Gilles Marchand

Gilles Marchand
Gilles Marchand est né en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit "Dans l'attente d'une réponse favorable" (24 lettres de motivation) et coécrit "Le Roman de Bolaño" avec Eric Bonnargent. "Une bouche sans personne" est son premier roman.

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Avis (50)

  • Couverture du livre « Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain

    Mumu Dans le Bocage sur Un funambule sur le sable de Gilles Marchand

    Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Rentrée Littéraire 2017 Babelio et en Lecture commune avec Enna Lit Enna Vit que vous pouvez retrouver ICI
    Vrai coup de coeur pour ce roman que j'ai reçu des Editions Aux Forges de Vulcain...... que je remercie vivement, car j'aurai tellement...
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    Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Rentrée Littéraire 2017 Babelio et en Lecture commune avec Enna Lit Enna Vit que vous pouvez retrouver ICI
    Vrai coup de coeur pour ce roman que j'ai reçu des Editions Aux Forges de Vulcain...... que je remercie vivement, car j'aurai tellement regretté de passer à côté d'un tel récit. Tellement original, poétique, frais et plein d'humour et de fantaisie même sur des sujets difficiles tel que le handicap, la différence.
    Oui Stadi est différent, mais celle-ci lui permet, malgré tout, de rêver, d'imaginer et de vivre à son rythme, au rythme de la musique de son violon, son complice qui joue des morceaux de musique, reflet de ses états d'âme et aussi parmi les oiseaux dont il comprend le langage. Un moyen de s'évader, de partager ses réflexions et qui mieux que les oiseaux peut le comprendre..... ils ont la même petite musique dans leurs têtes. Mais ces particularités le marginalisent, l'isolent du reste de la Société.
    Et comme notre monde n'aime pas la différence Stradi est exclu et n'a qu'un seul ami : Max..... Lui ce n'est pas un violon qu'il a dans la tête mais une multitude de musique et surtout une jambe qui a du mal à suivre. Alors qui se ressemble s'assemble et qui mieux qu'une autre différence pour se confier et se comprendre.
    Stradi supporte avec courage les traitements très douloureux, les remarques et les mises à l'écart car sa force c'est aussi sa famille : son père inventeur, observateur de la vie, de la science, sa mère, professeur de littérature et son frère aîné, sans défaut et protecteur. Stradi n'est pas triste bien au contraire, il constate mais il a, lui et sa famille, un humour qui lui permet de surmonter toutes les épreuves.
    Il vit des aventures folles mais même celles-ci, si elles paraissent improbables, ne choquent pas car elles font partie de l'univers du récit et du personnage qui reste optimiste, toujours et contre tous. Il est confronté à des humains "normaux" mais aussi à des personnages étranges, tel le plombier qui vient régulièrement frappé à sa porte. Mais toutes ces aventures et pensées sont aussi ancrées dans la vie
    Parmi les hommes de cinquante ans qui recherchaient un peu de compagnie, je fus surpris par la constance de l'élégance. Je n'avais jamais remarqué à quel point cette qualité était importante sitôt le cap de la cinquantaine franchi. Certains précisaient par ailleurs qu'ils étaient doux. Etaient-ils si doux qu'ils l'affirmaient ? Et quelqu'un d'élégant précise-t-il qu'il l'est ? Est-ce que préciser que l'on est élégant n'est pas en soi une preuve de son inélégance ? Et pourquoi exactement cherchaient-ils des femmes de quarante ans ? Je craignais qu'il y ait derrière tout cela une volonté quelque peu malhonnête. (p 247)
    On sourit, on est ému mais on réfléchit aussi car tout cela a un sens, à mon avis, sur notre comportement, sur nos attitudes.... Et Stradi nous pousse aussi à réfléchir sur nous-mêmes et sur la vie :
    Les meilleures culpabilités sont celles que l'on garde pour soi, les autres ne sont des demandes de pardon (p316)
    mais aussi sur le handicap :
    Appeler à l'aide n'avait jamais été mon fort. Appeler à l'aide était une défaite. Pour moi, pour Max. N'importe qui pouvait demander du secours, pouvait avoir besoin d'une béquille. Mais nous concernant, l'appel à l'aide nous envoyait à la figure notre infériorité. Un "j'y arrive pas" devenait lourd de sens. Comme un aveu définitif, comme si on admettait enfin que nous n'étions pas adaptés à cette société, à cette vie. (p322)
    sur les blessures de chaque jour :
    Des coups d'épée.... mais pas des coups d'épingles... C'était précisément ce que nous ressentions. Nous n'étions jamais réellement attaqués. Jamais frontalement. Jamais réellement attaqués. Jamais frontalement. Jamais réellement avec méchanceté. Mais nous luttions contre les petites déconvenues, contre ces coups d'épingles qui nous égratignaient sans cesse.
    sur les rêves d'enfants :
    Et nous n'osions pas leur dire que nous aussi nous aspirions à devenir des super héros. Et je comprends aujourd'hui que les vrais héros ne sont pas ceux qui ont des super pouvoirs, mais ceux qui en sont dénués et qui continuent à avancer (p352)
    ainsi que sur notre société, la solitude :
    Le téléphone ne sonnait pas et patientait avec moi, sans trop savoir ce qu'il avait à faire? Je voyais bien qu'il aurait aimé sonner, les téléphones qui ne sonnent pas se sentent inutiles. Je le tenais de la dame du premier qui dépoussiérait régulièrement le sien et le prenait avec elle pour dormir depuis qu'elle avait perçu ses premiers signes de dépressions. (p323)
    Il y a tout un monde poétique qui entoure les acteurs de ce récit : une bouteille remplie des dernières paroles d'un grand-père, un lépreux qui demande une pièce mais qui refuse les morceaux du coeur en lambeaux, une société qui gère les idées, un directeur qui souhaite que son personnel sorte à reculons afin de voir s'il ne partait pas avec une idée derrière la tête etc.... et puis il y a la belle histoire d'amour que Stradi va vivre. Il y a un peu du Boris Vian chez cet auteur.....
    Oui, j'ai beaucoup, beaucoup aimé et c'est pour cela que j'aime lire, pour faire ce genre de découverte, d'un auteur, d'une écriture, d'une histoire qui ne ressemble à rien d'autre. Si vous êtes un peu rétif au rêve, à l'imaginaire et aux émotions, passez votre chemin et allez chercher un autre roman, mais dans le cas contraire attendez-vous à partir pour une symphonie d'émotions.
    Merci Monsieur Gilles Marchand pour ces heures de lecture passées dans votre univers et qui permettent aussi d'aborder un sujet grave sur un ton léger mais profond.....

  • Couverture du livre « Une bouche sans personne » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain

    Mumu Dans le Bocage sur Une bouche sans personne de Gilles Marchand

    Qui est-on quand on a une partie du visage dissimulé sous une écharpe ? On dissimule sa vie comme on dissimule son visage, que peut-on avoir de si lourd à porter pour ne pas le révéler à ses meilleurs et seuls amis ? Et puis il y a l'élément déclencheur, bénin, qui permet d'ouvrir la boîte de...
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    Qui est-on quand on a une partie du visage dissimulé sous une écharpe ? On dissimule sa vie comme on dissimule son visage, que peut-on avoir de si lourd à porter pour ne pas le révéler à ses meilleurs et seuls amis ? Et puis il y a l'élément déclencheur, bénin, qui permet d'ouvrir la boîte de pandore et alors les mots viennent, un à un, de loin, très loin, du fond de sa mémoire, avec pudeur, délicatesse et poésie.
    Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom et quelle importance d'ailleurs, homme discret, le comptable isolé dans la société, commence son récit qui va le mener à révéler le mystère qu'il dissimule sous ce bout de tissu. Il commence par avouer à ses amis de bistrot, Thomas, Sam et Lisa la propriétaire du café et qui fait battre son coeur un peu plus fort, son enfance, son grand-père, Pierre- Jean
    Il était tout ce qui me restait de ma famille. Il ne m'a jamais abandonné et a fait couler toutes les années de ma jeunesse en les enveloppant d'humour et d'amour. (p53)
    qui l'a élevé, commercial en machine à coudre mais surtout un philosophe qui puise dans le livre la Conscience de Zeno d'Italo Svevo qui traite de psychanalyse, la compréhension de l'homme et du monde.
    Et au fil des souvenirs, le voile se lève sur cet homme défiguré, sa vie de comptable anonyme, qui aligne les chiffres consciencieusement, qui écoute les papotages près du distributeur d'eau, nouveau salon où l'on cause dans les entreprises, qui se bat chaque jour devant l'amoncellement des sacs poubelles en bas de son immeuble depuis que la concierge est morte et qui devient un véritable camp retranché, ses rencontres avec la boulangère qui ne parle qu'au futur etc...
    Le café de Lisa devient son refuge, le seul endroit où il peut rencontrer d'autres solitudes : Thomas, la soixantaine, cultivé qui écrit un roman, en deuil de 2 enfants qu'il n'a jamais eu, Sam, qui apporte des lettres de ses parents décédés
    J'ai entendu à la télé que respirer une heure à Paris, c'est comme fumer un paquet de cigarettes. S'il te plaît, essaie de respirer un peu moins, ça me rassurerait.(p105)
    et puis Lisa, son sourire, son écoute. Et il captive ses amis et tous ceux qui passent et reviennent pour connaître la fin de son histoire......
    Je ne veux rien révéler de plus sur l'histoire car je veux vous laisser le plaisir de découvrir comme moi, par petites touches, le monde de cet homme que la vie à défigurer sur le visage mais aussi dans le coeur. Il le dit avec ses mots : mots d'adulte mais aussi mots d'enfant.
    Pierre-Jean m'avait demandé d'aller chercher du pain (...) A mon retour, il était assis sur sa chaise, devant la table de la cuisine. Je le voyais de côté, ses yeux étaient baignés de larmes. (....) Lorsqu'il m'aperçu, il a essay de sourire mais je voyais bien c'était un drôle de sourire rien qu'avec la ouche et que ses yeux étaient tout rouges. J'ai pris mon courage à deux mains et lui ai demandé s'il pleurait. Il a eu l'air étonné avant de m'expliquer que non, d'ailleurs, il n'avait aucune raison de pleurer. C'était juste que son visage n'était pas étanche. Il n'y pouvait rien et ça n'était pas grave. C'est le genre de choses qui arrive de temps en temps, avec toute cette eau qu'on a dans le corps. Il m'a expliqué qu'il s'était penché pour ramasser sa cuillère à café qui était tombée sur le lino et avec cette maudite loi des vases communiquant, ses yeux s'étaient remplis et avaient débordé.(p124)
    Attention je vous préviens Gilles Marchand est un poète, comme Boris Vian qu'il cite d'ailleurs très souvent,il vit dans notre monde mais il l'arrange à sa manière pour rendre la vie plus douce, plus tolérable, il aime les Beatles leur album blanc en particulier, il a son monde à lui pour raconter la vie, les vies, nos vies.
    Les personnages sont particulièrement attachant et surtout la relation du narrateur avec son grand-père, pleine d'émotions, de sensibilité
    Il avait sa propre cicatrice et il devait prendre soin de moi. Il n'avait pas le choix. Il n'avait pas d'écharpe mais appliquait les règles de sa propre réalité quand la sienne ne lui convenait pas. Il n'a rien inventé, il a juste un peu arrangé les choses pour que ce soit supportable.(p109)
    mais aussi avec ses amis de solitude, au café.
    Comme pour un Funambule sur le Toit que j'ai lu précédemment, que j'ai beaucoup aimé, qui était mon livre de découverte de cet auteur, je suis ressortie de ma lecture bouleversée car malgré les petites touches d'humour, de gaité, ce roman est plein d'émotions, de mélancolie sur le temps qui passe et ne guérit rien, sur les sensations, avec un regard sur notre monde et ses absurdités et contradictions, sur l'histoire et ses violences, sa cruauté même.
    On ne ressort pas indemne d'une telle lecture, on est cueilli, fauché mais heureux car ce que je demande à un livre en priorité c'est qu'il m'embarque, me balade, me fasse rêver, m'emmène ailleurs et là je suis partie, sans essayer de me retenir et grâce à la poésie de l'écriture, à son sens de la retenue pour ne dévoiler qu'à la toute fin, le douloureux secret de cet homme, on passe du sourire aux larmes et l'on ne demande qu'à continuer.
    Merci de m'avoir fait retrouver l'ambiance de certains petits cafés parisiens, l'odeur de l'expresso, les conversations d'habitués, toute la petite vie d'un quartier.
    Epigraphe du livre
    "Les choses que tout le monde ignore et qui ne laissent pas de traces n'existent pas".
    La Conscience de Zeno . Italo Svevo

  • Couverture du livre « Une bouche sans personne » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain

    Chantal Yvenou sur Une bouche sans personne de Gilles Marchand

    Curieux récit, aux confins du rêve et de la poésie, du réel désespérant et du conte philosophique. Inclassable. La référence à Boris Vian n’est pas usurpée.
    L’auteur sait distiller les détails avec parcimonie , juste pour titiller la curiosité du lecteur, embarqué dans une histoire où l’on...
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    Curieux récit, aux confins du rêve et de la poésie, du réel désespérant et du conte philosophique. Inclassable. La référence à Boris Vian n’est pas usurpée.
    L’auteur sait distiller les détails avec parcimonie , juste pour titiller la curiosité du lecteur, embarqué dans une histoire où l’on peut perdre pied ou tête.
    C’est l’histoire d’un secret , dissimulé derrière une écharpe rebelle. C’est l’histoire d’une groupe d’amis que la solitude réunit soir après soir dans un bar. c’est l’histoire d’un comptable qui peu à peu et malgré lui libère sa parole.
    Il y a un crescendo dans l’imaginaire. De la concierge absente à l’ancien commando qui creuse des galeries dans l’accumulation des ordures, des quelques habitués du caf » à une foule en délire, l’auteur fait appel à l’absurde et c’est ce qui fait tout l’attrait de la narration.
    Belle découverte, qui incite à retrouver cette plume originale et débridée .

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