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L'âne mort

Couverture du livre « L'âne mort » de Chawki Amari aux éditions L'observatoire
Résumé:

Au coeur des monts Djurdjura avance un vieux break bleu avec, à bord, Lyès, Mounir et Tissam, trois Algérois en fuite et, dans son coffre, un âne mort. Cet étrange trio roule en direction des montagnes kabyles, comme la promesse d'un refuge où déposer les secrets qui les hantent et dissimuler... Voir plus

Au coeur des monts Djurdjura avance un vieux break bleu avec, à bord, Lyès, Mounir et Tissam, trois Algérois en fuite et, dans son coffre, un âne mort. Cet étrange trio roule en direction des montagnes kabyles, comme la promesse d'un refuge où déposer les secrets qui les hantent et dissimuler leur compagnon d'infortune.

Panne après panne, virage après virage, leur périple aussi intense que rocambolesque est ponctué de considérations philosophiques et questions existentielles à mesure que le chemin des trois vagabonds croise celui d'Amel aux fausses bonnes idées, Slim qui passe ses journées à pousser des pierres du haut des falaises, ou Izouzen, mystérieux libraire retiré dans son sanctuaire, au milieu de centaines d'ouvrages et des sépultures de ses épouses successives.

De cette épopée fascinante et furieusement poétique jaillit une réflexion tragique sur le temps qui passe et qui échappe, nous attirant inexorablement vers les profondeurs et la noirceur de l'âme humaine, au plus vrai et au plus juste de la littérature et du monde d'aujourd'hui.

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  • J'ai reçu cet étonnant roman grâce à la Masse critique Babelio de janvier. Je l'avais sélectionné dans la longue liste sans connaître l'auteur car j'apprécie beaucoup les éditions de l'Observatoire. Une fois reçu et en creusant un peu, je me suis rendu compte qu'il s'agissait en fait d'une...
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    J'ai reçu cet étonnant roman grâce à la Masse critique Babelio de janvier. Je l'avais sélectionné dans la longue liste sans connaître l'auteur car j'apprécie beaucoup les éditions de l'Observatoire. Une fois reçu et en creusant un peu, je me suis rendu compte qu'il s'agissait en fait d'une réédition du roman éponyme de cet auteur algérien. Ayant à peine lu la quatrième, je plongeais dans ce roman dénué de tout apriori et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il est particulier ce récit ! Pour planter le décor, le titre est très évocateur : un trio étonnant composé de Tissam, Lyès et Mounir vont partir dans un roadtrip détonnant d'Alger aux montagnes kabyles à bord d'une voiture qu'il faut ménager toutes les deux heures dans laquelle gît un âne mort. Ce dernier est idolâtré par son propriétaire, un commissaire de police, et a été noyé par la petite bande. Sur leur route, les trois compères vont faire des rencontres plus surprenantes les unes que les autres à l'image de Karim PDP ou d'Izouzen.

    Si vous trouvez déjà ce pitch intriguant, vous les serez d'autant plus par la manière dont l'auteur va vous raconter cette histoire. Son obsession pour le poids de l'âne mais aussi des choses, des hommes, de l'âme mènent à des digressions philosophico-scientifiques des plus déstabilisantes. En tant que physicienne, le passage sur la pesanteur m'a laissée circonspecte et je n'ai pas saisi l'intérêt de ces passages sinon d'insister une fois de plus sur sa réflexion à propos du poids. L'âne est-il plus lourd mort ou vivant ? Telle est la question que l'auteur pose tout au long du livre… J'avoue ne pas avoir très bien compris où Chawki Amari voulait en venir et malgré la qualité indéniable de l'écriture, je suis restée imperméable face à ce récit. Je ne me suis pas ennuyée à proprement parler mais j'ai passé mon temps à essayer de comprendre le sens des mots et des situations durant ma lecture ce qui l'a certainement affectée. le point fort du roman, ce sont les descriptions des décors, de la cité algéroise fourmillante à la beauté des montagnes. L'auteur est certainement un amoureux de sa ville et de sa région tant il en parle avec poésie. Ce qui ne gâche rien d'autant que le style est maîtrisé, l'écriture fluide mais cela n'a pas suffi à m'emporter dans le récit. Malgré des qualités indéniables et une belle découverte de la région d'Alger, ce roman n'a pas réussi à me convaincre mais d'autres lecteurs pourront sans doute être sensibles à ce roadtrip étonnant aux personnages attachants !

    Chronique à lire aussi sur https://thetwinbooks.wordpress.com/2020/03/12/lane-mort-chawki-amari/

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  • Un conte pour dévaler les escaliers du genre humain, très inspiré de celui d’Apulée (II° siècle ap. J.C.) « L’Âne d’or » où se mêlent philosophie et magie, le tout en onze chapitres ou plutôt onze livres. Apulée, né justement à M’daourouch en Algérie, pays où se déroule la fable de Chawki...
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    Un conte pour dévaler les escaliers du genre humain, très inspiré de celui d’Apulée (II° siècle ap. J.C.) « L’Âne d’or » où se mêlent philosophie et magie, le tout en onze chapitres ou plutôt onze livres. Apulée, né justement à M’daourouch en Algérie, pays où se déroule la fable de Chawki Amari.

    Si quelques brigands rodent, le personnage commun est l’âne et l’apparition à la fin du livre de Lucius dans des rôles un peu inversés. Sinon, tout tourne autour d’un phénomène polysémique : la gravité.

    Un trio prend la route dans une voiture bleue qui ne roule qu’une heure sur deux. Deux hommes et une femme, Lyès, Mounir, Tissam, au départ que l’on croit sans âge, partent avec dans leur coffre un curieux passager : un âne mort. Un âne qui aurait été noyé par l’un d’entre eux alors qu’ils passaient chez le commissaire Bernou. Problème : le commissaire tient à son âne comme à la prunelle de ses yeux. Le trio s’enfuit mais rapidement des barrages sont posés dans tout le territoire pour tenter d’intercepter les fugitifs avec le bourricot. Ils vont tour à tour rencontrer des personnes aussi étranges que bizarres, comme Slim qui s’amuse à amplifier l’érosion des montagnes en poussant des rochers dans le vide ou Izouzen, un curieux libraire qui vit dans un sanctuaire de livres et se prend pour un clone d’Henri VIII avec ses épouses.

    D’une apparente légèreté, ce récit tourne en fait sur la lourdeur du monde, d’une société bouffonne où chacun peut être le miroir de l’autre et inversement, dans les mirages de ce que l’on croit voir et de ce que l’on voit sans croire. C’est aussi la mise en parallèle de l’insignifiant et du gigantisme, une histoire de trois personnages roulant dans l’immensité des montagnes de Kabylie pour montrer l’absurdité du monde et la fuite du temps. Au milieu de cette chaîne, un étroit passage pour la liberté et ainsi, enlever un poids à la lourdeur de l’humanité.
    Cocasse et tragique, léger et grave, ce roman picaresque est un parcours original sur les paradoxes de la vie. Et de la plus ou moins insoutenable/soutenable légèreté des êtres.

    Blog : https://squirelito.blogspot.com/2020/02/une-noisette-un-livre-lane-mort-chawki.html

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  • Un triangle amoureux et un âne mort au milieu. Qui dit mieux ? Ou si vous préférez, un ménage à trois qui vire à la ménagerie. L’histoire est cocasse. Deux hommes et une femme noient par inadvertance un âne qu’un commissaire à la retraite considère comme son fils. Scandale, avis de recherche,...
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    Un triangle amoureux et un âne mort au milieu. Qui dit mieux ? Ou si vous préférez, un ménage à trois qui vire à la ménagerie. L’histoire est cocasse. Deux hommes et une femme noient par inadvertance un âne qu’un commissaire à la retraite considère comme son fils. Scandale, avis de recherche, fuite et quiproquo dans une ville d’Alger qui obéit à ses propres règles. L’évocation de la ville blanche est à mettre au crédit de l’auteur qui en parle somptueusement. Pour le reste, je n’ai pas été conquise par ce récit rocambolesque dominé par l’absurde et la répétition. L’auteur en fait des caisses avec cet animal. Il est obsédé par le poids de tout ce qui entoure ses personnages, de l’univers, de la bagnole, du cerveau... et de l’âne. Même s’il s’agit d’une métaphore (l’inertie du régime ? Le poids des ans, pardon le poids des ânes ? La gravité de nos vies ? la pesanteur du destin ?) elle n’est pas des plus fines. La référence au poids de l’équidé est permanente, frise l’obsession, rentre au chausse-pied dans chaque chapitre, comme (exemple parmi d’autres) lorsque l’héroïne visite une bibliothèque et tombe, entre mille ouvrages proposés, sur « L’insoutenable légèreté de l’être » de Milan Kundera. Un peu lourd, à la longue. Il faut lire ce livre comme on regarde un film d’Emir Kusturica, en se disant que ce sera foutraque, tordu, flamboyant, poétique, surréaliste. Je ne suis pas parvenue à cet exercice. Je me suis égarée dans les lacets qui mènent les fuyards d’Alger au sommet de la montagne. Ils ne m’ont pas embarquée dans leur quête à tombeau ouvert du sens de l’existence qui se conclut, à la dernière page du livre, sur cette phrase censée tout expliquer : « plus lourd sera le fardeau de ta vie, plus légère sera ta mort ». Mais plus pénible en fut la lecture, serais-je tentée d’ajouter.
    Bilan :

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