La disparition de Josef Mengele

Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le... Voir plus

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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  • Un roman que je qualifierai plus de documentaire. Je ne me suis pas du tout attachée à ce personnage dont le destin, la fuite, la disparition ne m'ont nullement touchée j'ai eu l'impression de lire une liste de faits sans aucune émotion. Mengele est imbuvable, prétentieux, pédant et enfermé dans...
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    Un roman que je qualifierai plus de documentaire. Je ne me suis pas du tout attachée à ce personnage dont le destin, la fuite, la disparition ne m'ont nullement touchée j'ai eu l'impression de lire une liste de faits sans aucune émotion. Mengele est imbuvable, prétentieux, pédant et enfermé dans ces croyances, il n'a aucune ouverture, aucun regret jusqu'à la fin des jours. Tout lui est du, il n'est reconnaissant envers aucun de tous ceux qui se plie en quatre pour le protéger. Un horrible personnage qui aurait malgré eu eu une bien belle vie.

    Seul le fils de Mengele a un brin d'humanité, porte les crimes de son père et en est même honteux.

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  • De lecture douloureuse, celle-ci en est une. Non pas à cause du style de l’auteur, pas plus à cause de son idée d’insister sur une page douloureuse de l’Histoire, mais savoir que la Terre porte des êtres « Joseph Mengele » est juste insoutenable.

    Je m’égare, je ne parle pas de...
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    De lecture douloureuse, celle-ci en est une. Non pas à cause du style de l’auteur, pas plus à cause de son idée d’insister sur une page douloureuse de l’Histoire, mais savoir que la Terre porte des êtres « Joseph Mengele » est juste insoutenable.

    Je m’égare, je ne parle pas de l’extraordinaire livre d’Olivier Guez, mais le puis-je vraiment ? Simplement dire que ce médecin d’Auschwitz a commis l’inimaginable, l’indescriptible et qu’il a échappé aux mailles du filet. Il aurait souffert, lui !!! Obligé de se planquer toute sa vie, plus ou moins éloigné de ses proches, vivant dans des conditions parfois précaires…. Et soutenu par les certains états d’Amérique du Sud, par l’Argentine de Peron par exemple.
    Evidemment, on sait, ces hommes ( ?) ont laissé des traces, ont pour beaucoup d’entre eux été jugés, c’était la guerre, c’est l’Histoire… mais peut-on être certains qu’elle ne puisse recommencer ?

    Olivier Guez a réalisé un magnifique travail, récompensé par le Prix Renaudot. J’ai déambulé dans un réel cauchemar - je lis beaucoup le soir- qui s’est poursuivi le jour, et que je n’oublierai pas.
    Evidemment, on sait bien que ceci ne peut se reproduire ! Mais si l’on prenait garde tout de même aux relents racistes et extrémistes qui renaissent autour de nous ? D’ailleurs Olivier Guez l’a dit mieux que moi « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal… il faut se méfier des hommes. »

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  • Ayant rencontré l’auteur avec beaucoup de plaisir après sa remise du prix Renaudot, je n’avais pas encore trouvé le courage de sortir mon exemplaire dédicacé de ma PAL : il faut dire que le sujet est sombre et bouleversant !
    Olivier Guez nous narre sur le ton neutre d’un reporter,...
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    Ayant rencontré l’auteur avec beaucoup de plaisir après sa remise du prix Renaudot, je n’avais pas encore trouvé le courage de sortir mon exemplaire dédicacé de ma PAL : il faut dire que le sujet est sombre et bouleversant !
    Olivier Guez nous narre sur le ton neutre d’un reporter, l’après-guerre de Josef Mengele. Pas tout à fait journalistique - pourtant - ce récit, tant on a le sentiment que l’auteur s’est engouffré dans la tête de ce médecin maudit.
    Comme beaucoup de criminels nazis, malheureusement, Josef Mengele est passé entre les mailles du filet, en dépit de recherches assidus du Mossad et d’autres spécialistes, juifs ou non.
    Nous assistons à sa très longue fuite en Argentine et au Brésil, et l’on enrage au fil des pages de constater qu’il a pu vivre aussi longtemps, sans finalement être jugé et jeté en prison … Évidemment, tout ce déroulement est une fiction, puisqu’Olivier Guez - au même titre que les témoins de l’époque - ne savent pas réellement comment il a ressenti le déroulement des évènements (peut-on blâmer ceux qui ne peuvent s’empêcher d’espérer qu’il se soit senti traqué comme un animal sauvage ?…) Les témoignages sont très durs, il est juste regrettable que ce monstre qui se considérait comme un éminent scientifique n’ait pas rendu de comptes à la justice …
    Intéressant également de voir à quel point les fuyards allemands ont tenté de redorer le blason du nazisme chez les Peron !

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  • De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il...
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    De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il est aujourd’hui établi qu’il est mort noyé au Brésil en 1979, pendant plus de 30 ans on a rien su ou presque de sa lui, de son train de vie, de sa vie professionnelle en Amérique du Sud, de ses protections familiales ou politiques. C’est sur cette trame qu’Olivier Guez a décidé de mettre son talent d’écrivain à l’œuvre. C’est un roman à la lisière du livre historique et de l’enquête journalistique, et l’on suit la destiné de l’Ange de la Mort d’Auschwitz de son débarquement du bateau à Buenos Aires qu’à l’exhumation de son cadavre pour des expertises ADN dans les années 90. L’Argentine de Perón lui laisse entrevoir une relative protection, il retrouve d’anciens nazi et d’anciens collabos, vit chichement mais garde en lui, comme il le fera jusqu’à son dernier souffle, son idéologie mortifère chevillée au corps. Mais toutes les choses ont une fin et la fin du péronisme le pousse au Paraguay, puis au Brésil. Il refait sa vie, connait des périodes presque heureuses mais fugaces. Le destin le rattrape, son passé le rattrape (à défaut de le hanter), les chasseurs de nazis le traquent, il devient parano, doit se cacher, doit mentir, il va inexorablement tout perdre jusqu’à une fin minable, indigne de la très haute idée qu’il se fait de lui, de son intelligence et de son « œuvre ». C’est que le Mengele décrit par Guez ne renie rien, ne nie rien, revendique tout, le justifie encore et toujours avec la même force, le même fanatisme. Cette obstination aveugle, fanatique, comme si la notion de morale lui était parfaitement étrangère fait de lui un personnage de roman presque incroyable, au sens littéral du terme, et pourtant… Au vu de la bibliographie en fin d’ouvrage, il est clair qu’Olivier Guez a beaucoup cherché et que son Mengele doit ressembler de façon troublante au vrai. Le style de Guez est très facile à lire tout en étant assez élégant, c’est fluide, accessible, exigeant sans être ampoulé, c’est un petit livre passionnant qui mérite le prix Renaudot qui lui a été attribué l’année dernière. Les rappels historiques qui parsèment son roman, sur Auschwitz, sur le travail de Simon Wiesenthal, le procès Eichmann, le travail de Mossad sont autant de points de repère pour comprendre ce que fut le destin de ce médecin maudit pour l’éternité. Ce qui est advenu de ses restes après exhumation prouve que le « destin » à un sens de l’humour plein d’ironie. Et en refermant le livre on se dit que cet immonde personnage, pour lequel au n’aura jamais eu le début d’une ébauche de pitié, n’a pas volé ce qui lui n est finalement arrivé !

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  • Comment rendre romanesque la biographie d'un monstre. Olivier Guez relève le défi avec une assiduité particulière dans la description du réseau grâce auquel le boucher d'Auchwitz va pouvoir vieillir. Les dictateurs sud-américains (particulièrement Péron), les services secrets américains, les...
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    Comment rendre romanesque la biographie d'un monstre. Olivier Guez relève le défi avec une assiduité particulière dans la description du réseau grâce auquel le boucher d'Auchwitz va pouvoir vieillir. Les dictateurs sud-américains (particulièrement Péron), les services secrets américains, les grandes fortunes allemandes qui sont restées aux manettes de l'Allemagne de l'après-guerre. Roman passionnant donc à double titre. Intense par son récit et révoltant par sa véracité historique. Après "L'ordre du jour" et ce roman, la rigueur allemande louée par les vendeurs de voitures ne devrait plus faire rêver grand monde. Tout au moins espérons-le.

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  • Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en...
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    Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en Amérique du Sud après guerre.
    Josef Mengele débarque sous une fausse identité en Argentine en 1949. En effet, l'Argentine de Peron accueille tous ces criminels de guerre, attendant le moment propice pour en tirer partie.
    p. 39-40 : " [...] l'Argentine a une formidable carte à jouer. Alors, en attendant que la guerre froide dégénère, Peron devient le grand chiffonnier. Il fouille les poubelles d'Europe, entreprend une gigantesque opération de recyclage : il gouvernera l'Histoire, avec les détritus de l'Histoire. Peron ouvre les portes de son pays à des milliers et des milliers de nazis, de fascistes et de collabos ; des soldats, des ingénieurs, des scientifiques, des techniciens et des médecins ; des criminels de guerre invités à doter l'Argentine de barrages, de missiles et de centrales nucléaires, à la transformer en superpuissance. "
    Après l'horreur de la guerre, le monde ne pense qu'à une seule chose : oublier.
    Mais les témoignages ne tardent pas à s'accumuler et on attend de ces monstres qu'ils répondent de leurs actes devant la justice. Une traque commence alors contre ces criminels de guerre. Se croyant à l'abri, Joef Mengele ne semble pas épris de remords et profite de sa nouvelle vie, allègrement. Mais lorsque ces complices lui communiquent certaines arrestations, un vent de panique le traverse.
    Il trouve donc asile au Brésil en 1961, où il devient Helmut Gregor. Retrouvant d'autres criminels de guerre de la même trempe, il ne peut s'empêcher de vanter ses états de fait, risquant même sa couverture.
    p. 49 : " Mengele tombe le masque de Gregor. Médecin, il a soigné le corps de la race et protégé la communauté de combat. Il a lutté à Auschwitz contre la désintégration et les ennemis intérieurs, les homosexuels et les asociaux, contre les juifs, ces microbes qui depuis des millénaires œuvrent à la perte de l'humanité nordique : "il fallait les éradiquer, par tous les moyens". Il a agi en homme moral. En mettant toutes ces forces au service de la pureté et du développement de la force créative du sans aryen, il a accompli son devoir de SS. "
    Essoufflée, la traque prend une nouvelle dynamique avec l'intervention du Mossad.
    p. 105 : " Début mai, l'opération Attila entre dans sa phase active avec l'arrivée des commandos du Mossad à Buenos Aires. "
    Mengele sent le vent tourner et panique. Il devient totalement paranoïaque, à s'en rendre malade, sans pour cela ressentir le moindre sentiment de culpabilité. Il est tétanisé à l'idée seule de se retrouver face à ses propres victimes. Noyé dans sa solitude, il est victime d'un AVC en 1976. Cet accident le limitera nettement dans sa cavale, il finira tranquillement sa vie au bord de la mer, toujours grâce à la complicité de ses réseaux et du soutient financier de sa famille. Sa mort en février 1979 l'aura donc sauvé d'un procès et privé ses victimes et familles de victimes d'une justice.
    Afin de réaliser ce roman historique, l'auteur a réalisé en amont de l'écriture plusieurs mois de recherche, jusqu'en Amérique du Sud, et apporte des détails sordides mais riches.
    A cette lecture, il paraît totalement inconcevable d'admettre que ce criminel de guerre ait pu vivre en toute impunité toute sa vie. Comment a-t'il pu échapper à une arrestation et à un procès pour crime contre l'humanité ? Ses réseaux étaient si influents ?
    Ce qui doit ressortir de cette lecture difficile mais réelle, c'est que l'expérience et les témoignages de l'Histoire doivent nous inciter à en retenir des leçons, et ne surtout pas réitérer, sous peine nous aussi de devenir complice.
    p. 231 : " Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal. Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. "

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  • J'ai beaucoup lu sur les camps quand j'étais ado parce que mon père possédait un certain nombre de témoignages sur le thème mais je me rends compte que n'avais jamais lu de roman ou d'essai sur la traque de nazis ou tout simplement sur que furent leurs vies après la guerre. A ce titre, j'ai...
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    J'ai beaucoup lu sur les camps quand j'étais ado parce que mon père possédait un certain nombre de témoignages sur le thème mais je me rends compte que n'avais jamais lu de roman ou d'essai sur la traque de nazis ou tout simplement sur que furent leurs vies après la guerre. A ce titre, j'ai trouvé ce livre intéressant car on ressent bien la paranoïa grandissante de cet homme traqué et son besoin, à la fin, de sentir de la chaleur humaine autour de lui. C'est probablement ce qui est annexe à Mengele qui m'a le plus intéressée, ces traques menées ici et là, celles qu'on tente réellement de mener à terme, celles que le gouvernement préfère voir avorter car l'ancien nazi a collaboré pour lutter contre le communisme. J'ai découvert par exemple le caractère controversé du rôle de Simon Wiesenthal dans l'arrestation d'Eichmann. C'est un sujet difficile à traiter et je ne sais pas quel est le meilleur moyen de l'aborder mais j'ai trouvé que c'était un peu trop froid, trop clinique, ce qui, d'ailleurs, m'a semblé en totale contradiction avec la fin, bien trop moraliste. Je crois qu'il ne faut pas prendre le lecteur pour un idiot et lui écrire noir sur blanc le message qui apparaissait déjà clairement dans le récit. Oliviez Guez lit son propre roman; il faut un certain temps pour s'adapter à sa voix monocorde mais finalement, il m'a semblé que ça allait bien avec sa plume.

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  • Décidément j’aime que les auteurs nous lisent leur livre, j’y trouve une autre dimension et j’apprécie toujours l’entretien avec l’auteur, merci Audiolib pour ce soin particulier apporté aux ouvrages en question.
    Le nom de Mengele est associé dans la mémoire à médecin maudit. A la botte de...
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    Décidément j’aime que les auteurs nous lisent leur livre, j’y trouve une autre dimension et j’apprécie toujours l’entretien avec l’auteur, merci Audiolib pour ce soin particulier apporté aux ouvrages en question.
    Le nom de Mengele est associé dans la mémoire à médecin maudit. A la botte de Hitler et plus encore comme beaucoup d’autres il est allé encore plus loin et a mis pour cela son intelligence et son savoir au service de l’immonde.
    L’auteur a fait un travail d’historien et d’écrivain pour nous raconter l’indicible.
    Les mots entendus me semblent renforcer l’histoire, lire tout bas avec soi-même et les fantômes de l’époque, c’est déjà une sacrée descente aux enfers mais écouter les mots choisis et travaillés sur les maux d’une époque c’est encore plus prégnant, urgent et criant.
    C’est un triste sire pour lequel le lecteur n’aura aucune empathie, ses angoisses dues à sa fuite en avant, nous paraissent bien douces comparées à ce qu’il a fait. L’Argentine, comme une prison à ciel ouvert, 30 ans de vie dans un pays où il reçoit protection et asile, ne nous ferons pas pleurer sur son sort.
    Oui l’auteur nous entraîne à sa suite, nous rappelle les faits…
    C’est surtout cela qu’il ne faut pas oublier les faits, car dans le monde cette ignominie n’est pas éteinte, elle a subi un virus mutant dont les changements sont aléatoires et imprévisibles.
    Attentions, les vieux démons que sont l’ambition, l’argent, les politiques du pire qui oublient que c’est l’homme qui doit être au cœur de leurs actions et non l’argent, le fanatisme, l’illettrisme, le nivèlement par le bas, qui font couler l’humanité vers ce qu’il y a de plus dangereux.
    Olivier Guez nous le démontre avec intelligence et érudition.
    Un indispensable pour ne jamais oublier, se souvenir encore et toujours.
    Chantal Lafon-Litteratum Amor 28 avril 2018

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  • Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa...
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    Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa personne, aigri, colérique, cruel et sans pitié. Jusqu’à sa mort, il considérera le nazisme comme la voie parfaite pour l’Humanité, restera un fidèle fervent admirateur d’Hitler, et restera persuadé que la race arienne pure et forte est celle qui devrait dominer le Monde. Jusqu’à la fin de sa vie, il justifiera le bien fondé de ses crimes abjects.
    Olivier Guez fait paraître dans son roman Adolf Eichmann comme un grossier imbécile sans éducation ni ressources contrairement au docteur Mengele, fils d’une famille de riches industriels allemands, hautement éduqué et habitué au luxe.
    J’ai particulièrement apprécié la conclusion par laquelle l’auteur met en garde des manipulations d’idéologues véreux tels le Nazisme bien sûr mais aussi toutes autres formes de sectarisme qu’on a vu apparaître avec, par exemple, Daech dernièrement, et qui, professionnels de l’endoctrinement, savent inciter à commettre le pire.
    « Mengele, ou l’histoire d’un homme sans scrupules à l’âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l’irruption de la modernité. Elle n’a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l’argent, jusqu’à l’inciter à commettre des crimes abjectes et à les justifier. »
    Et ce que je trouve très important à souligner :
    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal. »
    Je suis d’accord. Tout peut recommencer.
    « Méfiance, l’homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. »
    Je ne partage pas cette dernière phrase reflétant une généralité. En effet le cerveau humain est ce qu’on a de plus fort mais aussi de plus fragile. La confiance en l’Humain est le terreau de base pour œuvrer au progrès de l’Humanité mais certes, restons vigilants.

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  • Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman...
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    Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman vrai » de haute volée qui s’intéresse à la vie du tortionnaire après 1945 et au contexte géopolitique favorisant cette disparition. Il nous raconte comment Mengele a pu fuir jusqu’en Amérique latine et y vivre en toute impunité jusqu’à sa mort en 1979. L’auteur a fouillé dans le passé trouble de cet homme, issu d’une famille bourgeoise conservatrice, qui a rallié le parti nazi pour ensuite devenir SS. La clé de son ascension est un opportunisme cynique qui guidera sa conduite jusque dans l’exil au soleil. A-t-il été puni par la vie, la justice des hommes n’ayant pu être rendue ? C’est ce que l’auteur cherchera à savoir en s’intéressant à sa cavale de près de trente ans. Cette biographie romancée très documentée le dévoile sans pathos ni affect qui dévoieraient le contenu, fruit de trois années de recherche et d’écriture.

    À la fin de la guerre, Josef Mengele n’est pas inquiété outre mesure, il ne porte pas le tatouage de son rhésus sanguin sous l’aisselle identifiant tous les SS. Il a refusé cette pratique. Cette coquetterie lui a permis d’être considéré comme un simple soldat. C’est ainsi, dans la confusion, qu’il réussit à berner son monde. En 1949, il débarque en Argentine où le gouvernement de Perón est bienveillant avec les exilés nazis ou vichystes. Même les condamnés à mort par contumace sont accueillis à bras ouverts. Sous le pseudonyme d’Helmut Gregor, Mengele fraye avec les hauts dignitaires et officiers SS et, grâce à l’argent de l’entreprise familiale gérée par son frère en Allemagne, il entame une vie très agréable à Buenos Aires. Mais le silence sur l’Holocauste est rompu. Les survivants parlent et accusent. La vie de Mengele bascule à partir de 1960, au moment du procès de Eichmann. Il se sent traqué. Il a beau fulminer, il est contraint de fuir encore. Ce sera le Paraguay, puis le Brésil. Son angoisse fluctue en fonction des accords d’extradition entre les pays. Cette paranoïa rabougrit le dandy gominé et perclus d’un orgueil démesuré. Il s’entoure d’une meute de chiens et construit un mirador dans la ferme où il vit chez des Hongrois. Il sera ballotté de cache en cache, échouant dans une immonde favela où il croupira… jusqu’à sa mystérieuse noyade en 1979.

    La Disparition de Josef Mengele est une claque, magistrale et douloureuse, propre à réveiller et à faire comprendre. Après la lecture des 240 pages à la densité vertigineuse, la brûlure est tenace, mais rassérène et soulage. Une justice immanente a frappé. Ce « roman vrai de non-fiction » comme l’a nommé Olivier Guez lors des Dimanches culturels des Étangs de Corot en janvier dernier, allie avec efficacité un style journalistique précis et objectif à une narration romanesque qui embarque le lecteur au plus près de l’homme traqué. Les sentiments et les dialogues sont rendus vrais par des fragments disponibles du journal tenu pendant vingt ans par le médecin-chef barbare. Le lecteur peut facilement s’identifier à une sorte d’ange vengeur qui assiste à la déchéance de Mengele au fil de son épopée digne d’un roman. Le traitement original de ce récit démontre avec évidence combien l’homme était pitoyable. Selon Olivier Guez, Josef Mengele n’était pas le Diable, mais un homme à l’esprit médiocre qui a commis des atrocités au nom de son idéologie, un homme que la justice des hommes aurait dû pouvoir juger pour ses crimes. Avec son roman vrai, l’auteur réussit à déconstruire le mythe du criminel superpuissant.

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