Un funambule sur le sable

Couverture du livre « Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain
Résumé:

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de... Voir plus

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s'il l'empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d'autres choses : rêver, espérer... voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l'amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s'éprend de lui. Ils vont s'aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s'il est défini par son handicap, ou s'il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ?
Dans ce deuxième texte empreint de réalisme magique, Gilles Marchand, après le succès d'Une bouche sans personne, livre un beau et grand roman d'éducation, vibrant plaidoyer pour la différence, et pour les puissances de l'imagination, qui permettent de vaincre le réel, quand celui-ci nous afflige et nous opprime. Un roman plein de musique, de fantaisie, d'imagination, de lumière et d'optimisme, accompagné par la musique des Beach Boys, et brillant de mille éclats empruntés à Gary, Vian et Perec.

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  • Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Rentrée Littéraire 2017 Babelio et en Lecture commune avec Enna Lit Enna Vit que vous pouvez retrouver ICI
    Vrai coup de coeur pour ce roman que j'ai reçu des Editions Aux Forges de Vulcain...... que je remercie vivement, car j'aurai tellement...
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    Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Rentrée Littéraire 2017 Babelio et en Lecture commune avec Enna Lit Enna Vit que vous pouvez retrouver ICI
    Vrai coup de coeur pour ce roman que j'ai reçu des Editions Aux Forges de Vulcain...... que je remercie vivement, car j'aurai tellement regretté de passer à côté d'un tel récit. Tellement original, poétique, frais et plein d'humour et de fantaisie même sur des sujets difficiles tel que le handicap, la différence.
    Oui Stadi est différent, mais celle-ci lui permet, malgré tout, de rêver, d'imaginer et de vivre à son rythme, au rythme de la musique de son violon, son complice qui joue des morceaux de musique, reflet de ses états d'âme et aussi parmi les oiseaux dont il comprend le langage. Un moyen de s'évader, de partager ses réflexions et qui mieux que les oiseaux peut le comprendre..... ils ont la même petite musique dans leurs têtes. Mais ces particularités le marginalisent, l'isolent du reste de la Société.
    Et comme notre monde n'aime pas la différence Stradi est exclu et n'a qu'un seul ami : Max..... Lui ce n'est pas un violon qu'il a dans la tête mais une multitude de musique et surtout une jambe qui a du mal à suivre. Alors qui se ressemble s'assemble et qui mieux qu'une autre différence pour se confier et se comprendre.
    Stradi supporte avec courage les traitements très douloureux, les remarques et les mises à l'écart car sa force c'est aussi sa famille : son père inventeur, observateur de la vie, de la science, sa mère, professeur de littérature et son frère aîné, sans défaut et protecteur. Stradi n'est pas triste bien au contraire, il constate mais il a, lui et sa famille, un humour qui lui permet de surmonter toutes les épreuves.
    Il vit des aventures folles mais même celles-ci, si elles paraissent improbables, ne choquent pas car elles font partie de l'univers du récit et du personnage qui reste optimiste, toujours et contre tous. Il est confronté à des humains "normaux" mais aussi à des personnages étranges, tel le plombier qui vient régulièrement frappé à sa porte. Mais toutes ces aventures et pensées sont aussi ancrées dans la vie
    Parmi les hommes de cinquante ans qui recherchaient un peu de compagnie, je fus surpris par la constance de l'élégance. Je n'avais jamais remarqué à quel point cette qualité était importante sitôt le cap de la cinquantaine franchi. Certains précisaient par ailleurs qu'ils étaient doux. Etaient-ils si doux qu'ils l'affirmaient ? Et quelqu'un d'élégant précise-t-il qu'il l'est ? Est-ce que préciser que l'on est élégant n'est pas en soi une preuve de son inélégance ? Et pourquoi exactement cherchaient-ils des femmes de quarante ans ? Je craignais qu'il y ait derrière tout cela une volonté quelque peu malhonnête. (p 247)
    On sourit, on est ému mais on réfléchit aussi car tout cela a un sens, à mon avis, sur notre comportement, sur nos attitudes.... Et Stradi nous pousse aussi à réfléchir sur nous-mêmes et sur la vie :
    Les meilleures culpabilités sont celles que l'on garde pour soi, les autres ne sont des demandes de pardon (p316)
    mais aussi sur le handicap :
    Appeler à l'aide n'avait jamais été mon fort. Appeler à l'aide était une défaite. Pour moi, pour Max. N'importe qui pouvait demander du secours, pouvait avoir besoin d'une béquille. Mais nous concernant, l'appel à l'aide nous envoyait à la figure notre infériorité. Un "j'y arrive pas" devenait lourd de sens. Comme un aveu définitif, comme si on admettait enfin que nous n'étions pas adaptés à cette société, à cette vie. (p322)
    sur les blessures de chaque jour :
    Des coups d'épée.... mais pas des coups d'épingles... C'était précisément ce que nous ressentions. Nous n'étions jamais réellement attaqués. Jamais frontalement. Jamais réellement attaqués. Jamais frontalement. Jamais réellement avec méchanceté. Mais nous luttions contre les petites déconvenues, contre ces coups d'épingles qui nous égratignaient sans cesse.
    sur les rêves d'enfants :
    Et nous n'osions pas leur dire que nous aussi nous aspirions à devenir des super héros. Et je comprends aujourd'hui que les vrais héros ne sont pas ceux qui ont des super pouvoirs, mais ceux qui en sont dénués et qui continuent à avancer (p352)
    ainsi que sur notre société, la solitude :
    Le téléphone ne sonnait pas et patientait avec moi, sans trop savoir ce qu'il avait à faire? Je voyais bien qu'il aurait aimé sonner, les téléphones qui ne sonnent pas se sentent inutiles. Je le tenais de la dame du premier qui dépoussiérait régulièrement le sien et le prenait avec elle pour dormir depuis qu'elle avait perçu ses premiers signes de dépressions. (p323)
    Il y a tout un monde poétique qui entoure les acteurs de ce récit : une bouteille remplie des dernières paroles d'un grand-père, un lépreux qui demande une pièce mais qui refuse les morceaux du coeur en lambeaux, une société qui gère les idées, un directeur qui souhaite que son personnel sorte à reculons afin de voir s'il ne partait pas avec une idée derrière la tête etc.... et puis il y a la belle histoire d'amour que Stradi va vivre. Il y a un peu du Boris Vian chez cet auteur.....
    Oui, j'ai beaucoup, beaucoup aimé et c'est pour cela que j'aime lire, pour faire ce genre de découverte, d'un auteur, d'une écriture, d'une histoire qui ne ressemble à rien d'autre. Si vous êtes un peu rétif au rêve, à l'imaginaire et aux émotions, passez votre chemin et allez chercher un autre roman, mais dans le cas contraire attendez-vous à partir pour une symphonie d'émotions.
    Merci Monsieur Gilles Marchand pour ces heures de lecture passées dans votre univers et qui permettent aussi d'aborder un sujet grave sur un ton léger mais profond.....

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  • Je ne ressors pas totalement conquise de ce deuxième roman de Gilles Marchand, bien que lui reconnaissant beaucoup d’atouts, j’ai senti venir peu à peu une légère pointe d’ennui.

    L’histoire ne manque pourtant pas d’originalité. L’auteur nous présente un jeune garçon qui naît avec un handicap...
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    Je ne ressors pas totalement conquise de ce deuxième roman de Gilles Marchand, bien que lui reconnaissant beaucoup d’atouts, j’ai senti venir peu à peu une légère pointe d’ennui.

    L’histoire ne manque pourtant pas d’originalité. L’auteur nous présente un jeune garçon qui naît avec un handicap pour le moins inattendu, il a un violon dans la tête.
    L’instrument qui grandit en même temps que l’enfant lui permet de communiquer avec les oiseaux et met en musique les moindres de ses émotions.
    Mais vivre avec un handicap, quel qu’il soit, n’est pas chose facile, aussi doit-il suivre des soins. Une fois par mois, l’enfant subit des injections très douloureuses dans l’oreille dans le but d’éviter que le violon se casse et entraîne la mort.

    L’écriture de Gilles Marchand est à la fois poétique et pleine de tendresse pour son héros.
    Le handicap est traité avec pudeur. J’ai trouvé très intéressant le parallèle que fait l’auteur entre le handicap invisible de Stradi et celui bien visible de Max, son ami qui a une jambe plus courte que l’autre.

    Si j’adhère très volontiers à cette histoire improbable et pénètre avec plaisir dans l’univers onirique de l’auteur, j’ai plus de mal lorsqu’il y rajoute entre-autres, un demi-chien, un plombier loufoque en recherche de lavabos bouchés, un lord et son musée du papier cadeau.
    Je ne comprends pas l’utilité de ces diversions qui n’apportent rien à l’histoire.
    Beaucoup y ont vu un clin d’œil à Boris Vian, pour ma part cela m’a agacée.
    J’ai eu le même ressenti lors de la lecture du premier opus de Gilles Marchand « Une bouche sans personne ».

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  • En mettant un violon dans le cerveau du héros de son roman, Gilles Marchand invente un handicap pour traiter de la différence mais aussi de toutes les étapes principales auxquelles l’humain va faire face, de l’enfance à l’adulte, de l’insouciance à la responsabilité dont celle entre autre de...
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    En mettant un violon dans le cerveau du héros de son roman, Gilles Marchand invente un handicap pour traiter de la différence mais aussi de toutes les étapes principales auxquelles l’humain va faire face, de l’enfance à l’adulte, de l’insouciance à la responsabilité dont celle entre autre de devenir parent.
    Un bel humour et une grande délicatesse pour décrire des vérités que l’auteur va faire côtoyer avec la fable. Mise en musique et poésie accompagnent les mots de ce roman très particulier pour un très bon moment de lecture.

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  • Un superbe livre qui aborde de façon très poétique toutes les facettes du handicap.

    Un superbe livre qui aborde de façon très poétique toutes les facettes du handicap.

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  • Voici le second roman tant attendu de cet auteur qui nous a déjà fait rêver avec “Une bouche sans personne” : enfin, nous l’attendions avec impatience !

    Imaginez un peu que votre petit garçon soit né avec un handicap inédit : il a un violon dans la tête !… Est-il en danger ? Va-t-il pouvoir...
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    Voici le second roman tant attendu de cet auteur qui nous a déjà fait rêver avec “Une bouche sans personne” : enfin, nous l’attendions avec impatience !

    Imaginez un peu que votre petit garçon soit né avec un handicap inédit : il a un violon dans la tête !… Est-il en danger ? Va-t-il pouvoir vivre comme tous les autres enfants ou adolescents et enfin pourra-t-il connaitre l’amour ?

    Une fois encore, Gilles Marchand nous offre un sublime moment de poésie, avec son écriture légère et musicale et nous parle de la différence, sujet pourtant sérieux, avec beaucoup de tendresse et une grande délicatesse !

    Une belle réussite qu’il faut absolument découvrir !

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  • Il est certains auteurs qui, dès les premières lignes, par quelques phrases, savent vous saisir par le cœur, par les tripes. Gilles Marchand est de ceux-là . J’ai encore en mémoire les premiers mots de son précédent roman « Une bouche sans personne ». Ce « funambule sur le sable » m’a happée...
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    Il est certains auteurs qui, dès les premières lignes, par quelques phrases, savent vous saisir par le cœur, par les tripes. Gilles Marchand est de ceux-là . J’ai encore en mémoire les premiers mots de son précédent roman « Une bouche sans personne ». Ce « funambule sur le sable » m’a happée de la même façon. D’entrée de jeu. Et pan !

    « Il a un violon dans la tête » : loufoque, absurde, me direz-vous ! Je vous répondrai : bouleversant, poétique, délicieusement humain, drôle, empathique, tendre…. Je vais m’arrêter là car il faut bien parler du livre non ?

    Stradi naît avec un « drôle » de truc... Comme vous l’avez découvert plus haut, il a un violon planqué dans la tête. Un handicap inconnu. Tout nouveau. Du sur-mesure. Sacrée différence non ?

    Invisible, tapie quelque part sous son crâne, elle l’isole pourtant, le stigmatise. Comme tout handicap, comme toute différence. Et pourtant, elle fera aussi sa force. Il va puiser en elle des ressources poétiquement inouïes, à commencer par ces dialogues avec les oiseaux, enchantés par le son du violon, et cet amour de l’océan, du large… Parce qu'il y trouve la Paix. Il cassera avec la littérature les barreaux de sa prison. On retrouve au fil des pages de multiples références littéraires, l’une de mes préférées étant celle à Romain Gary (auteur qui m’est cher et que l’on retrouve d’ailleurs en épigraphe du roman) : « Seul l’Océan a les moyens qu’il faut pour parler au nom de l’homme ». Et puis, il y a cette amitié , cette belle amitié avec Max, passionné de musique, un autre éclopé de la vie . Il y a l’amour, celui pour la belle Lélie, il y a l’espoir, il y a la question de la vie à réapprendre quand le violon ne chante plus…

    La thématique du handicap est abordée avec Pudeur (majuscule), Poésie (majuscule) et Lumière (majuscule). Je ne pouvais qu’y être extrêmement sensible, puisque j’ai choisi de côtoyer, professionnellement, des enfants qui ont un violon dans la tête, un violon qui les empêche de communiquer avec des mots, qui leur offre la musique du cœur et des yeux.

    « Un funambule sur le sable » est une sacrée leçon de vie et de tolérance, une ode poétique lancée au visage d’une société qui a bien du mal encore à accepter concrètement la différence, une fable solairement humaine, un régal pour l’âme. On referme ce roman en se disant que finalement, funambules, nous le sommes peut-être un peu tous , sur les sables mouvants de nos vies.

    "À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit."

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  • Quand on a beaucoup aimé un premier roman, c'est avec une impatience teintée d'une once d'inquiétude que l'on attend le suivant. Et j'ai tellement aimé "Une bouche sans personne" qu'il me semblait improbable que Gilles Marchand fasse mieux.
    Femme et lectrice de peu de foi !!! Ce deuxième roman...
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    Quand on a beaucoup aimé un premier roman, c'est avec une impatience teintée d'une once d'inquiétude que l'on attend le suivant. Et j'ai tellement aimé "Une bouche sans personne" qu'il me semblait improbable que Gilles Marchand fasse mieux.
    Femme et lectrice de peu de foi !!! Ce deuxième roman réunit d'étourdissante manière tout ce qui me fait aimer la littérature ! Une histoire où l'imagination habille de mille éclats la réalité la plus douloureuse. Une histoire inouïe, qui en filigrane laisse entrevoir toutes les émotions du monde. Des personnages qui restent éloignés de tout stéréotype mais parviennent à nous faire capter l'apprentissage de la différence, cette venue au monde qui décale l'existence de ceux qui l'éprouvent. Une écriture qui joue de toutes les ressources langagières pour exprimer, imager, expliquer, décrire, révéler...

    Avec son violon dans la tête, Stradi devient le petit frère de ceux qui n'entrent pas dans les cases parce que celles-ci sont trop étroites et qui, du coup, se fabriquent un compartiment singulier qu'ils habitent de tous leurs rêves, de toutes leurs tristesses et de toutes leurs colères. Un compartiment grand ouvert sur ce monde qui les étiquette définitivement par manque d'imagination ou d'empathie ou des deux.

    Il y a du bonheur à lire "Un funambule sur le sable", une sorte de joie indicible à découvrir ce que les mots sont capables de faire naître lorsqu'ils sont choisis et agencés avec tant de sensibilité et de virtuosité. Du bonheur et comme des ondes de réconfort qui traversent les pages pour s'incruster juste là où la vie palpite en vrai.

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  • Quelle drôle d’idée de départ : naître avec un violon dans la tête ! Pauvre Stradi (surnom donné par ses camarades) qui va devoir apprivoiser cet instrument qui s’est imposé à lui.

    Difficile de rester concentré en classe quand il faut maîtriser les sons du violon pour ne pas déranger les...
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    Quelle drôle d’idée de départ : naître avec un violon dans la tête ! Pauvre Stradi (surnom donné par ses camarades) qui va devoir apprivoiser cet instrument qui s’est imposé à lui.

    Difficile de rester concentré en classe quand il faut maîtriser les sons du violon pour ne pas déranger les autres ; difficile de se rendre en classe certains jours après la piqure de l’infirmière sensée aider le violon à grandir en même temps que Stradi.

    Petit à petit, le roman frôle l’onirique tout en étant bien ancrée dans notre réalité.

    Et puis Stradi tombe amoureux : incompréhension des parents de la jeune fille, fuite, tentative de vie à deux avec une moitié de chien avant l’arrivée du bébé.

    J’ai aimé également le personnage de Max qui lui boîte : leurs deux différences font naître une amitié hors du commun, même si au contraire de Stradi, la musique enferme Max.

    J’ai aimé Lélie, jeune fille volontaire qui tire trop sur la corde. J’ai aimé Stradi qui se dépatouille comme il peut.

    Merci, M. Marchand, j’ai aimé le monde que vous avez créé dans ce roman.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la vieille dame du premier qui s’inquiète pour ce jeune couple.

    http://alexmotamots.fr/un-funambule-sur-le-sable-gilles-marchand/

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  • Match rentrée littéraire Price Minister

    Gilles Marchand, je vous déclare coupable de cet attachement ancré en moi. Comment aurait-il pu en être autrement lorsqu'on suit la vie de Stradi, de sa naissance à l'âge adulte ? En passant par son enfance et son adolescence, où les autres "les...
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    Match rentrée littéraire Price Minister

    Gilles Marchand, je vous déclare coupable de cet attachement ancré en moi. Comment aurait-il pu en être autrement lorsqu'on suit la vie de Stradi, de sa naissance à l'âge adulte ? En passant par son enfance et son adolescence, où les autres "les normaux" ne cessent de le mettre à part. Sa différence, en lui, c'est son violon qu'il a dans la tête. Comment est ce possible ? Nul ne le sait et ne le saura jamais. Même pas les scientifiques. Même pas la médecine. Il y a de ces choses qu'on n'explique pas. Il est né avec lui, ils ne font qu'un. Il grandit, avec lui, il vit, avec lui.
    Mais Stradi n'est pas seul. Max son ami est toujours à ses côtés : sa différence à lui, c'est sa jambe. Il ne peut rien faire comme les autres. A eux deux, ils se donnent du courage, qu'on les écarte ou les ignore, les blesse bien sûr... Mais rien ne freine leur optimisme. Ils se soutiennent, toujours là l'un pour l'autre...
    Et puis le temps déroule son tapis, ils grandissent.. Et Stradi rencontre Lélie. Ils s'aiment, et ce malgré les réticences de leurs proches. C'est leur amour, leur choix, rien ne les arrêtera, pas même Le Violon..."Ta musique est une déclaration d'amour perpétuelle."
    Quel déchirement que fut le mien en tournant la dernière page de ce livre, de cette histoire, pendant laquelle j'ai suivi la vie de Stradi, au son et aux notes de son violon, enveloppé dans sa tête comme dans un écrin. À chaque situation sa mélodie, peu de place pour le silence... Il fait partie de lui, Il est Lui... Au-delà de ce don musical, Stradi murmure aussi "à l'oreille des oiseaux" : il les écoute, les comprend, leur raconte des histoires issues des livres qu'il lit, dans lesquels il trouve refuge... ".... C'était presque comme cela que je concevais la lecture... : une matière première qui s'était transformée en besoin vital."
    Comme il est difficile de faire ressortir les émotions que ce garçon hors du commun fait ressentir. Une très belle leçon, de force, de vie et de courage.
    Je remercie infiniment les éditions Aux forges de Vulcain, Price minister pour cette belle initiative des matchs littéraires, et bien entendu j'adresse le bouquet final de mes chaleureux remerciements à Gilles Marchand, qui sait combien j'ai aimé découvrir sa plume.

    "... Je me suis toujours senti comme un funambule... J'ai avancé dans cette société en prenant mille précautions... J'ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit."

    Ce livre est un écrin, son histoire, un violon : https://littelecture.wordpress.com/2017/10/22/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand/

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  • J’étais tombée littéralement sous le charme du premier roman de l’auteur, Une bouche sans personne. Dans Un funambule sur le sable, Gilles Marchand récidive dans sa façon magnifique d’écrire sur la différence, avec poésie, délicatesse et folie douce.

    “ J’étais quelque part entre l’enfant...
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    J’étais tombée littéralement sous le charme du premier roman de l’auteur, Une bouche sans personne. Dans Un funambule sur le sable, Gilles Marchand récidive dans sa façon magnifique d’écrire sur la différence, avec poésie, délicatesse et folie douce.

    “ J’étais quelque part entre l’enfant normal et l’enfant handicapé. Il n’existait pas de case pour les gens comme moi. La nature ne m’avait pas prévu, la société ne m’avait pas prévu, la médecine ne m’avait pas prévu et mes camarades ne m’avaient pas prévu. Ils devaient apprendre une nouvelle règle. ”

    Le style reconnaissable de l’auteur lui a déjà valu d’excellentes critiques et son premier roman fut même primé. C’est encore une fois dans une réalité poétisée que la différence est décrite au quotidien. Ici, le narrateur, surnommé Stradi, naît et grandit avec un violon dans la tête. Il nous explique comment la musique s’emballe parfois, comment cette musicalité est perçue par son entourage et par tous, qu’ils soient adultes ou enfants. Nous évoluons avec ce personnage intelligent et sensible, enrobés dans son optimisme, dans ses moments de tristesse, dans ses envies de normalité mais aussi avec les atouts que son originalité lui offre : la rêverie, la magie, la spontanéité, la liberté, un monde dans lequel il parle aux oiseaux.

    “ S’ils avaient trouvé ça « mignon » au début, j’ai assez vite perçu que mes conversations avec les oiseaux n’emballaient pas mes parents. Pour eux, il s’agissait de jeux d’enfants qu’il allait bien falloir cesser si je voulais avoir une chance d’aller à l’école. C’était un peu comme si je parlais à des meubles ou à un ami imaginaire. Des objets à plumes avec qui il était impossible d’entrer en communication. Ils ne pouvaient pas envisager que j’avais de véritables conversations, si bien que je pris l’habitude de ne plus en avoir devant eux, afin de leur épargner une inquiétude inutile. ”

    Mais évidemment rien est facile puisque l’humain se méfie de l’originalité, il la dédaigne même parfois. Sauf Lélie. Cette jeune femme qui fait tourner la tête de notre musicien de la vie, qui fait vibrer ses cordes et envoler les notes. Un quotidien pas toujours si simple mais emprunt de joie et de drôlerie. Lélie a su apprivoiser cet homme au violon, ou peut-être est-ce l’inverse. Elle a su écouter son cœur, aller au-delà des a priori et des fortes réticences de ses parents. Alors Stradi est heureux, Stradi est amoureux comme jamais. Car, comme tout ce qu’il vit et entreprend, il le fait avec passion.

    Puis il y a Max, son ami différent comme lui, à un détail près. La différence se voit chez Max puisqu’il boîte, pas comme Stradi pour lequel le violon est caché dans sa tête. Alors ces deux copains d’école ne vont plus se quitter, ils vont se comprendre, ils vont plonger dans un univers musical omniprésent, une évasion aux notes parfaites de God only knows des Beach Boys.

    De l’enfance à l’âge adulte, nous suivons donc ces trois personnages entiers dépeints sous la plume délicate de l’auteur. Les courts chapitres défilent et les émotions restent. Même si le tempo allant crescendo et le final époustouflant de Une bouche sans personne me l’a fait légèrement préférer à Un funambule sur le sable, j’ai tout de même vraiment adoré ce dernier pour toute la douceur qui s’en dégage du début à la fin. Les personnes qui n’accrochent pas à la fantaisie préféreront sans aucun doute celui-ci qui est plus tendre, plus régulier dans les sentiments qui émanent des chapitres, et beaucoup moins loufoque. Mais dans tous les cas, c’est sans contexte un véritable plaisir de retrouver cette poésie magique qui raconte la différence et l’originalité comme personne, et qui dépeint si justement les relations humaines et la société en général.

    “ La société dans son ensemble n’attendait et ne désirait qu’une seule chose de moi : que je sois comme tout le monde. Depuis des années, je me battais pour m’adapter à cette société qui m’avait toléré. Mais cette société faite par des hommes et des femmes n’était pas quelque chose de naturel. La société avait décidé que l’on pouvait manger des vaches et des veaux mais surtout pas de chat, elle avait décidé que les hommes pouvaient avoir plus de responsabilités que les femmes, qu’il était normal qu’il y ait des riches et des pauvres, que l’on devait vouvoyer un adulte mais que ces derniers n’étaient pas tenus de vouvoyer un enfant. La société avait établi tout un tas de règles mais n’avait rien prévu pour les gens qui n’étaient pas capables de les suivre pour des raisons indépendantes de leur volonté. Elle les acceptait mais ne leur donnait pas une réelle chance à part celle de rester bien sagement assis sans trop déranger et surtout, surtout, sans oublier de lui dire merci. ”

    En bref, ce roman est une nouvelle réussite de Gilles Marchand qui confirme ses talents de conteur. À mi-chemin entre le réel et l’imaginaire, il détient plus d’une corde à son violon et c’est avec émotions, poésie et délicatesse que nous plongeons dans le monde spontané, imagé et musical des personnages, confirmant que la normalité peut tout à fait se mélanger à l’originalité si tant est qu’il faille faire une différence, mais appuyant également sur la difficulté de choisir entre rester soi-même ou renoncer à tout ce qui fait notre personnalité et notre être.

    “ À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit. ”

    Mon avis sur mon blog : https://ducalmelucette.wordpress.com/2017/10/11/lecture-un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand-rentree-litteraire-2017/

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