Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Pense aux pierres sous tes pas

Couverture du livre « Pense aux pierres sous tes pas » de Antoine Wauters aux éditions Verdier
  • Date de parution :
  • Editeur : Verdier
  • EAN : 9782864329879
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa... Voir plus

Dans un pays dont on ignore le nom, où se succèdent des dictateurs qui tentent de le moderniser, une soeur et son frère jumeau vivent à la ferme de leurs parents, au milieu des plaines. Marcio travaille aux champs avec le père, un homme violent, tandis que Léonora s'occupe de la maison avec sa mère. Ils ont douze ans à peine et leur complicité semble totale, leurs jeux interdits irrépressibles. Mais un soir, alors que leurs corps se rapprochent doucement dans le fenil, le père surgit et voit se confirmer ce qu'il a toujours suspecté.
Tandis qu'un nouveau coup d'Etat vient de se produire, les parents décident de séparer les jumeaux. Commence alors un combat long et incertain, celui de la réinvention de soi et de la quête obstinée de liberté.

Donner votre avis

Articles (3)

Avis (10)

  • La lecture de la quatrième couverture m'avait interpellée et je souhaitais vivement lire ce roman depuis sa parution...dont j'en attendais beaucoup.

    L'histoire, d'une sœur et d'un frère jumeau séparés contre leur gré, me donnait déjà des frissons...

    Etant jumelle aussi d'un frère, c'est...
    Voir plus

    La lecture de la quatrième couverture m'avait interpellée et je souhaitais vivement lire ce roman depuis sa parution...dont j'en attendais beaucoup.

    L'histoire, d'une sœur et d'un frère jumeau séparés contre leur gré, me donnait déjà des frissons...

    Etant jumelle aussi d'un frère, c'est l'un de mes sujets de prédilection (avec celui de la maternité) qui me touche beaucoup et m'intéresse passionnément en littérature.

    Voici mon ressenti...


    En refermant ce roman, une fois la lecture terminée, je suis restée perplexe, essayant de mettre mes idées au clair.
    N'arrivant pas à savoir si j'avais aimé cette histoire si troublante, je me suis laissée un peu de temps pour réfléchir.
    Rarement, j'ai été aussi désarçonnée par une lecture !

    Je m’explique.

    C'est un texte incroyablement puissant.
    C'est un texte dérangeant.
    C'est un texte qui m'a chamboulée.
    C'est un texte qui m'a parfois rebutée.

    J'ai même été parfois choquée par ce que je lisais.
    J'ai eu dû mal à comprendre, j'ai eu dû mal à me détacher du fait que ce n'est pas une réalité mais une fiction...
    Un amour absolu Ô oui ! je confirme... Mais à aucun moment, cela ne peut être un amour absolu CHARNEL !
    Et c'est sur ce point là, que j'ai bloqué !
    Une lecture difficile par moment, parce que je SAIS ce qu'est un amour absolu envers son jumeau, qu'il est vraiment compliqué de faire la part des choses.
    Je n'arrive pas à oublier l'histoire,
    Je n'arrive pas à me la sortir de la tête.

    Une histoire redoutable et d'une pertinence absolue, un conte diabolique !

    L'écriture est incroyable, magnifique malgré sa noirceur qui en fait aussi sa beauté.

    L'univers est captivant et addictif. J'ai été (presque malgré moi) emportée par ce récit percutant et atypique sans pouvoir m'en détacher.

    C'est toute la violence, le désespoir, la perversité, l'horreur mais aussi l'espoir que j'ai ressenti, qui m'auront touchée irrémédiablement.

    Une dystopie hallucinante qu'il est bien compliqué de vous la faire partager.

    ALORS, est-ce une lecture faite pour moi ? J'irai même jusqu'à dire, pour Nous, les lecteurs jumeaux ?

    Je ne le sais toujours pas...

    Mais ce qui est sûr...c'est que je retiendrai longtemps cette histoire en mémoire.

    Pense aux pierres sous tes pas est un grand roman sans aucun doute !

    Et je lirai prochainement Nos mères, autre roman de l'auteur pour continuer à découvrir son univers si étonnant.
    https://leslecturesdeclaudia.blogspot.com/2019/05/pense-aux-pierres-sous-tes-pas.html

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Un livre inattendu, bien loin de ce qu'on peut lire ici ou là. Une écriture poétique, tenue de bout en bout.

    Un livre inattendu, bien loin de ce qu'on peut lire ici ou là. Une écriture poétique, tenue de bout en bout.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Si, dès l'ouverture du roman , je me suis sentie saisie par l'atmosphère familiale étrange, violente et oppressante et par le sort de deux enfants Marcio et Leonora , jumeaux vivant une relation fusionnelle puis cruellement séparés, je me suis trouvée ensuite quelque peu déçue.
    Le récit de...
    Voir plus

    Si, dès l'ouverture du roman , je me suis sentie saisie par l'atmosphère familiale étrange, violente et oppressante et par le sort de deux enfants Marcio et Leonora , jumeaux vivant une relation fusionnelle puis cruellement séparés, je me suis trouvée ensuite quelque peu déçue.
    Le récit de l'intime s'est trouvé noyé dans celui des changements politiques, de la vie dans une société nouvelle .

    Deux dictateurs se sont succédé, ont imposé des modes de vie différents au pays ( un pays indéterminé ) fortement marqué par la ruralité .
    Nos personnages censés contribuer au bien-être collectif par un travail de la terre contraint et épuisant sont privés de la richesse et du bien-être des citadins auxquels pourtant ils contribuent . Le passage à la surconsommation capitaliste leur étant impossible, ils choisissent celui de la décroissance et le chemin de l'exode, ayant à leur tête Mama Luna , une créature charismatique, qui telle Moïse avec les Hébreux, emmène ces exclus vers une terre promise, un ailleurs plus hospitalier où, en autarcie, ils créeront une micro-société plus harmonieuse .

    Aux thèmes déjà lourds de la gémellité , de l'identité sexuelle, de la résilience, dont sont porteurs les deux protagonistes, s'ajoutent d' ambitieux thèmes politiques et sociétaux .
    Et cela, dans un roman plutôt court - 192 pages- qui se présente comme dystopie, conte philosophique, roman d'initiation, projet de société et qui touche aussi , par moments à l'ouvrage de développement personnel.

    C'est trop pour moi !

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Quel texte ! Sur un thème qu'on pourrait aborder de manière triviale et lourde, Antoine Wauters préfère la beauté et la poésie. Et puis rassurez-vous l'inceste, jamais nommé comme tel, n'est pas de toutes les pages, n'est surtout pas décrit et érigé en sujet majeur du livre. Icelui est plutôt...
    Voir plus

    Quel texte ! Sur un thème qu'on pourrait aborder de manière triviale et lourde, Antoine Wauters préfère la beauté et la poésie. Et puis rassurez-vous l'inceste, jamais nommé comme tel, n'est pas de toutes les pages, n'est surtout pas décrit et érigé en sujet majeur du livre. Icelui est plutôt centré sur l'amour bien sûr, l'amour fou, la conquête de la liberté et la manière de se construire lorsque la chance ne fut pas au rendez-vous du début de la vie. Bien sûr l'amour physique entre un frère et une sœur -fussent-ils jumeaux- est dérageant ; bien sûr Antoine Wauters le sait ; bien sûr il sait qu'il va gêner des lecteurs et des critiques qui ne l'auront pas lu. Mais à travers cet amour, il aborde d'autres thèmes forts et d'une manière qui m'a bluffé : comment peut-on se libérer de son enfance, surtout lorsqu'on y a subi des violences ? Comment se construire après les coups, les brimades ? Quelle image garder des parents violents que l'on aime malgré tout, qui sont sans doute eux-mêmes malheureux de se comporter ainsi ?

    "En tant qu'enfant, vous ne mesurez jamais à quel point votre vie peut être sinistre. C'est toujours après coup, plus tard, quand vous vous retournez sur votre passé pour en recomposer l'histoire, que tout ça vous éclate à la tronche. Jusque-là, malgré toutes les horreurs que vous traversez, la violence est votre ligne d'horizon, comme la souffrance et le malheur et les coups de livraxiu [nerf de bœuf local] que vous recevez en cascade ; et à aucun moment (ou presque) vous n'imaginez que votre vie puisse être différente. Vous manquez tout bonnement de point de comparaison pour pouvoir juger autrement." (p.69)

    Le texte est magnifique, la langue belle et directe en même temps qu'elle peut prendre des détours pour raconter. C'est Léonora qui raconte parfois coupée par Marcio et des interludes, l'auteur intervenant dans les notes de bas de pages. C'est d'une justesse incroyable et d'une tendresse pour tous les personnages palpable dès le début, même les plus abîmés d'entre eux, même ceux ayant recours à la violence. Pas de jugement de l'auteur, le lecteur peut en poser s'il le souhaite, ce n'est pas ce que j'ai fait.

    Le roman parle aussi de la vie dans une dictature, des moyens de recouvrer la liberté, de la société de consommation nous poussant toujours à vouloir plus pour atteindre le bonheur, comme s'il était atteignable par la possession. Je découvre avec ce roman Antoine Wauters, jeune romancier déjà très affûté, au texte d'une force rare, qui semble parfois partir dans pas mal de directions, mais qui maîtrise totalement son sujet et nous ramène tranquillement dans ses filets dans lesquels je serais volontiers resté un peu plus longtemps.

    Rentrée littéraire qui s'annonce très bonne chez Verdier ; le contraire m'eut étonné.

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • C'est une fable contemporaine, un roman d'initiation que nous propose Antoine Wauters avec l'un de ses deux romans de la rentrée, une ode à la liberté et à la résilience.

    Nous sommes dans un pays imaginaire où la nature et les grands espaces sont omniprésents. A la campagne, loin de la...
    Voir plus

    C'est une fable contemporaine, un roman d'initiation que nous propose Antoine Wauters avec l'un de ses deux romans de la rentrée, une ode à la liberté et à la résilience.

    Nous sommes dans un pays imaginaire où la nature et les grands espaces sont omniprésents. A la campagne, loin de la ville. Les conditions de vie sont rudes, harassantes.

    Paps et Mams travaillent leur exploitation agricole comme des bêtes de somme, ils se tuent au travail pour payer les taxes et s'en sortir. Au pouvoir depuis plus de vingt ans : une dictature communiste.

    Marcio et Léonora sont jumeaux, ils ont 11 ans au tout début du récit, ils sont eux aussi mis à contribution. Paps est très dur avec eux, le livraxiu - nerf de boeuf - est souvent utilisé pour les molester s'ils n'écoutent pas. La violence fait partie de leur quotidien et le manque d'amour est criant, si bien que Marcio et Léonora, jumeaux inséparables, trouvent refuge l'un dans l'autre (au sens propre comme au sens figuré). Ils sont complices et complémentaires trouvant dans l'autre la part qui leur manque.

    L'espace d'une demi-journée, ils échangeront leur rôle. Léonora partira aux champs avec Paps et Marcio s'habillera en fille pour effectuer les tâches ménagères avec Mams. Malheureusement le subterfuge sera vite découvert. Pour éviter de sombrer, ils lient leurs âmes et leurs corps , "le monstre chaud qui leur dévore le ventre" les rapproche. Paps les découvrira l'un dans l'autre et ce sera l'épreuve de la séparation.

    Léonora ira vivre chez l'oncle Zio avec Madde sa femme. Chez eux, loin de la ferme familiale, elle découvrira l'amour qu'elle n'a jamais reçu de ses parents, ce qui creusera encore plus le vide qu'elle cherchera à combler avec d'autres hommes.

    Marcio est désespéré, déchiré sans sa soeur, c'est le vide complet, la violence de Paps sera immense surtout après ses tentatives de la retrouver. Toujours le travail, la douleur de la séparation, le besoin et l'envie de la retrouver.

    L'histoire des jumeaux se fond très vite dans celle du pays où le dictateur en place sera remplacé par un autre en quelque sorte... Le président Bokwangu prendra les rennes du pays, le sortira du communisme pour imposer la voie du capitalisme. Il rêve d'un pays où fleurissent au détriment de la nature et des grands espaces, des hôtels de luxe, du béton qui dénature les côtes, des usines du régime, les voitures de luxe, les salons de coiffure ....

    Il veut créer un besoin, pousser son peuple à consommer, abandonner les campagnes pour créer des villes, des stations balnéaires, faire venir les touristes. "Le peuple écrasé pourra trouver seul la capacité de trouver le bonheur".

    La situation dans les campagnes sera plus compliquée car il faudra produire et produire encore pour survivre, les taxes n'iront qu'en grandissant poussant les gens à quitter la campagne.

    Marcio et Léonora devront se construire dans ce contexte et trouver leur identité.

    Avec beaucoup d'habilité et une plume magnifique, fluide, visuelle, poétique et lyrique Antoine Wauters passe avec brio d'une chronique familiale vers une vision politique. Il nous amène à un questionnement sur l'évolution de notre société, à la recherche des limites, des interdits, de la quête de liberté.

    Il aborde des thèmes tels que la séparation, la recherche de l'identité par la désobéissance pour Marcio, par le sexe pour Léo, la liberté, le bonheur, le manque d'amour mais aussi la résilience, la capacité à pardonner.

    Le texte est puissant, lumineux. La prose est vive, aérienne. C'est parfois sombre, désespérant mais toujours l'espoir domine. Il y a encore tant de choses à dire, un texte qui bouleverse, le mieux à faire, c'est d'être curieux et de la lire. Je vous le recommande vivement.

    Ma note : 9/10

    Les jolies phrases

    Cultivez votre joie le reste n'a aucune importance.

    Vivants, on courait sans arrêt, tout le temps, et comme il n'y avait pas la moindre ville dans le coin, on était vissé sur place. Mais on vivait, voilà : notre vie s'appelait joie.

    Surtout, jumeaux, ne faites pas notre erreur. N'ayez pas d'enfants !

    Allez comprendre ceci : toute notre enfance, on vécut dans un temps hors du temps, où l'espoir enjambait le mal.

    La tristesse est un mur élevé entre deux jardins, disait Marcio. Nous aussi on aura notre jardin, ma soeur. Nous aussi on y arrivera, à être heureux.

    Chronométrer était pour nous une façon non pas de capturer le temps, mais de lui donner du goût : 12 secondes pour descendre à la cave chercher la bière de Paps, 34 pour enfiler notre pyjama, 57 pour nous débarbouiller et filer nous coucher. Toutes ces choses, qu'il fallait faire, mais qu'on n'adorait pas, c'était grâce à ce chrono dans nos têtes qu'on les accomplissait, parce qu'il plaçait notre vie dans une sorte de distance et que, tout petits déjà, l'idée d'être nous-mêmes, c'est à dire nous seulement nous terrorisait.

    Allez comprendre ça, pour ne pas perdre la tête, il me fallait des coups, il me fallait des claques, il fallait que je crève de douleur. Impossible de le dire autrement.

    Peut-être que je n'aurais jamais dû redouter tout ça ? Je veux dire, peut-être que ce qu'on doit faire doit être fait en ignorant les conséquences ? Sans trembler ? Sans ciller ? Et que tout se serait passé correctement si j'avais juste tracé ma route ?

    Je leur en faisais voir de toutes les couleurs, c'est vrai, mais à l'époque je n'y pensais même pas car c'est toujours après qu'on s'en souvient, après qu'on fait les stèles et les statues et qu'on pardonne aux êtres comme eux, qui détruisent nos vies mais nous sont si chers malgré tout.

    Tous les parents attendent qu'on parte, Léo. C'est pas qu'ils nous aiment pas, mais ils veulent des choses impossibles : nous garder et nous abandonner. Ça les détruit. Ils en perdent la tête, se font des trous dans l'estomac ou meurent d'un infarctus dans la cour de leur ferme.

    Non, je crois que la trahison ne laisse pas de traces et que vous pouvez tromper sans que rien ne se lise sur votre visage, tromper sans que personne en sache rien, tromper encore.

    Comment se faisait-il que je les aimais encore ? D'où vient cet attachement pour nos bourreaux ? Quel fil nous relie à eux ?

    Et si c'était toi qui l'avais tué, hein ? je répétais. Si c'était tes mauvaises actions qui l'avaient détruit ? Si tout était lié, Léo ? La lâcheté des uns et la détresse des autres ? Si c'était ça, la vie ? Blesser les autres par nos écarts, par nos errements, par nos bassesses ?

    Il faut être séparé de ses enfants pour les aimer. Tu comprends ? Plus de carnets de comptes. Plus de stress. Plus de quotas. Juste le bleu, le ciel, le vent, les vagues. On a du temps, fiston. Or on ne peut pas aimer quand on n'a pas de temps.

    Au fait que la vie peut basculer en quelques secondes, parce que tu n'as plus accès aux mots, que la parole est bloquée en toi et qu'il ne te reste que la violence pour appeler à l'aide.

    Que le bonheur comme toutes les bonnes choses, se cache. Mais qu'il est dans chaque pas, chaque minuscule seconde et qu'il suffit parfois de fermer les yeux, simplement, pour le trouver.

    Est libre qui se détermine par le soi seul à agir.

    Mais dans le fond, rien ne change. Il n'y a pas de destin, sauf celui de demeurer qui vous avez à être.

    Car vous restez aussi avec votre joie. Dans ce bonheur qui se cache, mais qui est le vôtre depuis toujours. Ce bonheur, même si on savait bien qu'il ne serait pas entier, on décida de le retrouver. On en avait ras-le-bol d'attendre du ciel qu'il se déchire. Alors, on déplaça notre joie où elle aurait sa place. Où il fallait qu'elle soit. Où elle pourrait grandir. Croyez-moi, c'est à peu près la seule chose que vous puissiez faire de votre vie. Cultivez votre joie. Le reste n'a aucune importance.

    Voilà, je me disais : être séparé, c'est être séparé des tas de fois, pendant des mois et des années, jusqu'à ce que le manque en ait assez et vous laisse peu à peu en paix, si c'est possible.

    Par où se perdent les visages de ceux qu'on aime ? Où glissent-ils ? Reste-t-il quelque chose, à la fin, quand on arrive au bout ? Ou alors c'est le vide et le silence encore ? Le manque.

    Votre vie peut avoir mille visages, mille rebonds, vous pouvez naître et mourir tant de fois, naître et mourir encore, l'essentiel ne change pas : vous ne changez pas. Vous restez celui que vous êtes depuis toujours. Le petit garçon qui rêvait d'être une fille, ou la petite fille rêvant d'être un garçon.

    https://nathavh49.blogspot.com/2018/09/pense-aux-pierres-sous-tes-pas-antoine.html

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Un livre bien écrit mais très étrange.
    Une histoire d'amour entre des jumeaux dans une dictature sans nom, des parents violents mais malades, une ambiance particulière...

    Un livre bien écrit mais très étrange.
    Une histoire d'amour entre des jumeaux dans une dictature sans nom, des parents violents mais malades, une ambiance particulière...

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)
  • Marcio et Leo sont frère et sœur, jumeaux de surcroit et vivent « entre ici et ailleurs » dans une île qui ressemble fortement à la Sardaigne par l’origine de ses noms et de ses coutumes, mais aussi à Haïti par son ambiance coup d’état et Tontons Macoutes. Terre aride et misère absolue au sein...
    Voir plus

    Marcio et Leo sont frère et sœur, jumeaux de surcroit et vivent « entre ici et ailleurs » dans une île qui ressemble fortement à la Sardaigne par l’origine de ses noms et de ses coutumes, mais aussi à Haïti par son ambiance coup d’état et Tontons Macoutes. Terre aride et misère absolue au sein de la ferme familiale où la violence prime sur les sentiments, mais dans laquelle le frère et la sœur développent au seuil de l’adolescence une relation fusionnelle et forcément incestueuse. Antoine Wauters, dès le début de son roman nous plonge dans un univers à la fois agressif et tendre entre la rudesse de l’environnement, la rage presque surréaliste des parents fermiers et la puissante relation d’amour qui s’y déroule entre les jumeaux. Terrain miné à la fois par le thème et le parti pris de l’imaginaire un peu risqué. A partir de là l’histoire sépare pour un temps les deux protagonistes et nous sommes installés dans un genre que l’on ne peut identifier autrement que le mélodrame. Ce sont les jumeaux qui la plupart du temps s’adressent à nous, un après l’autre, ce qui permet à l’auteur de leur laisser la libre interprétation du malheur et de l’oppression, d’abord parentale, puis étatique. Pour le reste, l’histoire digresse volontiers vers le destin du reste de la famille pas toujours adroitement.
    Séduit un temps par l’énergie des enfants proposée pour échapper à ce malheur, je dois avouer que j’ai vécu ce roman comme un vol aérien qui fait des tours au-dessus de la piste mais qui n’atterrit jamais. En fait, cet appareil embarque un tas de thèmes trop lourds pour lui (gémellité, inceste, genre, sexe, violence, misère, révolte) et ne les traite pas vraiment mais les effleure, plombé par des références littéraires très envahissantes : L’ombre de Michel Tournier et ses « Météores » plane sur ce roman mais à une altitude de long-courrier, tout comme le « Padre Padrone »de Gavino Ledda dont la scène du père venant retirer ses enfants de l’école en plein cours pour les mener travailler aux champs est reprise en un hommage malheureusement trop appuyé.
    Lesté de ces maitres trop encombrants, « Pense Aux Pierres Sous Tes Pas » ne nous apporte pas grand-chose, voire rien qui n’ait déjà été écrit beaucoup mieux. Le style (ou le non-style) nous laisse même parfois dans l’affliction : « Egarés. Exilés. Môme perdus dans la longue nuit du temps. »…Manque significatif de puissance dans les moteurs. Pratiquement deux cent pages inabouties. Un mélo de plus. Un crash littéraire.



    Chronique PENSE AUX PIERRES SOUS TES PAS
    Antoine Wauters
    Etape de la page 100 (70 livre de 181 pages)

    Marcio et Leo sont frère et sœur, jumeaux de surcroit et vivent « entre ici et ailleurs » dans une région qui ressemble à la Sardaigne par l’origine de ses noms et à Haïti par son ambiance coup d’état et Tontons Macoutes. Terre aride et misère absolue au sein de la ferme familiale où la violence prime sur les sentiments, mais dans laquelle le frère et la sœur développent au seuil de l’adolescence une relation fusionnelle et forcément incestueuse. Antoine Wauters, dès le début de son roman nous plonge dans un univers à la fois agressif et tendre entre la rudesse de l’environnement et la puissante relation d’amour qui s’y déroule. Terrain miné à la fois par le thème et le parti pris de l’imaginaire un peu risqué. A ce stade du roman les influences sont également un peu plombantes mais le récit reste assez alerte (à la première personne) pour nous tenir en haleine par rapport au devenir de ces deux enfants à l’énergie plus forte que le malheur

    thumb_up J'aime comment Commentaire (1)
  • Avis de la page 90 d'une Explolectrice :
    Waouh ! Je suis sonnée par le mélange de violence et d'amour qui explose dans ce début de roman ! Léonora et Marcio, les jumeaux dont les voix alternent pour nous raconter leur enfance, subissent les coups de leur père, l'éreintement de leur mère et le...
    Voir plus

    Avis de la page 90 d'une Explolectrice :
    Waouh ! Je suis sonnée par le mélange de violence et d'amour qui explose dans ce début de roman ! Léonora et Marcio, les jumeaux dont les voix alternent pour nous raconter leur enfance, subissent les coups de leur père, l'éreintement de leur mère et le désespoir qui suinte dans ce pays indéterminé où les dictateurs se succèdent et où la misère s'éternise. L'âpreté du récit ne se console que par l'amour absolu que se portent les deux enfants. Il me semble avoir lu ces pages en apnée, tant l'atmosphère en est étouffante. Mais j'aime beaucoup ! La suite sera-t-elle à hauteur de ce que j'en attends ?

    Et du roman :

    Ce beau titre intrigant ouvre un roman où fureur et amour s'entrelacent en de violentes et baroques épousailles. "Pense aux pierres sous tes pas", c'est l'exhortation de Marcio à Léonora, sa soeur jumelle, alors qu'ils tentent de fuir les coups de leur père, Paps. Celui-ci a surpris leurs caresses et libère sa fureur dans un déchaînement de violence. Car la complicité de Léo et Marcio est telle qu'elle appelle irrésistiblement à la fusion des esprits mais aussi des corps, et à 12 ans, les jumeaux ne reçoivent de tendresse que celle qu'ils se vouent mutuellement. Leur vie dans la ferme familiale est l'exact reflet de la dictature subie par le pays et leur soif de liberté rejoint celle de la population entière.

    Au moment où un coup d'état apporte un regain d'espoir, les enfants sont contraints à la séparation : Léo est envoyée chez son oncle, alors que Marcio reste à la ferme et continue de subir la brutalité de son père et la sècheresse de sa mère. Ses tentatives de fuite pour rejoindre sa soeur se soldent par de cuisants échecs impitoyablement châtiés. Mais, un jour, les parents, vaincus par la misère et le désespoir, quittent la ferme et le laissent enfin libre de partir. Pour retrouver Léo, pour rejoindre cette part essentielle de lui-même sans laquelle il n'est point d'affranchissement possible, Marcio se met en chemin jusqu'aux limites de ses forces.

    C'est un résumé extrêmement réducteur de ce roman foisonnant ! Les thèmes de la liberté et de la désobéissance nécessaire pour l'atteindre se développent en des enchâssements qui ne cessent de s'enrichir, de louvoyer en entraînant de nouvelles interprétations. Si bien qu'il me semble difficile de trouver un fil conducteur qui permette de rendre compte de cette luxuriance ! Les voix de Léo et Marcio prennent tour à tour le récit en charge dans un langage où se mêlent un réalisme terrifiant et une poésie rude et charnelle. J'ai eu l'impression de pénétrer dans les ténèbres d'une humanité asservie, aux capacités d'amour épuisées par le travail harassant et par la fatalité de la misère. Cependant, avec pour seules armes leur ressemblance physique et leur persévérance à rester unis, Léo et Marcio parviennent à créer un halo de lumière autour d'eux et à renverser ce qui semblait immuable.

    L'indétermination règne à chaque niveau de l'histoire, mais, loin d'amplifier le chaos, elle l'ordonne progressivement jusqu'à poser les prémices d'une nouvelle société. Ainsi, lorsque Léo et Marcio se font passer l'un pour l'autre, ils échangent aussi les rôles et tâches qui leur sont assignés. Ils inversent le cours habituel des choses qui veut que les filles s'occupent de la maison alors que les garçons travaillent aux champs. Cette confusion se retrouve dans la masculinisation du prénom de Léonora, mais aussi dans le système de références avec lesquelles joue l'onomastique. En effet, la consonance des noms propres peut rappeler aussi bien un pays d'Afrique ou d'Amérique du Sud que la Roumanie ou la Sardaigne. Cette fluctuation donne un côté universel et intemporel à l'histoire, alors que le personnage et le rôle de Mama Luna orientent la lecture vers le récit mythologique.

    Je me suis laissé emporter par ce flot d'images, de sensations, de passions. Je me suis laissé happer par les ellipses, ces trous noirs dans le tissu du temps, que comblent en partie les "Interludes". Si la violence de certaines scènes m'a fait frémir, je suis encore bouleversée par l'infinie compassion et ce "besoin d'amour impossible à consoler" qui irriguent le récit. Le roman d'Antoine Wauters possède une énergie déferlante, un souffle impérieux qui permet de "terrasser les ombres" pour faire entrer la clarté, "dont nous avons tous besoin".

    thumb_up J'aime comment Commentaire (0)

Donnez votre avis sur ce livre

Pour donner votre avis vous devez vous identifier, ou vous inscrire si vous n'avez pas encore de compte.