Vanessa Schneider

Vanessa Schneider
Vanessa Schneider, née en 1969, est journaliste à M, le magazine du Monde. Elle est l'auteur chez Stock de trois romans, "La Mère de ma mère" (2009), "Tâche de ne pas devenir folle" (2009), "Le Pacte des vierges" (2011).

Avis (20)

  • Couverture du livre « Tu t'appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Hélène DEBOISSY sur Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

    Comme l’écrit Vanessa Schneider : « Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. » Cette phrase résume assez bien le contenu du livre. Vanessa Schneider raconte ses souvenirs et ses impressions sur sa cousine, qu’elle aimait, sans aucun doute, en...
    Voir plus

    Comme l’écrit Vanessa Schneider : « Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. » Cette phrase résume assez bien le contenu du livre. Vanessa Schneider raconte ses souvenirs et ses impressions sur sa cousine, qu’elle aimait, sans aucun doute, en décrivant ses travers et ses erreurs, son drame avec lequel elle a essayé de vivre ou de survivre. Mais Vanessa Schneider souffre et, comme toute personne en souffrance, elle est en colère, très en colère contre la société des années 70 à aujourd’hui, les journalistes et la Presse, sa famille et, surtout, le réalisateur du Dernier Tango à Paris. Elle témoigne avec ses douleurs et amertumes, raconte SA vérité et non forcément LA vérité, mais telle n’est pas la question. Ainsi, Vanessa Schneider fait vivre sa cousine dans nos souvenirs.
    Au-delà de Maria, Vanessa Schneider semble chercher à comprendre sa propre vie, d’où elle vient, son milieu et sa famille, à la fois honteuse et fière de cette singularité. Certes, elle parle de Maria et de l’admiration qu’elle lui porte, mais ce livre semble également lui permettre de dire sa souffrance et son malaise. Elle semble vouloir à la fois, de manière alternative, protéger son entourage et lui dire son ressenti, évoquant à ce moment-là les noms des personnes concernées… Etait-ce nécessaire ? Et en même temps, est-ce gênant ? Ca ajoute probablement à la transcription et au ressenti de son malaise et de l’horreur.

    Evidemment, cette souffrance se comprend mais, au-delà de cette histoire, somme toute personnelle, ce livre renvoie à l’histoire familiale de chacun. Chacun a son histoire familiale, son héritage, ses souffrances vécues et transmises, les non-dits et sa colère : Comment continuer à vivre malgré nos souffrances, nos déchirures ? Ce livre en est probablement un moyen pour Vanessa Schneider.

    Parallèlement, ce livre traite de la drogue, des difficultés de vivre avec une personne dépendante, sous l’emprise de ces substances, avec des moments de lucidité et des moments de destruction, des promesses d’arrêter non tenables. Il permet de découvrir, ou peut-être de re-découvrir, cette actrice, Maria Schneider, et une part de son histoire, de plonger dans cette époque, dans le monde du cinéma et des nuits de débauches parisiennes, ceci faisant écho aux dénonciations récentes des méthodes dans le cinéma et l’Art en général : néanmoins, il me semble que le raccourci serait trop facile et ne servirait pas le livre.

  • Couverture du livre « Tu t'appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Christine GAZO sur Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

    Dans cet ouvrage, Vanessa Schneider vient rendre hommage à Maria Schneider, sa cousine plus âgée, actrice au destin sombre. Jeune comédienne, vulnérable sur bien des points, celle-ci a été propulsée sur le devant de la scène médiatique suite à son apparition dans un film au parfum de scandale ....
    Voir plus

    Dans cet ouvrage, Vanessa Schneider vient rendre hommage à Maria Schneider, sa cousine plus âgée, actrice au destin sombre. Jeune comédienne, vulnérable sur bien des points, celle-ci a été propulsée sur le devant de la scène médiatique suite à son apparition dans un film au parfum de scandale . Célébrité et honte vont happer sa vie et probablement infléchir le cours de évènements, faits de virées nocturnes, d'addictions délétères, pour celle qui n'a pas toujours été suffisamment bien entourée.
    D'une écriture fluide et sensible, l'auteure recontextualise les faits, ne les jette pas en pâture, tente d'y trouver un sens. Elle replace Maria en tant que personne unique, avec son histoire personnelle, ses failles et ses forces. Une forme de réhabilitation, qui laisse apparaître une grande affection...
    Surtout, elle évoque une famille, sa famille, où les drames sont légion. Elle dépeint une époque où les choix de vie et les engagements philosophiques et/ou politiques étaient parfois plutôt extrêmes. Les enfants, embarqués malgré eux par (et dans) les idéologies parentales, doivent trouver leur place et leur chemin....Cet aspect du récit m'a beaucoup touchée, entre adhésion évidente et sans faille des jeunes enfants et remises en question qui naissent dans les pensées adolescentes, entre loyauté et nécessité de liberté....

    « ….tu as l'air de te demander ce que tu fais là. Tu le sais pourtant, tu joues à avoir une famille. »

  • Couverture du livre « Tu t'appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Chantal LAFON sur Tu t'appelais Maria Schneider de Vanessa Schneider

    Si je n'avais pas fait partie de ce jury je n'aurais pas lu ce livre. C'est tout ce que je fuis.
    Ceci posé, j'ai trouvé cette déclaration d'amour de Vanessa à Maria touchante et bien écrite.
    Vanessa regarde des photos de famille et surtout celles qui ont capturé une Maria heureuse. Elles sont...
    Voir plus

    Si je n'avais pas fait partie de ce jury je n'aurais pas lu ce livre. C'est tout ce que je fuis.
    Ceci posé, j'ai trouvé cette déclaration d'amour de Vanessa à Maria touchante et bien écrite.
    Vanessa regarde des photos de famille et surtout celles qui ont capturé une Maria heureuse. Elles sont rares dans toutes les acceptions de l'adjectif.
    « Tu étais libre et sauvage. D'une beauté à couper le souffle. Tu n'étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando. »
    Je n'ai jamais vu le film et pourtant j'ai retrouvé dans ce récit beaucoup de choses qui me parlaient, la mémoire garde l'empreinte des gros titres et des bribes d'émissions.
    Ce que j'ai retenu c'est ce déploiement des rushes de pellicules que Vanessa partage avec les lecteurs.
    Maria est mal née et lorsque sa beauté naissante peut faire de l'ombre à sa mère et tenter les amants de celle-ci elle est mise à la porte de chez elle, sans plus de jugement.
    Son père Daniel Gelin, est un père intermittent qui la montre dans le milieu du cinéma comme une mascotte.
    Le cinéma, ce milieu qui brille de mille feux, qui attire comme les lucioles dans une nuit festive.
    Maria est recueillie par les parents de Vanessa jusqu'à la naissance de celle-ci qui garde « le sentiment désagréable de l'avoir chassée ». Ce n'est pas faute d'affection juste un appartement trop exigu.
    On assiste aux ravages des familles dysfonctionnelles.
    Le drame de Maria : être une enfant non aimée, non éduquée, c'est ça sa beauté libre et sauvage. Mais c'est aussi ce qui la perd.
    La seule éducation reçue, est celle livrée par la liberté des parents qui font assister à tout à leurs enfants qui s'élèvent seuls, car les parents ne veulent pas d'entraves.
    « Nous sommes d'une famille où l'on ne cache rien aux enfants, surtout ce qu'ils ne devraient jamais savoir. Dans l'histoire que l'on se raconte chez nous en chuchotant, ta mère est au lit avec un homme. Elle crie ton nom qui résonne dans les couloirs de l'appartement, elle te demande de lui apporter son diaphragme. Son ton est sec est impérieux comme à chaque fois qu'elle s'adresse à toi. »
    Alors oui il y a eu inéluctablement l'attrait des feux de la rampe, les désillusions, la spirale de la drogue et de l'alcool.
    Il y a eu tous ceux qui ont promené Maria comme une mascotte, son propre père sans l'entourer ni la protéger.
    Maria était-elle libre ?
    Pour moi elle l'a été en prouvant que l'on peut montrer « son cul « au cinéma et être digne et pudique, ce qu'elle a été finalement.
    Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, je ne suis vraiment pas convaincue que Maria aurait adhéré au mouvement #Me too.
    Assurément Maria Schneider n'était pas « comme tout le monde » elle était beaucoup mieux que ceux qu'elle côtoyait.
    Un hommage émouvant, pour laisser une trace d'un beau sourire.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 16 septembre 2018.

Voir tous les avis

Discussions autour de cet auteur

Il n'y a pas encore de discussion sur cet auteur

Soyez le premier à en lancer une !

Récemment sur lecteurs.com