Tu t'appelais Maria Schneider

Couverture du livre « Tu t'appelais Maria Schneider » de Vanessa Schneider aux éditions Grasset Et Fasquelle
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  • Un hommage sincère et émouvant de Vanessa Schneider à sa cousine Maria de 17 ans son ainée qu’elle a admirée et beaucoup aimée.
    Des souvenirs jamais écrits en commun qu’elle se décide à coucher sur le papier après le décès de Maria en 2011.
    Maria Schneider, l’actrice sulfureuse, hantée et à...
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    Un hommage sincère et émouvant de Vanessa Schneider à sa cousine Maria de 17 ans son ainée qu’elle a admirée et beaucoup aimée.
    Des souvenirs jamais écrits en commun qu’elle se décide à coucher sur le papier après le décès de Maria en 2011.
    Maria Schneider, l’actrice sulfureuse, hantée et à jamais maudite après le tournage du dernier Tango à Paris, le film de Bertolucci, sorti en 1972. Tellement scandaleux qu’il fut interdit aux moins de 18 ans et suscita une vive polémique après une scène qui est restée dans les mémoires. Une scène qui n’était pas dans le script, que Marlon Brando et Bertolucci ont imposé à Maria, alors âgée de 20 ans !
    Et c’est là le fardeau de Maria Schneider : toute sa vie restera marquée par ce film. Il ne lui sera proposé que des scénarios dénudés, émaillés de scènes de sexe. Elle sombrera alors dans tous les excès et vieillira loin des plateaux, ne consentant que de brèves apparitions où le fantôme du Tango la poursuivra dans toutes les interviews.
    Maria n’aura jamais de bases familiales stables mis à part des séjours dans la famille de Vanessa. Sa mère s’en désintéresse, son père (Daniel Gelin) ne l’a jamais reconnue, ni protégée. Son ami sincère Alain Delon et sa mère de substitution Brigitte Bardot lui apporteront un peu de douceur.
    J’ai vraiment aimé ce livre qui, au travers du parcours de Maria Schneider, met en évidence le sort réservé à de nombreuses jeunes femmes dans le milieu du cinéma.
    Si Bertolucci a consenti à de plates excuses des années après, c’est uniquement en raison du mouvement me too qui a changé la donne ces dernières années après le scandale de l’affaire Weinstein.
    C’est un très bel hommage, une réhabilitation.
    Je précise que Vanessa Schneider est une journaliste dont j’apprécie les prises de position éclairantes, qui réussit avec ce récit le tour de force de ne pas verser dans une version sordide et poeple.
    Un récit éclairant, lumineux, émouvant, révoltant que je recommande vivement.
    Merci à #netgalleyfrance# et aux #editions Grasset#.

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  • L’écriture de Vanessa Schneider nous entraine aux côtés de sa cousine dont le destin pris des chemins complexes.
    Très jeune, elle se retrouve en haut de l’affiche, et le film qui l’a brisera lui donnera une aura de star provocante. Ce film, c’est le dernier Tango à Paris de Bertolucci.
    Le...
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    L’écriture de Vanessa Schneider nous entraine aux côtés de sa cousine dont le destin pris des chemins complexes.
    Très jeune, elle se retrouve en haut de l’affiche, et le film qui l’a brisera lui donnera une aura de star provocante. Ce film, c’est le dernier Tango à Paris de Bertolucci.
    Le regard de Vanessa Schneider sur sa cousine est tendre. À travers ce destin tragique, elle raconte aussi sa famille atypique.

    Un an après l’affaire Weinstein, l’histoire résonne autrement. On se dit que cela ne pourrait plus arriver ou qu’au moins Maria serait entendu.

    Il faut dire que dans ce livre on croise des hommes pathétiques dans leur désir de possession et de séduction.

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  • Le tango funèbre

    En racontant la vie de sa cousine, l’actrice Maria Schneider qui avait défrayé la chronique lors de la sortie du Dernier tango à Paris, Vanessa Schneider fait le récit d’une époque autant que celui d’un drame personnel.

    « Avec sa bouille d’éternelle femme-enfant et son...
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    Le tango funèbre

    En racontant la vie de sa cousine, l’actrice Maria Schneider qui avait défrayé la chronique lors de la sortie du Dernier tango à Paris, Vanessa Schneider fait le récit d’une époque autant que celui d’un drame personnel.

    « Avec sa bouille d’éternelle femme-enfant et son caractère de petit chat sauvage, elle a conquis le monde avec la fulgurance d’une météorite enflammée qui pulvérisa tout sur son passage! Passage éclatant mais éphémère où, offrant son corps de velours à un Marlon Brando au faîte de sa gloire, elle choque, scandalisa par son impudeur, mais marqua à jamais par son insolence une époque qu’elle a désormais personnifiée. Sous ces dehors, ces images, se cachait un petit cœur perdu, une gamine à la dérive, sans port d’attache, propulsée au plus haut sans y être préparée, redescendant forcément sans parachute et livrée à tous les excès pour combler les vides d’une gloire qui l’abandonnait. » Ces mots de Brigitte Bardot, prononcés par Alain Delon en février 2011 aux funérailles de Maria Schneider, disent à la fois l’épreuve vécue par Maria et la proximité, la communion de pensée avec Brigitte.
    La couverture médiatique dont a bénéficié sa cousine Vanessa Schneider à l’occasion de la sortie de ce bouleversant récit démontre peut-être que la journaliste du Monde a su tisser un grand réseau, mais bien davantage que le sujet a frappé les esprits et qu’il demeure d’une actualité brûlante à l’heure de #metoo.
    Commençons donc par esquisser la biographie de Maria. Née en 1952 de Marie-Christine Schneider, une mannequin roumaine, et de l’acteur Daniel Gélin – qui ne la reconnaîtra pas, son enfance n’est pas à proprement un long fleuve tranquille, bien au contraire. Aussi bien du côté de la mère que du père, l’instabilité et le déraisonnable forment le menu quotidien. Maria est ballotée jusqu’à son adolescence. « Tu as quinze ans. L’âge où ta mère a eu son premier enfant, l’âge où notre grand-mère a été mariée de force. L’âge où dans notre famille, les femmes entrent brutalement dans l’âge adulte, l’âge où les mères ne supportent plus leur fille. La tienne t’a mise à la porte. Papa et Maman te proposent de venir vivre chez eux dans leur deux-pièces du 7ème arrondissement de Paris. Il y a eu cette terrible dispute chez toi, personne n’a cherché à en savoir plus. On murmure que ta mère a surpris ton beau-père dans ton lit. »
    C’est à cette époque qu’elle prend son courage à deux mains et va sonner au domicile de son père. Culpabilité ou fibre familiale? Toujours est-il que Daniel Gélin offre à Maria de l’accompagner sur les tournages, lui trouve quelques rôles.
    C’est alors le début d’une ascension fulgurante. Jusqu’à ce fameux film, Le Dernier tango à Paris. Vanessa Schneider y revient en détail, explique comment Bertolucci et Brando ont abusé de sa cousine et comment ce qui devait être le tremplin vers la guerre sera le premier pas vers la déchéance: « Tu sors du tournage broyée. Tu as compris que cette prise te marquera à jamais, comme un tatouage raté que l’on passe ensuite sa vie à essayer de cacher. Peu importe que la sodomie ait été simulée, tu te sens violée, salie. Tu ne sais pas encore que tu aurais pu empêcher cette séquence non écrite de figurer au montage du film. Tu aurais pu faire appel à un avocat, attaquer le producteur, contraindre Bertolucci à la couper. Tu es jeune, tu es seule, tu es mal conseillée. Tu ne connais rien au monde du cinéma, à ses règles, à ses lois. La victime parfaite. »
    L’actrice tente de trouver dans la drogue le moyen d’échapper au choc. Une addiction qui finira par l’emporter…
    Le choix de privilégier les scènes fortes, les souvenirs marquants à une narration chronologique donnent à ce livre une force qui ne laissera personne indifférent. Des confidences entre cousines aux souvenirs de tournage, des relations familiales complexes à la maladie, de l’attitude de Brando à celle de Bertolucci et de la maladie aux relations fortes, Bardot, Nan Goldin ou encore Patti Smith, on se laisse entraîner dans cette infernale spirale. Et l’on n’oubliera pas cette Maria que Patti Smith a mis en musique
    At the edge of the world
    Where you were no one
    Yet you were the girl
    The only one
    At the edge of the world
    In the desert heat
    One shivering star
    http://urlz.fr/8238

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  • Comme l’écrit Vanessa Schneider : « Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. » Cette phrase résume assez bien le contenu du livre. Vanessa Schneider raconte ses souvenirs et ses impressions sur sa cousine, qu’elle aimait, sans aucun doute, en...
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    Comme l’écrit Vanessa Schneider : « Tu restes ma cousine pour laquelle je cultive une fascination à la fois tendre et morbide. » Cette phrase résume assez bien le contenu du livre. Vanessa Schneider raconte ses souvenirs et ses impressions sur sa cousine, qu’elle aimait, sans aucun doute, en décrivant ses travers et ses erreurs, son drame avec lequel elle a essayé de vivre ou de survivre. Mais Vanessa Schneider souffre et, comme toute personne en souffrance, elle est en colère, très en colère contre la société des années 70 à aujourd’hui, les journalistes et la Presse, sa famille et, surtout, le réalisateur du Dernier Tango à Paris. Elle témoigne avec ses douleurs et amertumes, raconte SA vérité et non forcément LA vérité, mais telle n’est pas la question. Ainsi, Vanessa Schneider fait vivre sa cousine dans nos souvenirs.
    Au-delà de Maria, Vanessa Schneider semble chercher à comprendre sa propre vie, d’où elle vient, son milieu et sa famille, à la fois honteuse et fière de cette singularité. Certes, elle parle de Maria et de l’admiration qu’elle lui porte, mais ce livre semble également lui permettre de dire sa souffrance et son malaise. Elle semble vouloir à la fois, de manière alternative, protéger son entourage et lui dire son ressenti, évoquant à ce moment-là les noms des personnes concernées… Etait-ce nécessaire ? Et en même temps, est-ce gênant ? Ca ajoute probablement à la transcription et au ressenti de son malaise et de l’horreur.

    Evidemment, cette souffrance se comprend mais, au-delà de cette histoire, somme toute personnelle, ce livre renvoie à l’histoire familiale de chacun. Chacun a son histoire familiale, son héritage, ses souffrances vécues et transmises, les non-dits et sa colère : Comment continuer à vivre malgré nos souffrances, nos déchirures ? Ce livre en est probablement un moyen pour Vanessa Schneider.

    Parallèlement, ce livre traite de la drogue, des difficultés de vivre avec une personne dépendante, sous l’emprise de ces substances, avec des moments de lucidité et des moments de destruction, des promesses d’arrêter non tenables. Il permet de découvrir, ou peut-être de re-découvrir, cette actrice, Maria Schneider, et une part de son histoire, de plonger dans cette époque, dans le monde du cinéma et des nuits de débauches parisiennes, ceci faisant écho aux dénonciations récentes des méthodes dans le cinéma et l’Art en général : néanmoins, il me semble que le raccourci serait trop facile et ne servirait pas le livre.

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  • Dans cet ouvrage, Vanessa Schneider vient rendre hommage à Maria Schneider, sa cousine plus âgée, actrice au destin sombre. Jeune comédienne, vulnérable sur bien des points, celle-ci a été propulsée sur le devant de la scène médiatique suite à son apparition dans un film au parfum de scandale ....
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    Dans cet ouvrage, Vanessa Schneider vient rendre hommage à Maria Schneider, sa cousine plus âgée, actrice au destin sombre. Jeune comédienne, vulnérable sur bien des points, celle-ci a été propulsée sur le devant de la scène médiatique suite à son apparition dans un film au parfum de scandale . Célébrité et honte vont happer sa vie et probablement infléchir le cours de évènements, faits de virées nocturnes, d'addictions délétères, pour celle qui n'a pas toujours été suffisamment bien entourée.
    D'une écriture fluide et sensible, l'auteure recontextualise les faits, ne les jette pas en pâture, tente d'y trouver un sens. Elle replace Maria en tant que personne unique, avec son histoire personnelle, ses failles et ses forces. Une forme de réhabilitation, qui laisse apparaître une grande affection...
    Surtout, elle évoque une famille, sa famille, où les drames sont légion. Elle dépeint une époque où les choix de vie et les engagements philosophiques et/ou politiques étaient parfois plutôt extrêmes. Les enfants, embarqués malgré eux par (et dans) les idéologies parentales, doivent trouver leur place et leur chemin....Cet aspect du récit m'a beaucoup touchée, entre adhésion évidente et sans faille des jeunes enfants et remises en question qui naissent dans les pensées adolescentes, entre loyauté et nécessité de liberté....

    « ….tu as l'air de te demander ce que tu fais là. Tu le sais pourtant, tu joues à avoir une famille. »

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  • Si je n'avais pas fait partie de ce jury je n'aurais pas lu ce livre. C'est tout ce que je fuis.
    Ceci posé, j'ai trouvé cette déclaration d'amour de Vanessa à Maria touchante et bien écrite.
    Vanessa regarde des photos de famille et surtout celles qui ont capturé une Maria heureuse. Elles sont...
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    Si je n'avais pas fait partie de ce jury je n'aurais pas lu ce livre. C'est tout ce que je fuis.
    Ceci posé, j'ai trouvé cette déclaration d'amour de Vanessa à Maria touchante et bien écrite.
    Vanessa regarde des photos de famille et surtout celles qui ont capturé une Maria heureuse. Elles sont rares dans toutes les acceptions de l'adjectif.
    « Tu étais libre et sauvage. D'une beauté à couper le souffle. Tu n'étais plus une enfant, pas encore une adulte quand tu enflammas la pellicule du Dernier Tango à Paris, un huis clos de sexe et de violence avec Marlon Brando. »
    Je n'ai jamais vu le film et pourtant j'ai retrouvé dans ce récit beaucoup de choses qui me parlaient, la mémoire garde l'empreinte des gros titres et des bribes d'émissions.
    Ce que j'ai retenu c'est ce déploiement des rushes de pellicules que Vanessa partage avec les lecteurs.
    Maria est mal née et lorsque sa beauté naissante peut faire de l'ombre à sa mère et tenter les amants de celle-ci elle est mise à la porte de chez elle, sans plus de jugement.
    Son père Daniel Gelin, est un père intermittent qui la montre dans le milieu du cinéma comme une mascotte.
    Le cinéma, ce milieu qui brille de mille feux, qui attire comme les lucioles dans une nuit festive.
    Maria est recueillie par les parents de Vanessa jusqu'à la naissance de celle-ci qui garde « le sentiment désagréable de l'avoir chassée ». Ce n'est pas faute d'affection juste un appartement trop exigu.
    On assiste aux ravages des familles dysfonctionnelles.
    Le drame de Maria : être une enfant non aimée, non éduquée, c'est ça sa beauté libre et sauvage. Mais c'est aussi ce qui la perd.
    La seule éducation reçue, est celle livrée par la liberté des parents qui font assister à tout à leurs enfants qui s'élèvent seuls, car les parents ne veulent pas d'entraves.
    « Nous sommes d'une famille où l'on ne cache rien aux enfants, surtout ce qu'ils ne devraient jamais savoir. Dans l'histoire que l'on se raconte chez nous en chuchotant, ta mère est au lit avec un homme. Elle crie ton nom qui résonne dans les couloirs de l'appartement, elle te demande de lui apporter son diaphragme. Son ton est sec est impérieux comme à chaque fois qu'elle s'adresse à toi. »
    Alors oui il y a eu inéluctablement l'attrait des feux de la rampe, les désillusions, la spirale de la drogue et de l'alcool.
    Il y a eu tous ceux qui ont promené Maria comme une mascotte, son propre père sans l'entourer ni la protéger.
    Maria était-elle libre ?
    Pour moi elle l'a été en prouvant que l'on peut montrer « son cul « au cinéma et être digne et pudique, ce qu'elle a été finalement.
    Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, je ne suis vraiment pas convaincue que Maria aurait adhéré au mouvement #Me too.
    Assurément Maria Schneider n'était pas « comme tout le monde » elle était beaucoup mieux que ceux qu'elle côtoyait.
    Un hommage émouvant, pour laisser une trace d'un beau sourire.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 16 septembre 2018.

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  • Un même nom, mais deux vies bien différents, gare à ne pas s’y méprendre. Dans la famille Schneider, je demande la cousine, Maria. Incandescente, rebelle, libre, actrice. Une étoile filante du grand écran, dont on ne retiendra qu’un film, qu’une scène, et la descente aux enfers qui s’ensuit....
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    Un même nom, mais deux vies bien différents, gare à ne pas s’y méprendre. Dans la famille Schneider, je demande la cousine, Maria. Incandescente, rebelle, libre, actrice. Une étoile filante du grand écran, dont on ne retiendra qu’un film, qu’une scène, et la descente aux enfers qui s’ensuit. Dans la famille Schneider, je demande maintenant la fille, la narratrice, Vanessa. Timide, réservée, grandissant dans l’ombre de cette cousine chérie, cet enfant prodigue qui ne cessera de la faire rêver, mais aussi déchanter. Mais toujours un mot dans sa bouche de petite fille ou d’adulte : admiration !
    Avec ce livre, elle a un objectif : raconte sa cousine, mais aussi se raconter. Ce livre devait être écrit à quatre mains, mais le projet n’a pu être concrétisé car Maria s’est éteinte en 2011.

    Agée à peine de dix-neuf ans, un rôle s’offre à elle, qui, elle l’espère, sera le rôle de sa vie, le tremplin vers la célébrité. Bernardo Bertolucci lui propose de jouer aux côtés de Marlon Brando, légende du cinéma depuis bien longtemps à l’ombre de la célébrité et des projecteurs. Le film s’intitulera « Dernier Tango à Paris », et promet d’être sulfureux.

    Ce film marque le point de départ de sa carrière, mais aussi, et surtout, le point de départ de sa descente aux enfers ! La célébrité lui tend les bras, lui déroule son tapis rouge. Maria, se fait un plaisir de le piétiner. Elle a changé, c’est terminé, elle est brisée. Maria mettra des décennies à sortir de cette spirale infernale, mais le film lui collera à jamais à la peau. Le livre va révéler l’envers du décor, les failles de cette jeune femme brisée.

    . On pourrait s’attendre à ce que ce livre redore l’image de cette femme au lourd passif, mais ce n’est pas le cas. Bien sûr, on sent l’admiration et l’amour poindre derrière chaque mot, mais il y a ce soucis de réalité, de vrai, qu’on saluera. En effet, Vanessa Schneider n’est pas toujours tendre avec sa cousine, elle rétablit la vérité. Elle s’empare et se réapproprie cette personnalité publique, jetée très jeune dans l’arène.

    Ce qu’il faut retenir : ce livre met en lumière un destin tragique, celui d’une icône des années soixante-dix. Une période de libération, mais dont Maria sera la victime. Ce documentaire dissèque en arrière-plan le nœud familial, en parallèle de l’évolution de la société. On découvre un personnage complexe et libre malgré tout. Le lecteur oscille entre admiration, compassion, incompréhension. Enfin, ce livre est peut-être une manière d’embellir une vie qui semble manquer de beauté et d’éclat. On l’envie sans l’envier. Tu t’appelais Maria Schneider, ou les fragments d’une vie et d’une femme brisée, un personnage tragique dans toute sa splendeur.


    +++ : https://devoratrixlibri.wordpress.com/category/prix-et-evenements-litteraires/grand-prix-des-lectrices-elle-2019/

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  • Au travers d'un récit pudique, sensible et émouvant, Vanessa Schneider rétablit sa vérité sur sa cousine Maria Schneider , fille illégitime de Daniel Gélin dont la carrière commence par un film qui la marque au fer rouge "Le dernier tango à Paris", film qui conditionnera le reste de son...
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    Au travers d'un récit pudique, sensible et émouvant, Vanessa Schneider rétablit sa vérité sur sa cousine Maria Schneider , fille illégitime de Daniel Gélin dont la carrière commence par un film qui la marque au fer rouge "Le dernier tango à Paris", film qui conditionnera le reste de son existence publique....mais ce roman n'est pas que cela....Il dresse le portrait d'une famille singulière et aimante (père haut fonctionnaire révérant Mao,mère métisse fabriquant les vêtements de ses enfants) mais aussi d'une époque, celle des seventies avec ses dérives libertaires et utopiques.
    A l'aube de la cinquantaine, l'auteur nous livre ses souvenirs et à chaque page on retrouve la petite fille qui a assisté aux dysfonctionnements des adultes.
    J’ai apprécié cette lecture même si j’ai déploré quelques « règlements de compte » inutiles ( les pages où Vanessa relate sa visite chez Fiona Gélin notamment n’apportent rien et sont même déplacées ).

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  • Grand Prix des Lectrices Elle 2019

    Vanessa Schneider est la cousine de Maria Schneider. À travers cet ouvrage elle rend hommage à sa cousine, partie trop tôt d’un cancer. Elle lève le voile sur une actrice qualifiée de sulfureuse malgré elle par la presse suite à sa prestation dans le Dernier...
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    Grand Prix des Lectrices Elle 2019

    Vanessa Schneider est la cousine de Maria Schneider. À travers cet ouvrage elle rend hommage à sa cousine, partie trop tôt d’un cancer. Elle lève le voile sur une actrice qualifiée de sulfureuse malgré elle par la presse suite à sa prestation dans le Dernier Tango à Paris aux côtés de Marlon Brando. Mais ce que tout le monde ignore c’est son viol durant le tournage. De là, c’est la descente aux enfers. « Tu sembles ne pas savoir qui tu es. Tu n’as pas de papa. Ta maman t’aime mal, tu as la mine inquiète des enfants qui pressentent que le chemin de la vie sera pavé de pierres coupantes. »

    Vanessa Schneider nous dresse un portrait de femme meurtrie par la vie avec une distance respectueuse. L’écriture est délicate, posée, nous positionnant au plus proche de l’actrice. Le récit est construit en de courts chapitres, alternant « Tu » Maria et « Je » Vanessa, reflétant ainsi leur histoire commune. Car oui Vanessa Schneider veut rétablir la vérité et rendre justice à celle pour qui le mouvement #MeToo serait porteur de bonne conscience. « Avec sa bouille d’éternelle femme-enfant et son caractère de petit chat sauvage, elle a conquis le monde avec la fulgurance d’une météorite enflammée qui pulvérisa tout sur son passage ! »

    http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2018/09/11/36695630.html

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  • Elle était belle, non, plus que cela : superbe avec ses cheveux bruns et tout le monde se retournait sur son passage. C’est sa cousine, Vanessa Schneider qui a écrit « Tu t’appelais Maria Schneider »sur cette actrice française, un monstre du cinéma dans les années soixante-dix, décédée trop...
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    Elle était belle, non, plus que cela : superbe avec ses cheveux bruns et tout le monde se retournait sur son passage. C’est sa cousine, Vanessa Schneider qui a écrit « Tu t’appelais Maria Schneider »sur cette actrice française, un monstre du cinéma dans les années soixante-dix, décédée trop tôt, à 58 ans en 2011.
    Vanessa écrit : « Ce livre est pour toi, Maria. Je ne sais pas si c’est le récit que tu aurais voulu, mais c’est le roman que j’ai voulu écrire. » Ainsi que ces paroles de toi : « J’ai eu une belle vie. » Puis : « Tu as glissé sur cette phrase comme un doigt fatigué se promène sur une panne de velours avec un sourire doux et le regard envolé vers des souvenirs heureux. C’était quelques jours avant ta mort. » (p.7)

    Dans cet ouvrage, Vanessa s’adresse à sa tante Maria, dans un récit émouvant, un livre qu’elles auraient aimé écrire ensemble mais le destin en a voulu autrement.
    Maria était mal aimée de sa mère, elle gênait entre ses frères, mais elle a appris tout de même que son père était Daniel Gélin qui n’a pas pu la reconnaître car il était marié. Elle finit tout de même par le rencontrer et il l’emmène sur des plateaux de tournage où elle fait la connaissance de comédiens ainsi que de metteurs en scène ou de réalisateurs qui ne sont pas indifférents à son physique avantageux. C’est qu’elle est tellement belle !
    Pendant ces années soixante-dix, toute jeune, elle commence à faire des figurations grâce à Alain Delon et elle va même vivre quelque temps chez Brigitte Bardot qui restera son amie jusqu’à la fin.

    Mais voilà qu’à peine à l’âge de dix-neuf ans, Bernardo Bertolucci lui propose un rôle dans « Dernier Tango à Paris » avec l’immense séducteur Marlon Brando. un film scandaleux à cette époque, qui va être lourd de conséquences pour Maria car elle va subir des insultes et se révéler une source d’humiliations pour elle. D’ailleurs le film (sorti en 1972, « ne passe pas la censure et se retrouve classé « interdit aux moins de 18 ans », un visa qui déchaîne la curiosité. Il devient immédiatement objet de scandale. » (p.60).
    Il va rester un fardeau pour Maria durant toute sa vie, lui coller à la peau. Mais cela ne l’a pas empêchée de rester en contact avec Marlon, « ils n’avaient jamais rompu le fil » (on l’apprendra par surprise car personne ne le savait).

    Vanessa Schneider rend un bel hommage à Maria dans un style épuré, des phrases courtes mais qui touchent. Elle nous fait part de toutes ses belles rencontres artistiques, elle le sex-symbol involontaire mais aussi de ses excès d’alcool, de drogue, de sa lente descente aux enfers.
    Parmi ces rencontres, il est à remarquer celle qu’elle a eue avec Patti Smith dont l’auteure dit « 
    « Je ne connais pas particulièrement l’œuvre de Patti Smith, si ce n’est quelques morceaux devenus cultes et le sublime Just Kids qui raconte ces années-là. (…) Au détour d’une interview à propos de son dernier album Banga, je découvre qu’elle a composé pour toi un poème chanté, un adieu doux et mélancolique avec des riffs de guitare que tu aurais adorés. La chanson s’appelle Maria, simplement Maria. Patti Smith l’a écrite au lendemain de ta mort. » (p.190). Elles s’étaient rencontrées dans un restaurant où Patti était venue au-devant de Maria, tout intimidée devant tant d’honneur.

    Vanessa, grand reporter et écrivaine à succès, avec toute cette énumération des personnages ayant connu Maria, reconnaît son destin tragique et son désir de retrouver l’amour d’un père. Cette « femme trop belle, punie pour ses audaces et ses mauvais choix » avait trouvé en la personne de Brigitte Bardot une amitié tellement fidèle que celle-ci avait tenu à prendre en charge tous les frais des obsèques – un beau geste d’une autre sex-symbol considérée elle aussi comme une femme-objet de désir, seulement jugée sur son physique.

    C’est ainsi que Maria a sombré petit à petit, avec parfois quelques moments d’espoir, mais la fin est inéluctable avec la maladie qu’elle endure de façon héroïque.
    Avec ce roman où les faits sont très précis, Vanessa nous offre un beau témoignage d’amour et d’admiration pour Maria – un beau récit sur une famille, sur une femme qui voulait rester libre de ses choix pendant ces années soixante-dix. Il y est également question d’événements politiques avec la gauche qui est en passe de prendre le pouvoir – la mort de Mao, Le Grand Timonier ...

    Encore un beau livre bien complet mais qui se lit très rapidement pour cette rentrée littéraire 2018.

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