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Arène

Couverture du livre « Arène » de Negar Djavadi aux éditions Liana Levi
  • Date de parution :
  • Editeur : Liana Levi
  • EAN : 9791034903092
  • Série : (-)
  • Support : Papier
Résumé:

Benjamin Grossman veut croire qu'il a réussi, qu'il appartient au monde de ceux auxquels rien ne peut arriver, lui qui compte parmi les dirigeants de BeCurrent, une de ces fameuses plateformes américaines qui diffusent des séries à des millions d'abonnés. L'imprévu fait pourtant irruption un... Voir plus

Benjamin Grossman veut croire qu'il a réussi, qu'il appartient au monde de ceux auxquels rien ne peut arriver, lui qui compte parmi les dirigeants de BeCurrent, une de ces fameuses plateformes américaines qui diffusent des séries à des millions d'abonnés. L'imprévu fait pourtant irruption un soir, banalement: son téléphone disparaît dans un bar-tabac de Belleville, au moment où un gamin en survêt le bouscule. Une poursuite s'engage jusqu'au bord du canal Saint-Martin, suivie d'une altercation inutile. Tout pourrait s'arrêter là, mais, le lendemain, une vidéo prise à la dérobée par une lycéenne fait le tour des réseaux sociaux. Sur le quai, les images du corps sans vie de l'adolescent, bousculé par une policière en intervention, sont l'élément déclencheur d'une spirale de violences. Personne n'en sortira indemne, ni Benjamin Grossmann, en prise avec une incertitude grandissante, ni la jeune flic à la discipline exemplaire, ni la voleuse d'images solitaire, ni les jeunes des cités voisines, ni les flics, ni les mères de famille, ni les travailleurs au noir chinois, ni le prédicateur médiatique, ni même la candidate en campagne pour la mairie. Tous captifs de l'arène: Paris, quartiers Est.
Négar Djavadi déploie une fiction fascinante, ancrée dans une ville déchirée par des logiques fatales.

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Avis (16)

  • Négar Djavadi, en partant d'un simple vol de portable, fait une critique acerbe des travers de notre société. Les personnages qui se côtoient dans l'arène, sont tous très différents et vont être entraînés dans une spirale de violence dont ils ne sortiront pas indemnes. Dans un roman très ancré...
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    Négar Djavadi, en partant d'un simple vol de portable, fait une critique acerbe des travers de notre société. Les personnages qui se côtoient dans l'arène, sont tous très différents et vont être entraînés dans une spirale de violence dont ils ne sortiront pas indemnes. Dans un roman très ancré dans l'actualité, elle aborde divers sujets comme les violences policières, les inégalités sociales, les trafics de drogues, les discriminations et le racisme, notre rapport maladif à l'image via les réseaux sociaux et les dangers de l'information en temps réel.

    J'ai apprécié l'écriture rythmée et incisive de l'auteure et sa description très détaillée de l'est de Paris dans lequel tout semble prêt à s'embraser. C'est un roman intéressant et ambitieux mais j'ai trouvé que le fil de l'intrigue n'était pas toujours facile à suivre. Il y a beaucoup de personnages et de sujets évoqués, ce qui provoque un manque de fluidité général. Le lecteur peut être quelquefois un peu perdu. J'ai eu du mal à m'attacher aux personnages parfois très antipathiques.

    « Arène » est un roman qui s'inscrit dans une réalité sociale et qui aborde de façon judicieuse aussi bien le hasard et la fatalité que la question de la responsabilité et de la culpabilité.

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  • Un roman qui met en scène des personnages attachés, peu ou prou à l'est parisien, depuis leur naissance ou depuis leur arrivée comme migrants et leurs inter-actions sociales, religieuses, politiques et économiques. le pilier de la narration, Benjamin Grossman nourri au biberon cinématographique...
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    Un roman qui met en scène des personnages attachés, peu ou prou à l'est parisien, depuis leur naissance ou depuis leur arrivée comme migrants et leurs inter-actions sociales, religieuses, politiques et économiques. le pilier de la narration, Benjamin Grossman nourri au biberon cinématographique par sa mère, restauratrice de films anciens est devenu un important responsable de la société BeCurrent qui produit des séries à succès qui rapportent beaucoup d'argent. La perte de son Iphone déclenche une cascade d'événements et de situations qui rappellent des faits réels impliquant la circulation de drogue, les relations tendues entre la population et la police, les attentats, les infox circulant particulièrement bien sur les « réseaux sociaux »…..Les différents épisodes sont écrits sur un rythme de séries télévisuelles, parfois endiablé et rapide, mais souvent un peu lourd et décousu. Beaucoup d'imagination et d'ingrédients intéressants, mais au final, une recette un peu loupée.

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  • En suivant les pas de Benjamin Grossman, responsable de la branche France de BeCurrent, concurrent de Netflix, j’ai été aspiré dans l’Arène. Cette Arène, c’est Paris où tout se joue, où toutes les tensions, les frustrations, les injustices vont aller jusqu’à l’explosion, causant beaucoup de...
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    En suivant les pas de Benjamin Grossman, responsable de la branche France de BeCurrent, concurrent de Netflix, j’ai été aspiré dans l’Arène. Cette Arène, c’est Paris où tout se joue, où toutes les tensions, les frustrations, les injustices vont aller jusqu’à l’explosion, causant beaucoup de dégâts.
    Négar Djavadi, déjà bien appréciée dans Désorientale, rencontrée aux Correspondances de Manosque 2020, s’est lancée dans une fresque impressionnante, passionnante de bout en bout, avec la bagatelle de cent quarante-huit personnages ayant chacun son histoire, le tout en neuf grandes parties, plus des mouvements musicaux. C’est bien construit et cela m’a tenu en haleine jusqu’au bout, un peu comme dans un polar.
    Dans ces quartiers de Paris, Xe, XIe, XIXe, XXe arrondissements, se concentrent 70 % de cités, 43 % de foyers non imposables, 25 % de la population sous le seuil de pauvreté. Aucune communauté n’est épargnée : Blancs, Noirs, Juifs, Arabes, Chinois, Indiens, Sri-Lankais, Caribéens, tous ont leur misère à gérer. Alors, lorsque des bandes de gosses de 16-17 ans commencent à régler leurs comptes sur fond d’un trafic de drogue exponentiel, cela ne peut qu’aboutir au pire.
    Négar Djavadi dresse le tableau de ces existences prises dans un tourbillon urbain démentiel. La vie est déjà difficile mais cela ne serait pas si terrible si quelques individus ne se chargeaient pas d’exciter ces jeunes, de faire monter la haine, d’attiser les ressentiments sur fond de racisme, d’islamophobie, espérant tirer les marrons du feu.
    Pour cela, il y a les fameux réseaux dits sociaux qui permettent de diffuser n’importe quoi, de bidouiller des vérités bien trafiquées afin d’entraîner les crédulités vers la haine et la violence qui en découle. Avec ça, les chaînes d’info continue se chargent de rameuter ceux qui ne sont pas encore touchés, invitant sur leurs plateaux de sinistres agitateurs tentant de se faire passer pour des spécialistes.
    Dans son travail, Benjamin Grossman se charge de faire tourner des séries qui cartonnent et continuent un peu plus chaque jour de ronger les cerveaux. Lui qui est originaire de ces quartiers faisant bien partie pourtant de la Ville-lumière, se rend chez Cathie, sa mère, qui vit seule et dont le travail consiste à restaurer de vieux films aux pellicules abîmées.
    D’ailleurs, les références au cinéma sont nombreuses comme les noms de médicaments, de drogues permettant à ces fameux décideurs de s’afficher toujours au meilleur de leur forme…
    Au fil de ma lecture, j’ai rencontré la misère des réfugiés qui dorment sur les trottoirs, sont délogés sans ménagement par la police, cette fameuse police qui va se trouver au cœur d’une polémique savamment orchestrée pour que tout dégénère.
    Au passage, j’ai bien apprécié les précisions historiques sur Paris comme sur le fameux Gibet de Montfaucon, le tournage du film d’Orson Welles (Le Procès) ou pour savoir qui était le Colonel Fabien. De temps à autre, l’autrice égratigne l’équipe municipale actuelle, lui reproche de ne pas se rendre dans ces quartiers. Comme les élections approchent, on fait un bout de chemin avec une candidate qui rêve d’être maire. En pleine campagne électorale, elle tente d’exploiter le drame qui est le nœud de l’histoire.
    Dans ces quartiers Est de Paris, autour des stations Belleville, Ménilmontant, Jaurès, c’est la terre promise des damnés de la Terre, le cœur raté du cosmopolitisme comme l’autrice le démontre bien. C’est là qu’une vidéo devenue virale déclenche un cataclysme, brise la vie d’une jeune flic pourtant respectueuse et tentant d’être humaine dans l’exercice difficile de son métier.
    J’ai plongé dans l’Arène de Négar Djavadi et j’ai été aspiré jusqu’au bout, captivé par le sort de chacun des protagonistes mais horrifié par ce que deviennent nos villes où la pandémie décuple encore les difficultés quotidiennes de celles et de ceux qui tentent d’y vivre.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Negar Djavadi est auteure et scénariste et ça se voit !
    Dans ce second roman, le premier était très autobiographique, elle décortique les événements qui, du vol d’un téléphone portable à la diffusion d’une vidéo dénonçant les violences policières, vont déclencher une guérilla urbaine dans...
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    Negar Djavadi est auteure et scénariste et ça se voit !
    Dans ce second roman, le premier était très autobiographique, elle décortique les événements qui, du vol d’un téléphone portable à la diffusion d’une vidéo dénonçant les violences policières, vont déclencher une guérilla urbaine dans l’Est parisien. L’effet papillon dans un savant mélange, version moderne, de scénario façon 24 ou Engrenages résumé en un peu plus de 400 pages.
    Si au début on se perd un peu dans tous les personnages, rapidement le rythme devient soutenu, haletant et on a du mal à décrocher. On se rend compte assez rapidement qu’il était important de camper les protagonistes. L’autrice a donc dressé un portrait de chacun avec leur histoire, leurs failles, leurs doutes, leurs espoirs et leur origine. Car il est bien fondamental de parler de leurs origines dans ce quartier de Paris, Belleville-Ménilmontant, à cheval sur 4 arrondissements, où l’immigration a façonné les tours, les commerces et les vies.

    Quand Benjamin Grossmann, responsable du développement de la filiale française de BeCurrent, l’équivalent de Netflix, se pose la question de savoir si « nous sommes réellement qui nous sommes » il interroge tout le monde, lecteurs compris, sur le pouvoir des réseaux sociaux et d’une façon plus générale, sur le regard de l’autre. Cet homme qui s’est fait tout seul, est devenu connu, reconnu de tous, mais est-il en phase avec lui même ? Dans ce monde ultra connecté, prend encore le temps de s’occuper de l’essentiel (sa famille, ses amis ...), ou bien vit-on pour un coach sportif de l’autre côté de l’atlantique qui scrute les résultats de ses fins matinaux ? Les autres personnages ne sont pas en reste et leur profil est tout aussi intéressant.

    Véritable fresque sociale dans un Paris éclectique, violent, où les armes en tout genre côtoient les tweets tout aussi ravageurs, ce roman nous interroge sur le rapport entre réalité, fiction et mise en scène dans cette arène qui est tout à la fois physique et virtuelle. Une grande réussite !

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  • Roman très contemporain, qui nous montre bien les ravages que peuvent causer les réseaux sociaux et les médias.

    Roman très contemporain, qui nous montre bien les ravages que peuvent causer les réseaux sociaux et les médias.

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  • Cathie, mère célibataire, a élevé seule Benjamin. À présent qu’il a réussi dans le milieu du cinéma, ce fils ingrat l’oublie un peu trop souvent à son goût … Elle a récemment reporté son affection sur Amir, un adolescent afghan, à qui elle a donné l’ancienne chambre de Benjamin. Ce dernier est...
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    Cathie, mère célibataire, a élevé seule Benjamin. À présent qu’il a réussi dans le milieu du cinéma, ce fils ingrat l’oublie un peu trop souvent à son goût … Elle a récemment reporté son affection sur Amir, un adolescent afghan, à qui elle a donné l’ancienne chambre de Benjamin. Ce dernier est rentré des Etats Unis depuis peu, avec Ariane sa compagne enceinte. Ils sont en partance pour Dublin.

    Le vol de son portable (tout près de chez sa mère) et la vidéo d’une gamine filmant une policière qui s’acharne sur le corps sans vie d’un petit délinquant, va provoquer un effet papillon explosif auquel Benjamin n’était pas préparé …

    Un beau roman, traversé par de nombreux protagonistes (Benjamin, Ariane, Cathie, Amir, Xian, Thérèse, Stéphane, Issa, Asya (Sam), Camille, Mélina et d’autres …) Une immersion totale sur des faits de société devenus d’une banalité navrante dans notre quotidien ! Paris est une jungle, et les réseaux sociaux autant de monstres créés par la bêtise humaine, quand la violence et l’ignorance s’en mêlent …

    L’empathie de l’auteure est perceptible à chaque instant et ne peut que nous interpeler. Négar Djavadi nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous n’avons pas toujours envie de voir. Un énorme coup de coeur que ce récit terriblement cruel et malheureusement lucide, sur un monde de plus en plus individualiste !

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  • Négar Djavadi est scénariste, cela se reconnaît à son style et à sa manière de raconter son histoire, par séquences de quelques pages, haletantes comme les épisodes d’une série à succès. Et comme dans une série, les personnages sont forts, façonnés pour susciter l’intérêt et l’empathie, toujours...
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    Négar Djavadi est scénariste, cela se reconnaît à son style et à sa manière de raconter son histoire, par séquences de quelques pages, haletantes comme les épisodes d’une série à succès. Et comme dans une série, les personnages sont forts, façonnés pour susciter l’intérêt et l’empathie, toujours à la limite de l’archétype. Consciente du danger, l’auteure prend des risques (ex : un activiste musulman pakistanais métis célèbre en France. Probable ?) et certaines libertés avec les lieux (elle nous avertit en préface) pour ne pas faire de son roman un reportage in vivo (ou « in vitro »).
    La vie, son livre n’en manque pas. C’est même sa qualité principale. Le rythme est soutenu, les dialogues sont réalistes, les formules alertes. On ne s’ennuie jamais. Négar Djavadi emprunte à la littérature nord-américaine contemporaine (elle doit aimer Wolfe, Atwood, Tartt et Safran Foer) sa capacité à tendre vers l’universel, sans accaparer le lecteur avec des considérations trop nombrilistes (fréquentes sous nos latitudes).
    J’aime les écrivains « binationaux » de son acabit (voir aussi Slimani, Appanah ou Yargekov). Quand ils parlent des étrangers (disons d’altérité), leur voix s’élève plus juste et plus sincère.
    « Arène », c’est le choc des classes, de ces Parisiens issus de l’immigration et décidés à réussir, à gagner leur place dans la jungle moderne. C’est un règlement de comptes (Twitter, Insta… évidemment) made in Belleville, un Far-Est. Les portables y remplacent les armes à feu, les tweets les munitions. Mais encore plus qu’à Marx, c’est à Guy Debord et sa « Société du spectacle » qu’il faut s’intéresser. Tous dans l’arène, que le sang coule et que le spectacle nous tienne en haleine !
    Un très bon moment de lecture avec, en primes, de belles anecdotes sur Paris (ex : p162) ou sur le cinéma (ex : p273).
    Bilan :

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  • J'avais été emballé par son premier livre "Désoriantale", ce second roman, dans un registre différent, est tout aussi exceptionnel. Quel brio, un livre que l'on dévore de bout en bout d'une traite et on le lit tel que l'on pourrait suivre une série.....

    Un travail fantastique où avec brio...
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    J'avais été emballé par son premier livre "Désoriantale", ce second roman, dans un registre différent, est tout aussi exceptionnel. Quel brio, un livre que l'on dévore de bout en bout d'une traite et on le lit tel que l'on pourrait suivre une série.....

    Un travail fantastique où avec brio Négar Djavadji va faire le procés justifié des travers de notre société moderne en partant d'un simple fait divers banal.... une bousculade avec un vol supposé d'un portable qui est le déclencheur d'une succession d'événements tragiques. Entre le propriétaire du portable ; Benjamin Grossmann, jeune arriviste au coeur d'une grand diffuseur de série (clin d'oeil venéneux à Netflix?) et la mort d'un jeune probable délinquant d'une banlieue grise, c'est toute une chaîne de personnages qui vont vouloir utiliser ce drame et ce fait divers à leur propres fins. 

    Un gigantesque et dramatique concours de circonstances avec une chute accidentelle, une jeune policière issue de l'immigration en quête de reconnaissance familliale et un simple geste malheureux, la publication sur les réseaux sociaux de cet acte sorti de son contexte par une ado en quète de notoriété sur cet espace, les manoeuvres policières de l'IGPN, une communauté de migrants, une insurrection de jeunes, un islamiste par intérêt, des jeunes voyoux de banlieue, une mère célibataire ne comprenant plus son ado.... c'est un engrenage incontrôlable qui explose... 

    C'est avec un vrai talent que Négar Djavadji nous dresse d'abord les portraits de chacun dans leur complexité, leur contexte et leur failles pour tisser la toîle qui va lier les uns aux autres jusqu'au dénouement sans que le lecteur ne se lasse ou ne le déviner.

    Un roman d'une grande actualité, terriblement ..

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