Et soudain, la liberté

Couverture du livre « Et soudain, la liberté » de Evelyne Pisier et Caroline Laurent aux éditions Les Escales

4.583333333

12 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Les Escales
  • EAN : 9782365693073
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
Résumé:

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste,... Voir plus

Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu'au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C'est la naissance d'une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l'avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s'ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n'a qu'un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu'elle y fera la rencontre d'un certain Fidel Castro...

Et soudain, la liberté, c'est aussi l'histoire d'un roman qui s'écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d'une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent - un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s'arrêter en février 2017, au décès d'Evelyne. Rien ne s'arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

Donner mon avis

Les derniers avis

  • 0.25

    Une petite merveille qui vient éclairer mon ciel gris de novembre ... Que d'émotions dans ce texte limpide ! Que de souvenirs à partager (en toute modestie) avec ces femmes admirables qui ont su dépasser leurs blessures intimes pour aller plus loin et s'ouvrir aux autres afin de leur apporter un...
    Voir plus

    Une petite merveille qui vient éclairer mon ciel gris de novembre ... Que d'émotions dans ce texte limpide ! Que de souvenirs à partager (en toute modestie) avec ces femmes admirables qui ont su dépasser leurs blessures intimes pour aller plus loin et s'ouvrir aux autres afin de leur apporter un peu de réconfort, un peu d'amour, un peu de folie ! Je suis touchée, à la fois par l'histoire incroyable de cette femme libre, mais également par la capacité de Caroline Laurent à nous conter cette - trop courte mais - belle amitié.

  • 0.25

    "Ma chère Evelyne, Il est trois heures et demie du matin si j’en crois ma montre, heure à laquelle, par temps d’insomnie quelques mois plus tôt, tu m’avais écrit pour me dire qu’ensemble nous ferions vraiment quelque chose de bien. Je ne sais pas si sans toi j’ai fait quelque chose de bien…",...
    Voir plus

    "Ma chère Evelyne, Il est trois heures et demie du matin si j’en crois ma montre, heure à laquelle, par temps d’insomnie quelques mois plus tôt, tu m’avais écrit pour me dire qu’ensemble nous ferions vraiment quelque chose de bien. Je ne sais pas si sans toi j’ai fait quelque chose de bien…", c’est ainsi que Caroline Laurent s’adresse à Evelyne Pisier à la presque fin du roman "Et soudain la liberté".

    Ma réponse, Caroline, est OUI.

    OUI, vous avez fait quelque chose de bien et même de très, très bien.

    OUI, j’ai été sensible au destin hors normes de ces deux femmes qui ont traversé le XXème siècle.

    Caroline Laurent est directrice littéraire aux éditions Les Escales et c’est dans ce cadre qu’elle rencontre Evelyne Pisier, auteur d’un texte qu’elle souhaite publier. Une amitié incroyable va naître entre ces deux femmes et le récit d’Evelyne sera terminé au-delà de sa mort par Caroline… Elle lui en avait fait la promesse.

    Dans ce roman, fort riche, j’ai tout aimé. J’ai aimé la vie romanesque de Mona, la mère d’Evelyne, et par là même celle de la fille. Elle nous emmène d’Indochine en Nouvelle Calédonie, de Nice à Paris. Elle nous fait revivre le passé colonial de la France… et l’histoire transcende l’Histoire. J’ai aimé la transformation de Mona après sa lecture du "deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, sa soudaine envie de liberté, son besoin de se battre sur tous les fronts, son envie de militantisme. Elle va s’attaquer à tout ce qui peut libérer la femme : le droit à l’avortement, le planning familial. Et puis la fille prend le relais, suit le chemin tracé même si les relations avec sa mère sont parfois complexes. C’est ainsi que Lucie – Evelyne – part à Cuba avec un groupe de jeunes étudiants communistes et entretient une liaison amoureuse avec le grand Fidel. Mais surtout j’ai aimé, mêlées au récit, les réflexions de Caroline Laurent qui, en train d’écrire, s’adresse à Evelyne. J’ai aimé ses doutes, ses demandes d’aide par-delà la mort, elle la convoque, lui parle, se pose, lui pose des questions. J’ai aimé cette sensibilité, cette amitié sans failles, ce respect de la promesse : terminer le roman. En lisant, j’entends la voix douce de Caroline et revois son sourire lors de notre rencontre au livre sur la place à Nancy. Elle irradiait du bonheur d’avoir accompli sa tâche, d’être allée au bout, de n’avoir pas failli.
    Un livre très fort, un vrai bonheur de lecture.

    www.memo-emoi.fr

  • 0.25

    Comment écrire un avis sur un livre qui fait déjà l'unanimité et qui finalement n'a pas tellement besoin de mon avis pour convaincre les lecteurs de le lire ?

    Pourtant j'ai rarement eu si envie de décrire ce que j'ai pu ressentir en lisant ce livre. J'ai aimé découvrir Evelyne Pisier, je ne...
    Voir plus

    Comment écrire un avis sur un livre qui fait déjà l'unanimité et qui finalement n'a pas tellement besoin de mon avis pour convaincre les lecteurs de le lire ?

    Pourtant j'ai rarement eu si envie de décrire ce que j'ai pu ressentir en lisant ce livre. J'ai aimé découvrir Evelyne Pisier, je ne la connaissais pas du tout. Et surtout j'ai aimé lire les mots posés par elle et Caroline Laurent. Une amitié hors du commun me semble t'il, une amitié qu'on ne vit pas tous les jours, aussi fugace soit-elle ?

    L'amitié a t'elle d'ailleurs un temps défini avant d'être décrite comme forte et puissante ? Je n'en suis pas sur et ce livre m'apporte la preuve que j'ai raison.

    Caroline Laurent espérait certainement vivre plus longtemps aux côtés d'Evelyne pour justement vivre encore plus intensément leur relation. Mais dans le récit on voit rapidement que Evelyne savait, devinait l'avenir. Elle savait qu'il était temps de se livrer pour laisser une trace. Et son choix pour Caroline a donc été une évidence.
    Deux femmes, deux générations, un même combat ?

    Lisez ce livre comme un hymne à l'amitié, l'amour, la combativité aussi et le respect également.

    Evelyne dévoile cette femme qui l'a élevée, éduquée, protégée pour qu'elle puisse s'épanouir et vivre à sa place dans la société. Comme à chaque fois, la relation mère-fille n'est jamais parfaite, simplement elle aura laissé à Evelyne la possibilité de faire ses choix.

    Le récit évolue au fil de la grande Histoire et j'ai perçu les difficultés d'être une femme à différentes époques, la bataille est commencée depuis longtemps en fait. La femme a toujours eu une place à part dans les sociétés mais chaque fois il faut en faire la preuve...

    Les armes au fil du temps diffèrent et Caroline l'exprime divinement bien dans le récit. Elle intercale les moments de force de Evelyne avec ses moments de faiblesse que seuls certains connaîtront.

    Ce roman est écrit avec beaucoup de finesse, il y est question du féminisme mais pas celui qu'on expose et qui se voit partout, plutôt celui, intime qui fait naître des convictions et nous fait agir. C'est peut-être pour cela que les relations mères-filles sont si particulières. L'envie que la société change se transmet certainement dans nos échanges, dans notre approche de l'éducation à donner aux enfants mais pour cela il ne faut pas être seule !

    C'est aussi ce que j'ai ressenti de la relation entre Evelyne et Caroline. Une transmission différente d'une relation familiale mais qui porte tout autant des valeurs fortes. J'ai trouvé le récit d'une profondeur touchante et percutante. L'objectif de gagner cette liberté tant espérée est sous-jacent à chaque page et le fait que Caroline soit celle qui écrit lui donne encore plus de poids. Elle représente la jeunesse et cette nouvelle génération qui apporte sa (grande) pierre à l'édifice. Le monde dans lequel nous vivons est voué à changer, rien n'est jamais figé.

    Ce livre est un coup de cœur pour moi car il représente ce que j'aime dans l'idée du féminisme, il est solide, il est fort et en même temps il émane de ces pages une tendresse infinie entre les deux auteures, un sentiment que rien ne pourra les séparer, même pas la mort puisque Caroline a les clés de l'univers d'Evelyne !

    Un livre que je vous conseille vivement de lire !

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/10/18/35773412.html

    Une belle surprise pour un roman particulier. Le 16 septembre 2016, l’éditrice Caroline Laurent donne rendez-vous à Evelyne Pisier après la réception de son manuscrit. Ce dernier raconte sa vie et celle de sa mère sous les...
    Voir plus

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/10/18/35773412.html

    Une belle surprise pour un roman particulier. Le 16 septembre 2016, l’éditrice Caroline Laurent donne rendez-vous à Evelyne Pisier après la réception de son manuscrit. Ce dernier raconte sa vie et celle de sa mère sous les pseudonymes de Lucie (pour Evelyne) et Mona (pour sa mère). Caroline Laurent aime ce roman et souhaite qu’elle le retravaille pour une publication. Pendant plusieurs mois, elles collaborent ensemble et une belle histoire d’amitié et de confiance se tisse entre les deux femmes malgré leurs 47 ans d’écart. Malheureusement, Evelyne Pisier tombe malade et décède en février 2017. Avant sa mort, elle dit à son mari Olivier : « S’il m’arrive quoi que ce soit, promets-moi de terminer le livre avec Caroline ».

    Commence alors une aventure difficile, solitaire pour l’éditrice qui souhaite à tout prix honorer la mémoire de son amie en terminant le manuscrit mais qui est aussi en proie aux doutes. Est-ce trahir l’auteure quand on modifie ses mots sans son avis ? Que faire aussi de la souffrance du deuil ? C’est ainsi que naît cet ouvrage qui se compose de deux parties entremêlées : nous avons d’un côté le roman d’Evelyne (retouché et terminé par Caroline) et d’un autre le récit de Caroline sur cette aventure, sur ses discussions avec Evelyne, sur ses interrogations. On découvre ainsi ce qu’est le processus d’écriture, le métier d’éditeur et ses difficultés – surtout quand des événements viennent tout chambouler.

    Le roman d’Evelyne raconte l’histoire de Mona et Lucie. Lucie, le pendant d’Evelyne, passe son enfance en Indochine, à Nice, en Nouvelle-Calédonie avec ses parents Mona et André. André est un haut fonctionnaire très bien vu, très bien placé mais non dénué de défauts. Egoïste, violent, il a une haute estime de lui-même. Maurrassien, il est raciste et justifie la colonisation par l’infériorité des populations colonisées. Il est sans cesse dans un rapport de domination même avec sa famille et particulièrement sa femme. Cette dernière accepte tout par amour mais la découverte d’un livre de Simone de Beauvoir la fait changer d’avis. Le roman d’Evelyne, c’est le roman de l’émancipation de Mona, compliquée et maintes fois reportée mais qui finit par réussir. Elle lutte pour l’avortement, pour la reconnaissance des homosexuels, tout ce qui n’aurait pas été possible avec André. Lucie elle-aussi suit ce chemin libératoire en s’engageant politiquement dans le communisme, ce qui la mène à rencontrer Fidel Castro à Cuba. Ainsi, d’une vie confortable mais bridée, ces femmes réussissent à devenir actrices de leurs vies à s’engager dans des combats qu’elles estiment justes et nécessaires.

    Un récit à quatre mains touchant, pudique, sincère qui célèbre les femmes, la liberté et l’amitié.

  • 0.25

    Je me demande ce qu'aurait été ma vie, si j'avais essuyé les affres du passé : me marier, avoir des enfants, ne pas travailler.
    Au lieu de cela, je travaille, je materne, je cours, matins et soirs, après le temps. Et puis je vote, je peux avorter, je peux décider, je peux étudier.
    Mais si ma...
    Voir plus

    Je me demande ce qu'aurait été ma vie, si j'avais essuyé les affres du passé : me marier, avoir des enfants, ne pas travailler.
    Au lieu de cela, je travaille, je materne, je cours, matins et soirs, après le temps. Et puis je vote, je peux avorter, je peux décider, je peux étudier.
    Mais si ma mère et mes grands-mères ne s'étaient pas battues, serais-je aussi libre ?
    Bien sûr que non.
    Il est des rencontres magiques, comme celle d'Evelyne Pisier et de son éditrice, la talentueuse Caroline Laurent. du témoignage d'Evelyne, Caroline en fera un roman.
    Mais c'est une oeuvre particulière. Elle retrace la vie de Mona (personnage inspirée de la mère d'Evelyne), et de Lucie, sa fille (Evelyne donc).
    Mona, la soumise. Mona l'épouse aimante, qui suit son mari, haut fonctionnaire d'Etat, en Indochine, en Nouvelle Calédonie ... Puis vient le temps de la révolte. Ceci est Mon esprit. Ceci est Mon corps.
    Et si la Femme pouvait être libre, enfin ?
    Cette oeuvre est une ode à la liberté, aux combats nécessaires pour l'acquérir, à l'égalité, puisque la Femme est un homme comme les autres.
    A la fraternité, envers tous les peuples opprimés, à la recherche d'une liberté qu'ils n'ont plus, ou n'ont jamais eue.
    Le roman est coupé d'écrits de Caroline, relatant son travail sur le manuscrit. L'éditrice se livre aussi, et c'en est que plus touchant.
    Cette histoire a résonné en moi, comme l'histoire d'Evelyne a fait écho chez Caroline. Il n'est pas de plus belle victoire que de s'affranchir des oppressions, quelles qu'elles soient. Que de briser les chaînes qui nous étouffent.
    Et soudain, la liberté nous parle de la colonisation, de l'expatriation, de la guerre, de Castro, de Mai 68. Et de la Femme, dans tout ça ....
    Merci Caroline Laurent d'avoir porter la voix d'Evelyne Pisier.
    Et de nous rappeler que les Femmes sont femme, mère, amoureuse, enfant, fille, travailleuse, être, héroïne. Et surtout :
    "Imparfaite, mais libre"
    À nous de garder le cap, pour ne jamais nous voir retirer ce bien le plus précieux, qu'est la Liberté.
    Les combats ne sont pas finis.
    Ce livre m'a arraché des larmes. Parce que c'était hier. Parce que c'est aujourd'hui.

  • 0.2

    Ce livre à deux voix nous met entre les mains une sacrée destinée ! Celle d'Evelyne Pisier qui a confié son manuscrit et ses confidences à Caroline Laurent, jeune éditrice devenue en quelques semaines son amie. La mort brutale d'Evelyne Pisier n'a pas remis en cause le projet d'écriture et sa...
    Voir plus

    Ce livre à deux voix nous met entre les mains une sacrée destinée ! Celle d'Evelyne Pisier qui a confié son manuscrit et ses confidences à Caroline Laurent, jeune éditrice devenue en quelques semaines son amie. La mort brutale d'Evelyne Pisier n'a pas remis en cause le projet d'écriture et sa jeune amie l'a mené à son terme.
    La vie d'Evelyne est romancée, elle devient "Lucie", et son histoire est intiment liée à celle de sa mère, "Mona", personnage flamboyant et incontournable.
    Des colonies à la métropole, du poids de la religion aux combats féministes, de Cuba à la lutte contre l'homophobie, on peut presque parler d'épopée ! Quelle femme !
    L'évocation de la rencontre déterminante entre l'éditrice et Evelyne Pisier émaille ce récit, lui donne une autre dimension, celle des amitiés qui comptent et dont la valeur n'attend pas le nombre des années.
    Une lecture foisonnante et enrichissante !

  • 0.15

    Ce livre raconte l’histoire de Mona et de Lucie, mais aussi celle d’Evelyne et de Caroline.

    Les premières sont mère et fille. Mona est l’épouse d’un haut fonctionnaire qui a bâti sa carrière dans les colonies. En Indochine d’abord, avant que la guerre les rattrape, les abîme et les force à...
    Voir plus

    Ce livre raconte l’histoire de Mona et de Lucie, mais aussi celle d’Evelyne et de Caroline.

    Les premières sont mère et fille. Mona est l’épouse d’un haut fonctionnaire qui a bâti sa carrière dans les colonies. En Indochine d’abord, avant que la guerre les rattrape, les abîme et les force à fuir. En Nouvelle-Calédonie ensuite, où Mona vit la vie des femmes de son époque, sans liberté de mouvement, sans liberté de pensée, en admiration devant son homme.


    Mais le couple se délite petit à petit. Mona tombe sous le charme d’un autre homme, qui devient son amant. Dans le même temps, elle se lit d’amitié avec une bibliothécaire qui lui met entre les mains Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Ces deux événements, la rencontre amoureuse et la découverte amicale et littéraire, transforment progressivement Mona qui, même si ses envies sont souvent dictées par sa passion amoureuse, aspire globalement à plus de liberté. Ils sont le terreau de la vie future et des convictions naissantes de Mona, qu’elle transformera en engagements et qu’elle transmettra à sa fille.

    Lucie, petite fille éveillée, pose des questions. Sur la folie nazie, sur le rôle de son père dans le contrôle des juifs en Indochine, sur le racisme… Des questions innocentes, des questions qui fâchent. Elle assiste également aux violentes disputes entre ses parents, aux élans amoureux de sa mère. Elle prend ses distances avec Dieu et avec son père, assiste aux activités de plus en plus féministes de sa mère, se construit son propre destin.

    De retour à Paris, sa vie change. Adolescente puis jeune adulte, elle se fait des amis, se forge à son tour des convictions, influence même sa mère sur certains sujets comme l’homosexualité. Attirée par les figures de Che Guevarra et de Fidel Castro, elle se rend à Cuba, est éblouie. Entre Paris, ses études, ses amours, et Cuba, le sentiment de liberté, la passion pour le leader cubain, son coeur balance.

    C’est la raison qui l’emportera. Mais est-on vraiment maître de ses choix ? Les difficultés que l’on affronte, les peurs ou les luttes que l’on nous transmet, les rencontres que l’on fait, c’est tout cela qui oriente notre histoire personnelle. Mona et Lucie, deux femmes engagées, deux femmes amoureuses, deux magnifiques portraits très contrastés.

    En parallèle, Caroline Laurent nous explique la rencontre et la belle amitié née entre elle-même, jeune éditrice, et Evelyne Pisier, la Lucie du roman, petite fille curieuse et confrontée trop tôt aux tourments des adultes, aujourd’hui arrivée à un âge où l’on se retourne sur sa vie passée. Elle nous parle de cette amitié fulgurante, de cette rencontre fondatrice pour sa vocation d’écrivain, de leur travail en commun, et de cette amie trop brutalement enlevée par la maladie, à qui elle doit un livre ! Car si les souvenirs d’Evelyne sont le terreau de ce qu’elle ont voulu ensemble comme un roman plus qu’une autobiographie, c’est bien de l’esprit et de la main de Caroline qu’est né ce texte. Dans de courts chapitres, Caroline nous ramène à la réalité d’Evelyne, nous distille les éléments autobiographiques qu’elles ont voulu masquer en choisissant le genre romanesque, et qui éclairent fortement le récit.

    J’ai aimé cette dimension autobiographique. Aimé aussi ces portraits complexes de femmes, échos de leurs époques. J’ai apprécié les éléments qui m’ont permis de comprendre le contexte de racisme, d’oppression, d’espoir de changement. Car ce livre, c’est aussi le portrait de lieux et de temps pas si anciens, et pourtant méconnus. J’ai aimé les parcourir avec le regard de ces femmes fortes et pleines d’humanité.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/10/08/et-soudain-la-liberte/

  • 0.25

    J'ai été embêtée lorsqu'il a fallu donner un genre à cet ouvrage. C'est à la fois une biographie, une autobiographie, une fiction et une sorte de journal. Cet enchevêtrement provient du fait qu'Evelyne Pisier a choisi de raconter sa mère via une fiction, et que c'est Caroline Laurent, éditrice...
    Voir plus

    J'ai été embêtée lorsqu'il a fallu donner un genre à cet ouvrage. C'est à la fois une biographie, une autobiographie, une fiction et une sorte de journal. Cet enchevêtrement provient du fait qu'Evelyne Pisier a choisi de raconter sa mère via une fiction, et que c'est Caroline Laurent, éditrice et amie de Mme Pisier qui apporte des éléments de réel au beau milieu de la fiction. C'est je crois la première fois que je lis un roman comme celui-ci, et je n'ai ni repères ni points de comparaison. Après tout, je fuis généralement tout ce qui se rapproche d'une biographie. D'où ma vision de Et soudain, la liberté, qui tranchera avec certains avis que j'ai pu lire. De plus, je ne connaissais rien de plus que le nom d'Evelyne Pisier et quelques rares éléments de sa biographie avant de lire ce roman. Je l'ai découverte à travers ces mots. Ainsi, j'ai eu un regard sans préjugés, sans aucune idée préconçue sur cette femme et sur sa famille.

    Si je devais résumer ma lecture, une hrase nominale suffirait : "Quelles vies extraordinaires !" Vies au pluriel, car on suit ici la vie de Mona et de sa fille Lucie, qui elles-mêmes semblent avoir vécu mille vies. Extraordinaires au sens strict, car elles sortent de l'ordinaire. La volonté d'Evelyne Pisier était de raconter sa mère dans une fiction, sorte de biographie romancée, avec des prénoms changés. A travers Mona, on découvre Lucie, qui n'est autre qu'une version fictive d'Evelyne Pisier. Je ne me suis reconnue dans aucun des protagonistes, mais je n'ai pas eu de mal à apprécier cette lecture. Je l’ai trouvée fascinante, passionnante, époustouflante. Tout d’abord, la particularité de ce roman, écrit par deux personnes, m’a un peu troublée. J’ai tendance à craindre les coupures dans la narration mais les chapitres du point de vue de Caroline Laurent sont suffisamment courts et pertinents pour finalement se fondre dans la fiction commencée par la véritable héroïne de l’histoire. Ils permettent de plus de masquer les ellipses temporelles, nécessaires, mais qui auraient pu donner une sensation de hachure du récit fort désagréable.

    L'histoire en elle-même ne peut être jugée. Elle ne provient pas totalement de l'imagination mais relate en grande partie des faits réels. Aussi, je ne peux pas émettre le moindre jugement à ce propos. La vie est telle qu'elle est, les choix faits l'ont été pour des raisons que je ne connais pas et que je ne suis pas en droit de remettre en question. J'avoue tout de même avoir eu envie de secouer Mona pour l'empêcher de se remettre avec André parce que, non concernée, je savais que c'était une mauvaise idée, chose que Mona ne pouvait pas voir sans recul. Pourtant, même lorsque je la trouvais détestable, elle restait touchante, émouvante. Elle était ce qu'on attendait d'elle, une mère et une épouse, et avait abandonné ses rêves pour cela. Lorsqu'elle comprend qu'elle peut aspirer à mieux, à être un homme comme les autres comme le dit Simone de Beauvoir, elle prend les libertés auxquelles elle a droit et s'émancipe. Ce changement s'initie chez la mère et peu à peu chemine vers la fille. C'est probablement le plus fascinant. De plus, Lucie développe rapidement une pensée distincte de celle de sa mère. Plus tolérante, plus humaine, plus libertaire.

    Ce roman est particulièrement intense. On y sent tellement de choses qu'on est assailli de réflexions de toute part. Les mots d'Evelyne Pisier, complétés par ceux de Caroline Laurent, racontent le racisme à travers la colonisation, l'antisémitisme, l'homophobie, bref la cruauté humaine, à travers parfois de gros événements, tels que les avortements clandestins, ou de petits riens, comme une conversation sans savoir que l'autre est homosexuel.

    L'histoire d'Evelyne Pisier avec Fidel Castro est probablement la partie du livre qui m'interroge le plus, probablement parce que je suis de la génération qui n'a connu que le dictateur et que je ne sais pas ce que Che Guevara et lui incarnaient au départ. J'ai besoin de faire quelques recherches pour bien comprendre comment une femme aussi brillante que Lucie, et Evelyne, a pu voir chez cet homme qui deviendra un dictateur.

    Conclusion : ♥♥♥♥♥ Ce roman atypique est un véritable concentré d'émotions. Il raconte les vies extraordinaires d'une génération qui voit la fin des colonies, mais aussi la montée d'un féminisme assumé qui a donné aux femmes d'aujourd'hui la plupart de leurs droits. J'ai trouvé fascinants les changements opérés chez Mona et Lucie, et les apports de Caroline Laurent rappellent sans cesse que ce roman est bien plus qu'une fiction et qu'Evelyne Pisier était une femme hors norme. Je vous invite chaudement à découvrir cette histoire, et à travers elle, l'Histoire.

    http://sweetie-universe.over-blog.com/2017/10/roman-et-soudain-la-liberte-e.pisier-c.laurent.html

  • 0.25

    Un livre étrange, plusieurs niveaux de lecture pour ce texte qui est à la fois, un récit, un roman, un hommage. Un texte écrit à quatre mains. En tout cas, une lecture très plaisante et beaucoup d’émotion à la lecture de ce portrait de femmes.
    Une jeune éditrice, Caroline Laurent, rencontre...
    Voir plus

    Un livre étrange, plusieurs niveaux de lecture pour ce texte qui est à la fois, un récit, un roman, un hommage. Un texte écrit à quatre mains. En tout cas, une lecture très plaisante et beaucoup d’émotion à la lecture de ce portrait de femmes.
    Une jeune éditrice, Caroline Laurent, rencontre Evelyne Pisier, dans le cadre de sa profession et une réelle amitié et elle parle même d’un coup de foudre amical se produit entre les deux femmes. Elles sont de génération différente mais certains épisodes de leur vie les rapprochent.
    Evelyne Pisier, sœur de Marie France, souhaite écrire un roman récit sur la vie de sa mère, et de sa vie d’enfant, de jeune fille et de femme. Elle souhaite romancer l’histoire de la vie des femmes de sa famille. Nous allons alors parcourir le siècle et les combats de cette époque.
    Ce livre se lit donc à plusieurs niveaux, il est très touchant de lire le travail de la jeune éditrice, le rapport qu’elle a et a eu avec l’auteure car malheureusement elle a dû finir ce livre seule.
    Beaucoup de questionnements de toute part, mais cela ne brouille pas du tout la lecture de ce livre hybride.
    Nous sommes à la fois dans un roman d’apprentissage, un roman d’hommage aux femmes et à leur combat. De plus, la vie d’Evelyne Pisier a été riche et elle a vécu en plein les changements sociétaux. Elle parle avec délicatesse de la fin du colonialisme : de belles pages, très proches de ceux de Marguerite Duras, ou celui de sa propre sœur sur Madagascar. Le début des combats des femmes d’abord dans leur foyer, sa mère a réussi à quitter et à divorcer de son père, puis en groupe, sa mère a fait partie des premières membres du planning familial de Nice, Elle a vécu aussi l’espoir dans certaines révolutions, et en particulier, elle nous parle très bien des réunions des étudiants communistes à la Sorbonne dans les années 60 et en particulier d’un voyage à Cuba et de sa rencontre si romanesque avec Fidel Castro. Elle nous raconte aussi ses amitiés de jeunesse (les premiers médecins humanitaires), le fléau du SIDA et le combat à mener pour les droits des homosexuels (ne ratez pas au cinéma le touchant « 120 battements »).
    La vie d’Evelyne Pisier est si riche et on pourrait dire si romanesque, que le recours à la fiction offre de superbes pages. Elle nous parle aussi d’hommes et de femmes, de leurs doutes, de leurs croyances (portrait d’un père pétainiste, colonialiste mais qui peut être aussi un héros pour sa jeune fille, malgré ses idées et sa brusquerie).
    C’est surtout un bel hommage aux femmes, sur plusieurs générations et leur évolution et combat dans la société : de beaux portraits de la grand-mère, (touchante quand elle perd un peu la tête et trouve si beau le paysage d’un rond point urbain) , de la mère (de ses amours, des choix de vie pas toujours facile à assumer) et d’elle, Evelyne Pisier (son enfance, son adolescence et sa vie). Et la « dernière » génération dans le « rôle » de la jeune éditrice.
    Un livre touchant, on est parfois au bord des larmes et qui confirme que la liberté est un combat de tous les jours, que malheureusement rien n’est gagné et qu’il est possible de faire des erreurs dans la vie et que les choix de vie sont parfois difficile. Mais il faut tenter de rester libre.
    Un coup de cœur pour ce livre, roman-récit-hommage.

  • 0.25

    C’est toujours un moment rare et précieux, rempli à la fois de joie et d’une certaine tristesse, que de tourner la dernière page d’une très belle lecture. C’est ce qui m’est arrivé avec « Et soudain, la liberté » d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent et je suis encore touchée par l’émotion que...
    Voir plus

    C’est toujours un moment rare et précieux, rempli à la fois de joie et d’une certaine tristesse, que de tourner la dernière page d’une très belle lecture. C’est ce qui m’est arrivé avec « Et soudain, la liberté » d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent et je suis encore touchée par l’émotion que m’a procurée ce livre. Deux histoires personnelles, chacune à quatre mains, se superposent et s’entrecroisent : d’abord, celle d’Evelyne/Lucie et de sa mère qui traversent la deuxième moitié du XXème siècle et tentent de trouver leur place de femme au-delà de leur rôle de fille, de mère et d’épouse ; ensuite celle des deux auteurs du livre, Evelyne et Caroline, de leur rencontre et de leur amitié interrompue trop tôt. Les deux auteurs nous dévoilent leur histoire familiale, leur intimité et leurs fragilités ; leur amitié se construit et se renforce de l’écho de leurs histoires respectives. Le ton est vrai, sincère et, parce qu’elle est avant tout personnelle, cette histoire, qui parle de la conquête de la liberté, en particulier de la liberté des femmes, sonne juste et fait résonnance. Contrairement au titre du livre, la liberté n’est pas soudaine, elle s’apprivoise doucement au fil des pages de ce beau roman.

Voir tous les avis

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Discussions autour de ce livre

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Widget

Code à intégrer dans votre page

Code à intégrer dans votre page

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !

Du même auteur

La Derniere Fois Evelyne Pisier FLAMMARION

Voir tous les livres de Evelyne Pisier

Autres éditions

Et soudain, la liberté Evelyne Pisier Caroline Laurent LES ESCALES

4.583333333

Voir toutes les éditions

Récemment sur lecteurs.com