Vivre ensemble

Couverture du livre « Vivre ensemble » de Emilie Frèche aux éditions Stock
  • Date de parution :
  • Editeur : Stock
  • EAN : 9782234081734
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

« La première fois qu'ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n'a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peutêtre était-ce juste un rire, et, pris d'une rage folle, il s'est mis à hurler qu'il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo jamais son... Voir plus

« La première fois qu'ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n'a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peutêtre était-ce juste un rire, et, pris d'une rage folle, il s'est mis à hurler qu'il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo jamais son frère, puis il a attrapé un couteau de boucher aimanté à la crédence derrière lui et, le brandissant à leur visage, il a menacé de les tuer cela faisait une heure à peine qu'il les connaissait. » Tout le monde ne parle que du vivre-ensemble mais, au fond, qui sait vraiment de quoi il retourne, sinon les familles recomposées ? Vivre ensemble, c'est se disputer un territoire.

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  • Vivre ensemble est l'un des premiers romans de la Rentrée littéraire que j'ai lus en juin après avoir eu la chance d'en recevoir un certain nombre en avant-première. Bizarrement, je n'avais encore jamais rien lu d’Émilie Frèche et sa prestation très alléchante lors de la grande réunion de...
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    Vivre ensemble est l'un des premiers romans de la Rentrée littéraire que j'ai lus en juin après avoir eu la chance d'en recevoir un certain nombre en avant-première. Bizarrement, je n'avais encore jamais rien lu d’Émilie Frèche et sa prestation très alléchante lors de la grande réunion de présentation des Éditions Stock m'a convaincue qu'il était peut-être temps de faire connaissance. Il faut dire qu'en général, mais cette année en particulier, j'ai envie de sujets forts et de paroles engagées. Loin des consensus. Ce sont des prises de position risquées, qui ne cherchent pas l'unanimité. Pour moi, ce sont surtout des prises de parole nécessaires pour faire bouger les lignes et donner à réfléchir.

    Et franchement, à l'entame du livre, avec ce premier chapitre époustouflant, le sujet fort, on sent qu'on le tient. Ce fameux "vivre ensemble", cette expression que l'on a entendu dans toutes les bouches au lendemain des attentats de 2015, ces deux mots martelés à l'envi dans les colonnes des journaux, ce fameux "vivre ensemble" donc, que nous aurions perdu et dont il faudrait retrouver les codes, voyons déjà ce que cela donne à l'abri des murs d'un appartement familial. Là où Déborah et Léo d'un côté, Pierre et Salomon de l'autre ont décidé de s'installer et de recomposer une famille à partir de pièces rapportées. Certes, cela se fait dans l'urgence de l'émotion née du choc des attentats du 13 novembre. De ces chocs qui vous font dire qu'à force de remettre à demain, on risque de ne jamais. Déborah et Pierre s'aiment, aucune raison de penser que Léo et Salomon, après un temps d'adaptation, deux garçons qui ont à peu près le même âge ne puissent s'habituer l'un à l'autre. Dès les premières pages, on comprend que le pari est de taille face à la violence affichée par Salomon, bien décidé à haïr Léo et Déborah. Rapidement, on perçoit le téléguidage de sa mère, l'ex de Pierre qui semble mettre un point d'honneur à pourrir l'ambiance. Rapports heureusement moins tendus entre Déborah et Driss, le père de Léo mais pas forcément simples non plus. De quoi transformer cet appartement en mini territoire de Gaza, d'autant que les considérations culturelles (toutes les religions ou presque sont ici représentées) ne sont pas absentes.

    Emilie Frèche utilise donc la cellule familiale comme point d'observation de la difficulté à mettre en pratique ce fameux "vivre ensemble" dans la société ce qui permet de concrètement mettre en avant tous les points d'achoppement : différences culturelles, antécédents familiaux, principes d'éducation mais également pressions externes au groupe, infiltrations d'éléments toxiques, sans oublier la mauvaise foi, difficile à contrôler. Résultat : une montée inexorable de la violence. Certes, on pourra reprocher une tendance à la caricature pour parvenir à fignoler sa démonstration. Mais encore une fois, si on n'appuie pas le trait, comment bien distinguer le problème ? Personnellement, non seulement cela ne m'a pas gênée mais je l'ai parfaitement admis dans l'état du propos qui est le sien. Avec une question qui reste donc posée : comment vivre ensemble à l'échelle d'un pays, d'un continent ou du globe quand les incompréhensions et les problèmes de territoire peinent à être résolus entre quatre murs ?

    Une question pour laquelle la romancière n'avait peut-être pas imaginé une telle mise en abyme avant même la parution de son livre. Loin de moi l'idée de me mêler de la polémique, je n'en connais aucun des protagonistes et me garderai bien d'extrapoler sur les intentions des uns ou des autres ; par contre, assister aux mises à l'index, aux sonneries d’hallali, ou encore aux appels au boycott de la part d'individus qui n'en savent pas plus que moi sur les réseaux sociaux laisse penser qu'on a encore du boulot côté "vivre ensemble". Vivre ensemble est un roman, une fiction à l'objectif bien affiché. Je regrette que cette polémique masque son sujet réel et occulte la discussion qu'il aurait pu déclencher.

    Pour ce qui est de mon expérience de lecture, c'est simple, j'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai trouvé courageux, provoquant et convaincant.

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  • Un roman dense et touffu qui aborde plusieurs thèmes :celui de la difficulté d'une famille recomposée, celui de la difficulté d'aider son prochain, notamment les migrants, celui de vivre dans notre société.
    Le roman nous plonge dans une ambiance pesante, celle de la peur, celle de...
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    Un roman dense et touffu qui aborde plusieurs thèmes :celui de la difficulté d'une famille recomposée, celui de la difficulté d'aider son prochain, notamment les migrants, celui de vivre dans notre société.
    Le roman nous plonge dans une ambiance pesante, celle de la peur, celle de la violence . C'est l'atmosphère bizarre qui flotte sur Paris et la France depuis les attentats qui est relatée ici.
    C'est la vie actuelle avec ses banalités, ses volontés d'avancer malgré tout. 2 adultes et 2 enfants tentent de vivre, au milieu de cette ambiance, au sein d'une société qui a mis en avant le "vivre ensemble" et toutes les situations relatées dans ce texte mettent ce concept à l'œuvre et en montrent les échecs.
    Un texte qui comme la vie n'approfondit rien, comme certains le déplorent mais nous plonge dans les méandres de la difficulté d'exister avec les autres.
    Un beau roman !

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  • Deborah et Pierre sont en terrasse d’un café parisien lorsqu’ils assistent impuissants aux attentats sanglants qui meurtrissent la France. Sortir vivant de l’horreur, cela vous change profondément... Peu de temps après, lucides quant à la fragilité de la vie, ces rescapés conscients d’être des...
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    Deborah et Pierre sont en terrasse d’un café parisien lorsqu’ils assistent impuissants aux attentats sanglants qui meurtrissent la France. Sortir vivant de l’horreur, cela vous change profondément... Peu de temps après, lucides quant à la fragilité de la vie, ces rescapés conscients d’être des miraculés décident de vivre ensemble. Au fil des jours, Salomon, le fils de Pierre largement manipulé par celle que Pierre nomme MdS (mère de Salomon, c’est dire !) va se rebeller contre cette famille qu’il rejette de toutes ses forces d’adolescent sensible et différent, violent et solitaire.
    Chaque semaine Pierre part à Calais. Dans la jungle il assiste bénévolement les migrants dans leurs démarches pour obtenir des papiers et un accueil digne. Pourtant, là aussi, ces hommes et ces femmes qui ont traversé des frontières, mers et montagnes, pays en guerre, recomposent les haines et les combats fratricides qui leur ont fait quitter leur pays…
    Dans le Vivre ensemble d’Emilie Frèche il y a cette famille recomposée que l’on tente parfois en vain de composer, il y a la difficulté à vivre avec un enfant difficile, différent, l’acceptation de la religion de l’autre, de ses habitudes, de son passé. Il y a aussi l’ombre des attentats terroristes qui ont touché le pays en novembre puis en juillet et la capacité de résilience des rescapés.
    C’ est un roman qui parle sans se cacher de l’utopie que représente le Vivre ensemble, qui avoue qu’il est parfois difficile d’accepter l’autre, celui qui est différent, qui vous interpelle mais vers qui on a tant de mal à aller. Qu’il s’agisse de la famille, des relations avec les enfants, entre hommes et femmes, ou même de migrants, l’inconnu, le repli sur soi comme le communautarisme sont souvent des freins trop importants à l’acceptation de l’autre. Une fois de plus Emilie Frèche a les mots pour nous faire réfléchir, son talent nous emporte dans une intrigue à plusieurs niveaux qui ne nous lâche pas jusqu’à la toute dernière page.
    Chronique complète sur le blog Domi C Lire : https://domiclire.wordpress.com/2018/09/08/vivre-ensemble-emilie-freche/

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  • Je remercie les éditions Stock et Netgalley. J’ai pu, grâce à eux, me faire un avis, sur ce livre, qui a crée tant de polémiques lors de le rentrée littéraire.
    Je ne sais pas trop comment me situer à l’issue de cette lecture, c’est un roman très violent et extrêmement dérangeant….
    « Vivre...
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    Je remercie les éditions Stock et Netgalley. J’ai pu, grâce à eux, me faire un avis, sur ce livre, qui a crée tant de polémiques lors de le rentrée littéraire.
    Je ne sais pas trop comment me situer à l’issue de cette lecture, c’est un roman très violent et extrêmement dérangeant….
    « Vivre ensemble » cela sonne comme une promesse électorale et du reste, l’un des thèmes de cet opus qui brasse de très larges sujets.
    Les attentats, comment vivre après, avec , que déclenchent ils au quotidien ? La haine des peuples, mais aussi, comme pour cette famille, la décision de vivre ensemble justement. Une manière de contrecarrer l’horreur, de profiter de la vie ?
    Le sort des migrants, Calais et « sa jungle », sa violence, comment la gérer et quel impact sur la société.
    Et puis, le point litigieux qui a nécessité le bandeau d’avertissement sur le respect de la vie privée, avec cet adolescent, aux troubles psychologiques sévères.
    C’est bien écrit, on le lit très vite car on espère un dénouement heureux pour cette famille mais, malgré tout, je suis restée sur ma fin. Trop prévisible, trop téléphonée….et pourquoi ??
    Des sujets peut être trop nombreux, au final, trop effleurés, et des personnages secondaires, qui auraient mérités d’être plus étoffés.
    En tous les cas, un livre à découvrir, car il suscite des questions et des émotions et en cela, c’est très réussi !!

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  • Avis final Explorateur de la rentrée littéraire :

    Suite aux attentats du 13 novembre 2015, Déborah et Pierre, qui en réchappent, décident de s’installer ensemble. La situation n’est pas des plus simples car ils amènent chacun un fils d’une précédente union, Léo (celui de Déborah) et Salomon...
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    Avis final Explorateur de la rentrée littéraire :

    Suite aux attentats du 13 novembre 2015, Déborah et Pierre, qui en réchappent, décident de s’installer ensemble. La situation n’est pas des plus simples car ils amènent chacun un fils d’une précédente union, Léo (celui de Déborah) et Salomon (celui de Pierre). La cohabitation est difficile car il faut apprendre à s’apprivoiser. Et le caractère plein de violence de Salomon n’aide pas, accentué par le caractère nocif de sa mère, nommée tout le long MdeS…
    J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai dévoré en 48h. Le style est fluide, on s’attache rapidement aux personnages, on essaye de comprendre le mal-être de Salomon, sa cause ; on s’attache tout de suite à l’attachant Léo et on est pris d’empathie pour Pierre et Déborah qui essaient de gérer leurs enfants et leurs relations du mieux qu’ils peuvent tout en se remettant du traumatisme des attentats. Tous les personnages, même secondaires, sont bien développés et au final ne servent pas de faire valoir aux personnages principaux. Certes, j’aurais aimé voir plus MdeS, la mère de Salomon, directement et pas que par les sms ou appels que reçoit Pierre mais au final cela permet de cerner le personnage sans soucis et de s’en faire une idée.
    Le titre du roman « Vivre-ensemble » est bien choisi car l’on voir les différents aspects de cette expression : vivre en famille, ici encore plus en famille recomposée ; vivre en communauté ; vivre entre communautés religieuses.
    J’ai été touchée par la manière de l’auteure de traiter des attentats, des évènements de 2015 et 2016. Ayant une sœur vivant à Paris en 2015 et moi-même vivant à Nice en 2016, j’ai eu peur ne pas arriver à lire un roman qui se passe durant cette période, qui en traite directement puisque les personnages les vivent personnellement. C’est le premier roman que j’ose ouvrir qui traite de ses sujets. J’ai apprécié la pudeur et le fait de ne pas tomber dans le pathos.
    Ce roman évoque plusieurs sujets de sociétés, par petites touches, peut-être pas assez détaillées pour certains, mais cela ne m’a pas gêné car au final nous sommes dans un roman et non un essai. J’ai aimé le fait qu’il parle de la Jungle de Calais car finalement je me rends compte que c’est la première fois que je vois ce sujet dans un roman et je me rends compte qu’à trop se fier aux médias, on passe peut-être à côtés de certaines choses qui se passent sur le terrain.
    J’ai juste été un peu déçue de la fin du roman que je ne trouve peut-être pas assez aboutie à mon sens. Elle laisse un champs à l’imagination du lecteur mais pour moi j’aime bien que l’histoire se finisse pas en queue de poisson finalement 
    Un très bon roman que je conseille par son style, son histoire par laquelle on est happés dès la première ligne. Un coup de cœur de la rentrée littéraire.

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  • Une histoire de famille recomposée sur fond de difficutés psychiques d'un ado, de migrants à Calais, d'engagements politiques, de choc post attentats Parisiens et d'amour fulgurent.

    C'est le programme de ce livre, la narratrice, Déborah, se lance dans la description de son histoire d'amour...
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    Une histoire de famille recomposée sur fond de difficutés psychiques d'un ado, de migrants à Calais, d'engagements politiques, de choc post attentats Parisiens et d'amour fulgurent.

    C'est le programme de ce livre, la narratrice, Déborah, se lance dans la description de son histoire d'amour fulgurente et passionnée avec un avocat - défenseur des droits des migrants à Calais dont il est originaire ; Pierre. C'est au lendemain des attentats parisiens dont ces deux êtres aux histoires d'amour et de couple complexe  s'en sont miraculeusement échappés qu'ils décident, avec leurs histoire de vie particulières avec chacun des garçons issus d'une première relation, de vivre ensemble leur histoire. 

    De nombreuses problématiques vont alors surgir et mettre en péril cette histoire d'amour, qu'elles soient propres à chacun des deux personnages ; tout d'abord tenter de vivre à 4 avec des ados au tempérament propre et surtout au fils de Pierre, Salomon, un être au psychisme violent, refusant la nouvelle relation de son père dont la mère semble aussi fortement catégorielle, les relations autour de la religion (Déborah et Léo sont de religion juive), de la politique (Pierre et ses engagements de plus en plus politiques) comme des origines familliales de chacun....

    Roman parfois violent, au demeurant fort classique et sur fond de problèmes actuels, mais qui se lit facilement et rapidement. Pas sûr qu'en ce qui me concerne je le retiennes plus que cela dans cette Rentrée Littéraire de l'automne 2018.

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  • Un livre fort, puissant qui tient en haleine tant la tension est palpable. Et franchement, que cela plaise ou non à certaines personnes qui pourraient se sentir directement concernées, je m'en moque. Je retiens ici une écriture sans concessions, un thème, je devrais dire plusieurs thèmes, le...
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    Un livre fort, puissant qui tient en haleine tant la tension est palpable. Et franchement, que cela plaise ou non à certaines personnes qui pourraient se sentir directement concernées, je m'en moque. Je retiens ici une écriture sans concessions, un thème, je devrais dire plusieurs thèmes, le sujet de Vivre ensemble n'étant pas uniquement la famille mais également le monde qui nous entoure avec ses aberrations, ses mensonges, ses violences. De violence, il en est question tout au long du roman. Verbale et physique, violence qui surgit de nulle part, porte un nom ou se veut anonyme. Violence dans l'indifférence face à la différence, violence au quotidien quand l'un domine l'autre. J'ai trouvé le roman d'Emilie Frèche à la hauteur et je la félicite d'avoir osé l'écrire, compte tenu de la polémique qui lui a fait écho et qui était prévisible, il me semble.

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  • Bonjour à tou(te)s,

    Vivre ensemble est le quatorzième roman d'Émilie Frèche. Autofiction, il aborde essentiellement les difficultés à refonder une famille, les relations conflictuelles entre enfant(s) et beau(x)-parent(s). Lorsque l'on sait qu'un enfant sur dix vit dans une famille...
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    Bonjour à tou(te)s,

    Vivre ensemble est le quatorzième roman d'Émilie Frèche. Autofiction, il aborde essentiellement les difficultés à refonder une famille, les relations conflictuelles entre enfant(s) et beau(x)-parent(s). Lorsque l'on sait qu'un enfant sur dix vit dans une famille recomposée, on imagine l'écho que va avoir ce titre de la rentrée littéraire 2018.

    Il y a des événements qui précipitent certaines décisions. Parce qu'elle a échappé aux attentats du 13 novembre 2015, Déborah décide de sauter le pas et d'emménager avec Pierre, son compagnon. Ils ont chacun un fils. Léo est le fils de Déborah, Salomon celui de Pierre. Une semaine sur deux, c'est ensemble qu'ils vont devoir vivre dans le nouvel appartement parisien. La première fois qu'ils se sont vus tous les quatre, Salomon, pris d'une rage folle, a hurlé qu'il détestait Déborah et son fils. Il les a même menacés avec un couteau de boucher. Welcome !
    Alors que l'on ne cesse de nous rabattre les oreilles avec le vivre ensemble, au sein de cette famille recomposée, une difficile cohabitation s'annonce.

    Vivre ensemble est un roman résolument contemporain qui aborde des thèmes aussi variés que le traumatisme post-attentats, la jungle de Calais et le statut des réfugiés, le racisme ordinaire dont sont victimes certaines communautés, les relations entre parents séparés et celles avec les enfants nés d'une précédente union, le tout vu du prisme d'une famille qui tente de se (re)composer. La psychologie des personnages nous est révélée au fil des pages et surtout au gré des crises de Salomon, un véritable terroriste dans son genre. La tension au sein de cette nouvelle tribu qui essaie de s'apprivoiser est palpable, elle monte crescendo.

    C'est à travers des sujets éminemment d'actualité qu'Émilie Frèche évoque la difficulté pour des êtres humains à cohabiter, à partager un territoire dans ce qu'il a de plus intime, qu'il s'agisse des réfugiés, des communautés d'origines religieuses différentes, des membres d'une famille qui tente de se (re)fonder.

    Vivre ensemble m'a fait penser à Chanson douce de Leïla Slimani à l'exception toutefois de la fin. Si l'issue du prix Goncourt 2016 était connue dès les premières pages, celle du dernier roman d'Émilie Frèche est ouverte et laissée à la libre appréciation du lecteur. Hormis cette divergence, ces romans sont proches, tant dans l'écriture, l'ambiance et le rythme. De surcroît, les personnages sont issus du même microcosme. Quoi qu'il en soit, je souhaite à Émilie Frèche de connaître le même sort que Leïla Slimani. Une chose est sûre, c'est que durant cette rentrée littéraire, on parlera de Vivre ensemble et pas uniquement dans les programmes et les milieux politiques..

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2018/09/mon-avis-sur-vivre-ensemble-demilie.html

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  • Emilie Frèche campe le propos dès le premier paragraphe "La première fois qu'ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n'a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peut-être était-ce juste un rire, une mimique et pris d'une rage folle, il s'est mis à hurler qu'il les détestait, que de...
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    Emilie Frèche campe le propos dès le premier paragraphe "La première fois qu'ils se sont vus tous les quatre, le fils de Pierre n'a pas supporté un mot du fils de Déborah, ou peut-être était-ce juste un rire, une mimique et pris d'une rage folle, il s'est mis à hurler qu'il les détestait, que de toute façon elle ne serait jamais à son goût et Léo non plus, qu'elle ne serait jamais sa mère et Léo jamais son frère, puis il a attrapé le couteau de boucher aimanté à la crédence derrière lui et, le brandissant à leur visage, il a menacé de les tuer - cela faisait une heure à peine qu'il les connaissait."

    Pierre, 45 ans, est un avocat engagé pour la cause des demandeurs d'asile. Il intervient régulièrement sur le site de la jungle à Calais et a un fils de 10 ans, Salomon. Déborah réalise des documentaires pour la télé et a un fils de 13 ans, Léo. Quelques jours après avoir échappé aux attentats du 13 novembre 2015, poussés par le désir de vivre vite dans ce contexte de terreur, Pierre et Déborah aménagent ensemble avec leurs deux fils. Ils s'aiment et ont la même vision du monde, Pierre connait et apprécie Léo mais Déborah ne connait que très peu Salomon.

    Alors que Léo est un adolescent positif respirant la joie de vivre, Déborah est immédiatement confrontée à la violence de Salomon, à ses crises, à son comportement étrange, le jeune garçon qui ne quitte jamais son cartable, même à table, semble incapable de gérer ses émotions. Il délimite son territoire et ne veut rien avoir à faire avec Déborah et Léo. Odieux avec Déborah, il la provoque sans cesse mais a un tout autre comportement quand Pierre est là, accaparant l'attention de son père dès qu'il rentre le soir. Rapidement Déborah a peur de cet enfant qui vit avec eux une semaine sur deux, elle est terrifiée par la folie qu'elle a perçue dans son regard. Autant Déborah entretient des relations amicales avec son ex-mari, autant les parents de Salomon se tiraillent, la mère, particulièrement toxique, harcèle son ex-mari au téléphone et manipule son fils.

    Comment vivre avec l'enfant de son conjoint, en particulier quand celui-ci est différent, comment se positionner quand le sujet de la différence de son enfant est tabou pour le conjoint? "On ne peut pas parler de l'enfant de l'autre dans une famille recomposée".

    Après un excellent début, j'ai trouvé que ce roman ne tenait pas sur la longueur sur la question des recompositions familiales difficiles. Pour moi l'attitude de Pierre est peu crédible lorsqu'il n'avertit pas sa compagne des difficultés de son fils, la laissant se débrouiller seule avec lui. Les hypothèses émises pour expliquer le comportement de Salomon m'ont semblé assez tirées par les cheveux. De plus, j'ai trouvé que l'auteure s'égarait, perdant de vue son sujet principal, quand elle élargit son propos en dissertant sur le vivre ensemble, slogan de la gauche, à l'occasion de la campagne pour la députation dans laquelle Pierre se lance. Le roman devient alors un livre engagé politiquement et non plus un roman sur la recomposition familiale comme le laisse entendre la quatrième de couverture que je n'ai lue qu'après avoir terminé le roman comme à mon habitude. L'intention de l'auteure était sans doute de faire un parallèle entre la tension au sein de la société et celle qui sévit au sein de cette famille recomposée mais la façon dont elle a abordé superficiellement cette question sur quelques pages m'a donné une impression de dispersion. Bref, après un début fulgurant, ce livre n'a pas tenu ses promesses.

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  • Paris, 13 novembre 2015, le pays tout entier plonge dans l’horreur.
    Deborah, qui a miraculeusement échappé aux tirs, prend la décision de vivre avec Pierre et son fils Salomon, la vie est courte et se doit d’être vécue. Deborah a un fils, Léo. A eux quatre, ils vont vivre ensemble, constituer...
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    Paris, 13 novembre 2015, le pays tout entier plonge dans l’horreur.
    Deborah, qui a miraculeusement échappé aux tirs, prend la décision de vivre avec Pierre et son fils Salomon, la vie est courte et se doit d’être vécue. Deborah a un fils, Léo. A eux quatre, ils vont vivre ensemble, constituer une famille recomposée. L’harmonie ne fait aucun doute entre deux adultes qui s’aiment, respectueux de la religion de l’autre. Pourtant des ombres et des menaces vont planer dès les premières pages, le comportement de Salomon va rapidement ternir ce beau projet.
    Tout ce petit monde va expérimenter le « vivre ensemble » dans une période post attentats. En effet comment vivre ensemble dans la sphère publique et dans la sphère privée ?
    Un court roman qui explore une période trouble, qui aborde des thèmes délicats, la famille recomposée, le sort des migrants de la jungle de Calais, les doutes et les regards suspicieux au quotidien envers certains, la survie après les attentats.
    Et justement, à mon avis, c’est la limite de l’exercice car à force de brasser trop large, les problématiques sont effleurées, posées, sans réponse. Une juxtaposition insolite et frustrante, voire dérangeante. J’ai trouvé extrêmement caricatural le profil de Salomon. La fin m’a laissée interrogative.
    Un peu déçue par ce roman, certes bien écrit ; j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher aux personnages pourtant mobilisés par leur destin, bien décidés à transcender leurs différences, bien impuissants aussi.
    Lecture en demi-teinte qui ne m’a pas convaincue et m’a parfois dérangée.
    Je n’ai pris connaissance des polémiques consécutives à la sortie du roman qu’après l’avoir lu et avoir rédigé mon avis. Pour autant elles expliquent peut être - partiellement - ma retenue et me confirment dans ma réserve vis-vis de ce récit

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