Et soudain, la liberté

Couverture du livre « Et soudain, la liberté » de Evelyne Pisier et Caroline Laurent aux éditions Les Escales
  • Date de parution :
  • Editeur : Les Escales
  • EAN : 9782365693073
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste,... Voir plus

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...

Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent - un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

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Les derniers avis

  • 0.25

    A l’origine de ce roman, une rencontre déterminante, inoubliable
    Quatre mains, une plume
    Une même volonté, l’hommage d’une mère
    Puis, survient brusquement le deuil, le manque
    Une promesse demeure, trait d’union entre les deux femmes
    Une décision inéluctable, une évidence
    Le récit d’une...
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    A l’origine de ce roman, une rencontre déterminante, inoubliable
    Quatre mains, une plume
    Une même volonté, l’hommage d’une mère
    Puis, survient brusquement le deuil, le manque
    Une promesse demeure, trait d’union entre les deux femmes
    Une décision inéluctable, une évidence
    Le récit d’une mère, d’une femme éprise de liberté, en quête d’indépendance
    Une enfance marquée par des drames, des disputes, des fuites
    Une fiction,
    Rythmée par des lieux, de Hanoï à Paris, de Nouméa à Cuba
    Ponctuée de rencontres, des amants, un révolutionnaire Fidel Castro, et un livre
    Des intermèdes, révélateurs d’une belle amitié, fugace mais intense
    Une toile de fond qui mêle la petite et la grande Histoire, entre colonialisme et émancipation des femmes
    Des souvenirs, des non-dits, un amour filial imparfait
    Sincérité, admiration, fascination façonnent cette lecture
    Une écriture délicate, des mots qui touchent
    Une incroyable histoire de femmes, deux destins hors du commun
    Un roman fort, vibrant, passionnant
    Une ode à la liberté, à l’amour et à l’amitié

  • 0.25

    Très très intéressant d après le sujet Cuba et CASTRO dont elle fait sa rencontre vraiment un sujet très prenant il me plaît beaucoup vraiment a decouvrir avec plaisir .....

    Très très intéressant d après le sujet Cuba et CASTRO dont elle fait sa rencontre vraiment un sujet très prenant il me plaît beaucoup vraiment a decouvrir avec plaisir .....

  • 0.25

    Evelyne Pisier. Un prénom et un nom qui disent déjà beaucoup : professeure, écrivaine, politologue, scénariste… On connait ses combats, son engagement en faveur des femmes et de la tolérance universelle. Mais sait-on qui elle était réellement ? Pourquoi ce militantisme qui n’a jamais failli ?...
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    Evelyne Pisier. Un prénom et un nom qui disent déjà beaucoup : professeure, écrivaine, politologue, scénariste… On connait ses combats, son engagement en faveur des femmes et de la tolérance universelle. Mais sait-on qui elle était réellement ? Pourquoi ce militantisme qui n’a jamais failli ? D’où vient-il ?


    Née au Viêt Nam où son père était en poste à Hanoï. Justement son père… Un homme autoritaire, défenseur de la race supérieure à laquelle il pense appartenir, admirateur de Pétain et opposant farouche à De Gaulle, il ne jure que pas son mentor : Maurras ! A ses côtés, son épouse essaie de rendre sa famille heureuse malgré sa soumission. Elle est belle, il est beau, ils sont amoureux. Suite à l’invasion japonaise en Indochine, la famille va vivre ses pire moments : la petite Evelyne est internée avec sa maman dans un camp de concentration japonais : les privations, les humiliations, la faim, les maladies et cette terrible heure où la mère sera emmenés par les geôliers, on devine ce qu’ils vont lui faire subir. Le père est prisonnier dans un autre camp. Ils se retrouvent mais rien ne sera jamais comme avant. Après un séjour en France, puis à nouveau en Asie, la famille pose ses valises à Nouméa. Là, tout va basculer : Evelyne (Lucie) grandit et s’éloigne de la religion, le père (André) devient de plus en plus irritable et sectaire, la maman (Mona) s’émancipe progressivement au contact d’une bibliothécaire (Martha, seul personnage fictif) qui lui fait découvrir « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir et prend un amant. Un divorce, un remariage avec le même homme puis la rupture définitive. Mère et fille vont désormais être unies, solidaires et mener tous les combats (contraception, avortement, droit des homosexuels, droit de mourir dans la dignité,…) tout en choisissant cette liberté de vivre pleinement, au gré de leurs envies, de leurs désirs, que leur corps respectif soit enfin à elle tout en travaillant pour ne plus dépendre d’un conjoint ou d’un protecteur.

    Décédée en février 2017, Evelyne Pisier ne pourra pas partager l’émotion de milliers de lecteurs ni lire son livre co-écrit avec son éditrice Caroline Laurent, cette dernière ayant continué la rédaction afin de rendre le meilleur hommage possible à celle qui était devenue son amie. Le résultat est inouï car on voudrait que le roman soit perpétuel, chaque page est une révélation et on ne peut prendre une pause, on veut en savoir plus, découvrir ces vies qui ne se vivaient pas que pour soi-même mais aussi pour les autres. Un récit éthéré où dominent la pudeur des sentiments malgré les détails intimes comme, par exemple, la liaison entre Evelyne Pisier et Fidel Castro.

    Deux destins qui auraient pu être ineffables, mais par la magie du roman et de la plume des auteurs, vont demeurer en mémoire. Caroline Laurent a eu la maestria d’alterner le récit avec des passages personnels, révélant les instants partagés avec Evelyne Pisier, le tout avec une délicatesse que même les pages relatant des faits tragiques paraissent avoir été écrites sur du velours. Peut-être parce que ce roman est un peu cathartique…

    Prodigieux portraits de femmes, une mère et sa fille. L’autre pilier familial, la sœur Marie-France Pisier, n’apparait pas car Evelyne ne voulait pas la faire entrer dans un personnage de roman mais une subtile note termine le livre et c’est d’autant plus touchant.

    Toutes sont réunies et, de leur monde impalpable puissent-elles encore savourer ces désirs d’évasion, cette « chose enivrante » qu’est la liberté…

    http://squirelito.blogspot.fr/2018/01/une-noisette-un-livre-et-soudain-la.html

  • 0.2

    Une belle découverte que ce récit qui débute en Indochine, se poursuit en Nouvelle Calédonie, fait une halte à Cuba, passe de la France coloniale des années 1950 à celle de 1968 chahutée, qui se libère de ses corsets, durant lesquelles les femmes livrent leur combat pour être reconnues ...
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    Une belle découverte que ce récit qui débute en Indochine, se poursuit en Nouvelle Calédonie, fait une halte à Cuba, passe de la France coloniale des années 1950 à celle de 1968 chahutée, qui se libère de ses corsets, durant lesquelles les femmes livrent leur combat pour être reconnues indépendantes et égales aux hommes. Le roman se déroule au travers du destin de Mona, d’abord femme amoureuse, soumise, aimante qui se révèle au fil des pages et prend son envol, s’émancipe pour oser une vie libre au-delà des carcans ; Mona va divorcer, aimer des hommes, combattre et surtout elle va insuffler à la fille cette liberté hors normes grâce à cette relation fusionnelle entre la mère et la fille.
    L’histoire de Mona est racontée par sa fille Evelyne, puis au décès de celle-ci par Caroline LAURENT, l’éditrice devenue amie qui décide de poursuivre son œuvre.
    J’ai beaucoup aimé ce récit et j’ai replongé avec grand intérêt dans l’histoire de l’Indochine, j’ignorai d’ailleurs l’existence des camps japonais où des français ont été détenus, où mère et fille vont être incarcérées dans des conditions inhumaines et survivre en dépit des outrages. Le personnage du père n’est guère sympathique, haut fonctionnaire maurassien sûr de lui, admiré et adoré par la petite fille, aimé passionnément par son épouse qui finira sa vie seul avec ses certitudes qui vont l’éloigner de celles qui l’aimaient tant.
    L’épisode en Nouvelle Calédonie voit Mona prendre son envol, oser, résister à sa manière sous les yeux de sa fille.
    Pour autant, j’ai quelques réserves sur la forme : j’ai été un peu gênée par les interventions de Caroline Laurent qui interrompent le récit, certaines sont bienvenues, d’autres me semblent inutiles.
    Et puis, pourquoi donner un nom d’emprunt à Evelyne (Lucie dans le texte) ? La femme est connue, elle est brillante et mérite un hommage au grand jour à mon avis. Un peu flou la frontière entre la fiction, le roman, la biographie…
    C’est néanmoins un livre incontournable, riche et documenté, émouvant, on ne peut qu’éprouver de l’admiration pour ce duo mère fille, leurs choix, et le combat qu’elles mènent pour l’émancipation des femmes.
    Lu dans le cadre du Jury Lectrices de Elle 2018

  • 0.25

    En recevant le manuscrit d’Evelyne Pisier, Caroline Laurent ne se doutait probablement pas de l’aventure qui l’attendait. La lecture de l’histoire d’Evelyne et de sa mère est un véritable bouleversement pour l’éditrice. Très vite les deux femmes se rencontrent et naît entre elles une amitié...
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    En recevant le manuscrit d’Evelyne Pisier, Caroline Laurent ne se doutait probablement pas de l’aventure qui l’attendait. La lecture de l’histoire d’Evelyne et de sa mère est un véritable bouleversement pour l’éditrice. Très vite les deux femmes se rencontrent et naît entre elles une amitié malgré leur différence d’âge. L’éditrice conseille à son auteur de transformer sa biographie en roman.

    « Évelyne voulait raconter l’histoire de sa mère, et à travers elle, la sienne. Une histoire fascinante qui couvrait soixante ans de vie politique, de combats, d’amour et de drames – le portrait d’une certaine France aussi, celle des colonies et des révolutions, de la libération des femmes. Son texte oscillait encore entre le témoignage et le récit autobiographique. Nous étions toutes deux d’accord : il fallait en faire un roman. Non pas chercher l’exactitude biographique mais la vérité romanesque d’un destin. S’autoriser à changer les noms, laisser respirer l’imaginaire, explorer les sentiments profonds. Faire œuvre universelle. Évelyne battait des mains. Ensemble nous y arriverions. »

    Évelyne/Lucie naît en Indochine, son père André y est administrateur colonial. Elle va grandir entre cet homme charismatique et autoritaire, ce « héros » maurrassien et pétainiste et sa mère, Mona, belle, femme solaire, dévouée à son mari. Ensuite il y a la rencontre avec une bibliothécaire et un livre : Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir, il fera prendre conscience à Mona que sa vie n’est faite que de renoncements et de soumission.

    De l’Indochine à La Nouvelle Calédonie, de Paris à La Havane, nous assistons à la libération de Mona et d’Évelyne/Lucie. Toutes deux vont plonger à corps perdu dans le combat pour la libération de la femme (contraception, avortement). Elles sont de toutes les luttes pour la liberté, d’abord celle de la femme, ensuite celle des peuples colonisés.

    Et soudain, la liberté est un roman dans lequel nous sommes les témoins d’une période riche en bouleversements sociaux et politiques. Ces changements nous les suivons à travers les yeux et les actes de Mona et de sa fille. Ce texte plein de souffle m’a passionné de bout en bout. Mais ce qui rend ce livre encore plus original, plus fort, plus touchant, ce sont les circonstances de sa naissance : le décès de son auteur en cours d’écriture, la profonde amitié née autour de ce texte entre l’écrivaine et son éditrice, le passage de relai entre Évelyne Pisier et Caroline Laurent. Malgré ses doutes légitimes à parvenir à donner à son amie le livre qu’elle souhaitait, Caroline Laurent a réussi un véritable tour de force.

    Ce livre restera pour moi l’une des plus belles lectures de cette année 2017. Je vous le recommande vivement.

    « « L’ineptie consiste à vouloir conclure. Nous sommes un fil et nous voulons savoir la trame » disait ce bon vieux Flaubert. Conclure, ce sera suspendre notre dialogue. L’arrêter peut-être. Je ne veux pas. Bien sûr, il y aura d’autres manières de bavarder ensemble, mais celle-là, conversation de texte à texte, de manuscrit à manuscrit, comme de peau à peau, me convenait bien. Je vais avoir un peu froid sans toi. Et l’été qui avance.
    Je ne saurai pas finir. C’est la vie qui finit pour nous. Simplement, les derniers mots que tu m’avais écrits, « Merci Caroline, amie chérie », je te les retourne avec gratitude, chagrin, joie, stupéfaction, je te les retourne avec un amour qui me dépasse mais que j’accepte et reçois pleinement.
    Merci Évelyne, amie chérie. »

  • 0.25

    J’ai eu peur de ce livre, j’ai craint une bio un peu « branchitude » et puis, j’ai ouvert la première page et ai commencé ma lecture. A partir de ce moment, mes craintes se sont envolées et j’ai aimé la façon dont Caroline Laurent a procédé pour parler d’Evelyne Pisier et son destin à la...
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    J’ai eu peur de ce livre, j’ai craint une bio un peu « branchitude » et puis, j’ai ouvert la première page et ai commencé ma lecture. A partir de ce moment, mes craintes se sont envolées et j’ai aimé la façon dont Caroline Laurent a procédé pour parler d’Evelyne Pisier et son destin à la Marguerite Duras.
    Evelyne Pisier a vécu entre un père Maurassien et une mère amoureuse qui s’ennuie dans un monde bourgeois où l’épouse sert de faire-valoir. Pendant la seconde guerre mondiale, ils habitaient l’Indochine où elle fut internée dans un camp de concentration japonais avec sa mère. La famille a eu la chance de s’en sortir et de se retrouver, le père était dans un autre camp. Ils se retrouvent en Nouvelle Calédonie après un passage en France où Evelyne Pisier découvre l’histoire de France qu’elle ne connait pas. En Indochine, sa vie était partagée entre les niakoués serviteurs et inférieurs et les français et autres coloniaux, race supérieure, selon les critères maurassiens.
    Avec tout cela, il y avait de quoi faire un roman, plus agréable, pour moi, qu’une biographie pure et dure. Oui, la vie d’Evelyne Pisier est digne d’un roman. Etre aimée de Fidel Castro, se retrouver mariée avec un ancien ministre et French Doctor… « Non pas chercher l’exactitude biographique mais la vérité romanesque d’un destin. S’autoriser à changer les noms, laisser respirer l’imaginaire, explorer les sentiments profonds. »
    L’Histoire est partie prenante de la vie d’Evelyne Pisier. Elle a vécu dramatiquement les derniers jours de l’Indochine, connu et vécu la colonisation et ses dérives qu’elle ne comprenait pas, toute subjuguée par son père ses idées maurassienne lorsqu’elle était petite.
    Mona, sa mère, grâce à son passage à Nouméa et une bibliothécaire découvre « le deuxième sexe » qui va changer sa vie, jusqu’ à divorcer. Evelyne Pisier étouffe entre ses deux parents, a besoin de partir, de s’éloigner, de faire ses propres expériences, son éducation sentimentale et politique
    Une histoire de femmes, une école de la liberté qui a un prix, qu’il faut payer comptant, même au prix de sa séparation d’avec Fidel Castro. Quelle découverte cette histoire d’amour entre ces deux êtres. Outre une belle femme, Evelyne Pisier me semble être une belle personne, ce qui n’empêche pas d’avoir du caractère.
    Caroline Laurent, vous racontez si bien que, prise par le texte, l’histoire je n’ai même pas essayé de chercher qui était derrière quel pseudo et, je m’en moque. J’ai aimé vos digressions où vous racontez la genèse du livre votre amitié avec Evelyne Pisier, un coup de foudre amical dont vous parlez avec tendresse. Vous racontez les parallèles entre votre propre mère et Mona.
    Merci d’avoir évité l’écueil racoleur, merci pour m’avoir fait aimer ce livre au-delà de ce que je pouvais espérer.
    Un coup de cœur pour un livre dense mais léger, dramatique et libre. L’histoire de deux femmes à la recherche de leur liberté à une époque où les maris ont le pouvoir. L’épisode du permis de conduire vaut son pesant d’or.

  • 0.2

    Drôle d'histoire que ce livre qui n'est ni complètement un roman, ni complètement une (auto)biographie, écrit par deux femmes qui ont quarante-sept ans d'écart, l'une ayant envoyé un manuscrit à l'autre. Histoire d'un livre qui ne sera pas tout à fait ce qu'il devait parce que'Evelyne meurt,...
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    Drôle d'histoire que ce livre qui n'est ni complètement un roman, ni complètement une (auto)biographie, écrit par deux femmes qui ont quarante-sept ans d'écart, l'une ayant envoyé un manuscrit à l'autre. Histoire d'un livre qui ne sera pas tout à fait ce qu'il devait parce que'Evelyne meurt, histoire surtout d'une rencontre entre deux femmes, de ces rencontres qu'on n'explique pas, qui bouleverse tout sur leur passage. On le sent, rencontrer Evelyne Pisier aura été un moment fort de la vie de Caroline Laurent et l'amitié ne se comptabilisant pas, peu importe qu'elles ne se soient connues que six mois (de cela, les autres s'étonnent, comme si sa tristesse n'était pas légitime).
    Evelyne Pisier voulait raconter sa vie et celle de sa famille sous le prisme du romanesque pour se permettre quelques libertés. A lire son destin et celui de ses parents, on a envie de dire que la fiction est superflue. Je ne dirais pas que j'ai eu l'impression de lire un grand roman mais celle de rencontrer deux femmes extraordinaires. Mona, ce personnage de fiction sous lequel se cache la mère d'Evelyne, qui quitte son mari, le colonialiste dans toute sa splendeur (Dans une entreprise, dans une administration ou dans une patrie, il y a un chef. Dans une famille aussi, il y a un chef. C'est celui qui gagne le pain. Et le chef ici, c'est moi! Le croûton n'est pas une histoire de goût, c'est une histoire de chef), l'épouse à nouveau pour être bien sûr de le quitter sans regret et Evelyne qui fit succomber Fidel Castro et Bernard Kouchner, son futur mari et le père de trois de ses enfants. Difficile de faire plus militante que Mona, qui se battit contre toutes les injustices ou presque et fut même capable d'auto-critique envers son homophobie originelle. On ne s’appesantit pas sur les drames, la sœur célèbre, Marie-France Pisier ne sera mentionnée qu'à la toute fin, mais il est difficile de ne pas penser qu'Evelyne a vécu avec le poids de suicides répétés : celui de son père, de sa mère (une mère qui ne révélera son cancer du sien que lorsqu'il est fini) et de sa sœur. Il y a de très beaux passages sur les liens féminins, que ce soit le lien mère-fille du point de vue de Mona (les pages où Evelyne/Lucie devient mère sont très belles et originales) ou sur l'amitié qui relie les deux auteures mais aussi sur le lien éditeur- auteur:
    Fantomatique, l'éditeur fait planer son ombre sur le texte, joue à cache-cache avec le lecteur, généralement sans rien en dire car la lumière de celui qui signe l'ouvrage suffit à le combler.
    Et puis, disons-le, j'ai aimé ce livre pour des raisons très personnelles, parce qu'il me renvoyait à d'autres textes, de manière volontaire parfois comme avec la lecture du Deuxième Sexe qui change Mona ou d'autre façon, non voulue par les auteures. Il y a aussi la douceur des hommes, celle à laquelle on ne s'attend pas forcément, ce prêtre qui sait dire les mots justes (la confession est d'ailleurs très finement utilisée, à deux reprises, dans ce livre) ou ce tyran qui se fait amoureux.

  • 0.25

    Quand j'ai découvert ce roman, j'ai ressenti une certaine urgence à le lire, sans vraiment comprendre pourquoi. Je ne l'ai d'abord pas trouvé chez mon libraire – tant pis, j'ai fait comme d'habitude, j'ai pris deux autres livres, j'ai gardé ce titre dans un coin de ma tête. Mais je n'ai pas...
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    Quand j'ai découvert ce roman, j'ai ressenti une certaine urgence à le lire, sans vraiment comprendre pourquoi. Je ne l'ai d'abord pas trouvé chez mon libraire – tant pis, j'ai fait comme d'habitude, j'ai pris deux autres livres, j'ai gardé ce titre dans un coin de ma tête. Mais je n'ai pas oublié, je n'ai pas renoncé – moi qui oublie si vite d'ordinaire, prise par la liste sans fin de ma pile à lire. Je suis retournée à la librairie, je l'ai commandé. Il fallait que je l'ai, que je le lise, je le sentais. Une fois dans mes mains, il y a passé 48 heures – 48 heures à refouler mes larmes dans le métro, à l'exhiber fièrement à chaque fois qu'on demandait ce que je conseillais comme livre en ce moment, 48 heures le coeur serré, l'esprit ailleurs, le cerveau en ébullition. Ça faisait bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas émue autant.
    Je ne vais pas vous raconter l'histoire de ce roman – parce que mes petits mots à moi ne suffiront pas à rendre la beauté de ce texte, de ces aventures uniques que nous racontent Evelyne Pisier et Caroline Laurent. L'aventure d'une femme en quête de liberté, l'aventure d'une éditrice, d'une amie en quête de vérité. Evelyne a promis à sa mère d'être une femme libre, et elle le sera. Caroline a promis à Evelyne de terminer son livre, et elle le fera. le courage de ces deux femmes est admirable et m'a ému aux larmes, tout au long de ma lecture.
    Il y a ce petit texte, dans le rabat de la couverture, parfaite description du livre, de son message et de sa morale : « Evelyne a fêté ses soixante-quinze ans quelques semaines après notre rencontre. Elle avait choisi d'aimer ses rides, ses cheveux blancs, ses nombreux petits-enfants – la vie. Mona, elle, s'était donné la mort à la veille de ses soixante-six ans. « Ce qu'il faudrait, c'est montrer dans le roman comment vous vous êtes construites l'une l'autre, mais aussi déconstruites, peut-être. » On pourrait résumer les choses d'une phrase : Evelyne Pisier n'était pas devenue Evelyne Pisier par hasard. Sa mère était à la fois un modèle et un contre-modèle, une alliée et un contradicteur, une confidente et une femme de secrets – un grand chaos d'ombre et de lumière. » Une révélation, le début pour moi d'une découverte littéraire sans pareille, où, étrangement, j'ai eu l'impression que les auteures me comprenaient, encore plus que je ne les comprenais, elles, à travers leur témoignage romancé, romanesque et romantique. Caroline Laurent parlait à mon rêve avorté de devenir éditrice, Evelyne Pisier à l'enfant portant encore le fardeau familial. Elles ont trouvé, sans le savoir sans doute, les mots justes pour me toucher en plein coeur.
    La colonisation – Indochine, Nouvelle-Calédonie, les camps, la guerre, la collaboration française dans l'extermination des Juifs, puis la libération des femmes, l'avortement clandestin, le combat pour la contraception, puis le communisme, l'instruction des femmes, la libération sexuelle, Cuba et Fidel Castro… Une vie mêlée à l'Histoire, la grande histoire, une vie engagée, admirable et tragique parfois. Comment peut-on vivre et survivre à tout ça? Comment a-t-on peu oublier aujourd'hui, qu'il y a 80 ans à peine, les femmes étaient asservies à ce point? Que la politique portait tant d'espoirs? Que notre monde semblait pouvoir basculer d'une minute à l'autre dans une autre guerre atroce?
    Il a dû être tellement difficile de marcher dans les pas d'une femme aussi admirable, après son décès. Il faut du courage pour prendre la plume, et continuer à écrire, malgré la perte, la peur de ne pas être à la hauteur de l'hommage qu'on veut donner, malgré l'absence. Caroline Laurent nous parle aussi de son histoire, des parallèles avec celle d'Evelyne Pisier, ces fragments de vies qui les rejoignaient, au-delà des âges, qui les ont rapprochées, irrémédiablement. Elle nous parle du deuil aussi, de la difficulté à continuer, de l'incompréhension des autres mais de sa détermination à honorer sa promesse. Ici, je n'aurais qu'un mot pour Caroline Laurent : « Merci ». Merci d'avoir fini le livre, merci de nous l'avoir offert, merci d'avoir permis qu'il m'arrive entre les mains.

  • 0.25

    ET SOUDAIN, LA LIBERTE est un livre particulier car il s'agit d'une biographie totalement romancée écrite à quatre mains par l'auteur et son éditrice. C'est un ouvrage singulier car Evelyne PISIER n'a malheureusement pas finalisé sa conception et sa rédaction, emportée par la maladie. Malgré la...
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    ET SOUDAIN, LA LIBERTE est un livre particulier car il s'agit d'une biographie totalement romancée écrite à quatre mains par l'auteur et son éditrice. C'est un ouvrage singulier car Evelyne PISIER n'a malheureusement pas finalisé sa conception et sa rédaction, emportée par la maladie. Malgré la tristesse et l'absence qui entourent la sortie de ce beau livre, il faut surtout en retenir la formidable amitié qui a surgit dés la première rencontre professionnelle entre Evelyne PISIER et sa jeune éditrice Caroline LAURENT. Les deux femmes ont connu un coup de foudre amical immédiat qui a conduit Caroline LAURENT à poursuivre l'œuvre de son amie par delà la mort.

    Mona DEFOREST vit en INDOCHINE. Elle est mariée à un haut fonctionnaire et maman d’une petite fille Lucie. Lumineuse et jeune, elle forme avec son séduisant époux un couple magnifique qui fait sensation dans les soirées coloniales. Pierre, ambitieux, ne cache pas ses accointances pétainistes. Mais la guerre gronde, le pays est à feu et à sang, Mona et sa fille sont faîtes prisonnières et subissent d’insupportables souffrances et de terribles sévices. Libérées, la famille fuit l’INDOCHINE et s’installe à NOUMEA.

    Négligée par son mari, se sentant seule, Mona batifole, se lie d’amitié avec une bibliothécaire qui devient sa meilleure amie et s’éveille au féminisme en lisant avec avidité LE DEUXIEME SEXE de Simone de BEAUVOIR. Ne supportant plus les frasques de son époux et éprise de liberté, Mona décide de s’affranchir de son carcan bourgeois, demande le divorce et rentre en métropole avec ses enfants. Sensible à la cause des femmes, elle milite avec ferveur au planning familial, entraîne sa fille dans ses combats pour la libération sexuelle et le droit à l’avortement. Mère et fille sont côte à côte dans tous les cortèges de manifestations féministes. Sensibilisée très tôt au militantisme et intéressée par la politique, Lucie adhère aux idées communistes et voyage à CUBA, rencontre Fidel CASTRO et succombe à son charisme et son charme…

    J'ai, ces dernières semaines, peu de temps pour la lecture alors j'avoue que ce roman je l'ai savouré. Je n’ai pas boudé mon plaisir tellement il m’a plu, émue et surtout rappelé que les femmes doivent toujours se battre pour s’émanciper et revendiquer leurs droits. Sujet très actuel !

    Le personnage de Mona, qui est, en fait, la version romancée de la mère d’Evelyne PISIER est une femme remarquable à tous points de vue. Elle a décidé de briser les chaînes qui la liaient à son mari et son milieu à une époque où la femme n’existait qu’à travers son mariage, elle a exécuté un virage à 180 degrés pour vivre la vie qu’elle avait décidée pour elle et ses enfants. Et notamment sa fille avec qui elle entretient une relation fusionnelle. J’ai aimé cette complicité dans l’engagement et les idées qu’elles partagent. Evelyne PISIER avait de qui tenir pour devenir la femme remarquable qu'elle est devenue, je ne la connaissais pas et je l'ai découverte à travers ce livre.

    Le DEUXIEME SEXE de Simone de BEAUVOIR a été une révélation pour Mona en son temps, ma très chère Simone fait partie de mon Panthéon personnel. C’est dire si ce roman avait tout pour me plaire.

    Evelyne PISIER a insufflé suffisamment d’envie à Caroline LAURENT au-delà de sa mort pour que celle-ci se sente investie d’une mission, légitime à reprendre le flambeau et capable de finaliser son livre au souffle romanesque indéniable. Les quelques pages écrites de sa main qu’elle intercale dans l’histoire de Mona trouvent une résonnance particulière dans notre époque et dans la vie de cette toute jeune femme qui fait référence à son histoire personnelle et à celle de sa propre mère.

    Caroline LAURENT a fait un admirable cadeau d'adieu à son amie et nous livre un roman absolument passionnant et finalement très intime.

    MYMY
    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2017/11/19/35829235.html

  • 0.25

    Un coup de maître...de maîtresse devrais-je dire devant ce fantastique récit - hommage  de l'editrice Caroline Laurent ayant dû reprendre le flambeau, au décès de celle qui avait entamé son récit de vie ; Evelyne Pisier, sans conteste un symbole de tous les combats de femmes sur ce XX è siècle...
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    Un coup de maître...de maîtresse devrais-je dire devant ce fantastique récit - hommage  de l'editrice Caroline Laurent ayant dû reprendre le flambeau, au décès de celle qui avait entamé son récit de vie ; Evelyne Pisier, sans conteste un symbole de tous les combats de femmes sur ce XX è siècle écoulé.

    442 pages qu'on lit, pour ma part, d'un seul trait, tant les portraits de Mona Desforêt et de sa fille Lucie, tirés de la vie d'Evelyne Pisier et de sa mère, sont passionnants de contrastes, fulugurances et de combats et les parfaites illustrations de la France coloniale, post-coloniale, des trente glorieuses et de la montée en puissance des modèles communistes et d'une certaine gauche. Un fil rouge que le passage de Mona initalement sous la coupe d'un mari passionné mais violent, fondamentalement pétainiste et conservateur en poste en Indochine puis en Nouvelle Calédonie, à la révolte contre le modèle imposé par ce dernier, puis à la bonne société coloniale et enfin au modèle sociétal français en son entier corsettant la femme (droit de disposer de son corps, droit de vote, soumission à son mari, rejet de l'indépendance économique, du divorce, de l'avortement, du planning familial....) et tant de combats dont le flambeau est partagé par sa fille Lucie. 

    Récit multiples aussi où l'on suit aussi les échanges et la collaboration trop courte de l'éditrice Caroline Laurent avec Evelyne, les similitudes d'histoires de vie des deux, les passages et combats furtifs et propres de Marie France Pisier, soeur d'Evelyne, l'épisode Castriste où Evelyne et Fidel deviennent amants, la profonde convergence et le véritable amour comme les oppositions et divergences entre Mona et sa fille qu'elle veut voir comme l'égérie et la prolongation de ses propres échecs ou combats....

    Mona, c'est aussi et de manière forte le destin d'une femme aux amours complexes, avec sa fragilité, ses faiblesses et échecs et son extrême sensibilité. De femme relativement naïve, Mona, par ses rencontres, ses passions, ses fureurs comme ses drames va se construire avec sa fille une personnalité à la fois forte et d'une grande fragilité et une certaine stature politique.

    Tous les combats féministes, mais aussi celui des idéologies politiques, les combats autour des grands thèmes sociétaux (racisme, homosexulaité, sida....) sont mis sous les projecteurs de ces plumes et destin croisées. Un plaisir absolu de lecture, un témoignage humain et historique pour une certaine postérité.

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