Olivier Guez

Olivier Guez

Olivier Guez est journaliste (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Le Monde, New York Times...).Il est l’auteur de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix a...

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Olivier Guez est journaliste (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Le Monde, New York Times...).Il est l’auteur de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix allemand du meilleur scénario pour le film Fritz Bauer, un héros allemand.
 

Articles (6)

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Avis (36)

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Christelle Point sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il...
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    De Josef Mengele avant et pendant la guerre, on sait quasiment tout. De Josef Mengele après la guerre, on sait peu de choses et on a beaucoup phantasmé sur la question. Son parcours de fugitif a même inspiré deux films à Hollywood (« Marathon man » et « Ces garçons qui venaient du Brésil ») S’il est aujourd’hui établi qu’il est mort noyé au Brésil en 1979, pendant plus de 30 ans on a rien su ou presque de sa lui, de son train de vie, de sa vie professionnelle en Amérique du Sud, de ses protections familiales ou politiques. C’est sur cette trame qu’Olivier Guez a décidé de mettre son talent d’écrivain à l’œuvre. C’est un roman à la lisière du livre historique et de l’enquête journalistique, et l’on suit la destiné de l’Ange de la Mort d’Auschwitz de son débarquement du bateau à Buenos Aires qu’à l’exhumation de son cadavre pour des expertises ADN dans les années 90. L’Argentine de Perón lui laisse entrevoir une relative protection, il retrouve d’anciens nazi et d’anciens collabos, vit chichement mais garde en lui, comme il le fera jusqu’à son dernier souffle, son idéologie mortifère chevillée au corps. Mais toutes les choses ont une fin et la fin du péronisme le pousse au Paraguay, puis au Brésil. Il refait sa vie, connait des périodes presque heureuses mais fugaces. Le destin le rattrape, son passé le rattrape (à défaut de le hanter), les chasseurs de nazis le traquent, il devient parano, doit se cacher, doit mentir, il va inexorablement tout perdre jusqu’à une fin minable, indigne de la très haute idée qu’il se fait de lui, de son intelligence et de son « œuvre ». C’est que le Mengele décrit par Guez ne renie rien, ne nie rien, revendique tout, le justifie encore et toujours avec la même force, le même fanatisme. Cette obstination aveugle, fanatique, comme si la notion de morale lui était parfaitement étrangère fait de lui un personnage de roman presque incroyable, au sens littéral du terme, et pourtant… Au vu de la bibliographie en fin d’ouvrage, il est clair qu’Olivier Guez a beaucoup cherché et que son Mengele doit ressembler de façon troublante au vrai. Le style de Guez est très facile à lire tout en étant assez élégant, c’est fluide, accessible, exigeant sans être ampoulé, c’est un petit livre passionnant qui mérite le prix Renaudot qui lui a été attribué l’année dernière. Les rappels historiques qui parsèment son roman, sur Auschwitz, sur le travail de Simon Wiesenthal, le procès Eichmann, le travail de Mossad sont autant de points de repère pour comprendre ce que fut le destin de ce médecin maudit pour l’éternité. Ce qui est advenu de ses restes après exhumation prouve que le « destin » à un sens de l’humour plein d’ironie. Et en refermant le livre on se dit que cet immonde personnage, pour lequel au n’aura jamais eu le début d’une ébauche de pitié, n’a pas volé ce qui lui n est finalement arrivé !

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Lgf

    Jean François SIMMARANO sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    Comment rendre romanesque la biographie d'un monstre. Olivier Guez relève le défi avec une assiduité particulière dans la description du réseau grâce auquel le boucher d'Auchwitz va pouvoir vieillir. Les dictateurs sud-américains (particulièrement Péron), les services secrets américains, les...
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    Comment rendre romanesque la biographie d'un monstre. Olivier Guez relève le défi avec une assiduité particulière dans la description du réseau grâce auquel le boucher d'Auchwitz va pouvoir vieillir. Les dictateurs sud-américains (particulièrement Péron), les services secrets américains, les grandes fortunes allemandes qui sont restées aux manettes de l'Allemagne de l'après-guerre. Roman passionnant donc à double titre. Intense par son récit et révoltant par sa véracité historique. Après "L'ordre du jour" et ce roman, la rigueur allemande louée par les vendeurs de voitures ne devrait plus faire rêver grand monde. Tout au moins espérons-le.

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Missbook85 sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en...
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    Il est Josef Mengele. Il est Helmut Gregor. Il est Don Pedro. Mais sous tous ces pseudonymes, il est surtout "l'ange de la mort".
    " La disparition de Josef Mengele ", prix Renaudot 2017, d'Olivier Guez, est publié aux Editions Grasset.
    Glaçant d'effroi ce roman est l'histoire de sa cavale en Amérique du Sud après guerre.
    Josef Mengele débarque sous une fausse identité en Argentine en 1949. En effet, l'Argentine de Peron accueille tous ces criminels de guerre, attendant le moment propice pour en tirer partie.
    p. 39-40 : " [...] l'Argentine a une formidable carte à jouer. Alors, en attendant que la guerre froide dégénère, Peron devient le grand chiffonnier. Il fouille les poubelles d'Europe, entreprend une gigantesque opération de recyclage : il gouvernera l'Histoire, avec les détritus de l'Histoire. Peron ouvre les portes de son pays à des milliers et des milliers de nazis, de fascistes et de collabos ; des soldats, des ingénieurs, des scientifiques, des techniciens et des médecins ; des criminels de guerre invités à doter l'Argentine de barrages, de missiles et de centrales nucléaires, à la transformer en superpuissance. "
    Après l'horreur de la guerre, le monde ne pense qu'à une seule chose : oublier.
    Mais les témoignages ne tardent pas à s'accumuler et on attend de ces monstres qu'ils répondent de leurs actes devant la justice. Une traque commence alors contre ces criminels de guerre. Se croyant à l'abri, Joef Mengele ne semble pas épris de remords et profite de sa nouvelle vie, allègrement. Mais lorsque ces complices lui communiquent certaines arrestations, un vent de panique le traverse.
    Il trouve donc asile au Brésil en 1961, où il devient Helmut Gregor. Retrouvant d'autres criminels de guerre de la même trempe, il ne peut s'empêcher de vanter ses états de fait, risquant même sa couverture.
    p. 49 : " Mengele tombe le masque de Gregor. Médecin, il a soigné le corps de la race et protégé la communauté de combat. Il a lutté à Auschwitz contre la désintégration et les ennemis intérieurs, les homosexuels et les asociaux, contre les juifs, ces microbes qui depuis des millénaires œuvrent à la perte de l'humanité nordique : "il fallait les éradiquer, par tous les moyens". Il a agi en homme moral. En mettant toutes ces forces au service de la pureté et du développement de la force créative du sans aryen, il a accompli son devoir de SS. "
    Essoufflée, la traque prend une nouvelle dynamique avec l'intervention du Mossad.
    p. 105 : " Début mai, l'opération Attila entre dans sa phase active avec l'arrivée des commandos du Mossad à Buenos Aires. "
    Mengele sent le vent tourner et panique. Il devient totalement paranoïaque, à s'en rendre malade, sans pour cela ressentir le moindre sentiment de culpabilité. Il est tétanisé à l'idée seule de se retrouver face à ses propres victimes. Noyé dans sa solitude, il est victime d'un AVC en 1976. Cet accident le limitera nettement dans sa cavale, il finira tranquillement sa vie au bord de la mer, toujours grâce à la complicité de ses réseaux et du soutient financier de sa famille. Sa mort en février 1979 l'aura donc sauvé d'un procès et privé ses victimes et familles de victimes d'une justice.
    Afin de réaliser ce roman historique, l'auteur a réalisé en amont de l'écriture plusieurs mois de recherche, jusqu'en Amérique du Sud, et apporte des détails sordides mais riches.
    A cette lecture, il paraît totalement inconcevable d'admettre que ce criminel de guerre ait pu vivre en toute impunité toute sa vie. Comment a-t'il pu échapper à une arrestation et à un procès pour crime contre l'humanité ? Ses réseaux étaient si influents ?
    Ce qui doit ressortir de cette lecture difficile mais réelle, c'est que l'expérience et les témoignages de l'Histoire doivent nous inciter à en retenir des leçons, et ne surtout pas réitérer, sous peine nous aussi de devenir complice.
    p. 231 : " Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s'étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s'éclipse et des hommes reviennent propager le mal. Méfiance, l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. "

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