A l’éblouissement du style et de l’écriture d’Olivier Guez, se côtoie la noirceur désarmante sur cette scélératesse dont est capable certains êtres dénommés humains. Et ce, sans avoir l’once d’un regret et pensant sincèrement qu’ils agissent pour le bien de l’humanité…

    http://squirelito.blogspot.fr/2017/12/une-noisette-un-livre-la-disparition-de.html

    Livre reçu grâce aux Editions Grasset et la communauté Orange Lecteurs

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  • Bravo monsieur Guez d'avoir permis de mieux cerner cet ignoble personnage grâce à la fiction.
    Comment l'histoire a pu passer à côté d'un "modeste" capitaine SS qui faisait la collection des yeux de ses victimes. Je n'ai cessé de compulser les sites spécialisés dans cette période pour vérifier,...
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    Bravo monsieur Guez d'avoir permis de mieux cerner cet ignoble personnage grâce à la fiction.
    Comment l'histoire a pu passer à côté d'un "modeste" capitaine SS qui faisait la collection des yeux de ses victimes. Je n'ai cessé de compulser les sites spécialisés dans cette période pour vérifier, recouper...
    Je me demande ce que sont devenus les centaines d'autres médecins qui ont été très actifs dans les camps...
    Le prix Renaudot est follement mérité!

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  • Triste période: la seconde guerre mondiale, les camps, les exterminations et un homme Josef Mengele, médecin SS à Auschwitz. Nous sommes en 1949, il fuit en Amérique du sud comme beaucoup d'autres. A Buenos Aires où il vivra heureux dans l'Argentine de Peron, au milieu d'autres tortionnaires...
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    Triste période: la seconde guerre mondiale, les camps, les exterminations et un homme Josef Mengele, médecin SS à Auschwitz. Nous sommes en 1949, il fuit en Amérique du sud comme beaucoup d'autres. A Buenos Aires où il vivra heureux dans l'Argentine de Peron, au milieu d'autres tortionnaires sans aucun problème d'argent sa famille restait en Allemagne va subvenir à ses besoins toute sa vie...Il va enfin être traquer et devra fuir, errer de cachettes en cachettes dans la peur, jusqu'à sa mort au Brésil en 1979. Seule consolation car il ne sera jamais jugé pour ses atrocités il aura vécu des années dans l'angoisse, dans la peur de l'arrestation, libre sans être libre...Son fils a changé de nom, la honte de ce père détesté, en 2008, il a demandé au peuple Juif de ne pas le haïr à cause des crimes perpétrés pas son père...Très bon livre, prix Renaudot 2017

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