La disparition de Josef Mengele

Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.0625

16 notes

Résumé:

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le... Voir plus

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Un récit/roman (?) qui prend aux tripes en remémorant le parcours de ce médecin boucher d'Auchwitz. Josef Mengele est suivi, pourchassé, traqué, sans jamais avoir une once de regret ou de remords, même lorsque son propre fils, qu'il connaît à peine, le poussera dans ses retranchements. Un livre fort, piqûre de rappel d'une triste page de notre histoire. Olivier Guez a reçu le prix Renaudot avec ce roman, distinction méritée, tant pas la qualité d'écriture que par le travail de recherche sur le personnage. A lire et diffuser dans les collèges pour que la mémoire de ces atrocités ne s'efface pas, et nous préserve d'un éventuel retour de la barbarie.

  • 0.15

    Texte important. Mais pas roman à mon humble avis : il s'agit de la biographie de la vie de Mengele à la suite de la fin de guerre. C'est très intéressant, on apprend comment ce type, qui incarne le pire de l'humanité, arrive à se faufiler entre les mailles du filet qui est plus ou moins agité pour le retrouver, ou pas. Comment ses proches réagissent, comment il se cache, à qui il dit qui il est etc...
    Mais ce n'est pas là un roman, c'est la vraie vie de Mengele, qui n'est pas un personnage de fiction mais une vraie personne.
    Rien à voir par exemple avec les 2 livres de Laurent Binet, "HHHHh" ou "la 7ème fonction du langage", qui s'inspirent du réel pour faire de la fiction.

  • 0.25

    les camps de concentration c est un livre qui doit donner du mal au cœur mais vraiment a découvrir car c est des chose horribles même si il doit y avoir des passages très tristes mais réelles malheureusement a lire absolument

  • 0.2

    Olivier Guez retrace le parcours en Amérique du Sud de Josef Mengele, l’un des bourreaux d’Auschwitz parti se cacher à la fin de la guerre.
    À Auschwitz, Joseph Mengele est un médecin qui va mener des expériences inhumaines, torturant des femmes, hommes ou enfant. On l’appelle « l’ange de la mort.
    Ce livre raconte l’exil de ce médecin, qui craignant d’être jugé, fuit en Amérique Latine.
    Une enquête très approfondie de l’ex-tortionnaire, qui tente de passer inaperçu jusqu’à sa mort, changeant de vie plusieurs fois afin d’échapper à la justice.
    Une lecture très intéressante mais assez ardue car l’auteur apporte beaucoup d’éléments sur cette période de l’histoire. C’est un roman très documenté, où il faut rester concentrer pour ne pas perdre le fil des événements.

  • 0.2

    La disparition de Josef Mengele raconte la fuite et la traque du tristement fameux médecin chef d'Auschwitz surnommé l'« Ange de la mort », bourreau sadique qui, au nom de la science, s'adonnait à des expériences monstrueuses sur des êtres humains ou bien envoyait celles et ceux qui ne l'intéressaient pas se faire gazer. « Ne jamais s'abandonner à un sentiment humain. La pitié est une faiblesse : d'un mouvement de badine, l'omnipotent scellait le sort de ses victimes, à gauche la mort immédiate, les chambres à gaz, à droite la mort lente, les travaux forcés ou son laboratoire, le plus grand du monde, qu'il alimentait en « matériel humain adéquat » (nains, géants, estropiés, jumeaux) chaque jour à l'arrivée des convois. »
    Après la guerre, on le sait, bon nombre de nazis sont allés trouver refuge en Amérique latine, c'est le cas de Mengele (encore jeune puisqu'il n'a que 38 ans), qui s'installe sous le nom de Helmut Gregor en Argentine dans un premier temps.
    Le roman d'Olivier Guez est une plongée terrible au coeur de ces groupuscules nazis qui ont su profiter de la bienveillance du président Juan Perón, de nombreux réseaux, de multiples combines et de liens avec leur famille. Ainsi, il faut bien le dire, ces criminels ont réussi à vivre, pas trop mal parfois, pendant de nombreuses années.
    « A la fin des années 1940, Buenos Aires est devenue la capitale des rebuts de l'ordre noir déchu. S'y croisent des nazis, des oustachis croates, des ultranationalistes serbes, des fascistes italiens, des Croix fléchées hongrois, des légionnaires roumains de la garde de fer, des vichystes français, des rexistes belges, des phalangistes espagnols, des catholiques intégristes ; des assassins, des tortionnaires et des aventuriers : un Quatrième Reich fantôme. »
    Voilà, tout est dit et ce sont ces gens-là que l'on va croiser sur les beaux boulevards de Buenos Aires, l'un sirotant une bière à la terrasse d'un café, l'autre digérant un repas gastronomique en dégustant un cigare à l'ombre d'un arbre : de vrais pachas qui se la coulent douce, dans les premiers temps au moins.
    Ces nazis, en nombre assez important, vivent en micro-sociétés, se reçoivent, s'entraident, passent d'agréables moments à discuter du bon vieux temps, rêvant de recréer un nouveau Reich en Allemagne, persuadés pour certains que la Guerre Froide se terminera dans un bain de sang entre les deux blocs et que ce sera enfin à leur tour d'entrer de nouveau en scène. C'est cette atmosphère que nous découvrons dans la première partie du livre intitulée de façon très explicite : « Le pacha ». En effet, et grosso modo jusqu'en 1960, Mengele « s'amuse et s'enrichit », il est à la tête d'une charpenterie et d'une fabrique de meubles quand il ne joue pas le représentant de commerce pour aller vendre, au Paraguay, les engins agricoles, moissonneuses-batteuses et autres épandeurs à fumier, fabriqués par l'usine familiale. Quelques avortements clandestins pour arrondir les fins de mois. Il se lancera plus tard dans l'industrie pharmaceutique. Avec ses petits camarades, « bottines luisantes, cheveux laqués », il va au théâtre, au cabaret, au dancing, chez les prostituées. La vida es bella...
    Il se remarie, habite une villa somptueuse avec jardin et piscine, s'achète un coupé Borgward Isabella et reprend même son vrai nom (c'est dire comme il est inquiet!). Il part même en vacances au Chili avec ses petits amis : ils explorent « les volcans du désert d'Atacama, nagent nus dans des lagunes turquoises et campent sous des ciels limpides et étoilés. » Lorsque j'ai lu ces lignes pour la première fois, j'ai été saisie, je les ai relues, incrédule. N'étaient-ils pas plus recherchés que ça, ces meurtriers, ces monstres ? Le monde entier ne s'était-il pas mis à leurs trousses en déployant tous les moyens possibles et imaginables? Pourquoi ? Pourquoi tout ce temps perdu ?
    Le roman d'Olivier Guez donne des éléments d'explication et pourtant, je demeure dans le même état de stupéfaction, moi qui pensais bien naïvement qu'aussitôt après la guerre, TOUT, absolument TOUT avait été mis en œuvre pour retrouver les assassins. Ce que j'apprends me laisse éberluée, saisie.
    Et 1956, Mengele s'organise même un petit voyage en Europe, fait du ski en Suisse (!!!), l'année 1957 se poursuit dans la même douceur : « L'avenir s'annonce prometteur, le pire est derrière lui, Mengele se sent en sécurité. » Je crois rêver… Il se marie : le voyage de noces a lieu en 1958 en Uruguay dans un hôtel superbe face au lac Nahuel Huapi et Moreno. Debout, face au paysage, il en est bien persuadé « dans ce monde de ruines et de vermines déserté par Dieu, il a la liberté, l'argent,le succès, personne ne l'a arrêté et personne ne l'arrêtera. » Finalement, n'a-t-il pas toutes les raisons d'y croire ?
    Mais le vent tourne ENFIN et Mengele va devoir fuir au Paraguay puis au Brésil : deuxième partie « Le rat ». Tout s'accélère… Il est temps !
    Ce qui est intéressant dans ce roman, c'est que l'on vit vraiment la traque de Mengele « de l'intérieur » même s'il ne s'agit pas d'un récit à la première personne, on le suit pas à pas et l'on découvre à quel point cette seconde partie va se révéler être une plongée au coeur de l'enfer, un cauchemar quotidien, la longue cavale angoissée d'un homme devenu une bête traquée et terrorisée.
    Je ne vais pas entrer dans le détail de cette chasse à l'homme incroyable, des changements d'identité de Mengele (Peter Hochbichler entre autres), de ces arrestations loupées à un cheveu près ! On en rage ! Il est vraiment passionnant de découvrir la façon dont a été organisée cette traque, notamment par les services de renseignement israéliens, le Mossad, et le chasseur de nazis Simon Wiesenthal, et surtout dans quelles circonstances et pour quelles raisons ils ont manqué de très peu d'arrêter ce grand criminel de guerre.
    Certains passages de cette seconde partie mettant en scène un Mengele de plus en plus narcissique et autoritaire sont absolument sidérants : par exemple, son séjour chez les Stammer, un couple de hongrois expatriés chez qui il va se cacher pendant plusieurs années, les menant à la baguette, critiquant leur mode de vie, leur nourriture, l'éducation de leurs enfants, ce qu'ils sont… Une cohabitation insensée qui manque à plusieurs reprises de tourner au drame.
    Ce roman montre ainsi l'enlisement progressif de Mengele, transpirant de trouille et de haine depuis qu'il a appris l'arrestation d'Adolf Eichmann en 1960, sombrant dans une terrible paranoïa, vivant avec la peur au ventre, oui, c'est le portrait, au fond, d'un être fondamentalement mauvais, minable, pathétique, malade, complètement fou, tristement perché sur sa tour de guet en tenue d'apiculteur, regardant la route départementale qui mène à la ferme avec des jumelles super puissantes Zeiss, entouré de ses chiens, toujours prêt à se sauver avec, dans sa mallette, ses opéras de Wagner, ses cantates de Bach, ses livres, ses journaux et ses cahiers de notes sur ses terribles expériences, obligé de vivre loin de ceux qu'il aime, seul, profondément seul et plein de haine pour ce que sont les hommes et le monde devenus. Un être abject.
    Il ne regrettera aucun de ses crimes. Non, jamais il ne se repent, persuadé qu'il est d'avoir raison, d'être dans le juste, la vérité. Même face à son fils, il dira : « la conscience est une instance malade, inventée par des êtres morbides afin d'entraver l'action et de paralyser l'acteur ».
    Comment est-ce possible ?
    Mengele s'enfoncera jusqu'au bout, s'enlisant dans une vie qui ne veut plus de lui.
    « Mengele, ou l'histoire d'un homme sans scrupules à l'âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l'irruption de la modernité. »
    Un texte extrêmement documenté (l'enquête d'Olivier Guez a duré trois ans), un récit haletant qui nous fait vivre la période de l'après-guerre en Amérique latine, la fuite de ces démons qui vont espérer retrouver ailleurs un nouvel Eldorado.
    Terrible et saisissant !
    A lire absolument.
    Je terminerai par ces mots de Primo Levi : «... dans la haine nazie, il n'y a rien de rationnel : c'est une haine qui n'est pas en nous, qui est étrangère à l'homme, c'est un fruit vénéneux issu de la funeste souche du fascisme, et qui est en même temps au-dehors et au-delà du fascisme même. Nous ne pouvons pas la comprendre ; mais nous pouvons et nous devons comprendre d'où elle est issue, et nous tenir sur nos gardes. Si la comprendre est impossible, la connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : les nôtres aussi. »
    Si c'est un homme, 1947.

    Lire au lit : http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.25

    Ce roman est une prouesse littéraire, d’exactitude. Une mine fabuleuse de renseignements, un travail époustouflant alloué à la mémoire. Plutôt dans la lignée d’une biographie, voire un essai, ce livre est un outil pour dévoiler les faits et mettre les points sur les I . Olivier Guez délivre la fuite de Josef Mengele en pans sombres, sûrs et douloureux, en filigrane dans des lignes justes et maîtrisées à l’extrême. On apprend jour après jour comment Josef Mengele a disparu. Fantôme protégé par ses pairs en Argentine, Paraguay et Brésil avec la complicité ambiguë des états. Ce sombre médecin machiavélique, de la mort ce qui est paradoxal pour un médecin, n’est jamais jugé par l’auteur. La distance entre ce dernier et Josef Mengele est constante, et c’est une richesse pour le lecteur qui ne prend pas tout de plein fouet. On se retient de frémir, de briser les reins de ce mal fait aux déportés. On voudrait que ce médecin de l’horreur soit enfin trouvé et jugé. L’écriture est splendide, fluide, et souple, elle contrebalance les évènements. Le lecteur note et retient chaque heure de Josef Mengele pour le piéger enfin. Rien ne se passe ainsi. La ténébreuse disparition de Josef Mengele sera dans le point final, physiquement accomplie. Cette page sombre de l’histoire devrait se trouver dans chaque lycée, que ce livre soit lu par tous les étudiants, et par tous, que ce nom : Josef Mengele devienne un contre -exemple. Cet essai est un chef d’œuvre de mémoire. A lire d’urgence.

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/09/13/35657433.html

    Qui ne connaît pas Josef Mengele ? Qui ne connaît pas « l’ange de la mort » d’Auschwitz, ce médecin nazi qui a multiplié les expériences médicales dans le camp notamment sur les jumeaux ?

    Mais, qui connaît véritablement sa vie d’après-guerre, sa fin ? Peu de monde finalement car il est assez rare d’avoir des récits ou témoignages sur les nazis après la guerre. Olivier Guez nous permet de découvrir cette facette cachée de l’histoire des nazis à travers la fuite de Mengele de 1949 à sa mort en 1979.

    Aux aguets, en danger, Josef Mengele quitte l’Allemagne en juillet 1949 pour rejoindre l’Argentine péroniste. Il vivra plus tard au Paraguay et au Brésil grâce à une successions de fausses identités et des aides de nazis aussi bien sur place qu’en Allemagne.

    À travers cet homme, Olivier Guez apprend beaucoup au lecteur sur la géopolitique d’après-guerre, les réussites et surtout les failles de la traque internationale des nazis : les dictatures d’Amérique latine très complaisantes, le retour à la prospérité de grandes familles industrielles allemandes qui ont œuvré pour le nazisme, le rôle du Mossad dans les traques, le rôle parfois ambigu de la RFA… L’homme a su ainsi passer tout au long de sa vie à travers les mailles du filet avec une traque de moins en moins soutenue au fil des décennies – au point d’avoir même pu réutiliser sa vraie identité ! Cette description minutieuse du contexte d’après-guerre a été permise grâce à un gros travail de documentation par l’auteur.

    L’autre aspect important du récit est la description de la personnalité de Josef Mengele : mégalomaniaque, manipulateur et d’une grande perversité, il pose souvent problème à ceux qui l’aident ou l’hébergent – au point de les tenir en otages. Olivier Guez fait un portrait sans concession, avec un langage cru qui reflète bien le personnage, d’un gros salaud qui n’aura à aucun moment le moindre regret, même lors de la visite de son fils Rolf en 1977… qui écourte d’ailleurs son séjour tellement il est écœuré…

    Malgré tout, il n’est à aucun moment dénoncé, vendu par ses pairs, par sa famille, au point que personne ne croit à son décès par noyade en 1979 ! Un parcours étonnant, révoltant, mené tambour battant, à mi-chemin entre le roman et l’essai historique que je ne peux que vous conseiller de lire !

  • 0.25

    "Toi qui as fait tant de mal à un homme simple
    En éclatant de rire à la vue de sa souffrance
    Ne te crois pas sauf
    Car le poète se souvient."
    Czeslaw MILOSZ

    Après la deuxième guerre mondiale, beaucoup de nazis, pour échapper à la justice, vont aller se cacher en Amérique latine et notamment dans l'Argentine de Peron. Leurs noms : Josef Mengele, Adolf Eichmann, Simon Sabiani (l'ancien "maire" de Marseille)... Ils se refont une virginité, sous de fausses identités, font des affaires..., se créent une vie agréable. "A la fin des années 1940, Buenos Aires est devenue la capitale des rebuts de l'ordre noir déchu. S'y croisent des nazis, des oustachis croates, des ultranationalistes serbes, des fascites italiens, des Croix fléchés hongrois, des légionnaires roumains de la garde de fer, des vichystes français, des rexistes belges, des phalangistes espagnols, des catholiques intégristes ; des assassins, des tortionnaires et des aventuriers : un Quatrième Reich fantôme."

    Le roman d'Olivier GUEZ suit les traces du nazi Josef Mengele, le "docteur" fou d'Auschwitz-Birkenau. L'auteur a construit son livre en deux parties nommées : "Le pacha" pour la première et "le rat" pour la deuxième. Au début, Josef Mengele mène une vie confortable, sans soucis en Argentine. Mais cela ne dure qu'un temps. Peron est destitué et Mengele doit quitter l'Argentine pour le Brésil après avoir fait escale au Paraguay.
    La vie ne sera plus la même : il est un temps recherché par les israéliens. Il vit, ensuite, dans une ferme. La descente aux enfers commence aussi pour lui. Sa santé physique et mentale se détériore. Il devient de plus en plus paranoïaque. Il décèdera en 1979 dans son lit, au Brésil, sans avoir été jugé pour ses crimes dans les camps de la mort : quelle ironie ! "L'oncle Pedro (Josef Mengele) est mort ! s'exclament Liselotte et les enfants. L'oncle Pedro est mort dans l'immensité de l'océan, au soleil du Brésil, furtivement, sans avoir affronté la justice des hommes ni ses victimes, pour ses crimes innommables;"

    Olivier GUEZ nous raconte, à travers son livre, la vie de ce "médecin" fou, obsédé, notamment par l'eugénisme et la gémellité. Pendant la seconde guerre mondiale, dans le camp d'Auschwitz-Birkenau, il sera un maillon de cette idéologie nazi, d'une race aryenne "pure" et "supérieure" : des enfants blancs, blonds et aux yeux bleus. Pour cela, Josef Mengele, à chaque arrivée de wagons, trie, sélectionne qui mourra et qui vivra plus ou moins longtemps. Il faisait des expériences inhumaines, torturait... "Mengele est le prince des ténèbres européennes. Le médecin orgueilleux a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Le fils de bonne famille a envoyé quatre cent mille hommes à la chambre à gaz en sifflotant. Longtemps il a cru s'en sortir aisément, lui, "l'avorton de boue et de feu" qui s'était pris pour un demi-dieu, lui qui avait foulé les lois et les commandements et infligé sans affect tant de souffrances et de tristesse aux hommes, ses frères."
    "Pour sa génération, les inférieurs, les improductifs et les parasites étaient indignes de vivre. Hitler les guidait. Mengele n'était pas le seul à l'avoir suivi, les Allemands s'étaient tous laissés ensorceler par le Führer, par la mission grisante et titanesque qu'il leur avait confiée, guérir le peuple, purifier la race, construire un ordre social conforme à la nature, étendre l'espace vital, perfectionner l'espèce humaine."

    Nous pouvons nous poser la question : encore un livre sur la Shoah, sur l'après deuxième guerre mondiale, après tout ce qui a été publié, filmé.... ? La réponse est : OUI, nous en avons encore besoin. Les rescapés se font vieux. Quand le dernier ne sera plus de ce monde, nous avons l'obligation morale de perpétuer leurs mémoires, de transmettre aux plus jeunes la monstruosité de cette guerre. Beaucoup d'entre nous se laissent tenter à nouveau par ces idéaux, partout dans le monde : les dernières élections présidentielles en France en sont un exemple (jamais le Front National n'a été aussi près du pouvoir), le retour aux Etats-Unis du Klu Klux Klan et des mouvements d'extrême droite à Charlottesville en Virginie, en juillet 2017 etc...

    Olivier GUEZ est journaliste. Il a déjà écrit des essais sur le thème de la deuxième guerre mondiale. "La disparition de Josef Mengele" est son deuxième roman (Rentrée littéraire 2017).

  • 0.25

    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/09/la-disparition-de-josef-mengele.html

    Josef Mengele était un médecin tortionnaire nazi surnommé l'ange de la mort, il a sévi au camp d'Auschwitz pendant 21 mois, il avait fait du camp un laboratoire pour ses recherches notamment sur la gémellité. C'était un monstre qui prenait plaisir à collectionner les yeux bleus...

    Inscrit sur la liste des criminels de guerre, arrêté par les américains il est pris pour un simple soldat et rapidement libéré. En juin 49, à 38 ans, il arrive sous la fausse identité de Grégor dans l'Argentine de Péron. En effet le dictateur argentin, fasciné par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, adopte comme stratégie d'ouvrir son pays à des milliers de nazis. convaincu de la suprématie que va acquérir l'Argentine une fois que les États Unis et la Russie se seront écharpés lors de la guerre froide.
    Officiellement porté disparu, Mengele ne révèle son identité qu'à quelques rares proches, il cache à tous son métier de médecin. Il n'ambitionne pas de reconquérir l'Allemagne comme certains de ses amis préférant faire prospérer les affaires familiales, ainsi il représente l'entreprise familiale de machines agricoles tout en pratiquant des avortements clandestins sur de jeunes bourgeoises. Mengele mène alors une vie de pacha, au milieu d'autres nazis, mais il va être privé de ses protections lorsque Péron est contraint de quitter le pays en 1955.

    En 1956 il récupère son identité pour s'enraciner et se remarier au moment où le monde prend conscience de l'extermination de millions de juifs. Les israéliens lance alors la chasse aux nazis. C'est pour Mengele le début de la descente aux enfers et la fuite au Brésil. Va commencer pour lui une vie de rat traqué par les services secrets israéliens et allemands puis par les journalistes.

    Olivier Guez brosse le portrait d'un homme égocentrique et manipulateur qui ne manifeste aucun remords. Sûr de lui, certain de son impunité, il se pense intouchable et bénéficie largement de la protection financière de sa puissante famille. Il se comporte en despote acariâtre avec la famille hongroise qui le cache. Déchu de ses diplômes universitaires, il s’apitoie sur son sort... Mais cet homme va vivre pendant des années dans la plus extrême solitude et dans la paranoïa.

    Mengele a un fils Rolf qu'il n'a pratiquement jamais vu. Rolf Mengele qui a longtemps cru son père mort, sera bouleversé d'apprendre le passé de son père. Torturé, il lui rendra visite en Amérique Latine à l'âge de 33 ans pour tenter de comprendre. La scène de leur rencontre est bouleversante... Rolf Mengele éprouvera un infini mépris pour son père mais il refusera de donner la moindre indication susceptible de provoquer son arrestation.
    Cet épisode était déjà relaté dans le livre de Tania Crasnianski : Enfants de nazis

    Ce roman sur l'après guerre est très documenté comme en témoigne l'impressionnante liste bibliographique de l'auteur. Olivier Guez limite à de courts passages complètement insoutenables le récit des activités du médecin SS dans le camp, l'essentiel de son propos est de raconter les années de fuite du médecin tortionnaire et d'imaginer ses ressentis. Il relate des années de vie qui se sont révélées toutes aussi punitives que l'aurait été un emprisonnement. J'ai trouvé ce récit, qui tient à la fois du document et du roman, passionnant et instructif.

  • 0.25

    AVIS DONNE DANS LE CADRE DU CLUB DES EXPLORATEURS:



    Jusqu’où peut aller la vérité romanesque ? Doit-elle se substituer à la vérité historique, se superposer à cette dernière, ou limiter sa prétention à un rôle second ? Olivier Guez dans La Disparition de Josef Mengele apporte une réponse qui sera précieuse à tous ses potentiels lecteurs que nous espérons très nombreux : il franchit cet obstacle parfaitement en narrant la vie de Joseph Mengele durant l’après-guerre en Amérique Latine par l’imaginaire, bien sûr ; mais aussi en s’adossant à une solide documentation historique et livresque.

    Ce qui frappe tout d’abord à la lecture de ce texte, c’est le souci constant de mise en perspective d’Olivier Guez concernant la situation de l’après-guerre .Ainsi décrit-il les lieux de Buenos Aires que Mengele fréquente : « Depuis quelques jours, il arpente Buenos Aires. La colossale avenue du 9 juillet et son obélisque ; Corrientes, ses cabarets et ses librairies ; le gratte-ciel Barolo et les cafés Art nouveau de l’avenue de Mai. » L’auteur souligne à bon droit la convergence idéologique entre les idées des nazis et celles de certains dictateurs sud-américains tels que Perón en Argentine, ou Stroessner au Paraguay. On découvre également, en Argentine, la parution régulière d’un journal rédigé en allemand Der Weg (la voie, le chemin) animé par des anciens du IIIe Reich : Eberhard Fritsch, engagé dans les Waffen-SS, Croix de Fer première classe, affecté au bureau central du repeuplement de la race en Pologne .Toutes les relations que Mengele va nouer, dans le cercle des réfugiés nazis, seront du même calibre .
    Autre mérite d’Olivier Guez : rappeler que les idées nazies de purification, de supériorité de la race aryenne, d’élimination des parasites étaient déjà présentes dans la science officielle par l’eugénisme et le darwinisme dans leurs implications les plus extrêmes : « Tout le monde voulait faire de la biologie car elle menait aux carrières les plus prestigieuses et les plus rémunératrices (…) la société allemande ne raisonnait alors qu’en termes biologiques. La race, le sang ».

    Olivier Guez parvient à accéder à une dimension historique affirmée tout au long de ce qui n’est pas, et ne peut pas être, un récit exclusivement romancé, par respect pour les victimes et pour l’Histoire. Il s’appuie sur les témoignages, cités à plusieurs reprises dans son livre, de Mijklos Nyiszli, médecin légiste à Auschwitz, forcé d'exécuter les ordres du docteur Mengele et auteur de Médecin à Auschwitz ; et aussi sur celui de Johann Chapoutot La Loi du sang, qui a permis à l’auteur de mieux restituer la vision nazie.
    Le quotidien de Josef Mengele, ses fréquentations, ses relations familiales épistolaires ou directes, sont également évoquées avec une grande vraisemblance. Faut-il comme le dit l’auteur « se méfier des hommes » ? Olivier Guez réussit avec beaucoup de talent et de force de conviction à nous faire toucher du doigt cet aspect effrayant de l’histoire : l’impunité d’un criminel contre l’humanité.

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