Eric Vuillard

Eric Vuillard
Né en 1968 à Lyon, Éric Vuillard est un écrivain et cinéaste français.

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Avis (60)

  • Couverture du livre « L'ordre du jour » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    Annie-France belaval sur L'ordre du jour de Eric Vuillard

    Je n'ai pas trop aimé ce Goncourt, trop historique, pas assez roman; il a le mérite de détruire des légendes et de montrer que dès 1933, les industriels, toujours prospères de nos jours, ont été du côté et aux côtés d'Hitler.
    J'ai regretté un manque: tous ne l'ont pas suivi: Schlinder par exemple.

    Je n'ai pas trop aimé ce Goncourt, trop historique, pas assez roman; il a le mérite de détruire des légendes et de montrer que dès 1933, les industriels, toujours prospères de nos jours, ont été du côté et aux côtés d'Hitler.
    J'ai regretté un manque: tous ne l'ont pas suivi: Schlinder par exemple.

  • Couverture du livre « L'ordre du jour » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    Colette LORBAT sur L'ordre du jour de Eric Vuillard

    C’est ainsi que cela se passe. Nous sommes le 20 février 1933. Le parti, en l’occurrence, le parti nazi, a besoin de fonds, alors, messieurs (pas de dames à cette époque !) les industriels, vous êtes priés de mettre la main au porte-monnaie. « Ce moment unique de l’histoire patronale, une...
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    C’est ainsi que cela se passe. Nous sommes le 20 février 1933. Le parti, en l’occurrence, le parti nazi, a besoin de fonds, alors, messieurs (pas de dames à cette époque !) les industriels, vous êtes priés de mettre la main au porte-monnaie. « Ce moment unique de l’histoire patronale, une compromission inouïe avec les nazis, n’est rien d’autre pour les Krupp, les Opel, les Siemens, qu’un épisode assez ordinaire de la vie des affaires, une banale levée de fonds. Tous survivront au régime et financeront à l’avenir bien des partis à proportion de leur performance ». Dès le début, l’humour grinçant et glaçant d’Eric Vuillard fait mouche.
    Hitler se lancent dans sa campagne d’intimidation car il veut agrandir l’Allemagne « On envahirait d’abord l’Autriche et Tchécoslovaquie. C’est qu’on était trop à l’étroit en Allemagne » Pourtant « Personne ne pouvait ignorer les projets des nazis, leurs intentions brutales. L’incendie du Reichstag, le 27 février 1933, l’ouverture de Dachau, la même année, la stérilisation des malades mentaux, la même année, la Nuit des longs couteaux, l’année suivante, les lois sur la sauvegarde du sang et de l’honneur allemand, le recensement des caractéristiques raciales, en 1935 ; cela faisait vraiment beaucoup ». Oui, cela fait beaucoup, mais cela ne suffit pas. Hitler veut annexer l’Autriche. Vuillard relate, avec forces de détails les « pourparlers ». Schuschnigg « le petit despote autrichien » est convoqué en Bavière. Il arrive en tenue de skieur car c’est l’alibi de ce voyage, nous sommes le 12 février 1938 « c’est carnaval : les dates les plus joyeuses chevauchent ainsi les rendez-vous sinistres de l’histoire »Pour parler, Hitler a parlé, Kurt Von Schuschnigg est tombé dans le piège et a accepté l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne.
    Une tragi-comédie dont on connait les déroulements, la fin, les morts, les camps, l’horreur. Pourtant, le livre d’Eric Vuillard, outre son débit vif relate des faits historiques dignes d’un film comique. Ribbentrop, invité par Chamberlain pour un déjeuner d’adieu reste-t-il au-delà de ce que la bienséance le veut. Le Foreign Office apporte une missive à Sir Cadogan et Chamberlain, une missive importante et préoccupante. Chamberlain ne peut sortir de table et s’occuper de ce qui le tracasse…. Ribbentrop continue son numéro de pipelette car il sait ce que contient la note et, dans la voiture qui ramène le couple Ribbentrop, « Il y eut alors une franche démonstration de gaieté. Les Ribbentrop rient du bon tour qu’il avaient joué » à tout le monde…. L’Allemagne vient d’entrer en Autriche et l’Angleterre n’a pu répondre en temps voulu.
    Encore mieux, ce matin du 12 mars, alors que les autrichiens attendent l’arrivée du Führer avec grande impatience avec toute une escouade de panzers. Vous savez, ces blindés dont on ne parle que par superlatifs « Ainsi, en cachette, l’Allemagne s’était constitué, à ce qu’on disait, une prodigieuse machine de guerre. Et c’était justement dette nouvelle armée, cette promesse enfin réalisée au grand jour, que tous les Autrichiens attendaient au bord de la route, ce 12 mars 1938 »… Et bien… Ils étaient en panne « Les chars ramaient dans la colle ». Imaginez la tête d’Hitler, bloqué dans sa Mercedes, au milieu de cet embouteillage monstre. « Hitler est hors de lui, ce qui devait être un jour de gloire, une traversée vive et hypnotique, se transforme en encombrement. Au lieu de la vitesse, la congestion ; au lieu de la vitalité, l’asphyxie ; au lieu de l’élan, le bouchon ». Le mythe hitlérien en prend un sacré coup.

    « Les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petits pas. » écrit Eric Vuillard. Il aurait pu rajouter, de compromission en compromission, de lâcheté en lâcheté de nos « grands » hommes politiques. Ainsi Halifax à Baldwin : « Le nationalisme et le racisme sont des forces puissantes, mais je ne les considère ni contre nature, ni immorales » ; et un peu plus tard « Je ne puis douter que ces personnes haïssent véritablement les communistes. Et je vous assure que si nous étions à leur place, nous éprouverions la même chose. ». Eric Vuillard fait là une démonstration historiquement implacable sur un ton ironique, grinçant ; une autre vue de la montée d’Hitler. Limpide, cinglant, ironique.

  • Couverture du livre « L'ordre du jour » de Eric Vuillard aux éditions Actes Sud

    heleneh sur L'ordre du jour de Eric Vuillard

    très interressant, vrai, j'ai beaucoupo aimé

    très interressant, vrai, j'ai beaucoupo aimé

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