Sauveur & fils saison 1

Couverture du livre « Sauveur & fils saison 1 » de Marie-Aude Murail aux éditions Ecole Des Loisirs
Résumé:

Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille... Lire la suite

Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 m pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d'affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s'évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la maman vient de se remettre en ménage avec une jeune femme.Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien. Mais à toujours s'occuper des problèmes des autres, Sauveur a oublié le sien. Ne devrait-il pas protéger ce petit garçon, Lazare, 8 ans, qui est son fils, menacé par un secret ? A partir de 12 ans.

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  • 0.2

    Lazare a huit ans, un meilleur ami appelé Paul, une nounou appelée Nicole, mais surtout un papa appelé Sauveur et qui, comme son prénom l’indique si bien, passe ses journées à tenter de sauver les gens. Sauveur Saint-Yves est psychologue. Depuis quelques mois, dès qu’il revient de l’école, Lazare se glisse très silencieusement dans la pièce jouxtant le bureau de son papa et écoute les consultations. C’est ainsi, adossé contre le mur, qu’il suit les progrès et les rechutes de Margaux, qui se scarifie, d’Ella, phobique scolaire, de Cyrille, qui souffre d’énurésie, de Gabin – ou plus particulièrement de la mère de ce dernier, en plein délire paranoïaque – ou encore des trois sœurs Augagneur qui peinent à admettre que leur mère a quitté la maison pour se mettre en couple avec une jeune femme. Mais Lazare aimerait bien que son papa passe un peu moins de temps à s’occuper des problèmes des autres pour consacrer un peu plus de temps à ceux de son fils, qui doit faire face à l’hostilité croissante d’une de ses petites camarades, qui clament haut et fort que sa maman ne peut pas être blanche, puisque lui-même est noir …

    Avec ce livre, Marie-Aude Murail a réussi un pari fou : pourquoi se contenter de raconter l’histoire d’un unique protagoniste quand on peut entremêler celles de dizaines de personnages ? La maison d’édition a choisi de présenter son résumé du point de vue de Sauveur, j’ai quant à moi décidé de le faire par les yeux de Lazare, mais en pratique, nous suivons dans ce récit une ribambelle de personnages. Et c’est tout simplement passionnant ! D’autant plus que les pathologies dont souffrent chacun des petits patients de Sauveur sont très justement décrites, sans exagération ou stéréotype. Toutes les situations exposées dans ce roman sont vraisemblables et crédibles, ce qui confère au récit un véritable aspect « documentaire » sur la psychologie des adolescents, ces adultes en devenir qui doivent bien souvent endurer de nombreuses souffrances intérieures au cours de ces quelques années de transition. Que ce soit des conflits familiaux ou identitaires, des angoisses ou des traumatismes, rares sont les jeunes qui n’ont pas, une fois dans leur vie d’adolescent, eu l’horrible sensation que tout échappe à leur contrôle. L’auteur évoque avec beaucoup de justesse cette période de doute et de révolte, pas uniquement contre les parents mais surtout contre les bouleversements entrainés par la puberté.

    Chaque patient fait donc l’objet d’une sous-intrigue dont nous suivons l’évolution avec plaisir, sous-intrigue qui se mêle à l’intrigue générale : celle qui s’articule autour de Sauveur et de Lazare, des non-dits qui flottent entre eux, du passé qui tente de refaire surface. Bien qu’armé de ses diplômes de psychologie, Sauveur ne sait pas comment aborder cette douloureuse réalité avec son petit garçon. Je peux difficilement en dire plus, car il est bon que vous découvriez par vous-même ce qui se cache derrière le silence de Sauveur, mais j’ai trouvé cette histoire aussi bouleversante qu’intéressante. Car on sent bien qu’il ne s’agit pas uniquement d’une fiction, que l’auteur a voulu faire passer un message. Je n’ai pas fait de recherches sur le sujet car je fais confiance à Marie-Aude Murail : il y a une bonne part de vérité dans ce récit. Et c’est vraiment ce que je trouve fantastique avec ce roman, c’est qu’absolument tout donne le sentiment d’être réel, qu’il y a une véritable Ella qui a inspiré ce personnage, une véritable Louise qui a soufflé les pensées de cette dernière, de véritables situations qui se sont laissées retranscrire dans une fiction. Et un réalisme aussi impressionnant n’est pas donné à tous les livres, c’est pour cela que je le souligne !

    Malgré toutes ces qualités, j’ai tout de même quelque chose à « reprocher » à ce livre : sa narration. Je ne peux pas nier qu’elle est fluide et légère : ça se lit très facilement et très rapidement. Mais cette légèreté m’a quelque peu dérangée au vue des sujets abordés : il n’y a absolument rien de léger dans le racisme, la phobie scolaire, le divorce, et j’en passe. Je suis totalement d’accord avec le fait qu’il faut un peu de légèreté pour ne pas déprimer le lecteur, mais je crains que l’auteur ne soit allé un petit peu trop loin. J’ai également compris que l’idée était de contrebalancer l’évocation de ces thèmes très sombres par une bonne humeur débordante, que l’objectif était de donner le sourire au lecteur, et je dois admettre qu’une fois lancée dans l’histoire, je me suis laissée avoir par cette volonté, mais les premières pages ont été dures. Peut-être parce que certains des problèmes des patients de Sauveur ne me sont pas inconnus, peut-être parce que j’ai eu de mauvaises expériences avec des psychologues qui prenaient tout à la légère, je ne sais pas, mais j’ai trouvé que l’auteur en faisait un petit peu trop avec son humour dédramatisant. 

    Mais ce petit détail ne m’a pas empêchée d’être absolument charmée par ce premier tome, et j’ai d’ailleurs hâte de retrouver Lazare et Sauveur pour de nouvelles aventures ! Ce roman met effectivement de bonne humeur, grâce à l’amitié indestructible qui unie Lazare et Paul, grâce aux déboires de l’institutrice surmenée par les centaines de recommandations émanant du ministère, grâce aux hamsters qui viennent pointer le bout de leur nez dans l’histoire … Ce livre est à la fois très sérieux, abordant des thèmes aussi graves et variés que les attentats, les agressions, le racisme, la quête de l’identité, et très joyeux, et c’est bien cela qui fait toute sa particularité. Je ne regrette pas de m’être laissée tenter, alors vous aussi, n’hésitez plus !

  • Lechoixdeslibraires.com

    Quand le psychologue dénoue les maux de ses patients bien mieux que les siens ou ceux de son fils...
    Un thème classique, qui n'en reste pas moins mené avec brio, humour et tendresse.
    Joli coup de coeur !

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