Eric Vuillard

Eric Vuillard
Né en 1968 à Lyon, Éric Vuillard est un écrivain et cinéaste français.

Articles en lien avec Eric Vuillard (4)

Avis sur cet auteur (68)

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    Couverture du livre « Tristesse de la terre ; une histoire de Buffalo Bill Cody » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    P'tite Baf sur Tristesse de la terre ; une histoire de Buffalo Bill Cody de Eric Vuillard

    Un peu décontenancée dans les premières pages du récit.

    Progressivement me suis laissée glisser entre les mots dans la réflexion- la méditation, devrai-je plutôt dire- d’Eric Vuillard.

    L’auteur suit les traces de Buffalo Bill et ce n’est pas tant son histoire qu’il nous conte, une...
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    Un peu décontenancée dans les premières pages du récit.

    Progressivement me suis laissée glisser entre les mots dans la réflexion- la méditation, devrai-je plutôt dire- d’Eric Vuillard.

    L’auteur suit les traces de Buffalo Bill et ce n’est pas tant son histoire qu’il nous conte, une biographie qu’il ébauche mais plutôt une oraison sur cette période de l’histoire de l’Amérique, la profonde tristesse que recèle le sort réservé aux amérindiens, la façon dont l’histoire a retenu ces faits effaçant une nouvelle fois les victimes comme déjà un canon Hotchkiss (et je répugne à mettre une majuscule à ce nom) leur avait saisi la vie.

    Pour savourer ce récit, il faut le lire lentement, laisser les impressions s’immiscer, les émotions infuser. Tristesse et empathie s’en dégageront colorant nos regards sur le monde.

    Et si la colère est présente, en germe, latente…découvrons les aspirations non satisfaites dont elle témoigne.

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    Couverture du livre « L'ordre du jour » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    Carrie sur L'ordre du jour de Eric Vuillard

    Ce très court récit, auréolé du prix Goncourt 2017, nous parle d'une notion historique que beaucoup connaissent - ou ont entendu parler - sans réellement savoir ce que c'est: l'Anschluss le 12 mars 1938, soit l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie.

    Durant une grande part du récit,...
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    Ce très court récit, auréolé du prix Goncourt 2017, nous parle d'une notion historique que beaucoup connaissent - ou ont entendu parler - sans réellement savoir ce que c'est: l'Anschluss le 12 mars 1938, soit l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie.

    Durant une grande part du récit, j'ai trouvé qu'Eric Vuillard se portait en juge de ce qu'il s'était passé.
    Que beaucoup d'hommes et de femmes, pour ne pas dire l'intégralité, ont accepté sans broncher la montée de la dictature et les brimades et humiliations, entre autres, subies par les Juifs.
    Que les puissants de ce monde ont capitulé sans chercher à combattre, pour leur propre intérêt ou par simple lâcheté ou impuissance.
    Comme il est facile de juger, 80 ans après...

    Puis, j'ai tenté de voir le récit sous un autre prisme. Et si Eric Vuillard cherchait avant tout à mettre en garde, à nous dire, "Hé, toi là-bas, ne pense pas que ça ne pourrait pas recommencer", principe de précaution oblige, il n'y a qu'à voir ce qu'il se passe aujourd'hui dans le monde. On ne retire pas de véritable leçon du passé.

    J'avoue être restée assez éloignée du livre dans le sens où je ne suis pas véritablement entrée dedans. La plume d'Eric Vuillard, dont c'était ma première lecture, est agréable, jolie même parfois dans un certain lyrisme, mais m'a laissée à distance. Je n'y ai vu surtout qu'une succession d'anecdotes (si je peux appeler ça anecdotes, je n'en suis pas certaine) et de faits relatés, superposés, en palimpseste, sans expliquer (mais y-a-t-il quelque chose d'explicable?)

    Une phrase m'a profondément choquée, lorsqu'il évoque la foule autrichienne qui acclame Hitler au lendemain de l'Anschluss, "Pas un coup de feu n'a été tiré. Quelle tristesse!"
    Je pense, et cela n'engage que moi, que ce n'était tout simplement pas possible.

    Ce récit, surtout, m'a fait repenser à mon séjour à Berlin, il y a cinq ans tout pile. Je m'y suis rendue, tiens, avec l'amie qui m'a prêté ce livre.
    Nous avons visité à cette occasion un musée qui s'appelle, de mémoire, Topographie de la Terreur, où l'on peut voir la montée des idées extrémistes dès le début des années 30, en Allemagne, en Autriche, et plus à l'Est aussi (n'oublions pas non plus qu'à l'époque, l'ennemi était le communisme). Une des photographies, mondialement connue, montre une foule en liesse faisant le salut nazi. Au milieu de cette foule, un seul homme, UN seul, croise les bras. Alors oui, cet homme aurait pu être suivi de milliers d'autres. Ou pas
    On ne changera pas l'histoire, on peut juste essayer d'être au clair avec soi, aujourd'hui, pour espérer, en insufflant de la bienveillance, que ça fasse boule de neige. Je suis naïve? Certes, mais je préfère ça au pessimisme ambiant et au manque de confiance dans l'homme.

    Une lecture en demi-teinte, qui ne m'a ni déplu, ni plu.

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    Couverture du livre « La guerre des pauvres » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    Jean-Paul Degache sur La guerre des pauvres de Eric Vuillard

    Comment écrire un livre très actuel en parlant de faits datant de plusieurs siècles ?

    Éric Vuillard le fait et le réussit bien dans ce court récit, La guerre des pauvres. Auteur découvert avec 14 juillet puis son fameux Prix Goncourt, L’ordre du jour, il excelle dans la concision et sa...
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    Comment écrire un livre très actuel en parlant de faits datant de plusieurs siècles ?

    Éric Vuillard le fait et le réussit bien dans ce court récit, La guerre des pauvres. Auteur découvert avec 14 juillet puis son fameux Prix Goncourt, L’ordre du jour, il excelle dans la concision et sa lecture est toujours très instructive.
    En quelques pages, il nous raconte l’histoire de Thomas Müntzer dont le père fut exécuté en 1500. La vie de cet homme aurait sûrement été tout autre si, cinquante ans plus tôt, l’invention de l’imprimerie n’avait permis à de plus en plus de monde de lire enfin la Bible dans le texte plutôt que de se contenter de ce latin incompréhensibles et des commentaires orientés des gens dit d’Église.
    Éric Vuillard rappelle fort à propos que, deux siècles plus tôt, de l’autre côté de la Manche, Johan Wyclif avait traduit cette même Bible en anglais, préconisant une relation directe à Dieu, se passant donc de prélats. Ensuite, John Ball a mené la révolte contre une nouvelle taxe : « Les paysans marchent en ordre et ils sont nombreux, plus de cent mille, on vient de partout, des foules misérables se rassemblent. » Hélas, ces révoltes se terminent dans le sang et par l’écrasement des plus faibles.
    Retour en Bohême avec Jan Hus qui se bat contre l’argent et le pouvoir des princes : jugé, brûlé ! Enfin, on retrouve Thomas Müntzer en 1522. Il dit la messe en allemand, parle de « pauvres laïcs et paysans » mais ne voit que la violence pour changer, violence qui se retourne contre les hordes de misérables.
    Dans ce livre étonnant, Dieu est mis à toutes les sauces, permettant de justifier tout et son contraire. Cette invention humaine offre toutes les perspectives puisqu’on lui fait dire ce que l’on veut, s’appuyant sur des textes écrits puis réécrits par des humains.
    Éric Vuillard rappelle donc et démontre que seule la violence arrive à faire reculer les puissants qui ne cessent de tout faire pour s’enrichir toujours plus. Hélas, ceux-ci possèdent la force et les armes. Combien de révoltes suscitées par la misère se sont terminées dans le sang ? De plus, il est certain que quantité de conquêtes sociales sont sans cesse remises en cause, comme l’époque actuelle nous le confirme.

    Heureusement, Éric Vuillard promet une suite à cet essai, suite peut-être plus optimiste…
    Chronique à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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    Couverture du livre « La guerre des pauvres » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    Ghislaine DEGACHE sur La guerre des pauvres de Eric Vuillard

    La guerre des pauvres est un opuscule de soixante-huit pages seulement mais c’est un récit fort et intéressant sur ces oubliés qui constituent les masses laborieuses, paysans, ouvriers et manants : les pauvres.
    En 1524, ceux-ci vont se soulever dans le sud de l’Allemagne contre les puissants et...
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    La guerre des pauvres est un opuscule de soixante-huit pages seulement mais c’est un récit fort et intéressant sur ces oubliés qui constituent les masses laborieuses, paysans, ouvriers et manants : les pauvres.
    En 1524, ceux-ci vont se soulever dans le sud de l’Allemagne contre les puissants et les nantis. Le jeune théologien Thomas Müntzer est à leurs côtés. La diffusion de la Bible puis sa traduction ont permis sa lecture et des interprétations.
    Ainsi, Thomas Müntzer pense qu’il existe « une relation directe entre les hommes et Dieu. » Aussi, pourquoi tant de prélats et tant d’apparat dans l’Église qui, elle, exhorte les pauvres à accepter leur sort ?
    Ses idées se diffusent et la révolte prend de l’ampleur mais les détracteurs s’organisent et le conflit est inévitable.
    Dans La guerre des pauvres, Éric Vuillard relate les luttes sociales du Moyen Âge mais comment ne pas voir en écho nos propres luttes actuelles, dans un monde contemporain où plus de 80 % des richesses sont concentrées entre les mains de 1 % des plus fortunés. Il relate une lutte d’abord d’origine religieuse puis économique et politique.
    Nous sentons, sous sa plume, comme dans ses précédents ouvrages, que ce soit 14 Juillet ou L’ordre du jour, un sentiment de colère, d’indignation contre l’injustice, le cynisme et l’égoïsme des puissants. Un sentiment que je partage entièrement.