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Rivage de la colère

Couverture du livre « Rivage de la colère » de Caroline Laurent aux éditions Les Escales
Résumé:

Août 1967. Après 157 ans de présence coloniale britannique, l'île Maurice accède à l'indépendance. Pour Marie-Pierre Ladouceur, qui vit sur l'île de Diego Garcia aux Chagos, un archipel rattaché à Maurice, c'est un non-événement. La seule chose qui lui importe alors est d'aimer, et surtout de se... Voir plus

Août 1967. Après 157 ans de présence coloniale britannique, l'île Maurice accède à l'indépendance. Pour Marie-Pierre Ladouceur, qui vit sur l'île de Diego Garcia aux Chagos, un archipel rattaché à Maurice, c'est un non-événement. La seule chose qui lui importe alors est d'aimer, et surtout de se faire aimer d'un jeune homme à la silhouette d'oiseau, Gabriel Neymorin. Marie a vingt-deux ans, deux fossettes dans les joues, une peau noire aux reflets d'or. Depuis toujours elle va pieds nus, sans chaussures ni brides pour l'entraver, libre. Elle sait que Gabriel, venu spécialement de Maurice pour seconder l'administrateur de l'île, est tout ce qu'elle n'est pas : un bourgeois, un intellectuel, un « bon créole ». Et alors ?
Les mois passent et la vie, imperceptiblement, bascule. Gabriel l'évite. Le bateau de ravitaillement ne fait plus escale aux Chagos. Des gens disparaissent sans donner de nouvelles. Jusqu'à la catastrophe finale.Pour Marie et Gabriel, l'heure du combat est venue.

Roman de l'exil et de la révolte, toujours aussi vive cinquante ans plus tard, Rivage de la colère est également la peinture d'un amour impossible. Rivage de la colère est aussi l'enquête intime de Caroline Laurent pour comprendre en quoi cette tragédie insulaire fait écho à ses origines, à ses propres failles et à son besoin d'écrire.

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  • Quoi de mieux qu'écrire un roman pour évoquer un drame méconnu, un drame humain mais également environnemental, mais pour cela il faut le faire en mêlant habilement romanesque et faits et ce que fait parfaitement Caroline Laurent avec ses personnages et les événements. Marie Ladouceur, Gabriel,...
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    Quoi de mieux qu'écrire un roman pour évoquer un drame méconnu, un drame humain mais également environnemental, mais pour cela il faut le faire en mêlant habilement romanesque et faits et ce que fait parfaitement Caroline Laurent avec ses personnages et les événements. Marie Ladouceur, Gabriel, leur histoire d'amour contrarié par les événements mais aussi les histoires de ces familles déracinées de leur terre natale. On oublie trop souvent ce qui se cache derrière la colonisation, avec le pouvoir de possession d'une partie du monde, ce que l'on pourrait appeler les puissants, sur des minorités, sans autre pouvoir que celui d'être sur le terre, de l'aimer, d'y avoir ses racines, celles du cœur mais également celles dans lesquelles ils puiseront la force de leur colère.

    Plusieurs époques pour retracer les faits, plusieurs narrations. 1967 : Diego Garcia aux Chagos, une île rattachée à l'île Maurice dans l'Océan indien. Là vit Marie avec sa sœur Josette, sa tante Angela et sa fille Suzanne. Ils vivent pauvrement mais vivent heureux mais leur île est convoitée pour y établir, grâce à l'empire britannique, une base militaire américaine,  mais cela ils ne le savent pas et on estime que cela ne les concerne pas.  Alors que le chemin de Marie croise celui de Gabriel, mauricien, qui vient d'arriver à Diego Garcia pour occuper le poste de secrétaire de l'administrateur de l'île, en coulisse les tractations ont lieu et les expulsions vont débuter. Mensonges, promesses, rien ne leur épargné allant jusqu'à la force pour ceux qui résistent.

    Conjointement à ce récit, Séraphin, le fils de Marie, dans les années 2000, prend la parole pour évoquer son long chemin pour dénoncer les abus de l'époque mais aussi pour revenir sur son propre combat plus de 40 ans plus tard auprès de la Cour internationale de justice et l'ONU, la restitution des terres à ses habitants mais aussi pour rendre hommage et justice à tout à un peuple dépossédé en menant un combat qu'il perpétue comme un héritage.

    Ce roman a été inspiré à Caroline Laurent par sa mère, ayant vécu sur l'île Maurice et lui racontant des histoires dans lesquelles le nom de Chagos était prononcé. Qui connaît cet endroit, cette petite île et le drame que ses habitants a connu il n'y a pas si longtemps. Les faits remontent à 1967, donc pas si loin, mais qui a entendu parler des faits. La "diplomatie" et les intérêts des différents pays concernés : Maurice, Angleterre et Etats-Unis ont tu ou trouvé les arguments pour défendre leurs positions. Et puis qui cela peut-il intéresser la dépossession d'un petit bout de terre à l'autre bout du monde alors qu'elle est à elle seule le reflet de notre monde, où la puissance prévaut sur l'humain.

    Avec ses personnages et en particulier avec celui de Marie Ladouceur, emblème de l'attachement à sa terre mais aussi à la colère qui surgit devant l'injustice et le mensonge, Caroline Laurent réussit à captiver le lecteur avec la prouesse de rendre l'ensemble clair et émouvant par les implications qui ont résulté de l'arrachement et des promesses non tenues. Elle réussit à mêler les destins de chacun aux événements pour soulever tous les méandres des faits et les dénoncer, mais avec une fluidité et une accessibilité rarement aussi bien atteintes.

    Ce roman bâti essentiellement autour de tous les mensonges qu'ils soient politiques mais aussi familiaux est à la fois un cri de colère et une révolte contre les silences autour d'un drame dont les principales victimes ont fait de leur vie un combat pour retrouver pour eux ou pour leurs descendants la terre qui leur avait été volée.

    "Je réclame au nom des miens, vivants, morts, exilés, déracinés, amputés, vieillards, enfants, la fin du colonialisme britannique en Afrique.
    Et ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche... (p128)"

    C'est un roman fort : fort en émotions, fort en colère et porté par une écriture qui dose contexte général des événements mais également l'histoire d'une famille, ballotée et abusée, d'un couple qui devra trouver son propre territoire pour se construire après maintes fausses routes. L'auteure choisit de faire de son personnage principal, Marie Ladouceur, l'emblème d'une lutte, une femme forte, attachée à ses racines, à sa famille, volontaire, fière et déterminée.

    Ecrire pour raconter mais aussi écrire pour dénoncer, c'est à cela également que sert la littérature et ce roman de Caroline Laurent, dont j'avais lu Et soudain la liberté, qu'elle avait écrit conjointement avec Evelyne Pisier, en est une illustration parfaite car qui a eu connaissance des abus du colonialisme sans omettre le silence du monde et de l'intérêt financier de certains sur cette île devenue un enjeu soi-disant stratégique dans la lutte future contre le terrorisme, argument massue par les temps qui courent. Mais ne nous voilons pas la face, il est surtout question d'argent, de pouvoir, de petits arrangements entre pays faisant fî des vies humaines, devenant monnaie sans importance et n'argumentons pas en pensant qu'il s'agit de temps anciens mais de faits de moins d'un siècle.

    Cela se lit comme un roman mais également comme une page d'histoire et qui vous laisse, une fois fini (et je l'ai lu d'une traite), de l'émotion en imaginant les longs combats menés et le destin de ses habitants floués, dans un silence assourdissant du monde, mais aussi de la colère contre les pouvoirs des puissants, les stratégies utilisées et le silence entretenu.

    J'ai beaucoup aimé.

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  • Beaucoup d'émotion, une colère partagée! Un moment historique récent et peu connu: lorsque Maurice gagne son indépendance, cela ne concerne pas l'archipel de Chagos qui reste sous la coupe britannique: or la GB loue ou vend une des îles aux américains pour y construire une base militaire: c'est...
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    Beaucoup d'émotion, une colère partagée! Un moment historique récent et peu connu: lorsque Maurice gagne son indépendance, cela ne concerne pas l'archipel de Chagos qui reste sous la coupe britannique: or la GB loue ou vend une des îles aux américains pour y construire une base militaire: c'est déjà la fin d'un paradis perdu mais le pire est à venir: la future base exige la disparition des indigènes; ils seront évacués de force vers Maurice; avec l'aide paradoxale de Gabriel, mauricien aux ordres des colons. Gabriel tombe amoureux de Marie-Pierre Ladouceur qui le fera changer d'avis. Cette dernière fait une longue grève de la faim pour attirer l'attention du monde sur cette injustice. Le combat continue...
    Difficile de glorifier la colonisation, elle aurait pu apporter des valeurs sans détruire les autres qu'elle a ignorés

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  • Il faut absolument lire ce livre, ce roman de Caroline Laurent, car il éclaire un drame de l’histoire récente trop peu connu, mis sous le boisseau pour servir les intérêts des puissants, ceux qui exploitent le peuple sans aucun état d’âme.
    Qui connaît les îles Chagos ? J’avoue mon ignorance et...
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    Il faut absolument lire ce livre, ce roman de Caroline Laurent, car il éclaire un drame de l’histoire récente trop peu connu, mis sous le boisseau pour servir les intérêts des puissants, ceux qui exploitent le peuple sans aucun état d’âme.
    Qui connaît les îles Chagos ? J’avoue mon ignorance et je remercie celle qui m’est chère de m’avoir, cette fois encore, poussé à lire Rivage de la colère.
    Perdues dans l’Océan Indien, près de l’Équateur, les îles Chagos (Diego Garcia, Peros Banhos, Salomon et d’autres atolls) dépendaient de l’île Maurice, colonie britannique depuis 1814 après avoir été françaises. Nous y avions amené des esclaves originaires de Madagascar et du Mozambique pour y exploiter la noix de coco…
    Rivage de la colère débute en 1967 quand arrive un jeune Mauricien, Gabriel, qui vient seconder l’Administrateur installé à Diego Garcia. Là, Marie-Pierre Ladouceur vit heureuse dans cette nature préservée, même si elle travaille comme les autres à l’exploitation des noix de coco pour produire l’huile de coprah. Gabriel et Marie se rencontrent et s’aiment malgré leurs différences et les préjugés. Elle est déjà mère d’une petite Suzanne, tombe sous le charme du nouvel arrivant, le séduit mais les jours heureux vont bientôt se terminer subitement. En effet, un référendum permet à Maurice d’obtenir l’indépendance mais un accord secret cède l’archipel des Chagos aux Anglais qui ont un accord avec les États-Unis voulant y créer une base militaire.
    Toute la population est évacuée en quelques heures, sans ménagement, embarquée dans la cale d’un cargo pour Maurice. Là-bas, ces familles laissées à l’abandon, vivent dans un bidonville. Tout cela, Caroline Laurent me l’a fait partager, vivre intensément aux côtés de Marie, de Gabriel et surtout de Joséphin, leur fils qui ira jusqu’à la Cour Internationale de La Haye pour obtenir réparation.
    Mais que de souffrances ! Que de blessures ! Que de vies sacrifiées si injustement ! Toutes ces existences balayées, ces femmes et ces hommes humiliés à cause de la couleur de leur peau, spoliés, chassés sans ménagement, traités comme on traitait autrefois les esclaves.
    Malgré l’arrêt de Cour de La Haye, le combat continue car aucune exécution n’est encore intervenue pour que les Chagossiens puissent revenir vivre sur leurs îles. Dans sa postface, Caroline Laurent confie ses origines mauriciennes du côté maternel et replace son roman dans le cadre historique pour que nous soyons pleinement conscients d’un drame un peu trop vite oublié.
    Rivage de la colère est un roman historique déchirant, remarquablement écrit et bien construit. J’ai pleinement adhéré à cette histoire qui m’a appris une autre facette honteuse de l’histoire de l’humanité qu’il est possible encore de réparer.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Alors là, bravo !
    Quel magnifique roman !
    Roman, mais pas que
    Parce qu’il s’agit d’une histoire vraie.
    Une sale histoire que je ne connaissais pas du tout..
    Lorsque l’île Maurice a obtenu l’indépendance, elle a abandonné à l’Angleterre l’archipel des Chagos.
    Mais quelques années plus...
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    Alors là, bravo !
    Quel magnifique roman !
    Roman, mais pas que
    Parce qu’il s’agit d’une histoire vraie.
    Une sale histoire que je ne connaissais pas du tout..
    Lorsque l’île Maurice a obtenu l’indépendance, elle a abandonné à l’Angleterre l’archipel des Chagos.
    Mais quelques années plus tard, l’Angleterre l’a cédé aux Etats-Unis qui en a fait une base militaire.
    Pour ce faire, il a fallu évacuer toute la population des îliens qui se sont retrouvés à StMaurice parqués dans des bidonvilles.
    Ce n’est que le 25 février 2019 que le tribunal de la Haye leur rendra justice après 50 ans de luttes juridiques.
    Etrange de ne jamais avoir entendu parler de cette histoire alors que la presse tourne en boucle les mêmes sujets jusqu’à l’indigestion.
    Pourtant c’était l’année dernière !
    Du coup j’ai fait des recherches sur Internet, tout cela est ahurissant.
    Pour nous faire connaître cette histoire, Caroline Laurent a imaginé une histoire et des personnages en s’inspirant de sa grand-mère mauricienne.
    Et quelle histoire !
    Passionnante, émouvante, prenante.
    Les personnages principaux, Gabriel et Marie vivent une histoire d’amour palpitante mais entravée par de multiples malentendus.
    Tous les autres chagossiens sont de beaux êtres, simples, sincères, courageux, solidaires.
    Franchement, je ne suis pas prête d’oublier ce livre que j’avais vu plusieurs fois sans être particulièrement attirée.
    Que ça aurait été dommage.
    Je bénis cette insomnie de pleine lune qui m’a permis de le terminer dans la nuit.

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  • Très récemment j'ai pu voir sur France 2, un excellent documentaire intitulé : Décolonisations, du sang et des larmes qui nous rappelait qu'une société qui ne parvient pas à assumer un héritage, si encombrant et honteux soit-il, est vouée à se déchirer.
    En lisant Rivage de la colère, ce...
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    Très récemment j'ai pu voir sur France 2, un excellent documentaire intitulé : Décolonisations, du sang et des larmes qui nous rappelait qu'une société qui ne parvient pas à assumer un héritage, si encombrant et honteux soit-il, est vouée à se déchirer.
    En lisant Rivage de la colère, ce magnifique roman, je n'ai eu de cesse de repenser à ce film.
    Si le Royaume-Uni semble bien s'en sortir et avec une certaine humanité, en acceptant l'indépendance de l'île Maurice le 12 mars 1968 suite au référendum du 17 août 1967 où le oui l'avait emporté, une clause classée Top Secret révèle un gâchis monstrueux et un complet désintérêt pour la souffrance humaine : "l'indépendance de Maurice était conditionnée au "détachement" de l'archipel des Chagos" (l'archipel des Chagos avait été rattaché à la colonie Maurice en 1903). Un accord secret était passé entre le Royaume-Uni et les États-Unis pour louer Diego Garcia, un atoll de l'archipel des Chagos aux Américains, un projet de base navale étant en vue. Un plan en trois étapes était prévu par les Britanniques : "D'abord, encourager les départs volontaires, sans préciser aux voyageurs que le retour sur l'île leur serait interdit. Ensuite, pousser les gens à partir d'eux-mêmes en stoppant l'acheminement de vivres et de biens via les navires de ravitaillement. Enfin, face à d'éventuels récalcitrants, ne pas hésiter à employer la force".
    C'est cette sombre histoire que Caroline Laurent retrace superbement.
    En alternant deux récits, celui assez bref de Séraphin, le fils qui raconte le combat qu'il mène pour pouvoir revenir sur cette île, ayant pris dans cette lutte, la suite de sa mère et celui de la vie de cette dernière Marie-Pierre Ladouceur, racontant la vie sur l'île, sa rencontre avec Gabriel et les conséquences qu'ont pu avoir l'indépendance de l'île Maurice et ce fameux dossier Top Secret sur sa vie, sur leur vie et celle des autres Chagossiens.
    Le récit de Marie débute en mars 1967 et se situe sur la plage de Diego Garcia, sur l'archipel des Chagos. Elle est la première à apercevoir le cargo "Sir Jules" chargé de tant de rêves : "Un royaume se déversait sur les plages de l'île. Des denrées introuvables à Diego, comme le riz, la farine, ou le sucre ... du vin, du tissu, du savon, des médicaments...." Les hommes sortent des entrepôts et elle, va aussitôt à la parcelle où les femmes écalaient les cocos pour les prévenir. Sa sœur Josette attend avec impatience l'arrivée du curé qui pourra l'unir à Christian. Et voilà que débarque un beau jeune homme, à la peau couleur "thé au lait", il arrive de Port-Louis, s'appelle Gabriel Neymorin. Il est le nouveau secrétaire de Marcel Mollinart, administrateur de l'île et qui possède la plantation de coprah. Des tonnes de ce coprah sont exportées chaque année vers Maurice et le reste du monde et Gabriel devra veiller avec lui sur sa production.
    Dès les premières pages, j'ai été embarquée dans ce roman imprégné de couleurs, d'odeurs, de sentiments, de sensualité, d'exotisme. J'avais l'impression d'être moi-même sur la plage de cette île paradisiaque. Mais bien vite, dans cette vie simple et heureuse va se profiler un changement quasi imperceptible au début, qui va progressivement enfler jusqu'à ce moment où tout va basculer lorsque les derniers Chagossiens vont être convoqués sur la plage par des soldats Britanniques. Ces derniers leur demandent de rassembler quelques affaires, seulement l'essentiel, ils doivent évacuer Diego Garcia pour Maurice sur le champ.
    Les regards perdus, les lamentations, l'incompréhension : le désarroi est total. Pourquoi doivent-ils quitter leur île, qui l'a décidé, quand reviendront-ils ? Autant de questions pour lesquelles aucune réponse n'est apportée
    Quelle sensibilité, quelle justesse l'autrice a su rendre dans cet exode ! C'est d'une tristesse inouïe.
    Que d'émotions ressenties tout au long de ce roman sur l'exil et la révolte dans lequel la fiction permet de faire connaitre à chacun ce drame historique, cette injustice incommensurable.
    Grâce à ce roman historique et à travers l'épopée de Marie Ladouceur, j'ai d'abord découvert ces îles Chagos dont j'ignorais l'existence, et surtout le terrible destin qui a été réservé à ses occupants lorsqu'en 1971 ils ont dû quitter leur île et n'ont jamais pu y revenir. Une île vidée de ses habitants pour l’installation d’une base américaine.
    Caroline Laurent fait revivre ces conditions de transport dans les cales du cargo, l'accueil inexistant sur l'île Maurice et l'obligation alors pour survivre de rejoindre un bidonville sans jamais tomber dans le misérabilisme, mais en donnant à ses personnages tout le courage et la force nécessaires pour vaincre ces moments qui ne devraient jamais exister. On ne peut être que scandalisé par de tels traitements. Des faits dont les médias se sont désintéressés et dont ils ne parlent toujours pas, bien que la Cour internationale de justice de la Haye, la plus haute juridiction des Nations Unies ait jugé, en 2019, que l'administration britannique de l'archipel des Chagos, dans l'Océan Indien, ne devait plus exister plus de 50 ans après l'annexion, jugée "illégale" de l'archipel par le colonisateur britannique. Une victoire symbolique pour les Chagossiens même si l'avis n'est pas contraignant.
    Merci à Caroline Laurent pour cet ouvrage au souffle puissant qui a été pour moi un véritable coup de cœur et qui a remporté le Prix Maison de la presse 2020 !

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Une histoire inconnue d'un drame humain... on se révolte devant la petitesse des grands de ce monde et on ressort de ce roman bouleversé par l'injustice. Tellement bien raconté avec un va et vient dans le passé et le présent.

    Une histoire inconnue d'un drame humain... on se révolte devant la petitesse des grands de ce monde et on ressort de ce roman bouleversé par l'injustice. Tellement bien raconté avec un va et vient dans le passé et le présent.

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  • Je n'avais jamais entendu parler des îles Chagos avant ce roman. Ce fut une découverte historique, et quelle découverte ! L'histoire d'un peuple déraciné, voué aux malheurs et à l'errance. Une histoire de tromperie, d'inégalité et d'illégalité. Une histoire de la souffrance d'un peuple qui...
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    Je n'avais jamais entendu parler des îles Chagos avant ce roman. Ce fut une découverte historique, et quelle découverte ! L'histoire d'un peuple déraciné, voué aux malheurs et à l'errance. Une histoire de tromperie, d'inégalité et d'illégalité. Une histoire de la souffrance d'un peuple qui n'avait rien demander d'autre que de vivre sur leurs îles et profiter de leurs plages, d'un peuple pour qui l'argent ne représente rien, d'un peuple heureux. Mais c'était avant, avant le colonialisme, avant l'abus de pouvoir et les tromperies.

    Des personnages forts à l'image du combat qu'ils vont devoir mener. La guerre, encore et toujours.

    Un récit magnifique, terrible, bouleversant, écoeurant aussi, inspiré de faits réels. Mené par la jolie plume de Caroline Laurent que j'avais découverte grâce à son premier roman Et soudain la liberté.

    "L'espoir, c'est l'ordinaire tel qu'il devrait toujours être : tourné vers un ailleurs. Pas un but ni un objectif, non, un ailleurs. Un lieu secret dans lequel, enfin, chacun trouverait sa place. Un lieu juste."

    "Je n'ai rien pour les défier, pas d'argent, pas de diplômes, pas de pouvoir. Mais ce rien, c'est assez pour me battre. Ce rien, c'est moi. Mon corps. Mon souffle. Quand on est pauvre, on n'a que ça : soi-même."

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  • Caroline Laurent est franco-mauricienne. D'abord éditrice, elle est passée auteure avec le livre qu'elle a écrit à quatre mains avec Evelyne Pisier, Et soudain, la liberté. Ce roman pour le moins original, a non seulement rencontré son public, mais également remporté de nombreux prix. Rivage de...
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    Caroline Laurent est franco-mauricienne. D'abord éditrice, elle est passée auteure avec le livre qu'elle a écrit à quatre mains avec Evelyne Pisier, Et soudain, la liberté. Ce roman pour le moins original, a non seulement rencontré son public, mais également remporté de nombreux prix. Rivage de la colère est le petit dernier de Caroline Laurent. Mettant à jour un drame historique méconnu, c'est au cœur de l'océan Indien qu'elle nous embarque.

    Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie. Septembre 2018. Pour Joséphin, l'heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...
    Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle. Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu, le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ? Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.

    La mère, la grand-mère, l'arrière-grand-mère et l'arrière-arrière-grand-mère de Caroline Laurent sont mauriciennes. De part son histoire familiale, L'île Maurice est son caillou dans sa chaussure. Petite, elle a très vite deviné que cette île renfermait un secret, une souffrance notamment lorsqu'elle a entendu parlé pour la première fois des Chagos. Désireuse d'en savoir plus, elle a interrogé sa mère, compilé les lectures, fait des recherches, mais cela ne suffisait pas à comprendre. L’auteure a alors contacté le leader du Groupe Réfugiés Chagos, un groupe d'îlois qui se bat pour obtenir justice. En effet, en 1967 après l'obtention de l'indépendance de l'île Maurice et de ses dépendances, il a été secrètement décidé que certaines îles dont les Chagos resteraient sous administration britannique afin de permettre aux Etats-Unis d'y créer une importante base militaire. Ces territoires devant être libres de toute occupation, il a fallu organiser précipitamment l'exil de leurs habitants. Ces derniers ont alors connu la misère et l'errance jusqu'à ce qu'ils se révoltent.

    C'est l'histoire de ce peuple dépossédé de ses terres et déporté que Caroline Laurent retrace sur plusieurs décennies dans Rivage de la colère. Mêlant les témoignages du Groupe Réfugiés Chagos et les souvenirs de sa mère, elle nous embarque à travers les personnages de Gabriel, de Marie et de Joséphin sur ce bout de terre où il faisait si bon vivre et nous révèle un pan de l'Histoire totalement méconnu du grand public. Sa plume rythmée et puissante nous emporte tant que et soudain, la colère nous gagne. Bien qu'aucun livre n'ait le pouvoir de renverser le monde, espérons que Rivage de la colère permettra de transformer le cours de l'histoire et surtout que les Chagossiens obtiennent enfin gain de cause devant les tribunaux.

    Rivage de la colère est à lire pour comprendre et surtout pour que plus jamais, de tels arrangements militaires puissent être pris au détriment de tout un peuple.

    https://the-fab-blog.blogspot.com/2020/07/mon-avis-sur-rivage-de-la-colere-de.html

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