Paolo Cognetti

Paolo Cognetti
Né à Milan en 1978, Paolo Cognetti a étudié les mathématiques et la littérature
américaine avant de monter sa maison de production de cinéma indépendant. Auteur de
documentaires littéraires, de textes sociologiques et de romans, il partage sa vie entre sa
ville natale, le val d'Aoste et New York. So... Voir plus
Né à Milan en 1978, Paolo Cognetti a étudié les mathématiques et la littérature
américaine avant de monter sa maison de production de cinéma indépendant. Auteur de
documentaires littéraires, de textes sociologiques et de romans, il partage sa vie entre sa
ville natale, le val d'Aoste et New York. Son roman Sofia s'habille toujours en noir, paru chez
Liana Levi en 2013, lui a valu de figurer dans la sélection du Prix Strega.

Avis (17)

  • Couverture du livre « Les huit montagnes » de Paolo Cognetti aux éditions Stock

    Florence Lelivred'après sur Les huit montagnes de Paolo Cognetti

    Pietro est né à Milan, mais la montagne a toujours fait partie de sa vie. De celle de ses parents tout d’abord qui, bien qu’originaires de la campagne vénitienne, effectuaient de nombreux séjours dans les Dolomites jusqu’à ce qu’un événement dramatique les pousse à quitter leur région et à...
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    Pietro est né à Milan, mais la montagne a toujours fait partie de sa vie. De celle de ses parents tout d’abord qui, bien qu’originaires de la campagne vénitienne, effectuaient de nombreux séjours dans les Dolomites jusqu’à ce qu’un événement dramatique les pousse à quitter leur région et à chercher refuge à Milan.

    Mais l’appel de la montagne, qui triomphe toujours chez celui qui en est amoureux, réapparaît après quelques années et la mère de Pietro se met rapidement à rechercher un endroit où la petite famille pourra passer ses étés. C’est sur Grana, hameau situé dans une vallée profonde perpendiculaire au Val d’Aoste, que la mère de Pietro jette son dévolu et qu’elle loue un petit chalet sans prétention. Elle y passe les deux mois d’été avec Pietro, et Giovanni, le père, les rejoint en août lors de ses congés annuels. Ce père taciturne, souvent en colère contre le monde, entreprend d’initier son fils à la montagne, et pendant plusieurs étés, Pietro le suit, sans jamais avouer que ces randonnées, qui deviennent bientôt des courses en haute montagne, lui pèsent parce qu’il souffre du mal des montagnes.

    Pietro est comme son père, peu communicatif, mais il devient tout de suite ami avec Bruno, le seul enfant de Grana qui, à onze ans, garde les vaches de sa famille dans les alpages. Et c’est cet ami, plus que son père, qui lui fait découvrir les beautés simples de la montagne. Leur amitié se renforce d’année en année, jusqu’à ce que le jeune Bruno commence à travailler comme maçon, tandis que Pietro se fait de nouveaux amis parmi la jeunesse dorée qui vient de la ville pour pratiquer l’escalade dans la région. Mais ce n’en est pas fini pour autant de cette amitié. Elle va perdurer au long des années, entre Bruno, celui qui reste au pays, et Pietro, celui qui part découvrir de nouvelles montagnes au loin, mais finit toujours par revenir à Grana.

    Le roman de Paolo Cognetti nous parle de l’amitié entre deux garçons et de la passion pour la montagne. Mais au-delà de ces deux thèmes principaux, il évoque les difficultés de communication entre un père et son fils et l’importance de la transmission des valeurs. Il pose également différentes questions : peut-on intervenir légitimement dans la vie des autres, même si on est convaincu de faire le bien ? Qu’est-ce qui nous y autorise ?

    Pietro respecte le principe édicté par son père : la montagne ne se parcourt qu’en été. L’hiver, l’homme se retire devant la neige, pour laisser la nature se reposer. Le père de Pietro exècre le ski et les installations sportives qui ont défiguré la montagne et le jeune Pietro reprend cette idée à son compte. L’auteur quant à lui, dénonce les excès du tourisme sportif en montagne, comme on peut d’ailleurs le lire dans son blog (si vous lisez l’italien, c’est ici).

    Vainqueur en juillet 2017 du plus prestigieux prix italien, le prix Strega, (après avoir reçu en juin le prix Strega des jeunes qui est l’équivalent de notre Goncourt des lycéens), et tout récemment du prix Médicis étranger 2017, « Les huit montagnes » a de nombreuses qualités, tout en étant un roman tout à fait abordable pour le grand public et pour les jeunes. L’écriture est sobre et fluide, tout en étant très évocatrice. Pour qualifier la forme et le fond, un seul qualificatif s’impose : l’authenticité ; celle des valeurs évoquées, celle des sentiments, purs et jamais forcés, celle de la simplicité. Un récit profond et tendre, parfois triste et nostalgique, proche de la nature comme on l’était il y a plusieurs décennies, naturellement et simplement, et non de manière artificielle comme on veut parfois l’être aujourd’hui !

    Bref, « les huit montagnes », c’est le roman de l’amitié, de la liberté et de la nature : un grand bol d’air rafraîchissant dans ce monde de fous !

  • Couverture du livre « Les huit montagnes » de Paolo Cognetti aux éditions Stock

    danielle cubertafon sur Les huit montagnes de Paolo Cognetti

    Intéressant de decouvrir ses 2 personnages captivant , leurs histoires perso , leurs destins differents et souvent houleux , a decouvrir c est sur

    Intéressant de decouvrir ses 2 personnages captivant , leurs histoires perso , leurs destins differents et souvent houleux , a decouvrir c est sur

  • Couverture du livre « Les huit montagnes » de Paolo Cognetti aux éditions Stock

    Bib HLM sur Les huit montagnes de Paolo Cognetti

    Quand je tombe amoureuse d'un roman, mon cerveau débloque et je ne sais plus quoi dire à son sujet. Un peu comme si je n'avais pas trop envie de donner des arguments de lecture aux autres, histoire de le garder pour moi. C'est exactement l'impasse dans laquelle je suis avec Les huit montagnes de...
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    Quand je tombe amoureuse d'un roman, mon cerveau débloque et je ne sais plus quoi dire à son sujet. Un peu comme si je n'avais pas trop envie de donner des arguments de lecture aux autres, histoire de le garder pour moi. C'est exactement l'impasse dans laquelle je suis avec Les huit montagnes de Paolo Cognetti. J'ai envie de mettre une ribambelle de cœurs pour composer mon avis de lecture et en verdict, de vous dire : lisez-le, vous verrez bien.

    Paradoxalement, ce roman, on peut le résumer en deux citations :
    Il n’y a rien de mieux que la montagne pour se souvenir.
    Il n’y avait rien de mieux qu’une longue nuit dans ma tanière sur la montagne pour me remettre à neuf.
    Ce roman, c'est l'histoire de Pietro et celle de Bruno, l'un vient de la ville et l'autre de la montagne. Ils se rencontrent à Grana dans le Val d'Aoste et s'y retrouvent tous les étés pendant les vacances de Pietro. Ils se rencontrent, s'apprivoisent et tissent une amitié solide et fulgurante.

    L'un est observateur, taiseux et réfléchi, l'autre est agile et sensible. L'un est fort, l'autre futé. Pas d'ambiguïté entre eux, ils partagent une amitié simple et sincère. Une amitié fraternelle, fusionnelle et amoureuse. Ensemble, ils vont parcourir la montagne, vivre mille et une aventures. Il vont tout partager et puis se perdre de vue, pour mieux se retrouver.

    On assiste à la naissance d'une amitié qu'on jalouse aisément.

    On assiste à la construction d'un homme, celle de Pietro avec ses souvenirs de jeunesse, ses choix, ses questionnements et les prémisses de son émancipation. Son rapport à la vie. Ses relations avec ses parents, notamment son père. Un père incroyablement inspirant… Enfin, ça, c'est ce qu'il projette. Pietro, lui, le voit plutôt un homme envahissant, despote et pénible. Il ne se reconnaît pas dans le regard de son père et d'ailleurs, lui-même ne connaît pas son père. La grande question de ce roman ? Vont-ils avoir le temps de se découvrir ?

    On assiste à l'histoire d'amour entre un homme et la montagne. Histoire d'amour qui se transforme rapidement en triangle amoureux... Parce que le lecteur, lui aussi, est invité à tomber amoureux au fil des pages. Je suis tombée amoureuse.

    Ce roman, c'est un bout d'héritage. C'est une histoire de filiation. C'est une histoire de construction, de réalisation de soi. C'est une histoire de rencontre. C'est une histoire de solitude. C'est une histoire de rupture et de réparation. C'est une histoire de souvenirs. C'est une histoire d'homme. C'est une histoire de père. C'est une histoire de fils.

    Verdict : C'est un roman mélancolique, plein de nostalgie. D'une beauté à couper le souffle. Il m'a donné des envies de montagne, des envies de neige... C'est une prouesse pour l'amoureuse du soleil que je suis.

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