La disparition de Josef Mengele

Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

4.153846153

26 notes

Résumé:

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le... Voir plus

1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l'ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s'inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L'Argentine de Peron est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s'enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l'angoisse, ne connaîtra plus de répit... jusqu'à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d'opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l'argent et l'ambition. Voici l'odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre.

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  • 0.25

    Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait...
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    Josef Menegele, l'ange de la mort d'Auschwitz, n'a jamais été traduit devant un tribunal pour ses crimes contre l'humanité. Au camp, il condamnait des trains entiers de déportés en les envoyant directement à la chambre à gaz. En tant que médecin spécialisé dans la pureté de la race, il menait des expérimentations terribles (fécondation forcée de jumeaux, sevrage total d'un nourrisson pour voir combien de temps il survivrait, etc.). La guerre finie, Mengele part en cavale, il se cache, d'abord dans une ferme en Allemagne avant de gagner l'Argentine. Là-bas, il se tisse un réseau d'anciens nazis et autres fascistes rassurés par les grandes idées de Peron. Ses amis sont avant définis par le nombre d'innocents qu'ils ont envoyé à la mort, le plus assidu est considéré comme le meilleur soldat, le plus fidèle à leurs idées. Mengele s'installe, divorce, se remarie avec sa belle-soeur, profite des moyens financiers pharamineux de sa famille pour s'acheter une grande maison. Jusqu'à ce que sa tête soit mise à prix pour de bon. Il se réfugie au Paraguay, puis au Brésil, terrifié à l'idée d'être enlevé par le Mossad, comme Eichmann. Jusqu'à sa mort, Mengele refuse de faire face à la justice. Seul, abandonné de tous et malade, il continue de justifier ses crimes comme un devoir à sa patrie. Jusqu'au bout, il aura refusé d'admettre qu'il était un bourreau.
    Cette vie de fugitif traqué et apeuré valait-elle mieux que la mort? Valait-elle mieux qu'une reconnaissance de ses crimes? La fuite n'aura apporté à Mengele que la peur et l'angoisse, elle l'empêché de vivre, elle l'a détourné des siens, elle lui a détruit la santé. Tellement certain de son bon droit, il n'a jamais cessé d'affirmer qu'il était une victime, il n'a jamais remis en question son comportement présent ou ses crimes passés. Mengele avait l'impunité de ceux qui se sont sentis supérieurs toute leur vie.
    Mengele est un personnage tellement détestable, un archétype de psychologie de boulevard : imbu de lui-même jusqu'à l'extrême, il a trouvé dans l'idéologie nazie le tremplin parfait pour servir ses ambitions. Olivier Guez joue ici sur notre envie de haïr ce criminel de guerre, en le présentant souvent comme un homme perdu, victime de sa situation, et en nous rappelant l'instant suivant sa nature profondément pernicieuse qui l'amène à se mêler de tout, à faire la leçon à tout le monde en permanence.
    On retrouve ici encore la notion de « banalité du mal« : Mengele est persuadé de n'avoir fait que « son devoir« , comme il l'indique à son fils quand celui-ci vient chercher des réponses. Il se présente lui-même comme un exécutant, là où il a souvent été l'instigateur – notamment pour toutes les expériences inhumaine infligées aux prisonniers des camps. Il parvient magnifiquement à justifier ses crimes, dans leur contexte, dans leur nécessité et leur cohérence, et nous ne pouvons nous empêcher d'admirer sa logique, toute cruelle et aberrante qu'elle soit.
    Olivier Guez a réussi à donner vie ici à Josef Mengele, dans toute la complexité de ce personnage simplement honni, et pourtant terriblement complexe. C'est un roman qui sent l'exactitude historique à plein nez, avec des citations réelles, des anecdotes contextuelles à propos, mais c'est heureusement un roman, sans les travers que je reproche souvent aux reconstitutions historiques : nous, lecteurs, n'avons pas l'impression de lire un documentaire. Il distille habilement les informations sur les exactions commises par Mengele, pour qu'on ne le haïsse pas tout de suite, pour qu'on ait pitié, puis il assène comme un coup de grâce le détail de ses expérimentations au camp. A la fin, aucun doute, on regrette que Mengele n'ait jamais eu à répondre de ses crimes. Surtout lorsque quelques dates présentées dans l'épilogue nous rappellent que tout cela n'a eu lieu que qu'une ou deux dizaines d'années avant notre naissance, que le fils de Mengele est toujours vivant, ainsi que d'autres personnages de ce récit.
    Comme le souligne parfaitement Olivier Guez dans sa conclusion, les hommes ont l'oubli facile : même les pires atrocités sont finalement laissées de côté, oubliées. Qui, dans ma génération, celle des enfants du XXIème siècle, connait Josef Mengele? Je vous l'avoue, ce n'était pas un nom qui m'était familier avant de lire ce récit. Désormais, c'est un nom que je n'oublierai pas.

  • 0.15

    Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire...
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    Ne rêve-t-on pas tous un jour de se venger de nos ennemis ? Ou du moins que justice soit faite ? Olivier Guez s'occupe de venger toutes celles et ceux, vivants ou morts, qui ont été victimes du médecin bourreau d'Auschwitz, j'ai nommé l'affreux, le vilain Josef Mengele. En choisissant d'écrire le récit d'une des traques les plus célèbre de l'histoire moderne, l'auteur choisi de se ranger du côté de l'horreur et de l'indicible en une plongée spectaculaire dans un esprit nébuleux. Précision et rigueur rythment le roman d'Olivier Guez qui pratique le détachement et la froideur d'une personnalité ombrageuse autant que lâche. Rencontre avec un personnage qui ne fut, malheureusement pas, que fiction. 

    La Seconde Guerre Mondiale terminée, l'heure des comptes a sonné. Josef Mengele, médecin tortionnaire d'Auschwitz n'est qu'aux prémices de sa longue traversée du désert. Après s'être caché au nord de l'Allemagne puis obtenu un passeport italien, il opte pour le nouveau monde : l'Argentine. Fraîchement débarqué en 1949, il rêve d'une nouvelle vie à Buenos Aires auprès d'anciens camarades de guerre. Tout avait pourtant bien commencé : un pays avec à sa tête un couple sympathisant et admirateur d'Hitler et Mussolini, les Perón, des amis qui vous veulent du bien, un avenir professionnel... c'était sans compter sur la traque du Mossad comme de la justice allemande et internationale. Durant trente ans, de planque en planque, d'un pays à l'autre, le médecin vacille entre inquiétude et paranoïa. Du port de la moustache à celui des chapeaux, l'homme dont tout le monde veut la tête passera entre les mailles du filet, et ce, jusqu'au dénouement final.

    Récit très documenté ou biographie romancée, on peut affirmer la volonté de l'auteur de décrire un homme convainquant et convaincu d'une idéologie néfaste et mensongère en mettant sur pied les pires expérimentations connues. En se penchant sur sa propre perception de l'homme qu'il fut, le romancier interroge non seulement l'homme, mais aussi les actes. 

    Dans un premier temps, on découvre un homme craintif de voir sa véritable identité dévoilée mais néanmoins heureux d'une liberté retrouvée, d'un métier a nouveau pratiqué et une vie sociale et confortable assouvie. Toutefois, une pointe de nostalgie, qui le poursuivra toute sa vie, l'empêche de jouir pleinement de sa nouvelle autorité. 

    En le présentant comme un homme en proie aux doutes, l'image de Mengele s'étiole. De plus en plus acculé, le criminel de guerre cède à la panique puis la paranoïa. Entouré de sa seconde femme, qui n'est autre que la veuve de son frère, d'amis fidèles et d'une famille protectrice, l'homme commence à sombrer. Colérique, froid et lâche, son entourage supporte de moins en moins cet homme fourbe et manipulateur. 

    A l'aube de la fin, l'homme fort et autoritaire n'est plus que l'ombre de lui même. Bercé par ses gloires d'antan, il n'est plus qu'un homme dépassé par son temps et par une vie de fuite. La fuite rattrape l'homme et l'homme essaie tant bien que mal de rattraper le passé. Pitoyable, il regarde un monde qu'il ne comprend plus.

    Des chapitres courts, parfois ardus, cadence le roman et mettent en lumière la rapidité des mouvements du personnage sur sa traque. A chaque nouvelle identité, chaque déménagement, j'ai cru en son arrestation imminente comme on croit au Père Noel. J'ai maudit ces réseaux tentaculaires, des administrations à l'Eglise, qui ont joué un rôle décisif à sa liberté. J'ai maudit ces hommes et ces femmes libres, jouissant d'une vie de pacha où l'argent coule à flots. Oui, c'est peut-être ça le plus pénible : l'insouciance, même le plus petit répit, de tous ces êtres dénués de cœur et de raison.

    Olivier Guez a su confondre à ce personnage toute la bestialité et la froideur des sentiments qui le caractérise. A l'image du monstre se découpe l'image d'une nouvelle génération qui, elle, refuse toutes ambiguïtés et assimilations aux actes de leurs pères. 

    Afin de palier à l'antipathie de cet affreux personnage, je vous conseille du sucre, du sucre et encore du sucre ! Une challah aux fruits secs (gâteaux polonais, et toc Mengele !) ainsi qu'un thé Honeybush d'English Tea Shop compléteront une rugueuse lecture.
    http://bookncook.over-blog.com/

  • 0.2

    La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques...
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    La disparition de Josef Mengele est l'un de ces livres dont on connaît la fin, et pourtant, tout au long de sa lecture, on n'a de cesse d'espérer qu'il se fera coincer par le Mossad, ou n'importe qui d'ailleurs, pour (enfin) payer ses crimes.
    Les souffrances physiques et psychologiques générées par son exil forcé et sa décadence semblent une bien faible peine au regard de ses crimes et ne suscitent aucune pitié. Au contraire, elles sont presque jouissives.

    La part de romanesque ne nous permet pas de savoir s'il n'avait réellement aucun remords et justifiait sans cesse ses actes par l'obéissance au Reich, mais quand bien même il aurait éprouvé de profonds regrets, aucune absolution n'était envisageable.

  • 0.25

    Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

    Un roman perturbant sur comment Josef Mengele, l'ingénieur de la race à Auschwitz, a échappé à la justice pendant 30 ans. L'écriture est fluide et nous plonge dans la fuite de cet horrible nazi assez peu connu. A lire.

  • 0.25

    Auschwitz. Pandemonium réel de l’horreur dans toute sa monstruosité. La Shoah, la solution finale, ce fut des assassinats par milliers, par millions, des tortures et… des expériences médicales par les « docteurs de la mort », oxymore total et absurde. Pourtant ces médecins ont existé et combien...
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    Auschwitz. Pandemonium réel de l’horreur dans toute sa monstruosité. La Shoah, la solution finale, ce fut des assassinats par milliers, par millions, des tortures et… des expériences médicales par les « docteurs de la mort », oxymore total et absurde. Pourtant ces médecins ont existé et combien d’entre eux ont échappé à la justice, n’ont jamais été condamné pour des crimes inqualifiables. On pense de suite à Aribert Heim et Josef Mengele. C’est ce dernier qui est le sujet du dernier roman d’Olivier Guez « La Disparition ».

    Le récit débute en 1949 quand « l’ange de la mort » débarque en Argentine, nation d’un continent qui va devenir une terre d’accueil (ou plutôt de cachette) pour un chiffre incalculable de nazis. Et si, par exemple, Klaus Barbie a fini par être rattrapé par la justice, beaucoup couleront des jours tranquilles (ou presque), tel Josef Mengele qui s’éteindra sur les côtes brésiliennes en 1979. 30 ans de liberté totale…

    La forme du roman permet de donner une dimension excessivement puissante à cette tragédie de l’impunité et du caractère absolument déconcertant de Josef Mengele qui ne « s’abandonnait jamais à un sentiment humain » !

    Egoïste, narcissique, insensible pour les autres, paranoïaque… la liste des qualificatifs envers ce bourreau est longue ; la seule consolation est de se rendre compte qu’il n’a jamais été vraiment heureux dans cette fuite, il se sentait traqué et paniquait à chaque instant… lui qui jouissait de dominer les déportés, qui riait du sort funeste de milliers de juifs, qui faisait régner la terreur était, en fait, un piètre couard, incapable de prendre seul une décision et sans l’aide de sa riche famille et d’amis plus solidaires que lui, il aurait terminé beaucoup plus rapidement dans les ténèbres de la mort lente…

    Récit qui permet de sombres réflexions sur la responsabilité de ceux qui aident des criminels de masse à s’enfuir, à ces dictatures qui se soutiennent les unes aux autres même si, parfois, les buts et idéaux politiques sont différents, à cette tendance à protéger ou à oublier parce que d‘autres enjeux sont à affronter. Et puis cette notion de culture, d’éducation, qui est loin d’être une arme infaillible contre l’intolérance et l’extrémisme : nombre de nazis étaient des amoureux de la littérature et de musique, Mengele sifflant de notes de « Tosca » en acheminant les déportés vers les chambres à gaz… el lucevan senza stelle…

    Un ouvrage à lire, relire parce que l’histoire ne doit jamais être effacée. A l’éblouissement du style et de l’écriture d’Olivier Guez, se côtoie la noirceur désarmante sur cette scélératesse dont est capable certains êtres dénommés humains. Et ce, sans avoir l’once d’un regret et pensant sincèrement qu’ils agissent pour le bien de l’humanité…

    http://squirelito.blogspot.fr/2017/12/une-noisette-un-livre-la-disparition-de.html

    Livre reçu grâce aux Editions Grasset et la communauté Orange Lecteurs

  • 0.25

    Bravo monsieur Guez d'avoir permis de mieux cerner cet ignoble personnage grâce à la fiction.
    Comment l'histoire a pu passer à côté d'un "modeste" capitaine SS qui faisait la collection des yeux de ses victimes. Je n'ai cessé de compulser les sites spécialisés dans cette période pour vérifier,...
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    Bravo monsieur Guez d'avoir permis de mieux cerner cet ignoble personnage grâce à la fiction.
    Comment l'histoire a pu passer à côté d'un "modeste" capitaine SS qui faisait la collection des yeux de ses victimes. Je n'ai cessé de compulser les sites spécialisés dans cette période pour vérifier, recouper...
    Je me demande ce que sont devenus les centaines d'autres médecins qui ont été très actifs dans les camps...
    Le prix Renaudot est follement mérité!

  • 0.2

    Triste période: la seconde guerre mondiale, les camps, les exterminations et un homme Josef Mengele, médecin SS à Auschwitz. Nous sommes en 1949, il fuit en Amérique du sud comme beaucoup d'autres. A Buenos Aires où il vivra heureux dans l'Argentine de Peron, au milieu d'autres tortionnaires...
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    Triste période: la seconde guerre mondiale, les camps, les exterminations et un homme Josef Mengele, médecin SS à Auschwitz. Nous sommes en 1949, il fuit en Amérique du sud comme beaucoup d'autres. A Buenos Aires où il vivra heureux dans l'Argentine de Peron, au milieu d'autres tortionnaires sans aucun problème d'argent sa famille restait en Allemagne va subvenir à ses besoins toute sa vie...Il va enfin être traquer et devra fuir, errer de cachettes en cachettes dans la peur, jusqu'à sa mort au Brésil en 1979. Seule consolation car il ne sera jamais jugé pour ses atrocités il aura vécu des années dans l'angoisse, dans la peur de l'arrestation, libre sans être libre...Son fils a changé de nom, la honte de ce père détesté, en 2008, il a demandé au peuple Juif de ne pas le haïr à cause des crimes perpétrés pas son père...Très bon livre, prix Renaudot 2017

  • 0.2

    Buenos Aires , terre de fuyards, où le passé n'existe pas, havre de paix pour les anciens dignitaires SS. Helmut Gregor, y débarque en 1949, dans sa valise, des seringues, des échantillons de sang, des plaquettes de cellules, des notes et schémas anatomiques, étrange pour un mécanicien. Gardien...
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    Buenos Aires , terre de fuyards, où le passé n'existe pas, havre de paix pour les anciens dignitaires SS. Helmut Gregor, y débarque en 1949, dans sa valise, des seringues, des échantillons de sang, des plaquettes de cellules, des notes et schémas anatomiques, étrange pour un mécanicien. Gardien de la pureté de la race et alchimiste de l'homme nouveau, Gregor est l'ange de la mort, le docteur Josef Mengele. Les chambres à gaz tournaient à plein régime pendant qu'il cueillait des myrtilles avec sa femme.

    Tout en représentant l'entreprise familiale d'équipement agricole, Josef pratique pendant ses moments perdus, des avortements clandestins pour les jeunes filles des riches familles argentines. Ses amis nazis caressent le rêve de revenir aux affaires en Allemagne, lors des élections fédérales de 1953.

    Portrait d'un monstre qui ne pense qu'à lui, qui n'aime que lui, portrait d'un homme qui se sent trahit par l'Allemagne et ses dirigeants qui condamne le nazisme et indemnise les juifs, , qui est amer en voyant les industriels qui s'en sont mis plein les poches pendant la période bénie des camps et qui ont retrouvé leur famille, la société civile et repris leur carrière, alors que lui exilé, doit seul payer l'addition.

    Portrait d'un homme qui a réussi à passer dans les mailles du filet, il a échappé à l'armée rouge, aux américains, aux israéliens, mais il est traqué, avec la peur d'être démasqué, capturé, jugé et pendu comme Eichmann dans la cour d'une prison. Portrait d'un homme qui jusqu'à sa mort misérable pense toujours que les juifs n'appartiennent pas au genre humain et qui rêve d'une race nordique supérieure, avec un milliard de purs germains à l'horizon 2200.

    Olivier Guez nous entraîne avec sa plume alerte et précise sur les pas de l'ancien médecin tortionnaire d'Auschwitz . Son roman présente plusieurs centres d'intérêt, le triste personnage de Mengele bien sûr, l'homme et ses monstruosités, la bienveillance des pays d'Amérique du Sud et de leurs dirigeants, dont Péron et sa femme Evita, qui accueillent à bras ouverts les anciens chefs nazis, l'Allemagne frappée d'amnésie générale qui réintègre les hommes de mains et les cadres de l'ancien parti d'Hitler. Mais le lecteur doit toujours avoir en tête qu'il s'agit avant tout d'une histoire romancée et que la description de la fin pitoyable de Mengele ne doit pas faire oublier tout ce qu'il a fait endurer à des milliers de femmes et d'enfants notamment.

  • 0.2

    Un récit/roman (?) qui prend aux tripes en remémorant le parcours de ce médecin boucher d'Auchwitz. Josef Mengele est suivi, pourchassé, traqué, sans jamais avoir une once de regret ou de remords, même lorsque son propre fils, qu'il connaît à peine, le poussera dans ses retranchements. Un livre...
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    Un récit/roman (?) qui prend aux tripes en remémorant le parcours de ce médecin boucher d'Auchwitz. Josef Mengele est suivi, pourchassé, traqué, sans jamais avoir une once de regret ou de remords, même lorsque son propre fils, qu'il connaît à peine, le poussera dans ses retranchements. Un livre fort, piqûre de rappel d'une triste page de notre histoire. Olivier Guez a reçu le prix Renaudot avec ce roman, distinction méritée, tant pas la qualité d'écriture que par le travail de recherche sur le personnage. A lire et diffuser dans les collèges pour que la mémoire de ces atrocités ne s'efface pas, et nous préserve d'un éventuel retour de la barbarie.

  • 0.15

    Texte important. Mais pas roman à mon humble avis : il s'agit de la biographie de la vie de Mengele à la suite de la fin de guerre. C'est très intéressant, on apprend comment ce type, qui incarne le pire de l'humanité, arrive à se faufiler entre les mailles du filet qui est plus ou moins agité...
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    Texte important. Mais pas roman à mon humble avis : il s'agit de la biographie de la vie de Mengele à la suite de la fin de guerre. C'est très intéressant, on apprend comment ce type, qui incarne le pire de l'humanité, arrive à se faufiler entre les mailles du filet qui est plus ou moins agité pour le retrouver, ou pas. Comment ses proches réagissent, comment il se cache, à qui il dit qui il est etc...
    Mais ce n'est pas là un roman, c'est la vraie vie de Mengele, qui n'est pas un personnage de fiction mais une vraie personne.
    Rien à voir par exemple avec les 2 livres de Laurent Binet, "HHHHh" ou "la 7ème fonction du langage", qui s'inspirent du réel pour faire de la fiction.

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