Olivier Guez

Olivier Guez

Olivier Guez est journaliste (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Le Monde, New York Times...).Il est l’auteur de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix a...

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Olivier Guez est journaliste (Frankfurter Allgemeine Zeitung, Le Monde, New York Times...).Il est l’auteur de L’Impossible retour, une histoire des juifs en Allemagne depuis 1945 (Flammarion), Éloge de l’esquive (Grasset) et Les Révolutions de Jacques Koskas (Belfond).
Il a reçu en 2016 le prix allemand du meilleur scénario pour le film Fritz Bauer, un héros allemand.
 

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Avis (31)

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Dominique JOUANNE sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa...
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    Biographie romancée de Joseph Mengele, le médecin monstrueux d’Auschwitz, lors de son exil en Amérique du Sud qui aura duré plus de 70 ans après la guerre. Les témoignages de ses divers entourages le montrent comme un homme maniaque, bourru, de mauvais caractère, obtus, égoïste, imbu de sa personne, aigri, colérique, cruel et sans pitié. Jusqu’à sa mort, il considérera le nazisme comme la voie parfaite pour l’Humanité, restera un fidèle fervent admirateur d’Hitler, et restera persuadé que la race arienne pure et forte est celle qui devrait dominer le Monde. Jusqu’à la fin de sa vie, il justifiera le bien fondé de ses crimes abjects.
    Olivier Guez fait paraître dans son roman Adolf Eichmann comme un grossier imbécile sans éducation ni ressources contrairement au docteur Mengele, fils d’une famille de riches industriels allemands, hautement éduqué et habitué au luxe.
    J’ai particulièrement apprécié la conclusion par laquelle l’auteur met en garde des manipulations d’idéologues véreux tels le Nazisme bien sûr mais aussi toutes autres formes de sectarisme qu’on a vu apparaître avec, par exemple, Daech dernièrement, et qui, professionnels de l’endoctrinement, savent inciter à commettre le pire.
    « Mengele, ou l’histoire d’un homme sans scrupules à l’âme verrouillée, que percute une idéologie venimeuse et mortifère dans une société bouleversée par l’irruption de la modernité. Elle n’a aucune difficulté à séduire le jeune médecin ambitieux, à abuser de ses penchants médiocres, la vanité, la jalousie, l’argent, jusqu’à l’inciter à commettre des crimes abjectes et à les justifier. »
    Et ce que je trouve très important à souligner :
    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal. »
    Je suis d’accord. Tout peut recommencer.
    « Méfiance, l’homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes. »
    Je ne partage pas cette dernière phrase reflétant une généralité. En effet le cerveau humain est ce qu’on a de plus fort mais aussi de plus fragile. La confiance en l’Humain est le terreau de base pour œuvrer au progrès de l’Humanité mais certes, restons vigilants.

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

    PrestaPlume sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman...
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    Beaucoup de biographies ont été écrites sur « L’ange de la mort », le criminel de guerre qui œuvrait à Auschwitz comme médecin-chef SS. Son obsession : découvrir le secret de la gémellité par l’expérimentation sur les jumeaux. Avec La disparition de Josef Mengele, Olivier Guez propose un « roman vrai » de haute volée qui s’intéresse à la vie du tortionnaire après 1945 et au contexte géopolitique favorisant cette disparition. Il nous raconte comment Mengele a pu fuir jusqu’en Amérique latine et y vivre en toute impunité jusqu’à sa mort en 1979. L’auteur a fouillé dans le passé trouble de cet homme, issu d’une famille bourgeoise conservatrice, qui a rallié le parti nazi pour ensuite devenir SS. La clé de son ascension est un opportunisme cynique qui guidera sa conduite jusque dans l’exil au soleil. A-t-il été puni par la vie, la justice des hommes n’ayant pu être rendue ? C’est ce que l’auteur cherchera à savoir en s’intéressant à sa cavale de près de trente ans. Cette biographie romancée très documentée le dévoile sans pathos ni affect qui dévoieraient le contenu, fruit de trois années de recherche et d’écriture.

    À la fin de la guerre, Josef Mengele n’est pas inquiété outre mesure, il ne porte pas le tatouage de son rhésus sanguin sous l’aisselle identifiant tous les SS. Il a refusé cette pratique. Cette coquetterie lui a permis d’être considéré comme un simple soldat. C’est ainsi, dans la confusion, qu’il réussit à berner son monde. En 1949, il débarque en Argentine où le gouvernement de Perón est bienveillant avec les exilés nazis ou vichystes. Même les condamnés à mort par contumace sont accueillis à bras ouverts. Sous le pseudonyme d’Helmut Gregor, Mengele fraye avec les hauts dignitaires et officiers SS et, grâce à l’argent de l’entreprise familiale gérée par son frère en Allemagne, il entame une vie très agréable à Buenos Aires. Mais le silence sur l’Holocauste est rompu. Les survivants parlent et accusent. La vie de Mengele bascule à partir de 1960, au moment du procès de Eichmann. Il se sent traqué. Il a beau fulminer, il est contraint de fuir encore. Ce sera le Paraguay, puis le Brésil. Son angoisse fluctue en fonction des accords d’extradition entre les pays. Cette paranoïa rabougrit le dandy gominé et perclus d’un orgueil démesuré. Il s’entoure d’une meute de chiens et construit un mirador dans la ferme où il vit chez des Hongrois. Il sera ballotté de cache en cache, échouant dans une immonde favela où il croupira… jusqu’à sa mystérieuse noyade en 1979.

    La Disparition de Josef Mengele est une claque, magistrale et douloureuse, propre à réveiller et à faire comprendre. Après la lecture des 240 pages à la densité vertigineuse, la brûlure est tenace, mais rassérène et soulage. Une justice immanente a frappé. Ce « roman vrai de non-fiction » comme l’a nommé Olivier Guez lors des Dimanches culturels des Étangs de Corot en janvier dernier, allie avec efficacité un style journalistique précis et objectif à une narration romanesque qui embarque le lecteur au plus près de l’homme traqué. Les sentiments et les dialogues sont rendus vrais par des fragments disponibles du journal tenu pendant vingt ans par le médecin-chef barbare. Le lecteur peut facilement s’identifier à une sorte d’ange vengeur qui assiste à la déchéance de Mengele au fil de son épopée digne d’un roman. Le traitement original de ce récit démontre avec évidence combien l’homme était pitoyable. Selon Olivier Guez, Josef Mengele n’était pas le Diable, mais un homme à l’esprit médiocre qui a commis des atrocités au nom de son idéologie, un homme que la justice des hommes aurait dû pouvoir juger pour ses crimes. Avec son roman vrai, l’auteur réussit à déconstruire le mythe du criminel superpuissant.

  • Couverture du livre « La disparition de Josef Mengele » de Olivier Guez aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Jean-Paul Degache sur La disparition de Josef Mengele de Olivier Guez

    Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est...
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    Le temps passe, l’actualité défile, des événements importants ou surfaits occupent l’actualité alors que d’autres sont mis sous l’éteignoir. La lecture de livres ressortant de l’ombre une histoire récente, brouillée par tant de faits qui s’entrechoquent et perturbent notre mémoire est indispensable.

    Comme Éric Vuillard, avec L’ordre du jour, Olivier Guez doit être lu absolument car La Disparition de Josef Mengele remet en perspective, sans négliger le moindre détail, toutes ces années qui ont suivi la défaite du nazisme. Pendant que le monde tentait de se relever, les acteurs de massacres inimaginables utilisaient tous les moyens, sollicitaient toutes les complicités pour ne pas avoir à répondre de leurs actes.

    Olivier Guez a donc choisi de s’attacher aux pas du Docteur Mengele, le qualifiant ainsi : « Le médecin orgueilleux a disséqué, torturé, brûlé des enfants. Le fils de bonne famille a envoyé 400 000 hommes à la chambre à gaz en sifflotant. »
    Quand la défaite du IIIe Reich a été consommée, ce criminel de guerre a réussi à se faire oublier puis, utilisant les réseaux nazis, a pu débarquer en Argentine, à Buenos-Aires, le 22 juin 1949. Ce scientifique, généticien de haut vol se fait appeler Helmut Gregor mais tient à garder avec lui une valise contenant seringues, échantillons de sang, plaquettes de cellules… Dans ses moments de nostalgie, il songe à « ses plus belles années d’ingénieur de la race, une cité interdite à l’odeur âcre de chairs et de cheveux brûlés ceinte de miradors et de fils de fer barbelé. »
    Ce livre retrace alors la vie d’un homme toujours sur ses gardes, très méfiant, soucieux mais bien soutenu par la fortune familiale qui profite de la dictature de Perón comme tant d’autres nazis déjà réfugiés là-bas. L’auteur cite quantité de nazis pas du tout repentis, de criminels de guerre bien installés en Amérique du Sud qui savent profiter de la guerre froide et des rivalités est-ouest.
    Depuis 1946, les Perón sont maîtres de l’Argentine, soutenus par l’Église, les militaires, les nationalistes et les prolétaires. Avec son écriture précise, concise, directe, Olivier Guez remet bien en place ces années-là.
    Puis il y a la séquence Eichmann qui inquiète beaucoup Mengele. Cela ne l’empêche pas de revenir en Europe, à Genève puis à Günzburg, dans sa famille. Hélas, il n’est pas recherché en Allemagne, même s’il est placé sur la liste des criminels de guerre… La peur d’être reconnu le fait fuir à nouveau en Argentine où il peut couler des jours heureux avant de reprendre la fuite au Paraguay puis au Brésil.
    Au passage, l’auteur égratigne Simon Wiesenthal auquel il reproche d’avoir créé « le mythe du meurtrier insaisissable. » Si « Mengele est un manipulateur égocentrique », Olivier Guez prouve qu’ « aucun nazi en cavale n’a bénéficié d’un tel soutien. » Après sa mort, le 7 février 1979, à 68 ans, sur une plage, près de S࣯ão Paulo, il faut attendre 1985 pour que sa fin soit confirmée.

    « Toutes les deux ou trois générations, lorsque la mémoire s’étiole et que les derniers témoins des massacres précédents disparaissent, la raison s’éclipse et des hommes reviennent propager le mal… il faut se méfier des hommes. » La conclusion d’Olivier Guez est tellement juste et importante !

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