Et soudain, la liberté

Couverture du livre « Et soudain, la liberté » de Evelyne Pisier et Caroline Laurent aux éditions Les Escales
  • Date de parution :
  • Editeur : Les Escales
  • EAN : 9782365693073
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste,... Voir plus

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...

Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent - un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

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  • Mona et Lucie, deux beaux portraits de femme : étonnante Lucie, femme enfant, charmeuse, femme objet achetée et vendue ou peu s'en faut, comme cela se faisait dans les bonnes familles. N'oublions pas que le mariage est ( était) la prostitution institutionnalisée.. il n'y a pas si...
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    Mona et Lucie, deux beaux portraits de femme : étonnante Lucie, femme enfant, charmeuse, femme objet achetée et vendue ou peu s'en faut, comme cela se faisait dans les bonnes familles. N'oublions pas que le mariage est ( était) la prostitution institutionnalisée.. il n'y a pas si longtemps !!
    Elle a mis du temps Mona à se révolter, mais une fois partie.. plus rien ne l'arrête, tous les sujets sont bons et elle est admirable.. presque outrancière !!
    Quelques exceptions pour sa fille quand même, les études plutôt que Castro !! Elle a tellement souffert de son manque de culture, de l'interruption de ses études pour cause de grossesse, que rien ne doit s'opposer à l'obtention d'un diplôme, sa fille sera docteur et agrégée.. la première en droit d'ailleurs, mais elle aura une vie tellement différente de celle de sa mère.
    Lucie fera ses choix, elle qui dans sa petite enfance a failli tout perdre , même la vie !!dans un camp japonais au Vietnam à la fin de la guerre en 45, épisode peu connu de nous Français, et fort bien raconté, tout comme l'est la description de la vie des colons, colonisateurs en terres lointaines, le vocabulaire utilisé, les surnoms avilissants, la déshumanisation poussée à l’extrême !
    De fort belles femmes en vérité, un livre qui aurait pu être parfait si ce n'était cette dérive du moment, cette mode peut être, sans doute, je l'espère...

    Tous ces romans/documents/ autobiographies que nous avons lus.. me dérangent, ou plutôt dérangent ma vision de la littérature..qui jusque là, et cela me plaisait !! se divisait en «  genres » !!
    Mais est ce justement cette mode, cet engouement pour la confusion des genres qui s'applique également à la littérature ?? et qui me déplaît ??

    Outre l’éditrice qui a mis son grain de sel partout..
    Et qui donc a fait du roman d'Evelyne Pisier un document..personnel !!
    Autant j'aurais compris un préambule ou une postface.. autant ces chapitres qui lui sont entièrement dédiés.. me gênent !! DOMMAAAAAAGE

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  • Ce récit m'attirait à plusieurs titres : j'ai lu beaucoup de billets le concernant : plus ou moins enthousiastes, ensuite le thème : la condition féminine qui me touche particulièrement, et puis rien que la couverture : magnifique portrait de femme, regard étonnant..... à l'époque de la...
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    Ce récit m'attirait à plusieurs titres : j'ai lu beaucoup de billets le concernant : plus ou moins enthousiastes, ensuite le thème : la condition féminine qui me touche particulièrement, et puis rien que la couverture : magnifique portrait de femme, regard étonnant..... à l'époque de la révolution cubaine d'une femme qui assume ses choix, qui va jusqu'au bout mais avec un petit côté fleur bleue. Mais n'allons pas trop vite.
    Et d'ailleurs il n'est pas question d'une femme mais de 2 femmes, voir 3, non 4 : Mona, Lucie, Caroline, Guillemette, Marthe et puis de toutes les autres. Et tout commence avec Mona et là nous partons de loin.... Mariée à un homme raciste, colonialiste, pétainiste, antisémite, brutal etc..... tout pour plaire mais le problème c'est qu'il lui plaît, elle l'aime et il l'aime, elle le suivra au bout du monde, frôlera la mort avec sa fille (Lucie/Evelyne) dans les prisons japonaises durant la guerre d'Indochine, aura un amant, divorcera, reviendra.
    Lucie/Evelyne, une des auteures avec Camille Laurent, qui sont devenues très proches, très vite, amies de courte durée puisque Evelyne est décédée après quelques mois de collaboration. Un destin étonnant, qui fréquentera Fidel Castro, rencontrera Ché Guevara, épousera un médecin humanitaire de renom...... Un certain Bernard K (Victor dans le récit).
    J'ai été touchée, intéressée par l'amitié de ces deux femmes qui semble avoir été profonde, intense, ébauchée mais incomplète, mais tel n'était pas le but du livre. Et là est un peu le problème : biographie, roman, féminisme, amitié ...... tout se mélange un peu.
    Le personnage le plus marquant pour moi est Mona : peut être une question de génération mais aussi parce que c'est en partie cette génération qui a été de toutes les luttes féminines, sûrement par leurs parcours des années 40 : planning familial, avortement, contraception, liberté, droit à mourir dans la dignité etc..... Ce qu'elles ont vécu, enduré depuis si longtemps ont forgé une énergie, une force incroyables mais avec parfois des réflexes encore violents devant certaines causes (homosexualité) mais avec la lucidité de reconnaître ses erreurs pour Mona.
    Evelyne a été élevée par une mère qui a du se battre pour exister, pour gagner sa liberté, pour affronter le regard des hommes, de la classe bourgeoise dans laquelle elle vivait. Elle a permis ainsi à sa fille d'être libre et de faire ses choix, de vivre sa vie. On suit la lente transformation de cette mère, la prise de conscience de sa condition et tout ce qu'elle a refusé par la suite. Une vie libre, refusant le mariage par tout ce qu'il a de contraignant et d'enfermement, portant un regard sur la détresse humaine et une détermination à vouloir changer les choses. Agaçante parfois par sa passivité au début mais sûrement expliquée par l'amour qu'elle portait à son mari, par son éducation, mais active, combattante ensuite, jusqu'au bout refusant même de laisser le temps et la souffrance passer sur elle.
    Dans sa philosophie, rêver et agir se confondaient : elle voulait la vie mais en mieux. (p85)
    Du fait du décès d'Evelyne Pisier durant la rédaction de ce livre, Caroline Laurent a repris les rênes et ses interventions régulières au cours du récit sont parfois un peu gênantes car elles le coupent, interrompant le flux de l'histoire, mais peuvent aussi permettre de comparer, à 50 ans d'intervalles, que parfois les choses ne changent pas tant que cela ou que les combats du passé, au contraire, ont pu les modifier. Elle nous fait surtout partager l'amitié qui la liait à Evelyne, rapide, fulgurante, inexplicable sûrement une concordance de parcours, de passion.
    Pour moi un flash-back sur une époque, pas si lointaine, que j'ai connue, mais où les choses ont bougé un peu mais nous partions de loin, les combats étaient rudes, violents parfois, mais grâce au combat de certaines, en particulier Simone Veil et Simone de Beauvoir, nos vies ont changé et il n'est pas inutile de les rappeler (voir les récents scandales).
    On découvre également un Fidel Castro amoureux, assez caricatural même, bien loin de l'image que l'on peut s'en faire. Image média et intimité...... En parlant d'intimité je me suis interrogée sur l'absence de Marie-France Pisier dans le récit mais on en a l'explication à la toute fin du livre.
    Le livre est composé de 3 parties : la première retrace le parcours de Mona en Indochine, la deuxième traite de la découverte du féminisme par Mona grâce à Marthe et en particulier du deuxième sexe de Simone de Beauvoir, la troisième le retour à Paris et les combats.
    J'ai été beaucoup plus passionnée par la narration du parcours de Mona mais je ne comprends pas la volonté de modifier les prénoms alors qu'il est clairement établi qu'il s'agit d'une biographie enfin deux biographies : Mona et Lucie (Evelyne Pisier et sa mère). Soit on romance totalement soit on assume totalement surtout que certains personnages sont clairement révélés.
    Je pense que la lecture peut être très différente en fonction de l'âge que l'on a : pour une tranche d'âge ce sont les souvenirs plus ou moins bons, pour une tranche d'âge plus jeune c'est une découverte des luttes féminines et de la lente et difficile accession à la liberté pour les femmes.
    Lien : HTTP://MUMUDANSLEBOCAGE.WORD..

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  • ‘Et soudain, la liberté’ récit autobiographique écrit à quatre mains. L’explication : au décès d’Évelyne Pisier, son éditrice Caroline Laurent relève le défi lancé par celle-ci : terminer le livre. Cette œuvre est bien plus qu’un livre, c’est la rencontre ou plutôt le coup de foudre amical entre...
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    ‘Et soudain, la liberté’ récit autobiographique écrit à quatre mains. L’explication : au décès d’Évelyne Pisier, son éditrice Caroline Laurent relève le défi lancé par celle-ci : terminer le livre. Cette œuvre est bien plus qu’un livre, c’est la rencontre ou plutôt le coup de foudre amical entre deux grandes femmes. « L’intensité d’une amitié, ça vous fait une joie pour mille ans, c’est comme un amour, ça vous rentre par le nombril et vous inonde tout entier. »
    Évelyne Pisier raconte l’histoire de sa famille à travers son personnage Lucie et celui de sa mère Mona. Lucie est née à Hanoï en 1941 d’une mère soumise et d’un père pétainiste et antisémite. « Trop d’ambiguïté. C’est ainsi qu’Évelyne résumait la relation de ses parents. Domination et soumission, jeux d’enfants et surenchère. » Mona est très amoureuse de son mari mais décide un jour de ne plus subir. De là s’enchaînent pour elle les relations, les divorces, les amants… Mona s’émancipe et devient féministe grâce à la lecture de Simone de Beauvoir. Lucie déteste son père jusqu’à l’ignorer. Elle fait de belles études et devient une femme d’action, qui mouille le maillot pour faire entendre sa voix, l’emmenant même jusqu’aux bras de Fidel Castro.
    En parallèle, Caroline Laurent, intègre son ressenti sur la construction du récit, elle se met à nu pour nous offrir sa propre histoire. Elle, fille de mauricienne dont la mère a connu la colonisation et la classification sociale. Elle se retrouve un peu dans les mots d’Evelyne Pisier. « Dans ma tasse de thé ont défilé tous les souvenirs, ceux qui nous unissaient directement, elle et moi, notre rencontre, nos échanges, nos dîners, mais aussi tous les autres, ceux qui lui appartenaient et qui, par un acte aussi troublant que merveilleux, étaient devenus les miens : l’histoire de sa famille, de sa vie, dont elle m’avait fait cadeau en choisissant la fiction. »
    Comment ne pas être sensible à ce texte, à cette écriture, à cette amitié, à ces parcours si symboliques ? ‘Et soudain, la liberté’ est de ces romans qui vous secouent à jamais de par son contenu. Des femmes au destin remarquable, engagées politiquement, prêtes à tout pour faire bouger leur société. 442 pages pour voyager de l’Indochine à Cuba en passant par la Nouvelle Calédonie lors d’évènements marquants du XXe siècle. Une lecture où je remarque à quel point la liberté des femmes a été difficile à atteindre, une lutte sans merci. C’est sincère, fort, prenant et unique en son genre. Et comme le dit si bien Caroline Laurent c’est un ‘OLNI objet littéraire non identifié’ !

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  • Un roman étonnant par sa forme et son histoire ! Evelyne Pisier y raconte sa vie mouvementée de l’Indochine à Cuba en passant par Nouméa. Elle décède en 2007 avant de l’achever et son éditrice, Caroline Laurent, décide alors de le terminer et de le publier dans la foulée. Pour cela, elle...
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    Un roman étonnant par sa forme et son histoire ! Evelyne Pisier y raconte sa vie mouvementée de l’Indochine à Cuba en passant par Nouméa. Elle décède en 2007 avant de l’achever et son éditrice, Caroline Laurent, décide alors de le terminer et de le publier dans la foulée. Pour cela, elle s’appuie sur la partie déjà écrite par l’autrice et sur les nombreux récits de vie que cette dernière lui a racontés lors de leurs soirées de discussions à propos du livre. Caroline Laurent raconte ces moments dans le livre entre les chapitres consacrés à la biographie d’Evelyne. S’il était en effet nécessaire d’expliquer au lecteur la genèse de ce livre et les décisions de l’éditrice vis-à-vis du roman inachevé, les incursions de Caroline Laurent dans le récit m’ont quelque peu dérangée et ont cassé mon rythme de lecture. Il aurait peut-être été plus judicieux d’exposer cela sous forme de prologue ou en postface du roman afin d’éclairer le lecteur sans nuire à son immersion dans l’histoire. Je parle d’éclairage car ses digressions sont très intéressantes et permettent de comprendre le contexte de l’écriture.

    En revanche, j’ai beaucoup mieux aimé le fond que la forme. On découvre la vie très romanesque d’Evelyne Pisier et ses engagements dans la lutte pour les droits des femmes et sa liberté. Un sacré personnage ! La figure du père raciste et colonialiste est très présente et l’autrice mettra un point d’honneur à combattre ces préjugés et son père et à s’émanciper tout au long de sa vie. On parcourt le vingtième siècle à travers l’invasion japonaise de l’Indochine, la décolonisation, mai 68, Cuba et Castro, la lutte pour la contraception des femmes. Je suis restée pendue aux plumes des autrices tout au long du roman tant la vie d’Evelyne est pleine de rebondissement et de rencontres inattendues. Sa quête de liberté et d’indépendance vis-à-vis des hommes est admirable et passionnante, j’ai découvert une femme épatante. Je me suis plongée à chaque fois avec plaisir dans cette vie hors du commun et pourtant, je ne suis pas amatrice d’autobiographie en général. Un roman magnifique à découvrir sans plus attendre !

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  • A l’origine de ce roman, une rencontre déterminante, inoubliable
    Quatre mains, une plume
    Une même volonté, l’hommage d’une mère
    Puis, survient brusquement le deuil, le manque
    Une promesse demeure, trait d’union entre les deux femmes
    Une décision inéluctable, une évidence
    Le récit d’une...
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    A l’origine de ce roman, une rencontre déterminante, inoubliable
    Quatre mains, une plume
    Une même volonté, l’hommage d’une mère
    Puis, survient brusquement le deuil, le manque
    Une promesse demeure, trait d’union entre les deux femmes
    Une décision inéluctable, une évidence
    Le récit d’une mère, d’une femme éprise de liberté, en quête d’indépendance
    Une enfance marquée par des drames, des disputes, des fuites
    Une fiction,
    Rythmée par des lieux, de Hanoï à Paris, de Nouméa à Cuba
    Ponctuée de rencontres, des amants, un révolutionnaire Fidel Castro, et un livre
    Des intermèdes, révélateurs d’une belle amitié, fugace mais intense
    Une toile de fond qui mêle la petite et la grande Histoire, entre colonialisme et émancipation des femmes
    Des souvenirs, des non-dits, un amour filial imparfait
    Sincérité, admiration, fascination façonnent cette lecture
    Une écriture délicate, des mots qui touchent
    Une incroyable histoire de femmes, deux destins hors du commun
    Un roman fort, vibrant, passionnant
    Une ode à la liberté, à l’amour et à l’amitié

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  • Très très intéressant d après le sujet Cuba et CASTRO dont elle fait sa rencontre vraiment un sujet très prenant il me plaît beaucoup vraiment a decouvrir avec plaisir .....

    Très très intéressant d après le sujet Cuba et CASTRO dont elle fait sa rencontre vraiment un sujet très prenant il me plaît beaucoup vraiment a decouvrir avec plaisir .....

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  • Evelyne Pisier. Un prénom et un nom qui disent déjà beaucoup : professeure, écrivaine, politologue, scénariste… On connait ses combats, son engagement en faveur des femmes et de la tolérance universelle. Mais sait-on qui elle était réellement ? Pourquoi ce militantisme qui n’a jamais failli ?...
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    Evelyne Pisier. Un prénom et un nom qui disent déjà beaucoup : professeure, écrivaine, politologue, scénariste… On connait ses combats, son engagement en faveur des femmes et de la tolérance universelle. Mais sait-on qui elle était réellement ? Pourquoi ce militantisme qui n’a jamais failli ? D’où vient-il ?


    Née au Viêt Nam où son père était en poste à Hanoï. Justement son père… Un homme autoritaire, défenseur de la race supérieure à laquelle il pense appartenir, admirateur de Pétain et opposant farouche à De Gaulle, il ne jure que pas son mentor : Maurras ! A ses côtés, son épouse essaie de rendre sa famille heureuse malgré sa soumission. Elle est belle, il est beau, ils sont amoureux. Suite à l’invasion japonaise en Indochine, la famille va vivre ses pire moments : la petite Evelyne est internée avec sa maman dans un camp de concentration japonais : les privations, les humiliations, la faim, les maladies et cette terrible heure où la mère sera emmenés par les geôliers, on devine ce qu’ils vont lui faire subir. Le père est prisonnier dans un autre camp. Ils se retrouvent mais rien ne sera jamais comme avant. Après un séjour en France, puis à nouveau en Asie, la famille pose ses valises à Nouméa. Là, tout va basculer : Evelyne (Lucie) grandit et s’éloigne de la religion, le père (André) devient de plus en plus irritable et sectaire, la maman (Mona) s’émancipe progressivement au contact d’une bibliothécaire (Martha, seul personnage fictif) qui lui fait découvrir « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir et prend un amant. Un divorce, un remariage avec le même homme puis la rupture définitive. Mère et fille vont désormais être unies, solidaires et mener tous les combats (contraception, avortement, droit des homosexuels, droit de mourir dans la dignité,…) tout en choisissant cette liberté de vivre pleinement, au gré de leurs envies, de leurs désirs, que leur corps respectif soit enfin à elle tout en travaillant pour ne plus dépendre d’un conjoint ou d’un protecteur.

    Décédée en février 2017, Evelyne Pisier ne pourra pas partager l’émotion de milliers de lecteurs ni lire son livre co-écrit avec son éditrice Caroline Laurent, cette dernière ayant continué la rédaction afin de rendre le meilleur hommage possible à celle qui était devenue son amie. Le résultat est inouï car on voudrait que le roman soit perpétuel, chaque page est une révélation et on ne peut prendre une pause, on veut en savoir plus, découvrir ces vies qui ne se vivaient pas que pour soi-même mais aussi pour les autres. Un récit éthéré où dominent la pudeur des sentiments malgré les détails intimes comme, par exemple, la liaison entre Evelyne Pisier et Fidel Castro.

    Deux destins qui auraient pu être ineffables, mais par la magie du roman et de la plume des auteurs, vont demeurer en mémoire. Caroline Laurent a eu la maestria d’alterner le récit avec des passages personnels, révélant les instants partagés avec Evelyne Pisier, le tout avec une délicatesse que même les pages relatant des faits tragiques paraissent avoir été écrites sur du velours. Peut-être parce que ce roman est un peu cathartique…

    Prodigieux portraits de femmes, une mère et sa fille. L’autre pilier familial, la sœur Marie-France Pisier, n’apparait pas car Evelyne ne voulait pas la faire entrer dans un personnage de roman mais une subtile note termine le livre et c’est d’autant plus touchant.

    Toutes sont réunies et, de leur monde impalpable puissent-elles encore savourer ces désirs d’évasion, cette « chose enivrante » qu’est la liberté…

    http://squirelito.blogspot.fr/2018/01/une-noisette-un-livre-et-soudain-la.html

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  • Une belle découverte que ce récit qui débute en Indochine, se poursuit en Nouvelle Calédonie, fait une halte à Cuba, passe de la France coloniale des années 1950 à celle de 1968 chahutée, qui se libère de ses corsets, durant lesquelles les femmes livrent leur combat pour être reconnues ...
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    Une belle découverte que ce récit qui débute en Indochine, se poursuit en Nouvelle Calédonie, fait une halte à Cuba, passe de la France coloniale des années 1950 à celle de 1968 chahutée, qui se libère de ses corsets, durant lesquelles les femmes livrent leur combat pour être reconnues indépendantes et égales aux hommes. Le roman se déroule au travers du destin de Mona, d’abord femme amoureuse, soumise, aimante qui se révèle au fil des pages et prend son envol, s’émancipe pour oser une vie libre au-delà des carcans ; Mona va divorcer, aimer des hommes, combattre et surtout elle va insuffler à la fille cette liberté hors normes grâce à cette relation fusionnelle entre la mère et la fille.
    L’histoire de Mona est racontée par sa fille Evelyne, puis au décès de celle-ci par Caroline LAURENT, l’éditrice devenue amie qui décide de poursuivre son œuvre.
    J’ai beaucoup aimé ce récit et j’ai replongé avec grand intérêt dans l’histoire de l’Indochine, j’ignorai d’ailleurs l’existence des camps japonais où des français ont été détenus, où mère et fille vont être incarcérées dans des conditions inhumaines et survivre en dépit des outrages. Le personnage du père n’est guère sympathique, haut fonctionnaire maurassien sûr de lui, admiré et adoré par la petite fille, aimé passionnément par son épouse qui finira sa vie seul avec ses certitudes qui vont l’éloigner de celles qui l’aimaient tant.
    L’épisode en Nouvelle Calédonie voit Mona prendre son envol, oser, résister à sa manière sous les yeux de sa fille.
    Pour autant, j’ai quelques réserves sur la forme : j’ai été un peu gênée par les interventions de Caroline Laurent qui interrompent le récit, certaines sont bienvenues, d’autres me semblent inutiles.
    Et puis, pourquoi donner un nom d’emprunt à Evelyne (Lucie dans le texte) ? La femme est connue, elle est brillante et mérite un hommage au grand jour à mon avis. Un peu flou la frontière entre la fiction, le roman, la biographie…
    C’est néanmoins un livre incontournable, riche et documenté, émouvant, on ne peut qu’éprouver de l’admiration pour ce duo mère fille, leurs choix, et le combat qu’elles mènent pour l’émancipation des femmes.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

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  • En recevant le manuscrit d’Evelyne Pisier, Caroline Laurent ne se doutait probablement pas de l’aventure qui l’attendait. La lecture de l’histoire d’Evelyne et de sa mère est un véritable bouleversement pour l’éditrice. Très vite les deux femmes se rencontrent et naît entre elles une amitié...
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    En recevant le manuscrit d’Evelyne Pisier, Caroline Laurent ne se doutait probablement pas de l’aventure qui l’attendait. La lecture de l’histoire d’Evelyne et de sa mère est un véritable bouleversement pour l’éditrice. Très vite les deux femmes se rencontrent et naît entre elles une amitié malgré leur différence d’âge. L’éditrice conseille à son auteur de transformer sa biographie en roman.

    « Évelyne voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante qui couvrait soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames – le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et des révolutions, de la libération des femmes. Son texte oscillait encore entre le témoignage et le récit autobiographique. Nous étions toutes deux d’accord : il fallait en faire un roman. Non pas chercher l’exactitude biographique mais la vérité romanesque d’un destin. S’autoriser à changer les noms, laisser respirer l’imaginaire, explorer les sentiments profonds. Faire œuvre universelle. Évelyne battait des mains. Ensemble nous y arriverions. »

    Évelyne/Lucie naît en Indochine, son père André y est administrateur colonial. Elle va grandir entre cet homme charismatique et autoritaire, ce « héros » maurrassien et pétainiste et sa mère, Mona, belle, femme solaire, dévouée à son mari. Ensuite il y a la rencontre avec une bibliothécaire et un livre : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, il fera prendre conscience à Mona que sa vie n’est faite que de renoncements et de soumission.

    De l’Indochine à La Nouvelle Calédonie, de Paris à La Havane, nous assistons à la libération de Mona et d’Évelyne/Lucie. Toutes deux vont plonger à corps perdu dans le combat pour la libération de la femme (contraception, avortement). Elles sont de toutes les luttes pour la liberté, d’abord celle de la femme, ensuite celle des peuples colonisés.

    Et soudain, la liberté est un roman dans lequel nous sommes les témoins d’une période riche en bouleversements sociaux et politiques. Ces changements nous les suivons à travers les yeux et les actes de Mona et de sa fille. Ce texte plein de souffle m’a passionné de bout en bout. Mais ce qui rend ce livre encore plus original, plus fort, plus touchant, ce sont les circonstances de sa naissance : le décès de son auteur en cours d’écriture, la profonde amitié née autour de ce texte entre l’écrivaine et son éditrice, le passage de relai entre Évelyne Pisier et Caroline Laurent. Malgré ses doutes légitimes à parvenir à donner à son amie le livre qu’elle souhaitait, Caroline Laurent a réussi un véritable tour de force.

    Ce livre restera pour moi l’une des plus belles lectures de cette année 2017. Je vous le recommande vivement.

    « « L’ineptie consiste à vouloir conclure. Nous sommes un fil et nous voulons savoir la trame » disait ce bon vieux Flaubert. Conclure, ce sera suspendre notre dialogue. L’arrêter peut-être. Je ne veux pas. Bien sûr, il y aura d’autres manières de bavarder ensemble, mais celle-là, conversation de texte à texte, de manuscrit à manuscrit, comme de peau à peau, me convenait bien. Je vais avoir un peu froid sans toi. Et l’été qui avance.
    Je ne saurai pas finir. C’est la vie qui finit pour nous. Simplement, les derniers mots que tu m’avais écrits, « Merci Caroline, amie chérie », je te les retourne avec gratitude, chagrin, joie, stupéfaction, je te les retourne avec un amour qui me dépasse mais que j’accepte et reçois pleinement.
    Merci Évelyne, amie chérie. »

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  • J’ai eu peur de ce livre, j’ai craint une bio un peu « branchitude » et puis, j’ai ouvert la première page et ai commencé ma lecture. A partir de ce moment, mes craintes se sont envolées et j’ai aimé la façon dont Caroline Laurent a procédé pour parler d’Evelyne Pisier et son destin à la...
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    J’ai eu peur de ce livre, j’ai craint une bio un peu « branchitude » et puis, j’ai ouvert la première page et ai commencé ma lecture. A partir de ce moment, mes craintes se sont envolées et j’ai aimé la façon dont Caroline Laurent a procédé pour parler d’Evelyne Pisier et son destin à la Marguerite Duras.
    Evelyne Pisier a vécu entre un père Maurassien et une mère amoureuse qui s’ennuie dans un monde bourgeois où l’épouse sert de faire-valoir. Pendant la seconde guerre mondiale, ils habitaient l’Indochine où elle fut internée dans un camp de concentration japonais avec sa mère. La famille a eu la chance de s’en sortir et de se retrouver, le père était dans un autre camp. Ils se retrouvent en Nouvelle Calédonie après un passage en France où Evelyne Pisier découvre l’histoire de France qu’elle ne connait pas. En Indochine, sa vie était partagée entre les niakoués serviteurs et inférieurs et les français et autres coloniaux, race supérieure, selon les critères maurassiens.
    Avec tout cela, il y avait de quoi faire un roman, plus agréable, pour moi, qu’une biographie pure et dure. Oui, la vie d’Evelyne Pisier est digne d’un roman. Etre aimée de Fidel Castro, se retrouver mariée avec un ancien ministre et French Doctor… « Non pas chercher l’exactitude biographique mais la vérité romanesque d’un destin. S’autoriser à changer les noms, laisser respirer l’imaginaire, explorer les sentiments profonds. »
    L’Histoire est partie prenante de la vie d’Evelyne Pisier. Elle a vécu dramatiquement les derniers jours de l’Indochine, connu et vécu la colonisation et ses dérives qu’elle ne comprenait pas, toute subjuguée par son père ses idées maurassienne lorsqu’elle était petite.
    Mona, sa mère, grâce à son passage à Nouméa et une bibliothécaire découvre « le deuxième sexe » qui va changer sa vie, jusqu’ à divorcer. Evelyne Pisier étouffe entre ses deux parents, a besoin de partir, de s’éloigner, de faire ses propres expériences, son éducation sentimentale et politique
    Une histoire de femmes, une école de la liberté qui a un prix, qu’il faut payer comptant, même au prix de sa séparation d’avec Fidel Castro. Quelle découverte cette histoire d’amour entre ces deux êtres. Outre une belle femme, Evelyne Pisier me semble être une belle personne, ce qui n’empêche pas d’avoir du caractère.
    Caroline Laurent, vous racontez si bien que, prise par le texte, l’histoire je n’ai même pas essayé de chercher qui était derrière quel pseudo et, je m’en moque. J’ai aimé vos digressions où vous racontez la genèse du livre votre amitié avec Evelyne Pisier, un coup de foudre amical dont vous parlez avec tendresse. Vous racontez les parallèles entre votre propre mère et Mona.
    Merci d’avoir évité l’écueil racoleur, merci pour m’avoir fait aimer ce livre au-delà de ce que je pouvais espérer.
    Un coup de cœur pour un livre dense mais léger, dramatique et libre. L’histoire de deux femmes à la recherche de leur liberté à une époque où les maris ont le pouvoir. L’épisode du permis de conduire vaut son pesant d’or.

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