Un funambule sur le sable

Couverture du livre « Un funambule sur le sable » de Gilles Marchand aux éditions Aux Forges De Vulcain

4.785714285

14 notes

Résumé:

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de... Voir plus

Stradi naît avec un violon dans le crâne. Cette anomalie rare fait la joie des médecins, et la souffrance de ses parents. D'abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l'école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l'effet de la maladresse ou de l'ignorance des adultes et des enfants. Mais, à ces souffrances, il va opposer chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s'il l'empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d'autres choses : rêver, espérer... voire parler aux oiseaux. Un jour, il rencontre l'amour en Lélie, une jeune femme déterminée qui s'éprend de lui. Ils vont s'aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple. Jusqu'au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien, attendre la mort dans l'ennui le plus total. Comment grandir sans se nier ? Comment s'adapter sans renoncer à soi ? Stradi devra découvrir qui il est, s'il est défini par son handicap, ou s'il peut lui échapper. Est-ce lui qui est inadapté, ou le monde qui est inadapté ?
Dans ce deuxième texte empreint de réalisme magique, Gilles Marchand, après le succès d'Une bouche sans personne, livre un beau et grand roman d'éducation, vibrant plaidoyer pour la différence, et pour les puissances de l'imagination, qui permettent de vaincre le réel, quand celui-ci nous afflige et nous opprime. Un roman plein de musique, de fantaisie, d'imagination, de lumière et d'optimisme, accompagné par la musique des Beach Boys, et brillant de mille éclats empruntés à Gary, Vian et Perec.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Il est certains auteurs qui, dès les premières lignes, par quelques phrases, savent vous saisir par le cœur, par les tripes. Gilles Marchand est de ceux-là . J’ai encore en mémoire les premiers mots de son précédent roman « Une bouche sans personne ». Ce « funambule sur le sable » m’a happée de la même façon. D’entrée de jeu. Et pan !

    « Il a un violon dans la tête » : loufoque, absurde, me direz-vous ! Je vous répondrai : bouleversant, poétique, délicieusement humain, drôle, empathique, tendre…. Je vais m’arrêter là car il faut bien parler du livre non ?

    Stradi naît avec un « drôle » de truc... Comme vous l’avez découvert plus haut, il a un violon planqué dans la tête. Un handicap inconnu. Tout nouveau. Du sur-mesure. Sacrée différence non ?

    Invisible, tapie quelque part sous son crâne, elle l’isole pourtant, le stigmatise. Comme tout handicap, comme toute différence. Et pourtant, elle fera aussi sa force. Il va puiser en elle des ressources poétiquement inouïes, à commencer par ces dialogues avec les oiseaux, enchantés par le son du violon, et cet amour de l’océan, du large… Parce qu'il y trouve la Paix. Il cassera avec la littérature les barreaux de sa prison. On retrouve au fil des pages de multiples références littéraires, l’une de mes préférées étant celle à Romain Gary (auteur qui m’est cher et que l’on retrouve d’ailleurs en épigraphe du roman) : « Seul l’Océan a les moyens qu’il faut pour parler au nom de l’homme ». Et puis, il y a cette amitié , cette belle amitié avec Max, passionné de musique, un autre éclopé de la vie . Il y a l’amour, celui pour la belle Lélie, il y a l’espoir, il y a la question de la vie à réapprendre quand le violon ne chante plus…

    La thématique du handicap est abordée avec Pudeur (majuscule), Poésie (majuscule) et Lumière (majuscule). Je ne pouvais qu’y être extrêmement sensible, puisque j’ai choisi de côtoyer, professionnellement, des enfants qui ont un violon dans la tête, un violon qui les empêche de communiquer avec des mots, qui leur offre la musique du cœur et des yeux.

    « Un funambule sur le sable » est une sacrée leçon de vie et de tolérance, une ode poétique lancée au visage d’une société qui a bien du mal encore à accepter concrètement la différence, une fable solairement humaine, un régal pour l’âme. On referme ce roman en se disant que finalement, funambules, nous le sommes peut-être un peu tous , sur les sables mouvants de nos vies.

    "À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit."

  • 0.25

    Quand on a beaucoup aimé un premier roman, c'est avec une impatience teintée d'une once d'inquiétude que l'on attend le suivant. Et j'ai tellement aimé "Une bouche sans personne" qu'il me semblait improbable que Gilles Marchand fasse mieux.
    Femme et lectrice de peu de foi !!! Ce deuxième roman réunit d'étourdissante manière tout ce qui me fait aimer la littérature ! Une histoire où l'imagination habille de mille éclats la réalité la plus douloureuse. Une histoire inouïe, qui en filigrane laisse entrevoir toutes les émotions du monde. Des personnages qui restent éloignés de tout stéréotype mais parviennent à nous faire capter l'apprentissage de la différence, cette venue au monde qui décale l'existence de ceux qui l'éprouvent. Une écriture qui joue de toutes les ressources langagières pour exprimer, imager, expliquer, décrire, révéler...

    Avec son violon dans la tête, Stradi devient le petit frère de ceux qui n'entrent pas dans les cases parce que celles-ci sont trop étroites et qui, du coup, se fabriquent un compartiment singulier qu'ils habitent de tous leurs rêves, de toutes leurs tristesses et de toutes leurs colères. Un compartiment grand ouvert sur ce monde qui les étiquette définitivement par manque d'imagination ou d'empathie ou des deux.

    Il y a du bonheur à lire "Un funambule sur le sable", une sorte de joie indicible à découvrir ce que les mots sont capables de faire naître lorsqu'ils sont choisis et agencés avec tant de sensibilité et de virtuosité. Du bonheur et comme des ondes de réconfort qui traversent les pages pour s'incruster juste là où la vie palpite en vrai.

  • 0.2

    Quelle drôle d’idée de départ : naître avec un violon dans la tête ! Pauvre Stradi (surnom donné par ses camarades) qui va devoir apprivoiser cet instrument qui s’est imposé à lui.

    Difficile de rester concentré en classe quand il faut maîtriser les sons du violon pour ne pas déranger les autres ; difficile de se rendre en classe certains jours après la piqure de l’infirmière sensée aider le violon à grandir en même temps que Stradi.

    Petit à petit, le roman frôle l’onirique tout en étant bien ancrée dans notre réalité.

    Et puis Stradi tombe amoureux : incompréhension des parents de la jeune fille, fuite, tentative de vie à deux avec une moitié de chien avant l’arrivée du bébé.

    J’ai aimé également le personnage de Max qui lui boîte : leurs deux différences font naître une amitié hors du commun, même si au contraire de Stradi, la musique enferme Max.

    J’ai aimé Lélie, jeune fille volontaire qui tire trop sur la corde. J’ai aimé Stradi qui se dépatouille comme il peut.

    Merci, M. Marchand, j’ai aimé le monde que vous avez créé dans ce roman.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la vieille dame du premier qui s’inquiète pour ce jeune couple.

    http://alexmotamots.fr/un-funambule-sur-le-sable-gilles-marchand/

  • 0.25

    Match rentrée littéraire Price Minister

    Gilles Marchand, je vous déclare coupable de cet attachement ancré en moi. Comment aurait-il pu en être autrement lorsqu'on suit la vie de Stradi, de sa naissance à l'âge adulte ? En passant par son enfance et son adolescence, où les autres "les normaux" ne cessent de le mettre à part. Sa différence, en lui, c'est son violon qu'il a dans la tête. Comment est ce possible ? Nul ne le sait et ne le saura jamais. Même pas les scientifiques. Même pas la médecine. Il y a de ces choses qu'on n'explique pas. Il est né avec lui, ils ne font qu'un. Il grandit, avec lui, il vit, avec lui.
    Mais Stradi n'est pas seul. Max son ami est toujours à ses côtés : sa différence à lui, c'est sa jambe. Il ne peut rien faire comme les autres. A eux deux, ils se donnent du courage, qu'on les écarte ou les ignore, les blesse bien sûr... Mais rien ne freine leur optimisme. Ils se soutiennent, toujours là l'un pour l'autre...
    Et puis le temps déroule son tapis, ils grandissent.. Et Stradi rencontre Lélie. Ils s'aiment, et ce malgré les réticences de leurs proches. C'est leur amour, leur choix, rien ne les arrêtera, pas même Le Violon..."Ta musique est une déclaration d'amour perpétuelle."
    Quel déchirement que fut le mien en tournant la dernière page de ce livre, de cette histoire, pendant laquelle j'ai suivi la vie de Stradi, au son et aux notes de son violon, enveloppé dans sa tête comme dans un écrin. À chaque situation sa mélodie, peu de place pour le silence... Il fait partie de lui, Il est Lui... Au-delà de ce don musical, Stradi murmure aussi "à l'oreille des oiseaux" : il les écoute, les comprend, leur raconte des histoires issues des livres qu'il lit, dans lesquels il trouve refuge... ".... C'était presque comme cela que je concevais la lecture... : une matière première qui s'était transformée en besoin vital."
    Comme il est difficile de faire ressortir les émotions que ce garçon hors du commun fait ressentir. Une très belle leçon, de force, de vie et de courage.
    Je remercie infiniment les éditions Aux forges de Vulcain, Price minister pour cette belle initiative des matchs littéraires, et bien entendu j'adresse le bouquet final de mes chaleureux remerciements à Gilles Marchand, qui sait combien j'ai aimé découvrir sa plume.

    "... Je me suis toujours senti comme un funambule... J'ai avancé dans cette société en prenant mille précautions... J'ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit."

    Ce livre est un écrin, son histoire, un violon : https://littelecture.wordpress.com/2017/10/22/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand/

  • 0.2

    J’étais tombée littéralement sous le charme du premier roman de l’auteur, Une bouche sans personne. Dans Un funambule sur le sable, Gilles Marchand récidive dans sa façon magnifique d’écrire sur la différence, avec poésie, délicatesse et folie douce.

    “ J’étais quelque part entre l’enfant normal et l’enfant handicapé. Il n’existait pas de case pour les gens comme moi. La nature ne m’avait pas prévu, la société ne m’avait pas prévu, la médecine ne m’avait pas prévu et mes camarades ne m’avaient pas prévu. Ils devaient apprendre une nouvelle règle. ”

    Le style reconnaissable de l’auteur lui a déjà valu d’excellentes critiques et son premier roman fut même primé. C’est encore une fois dans une réalité poétisée que la différence est décrite au quotidien. Ici, le narrateur, surnommé Stradi, naît et grandit avec un violon dans la tête. Il nous explique comment la musique s’emballe parfois, comment cette musicalité est perçue par son entourage et par tous, qu’ils soient adultes ou enfants. Nous évoluons avec ce personnage intelligent et sensible, enrobés dans son optimisme, dans ses moments de tristesse, dans ses envies de normalité mais aussi avec les atouts que son originalité lui offre : la rêverie, la magie, la spontanéité, la liberté, un monde dans lequel il parle aux oiseaux.

    “ S’ils avaient trouvé ça « mignon » au début, j’ai assez vite perçu que mes conversations avec les oiseaux n’emballaient pas mes parents. Pour eux, il s’agissait de jeux d’enfants qu’il allait bien falloir cesser si je voulais avoir une chance d’aller à l’école. C’était un peu comme si je parlais à des meubles ou à un ami imaginaire. Des objets à plumes avec qui il était impossible d’entrer en communication. Ils ne pouvaient pas envisager que j’avais de véritables conversations, si bien que je pris l’habitude de ne plus en avoir devant eux, afin de leur épargner une inquiétude inutile. ”

    Mais évidemment rien est facile puisque l’humain se méfie de l’originalité, il la dédaigne même parfois. Sauf Lélie. Cette jeune femme qui fait tourner la tête de notre musicien de la vie, qui fait vibrer ses cordes et envoler les notes. Un quotidien pas toujours si simple mais emprunt de joie et de drôlerie. Lélie a su apprivoiser cet homme au violon, ou peut-être est-ce l’inverse. Elle a su écouter son cœur, aller au-delà des a priori et des fortes réticences de ses parents. Alors Stradi est heureux, Stradi est amoureux comme jamais. Car, comme tout ce qu’il vit et entreprend, il le fait avec passion.

    Puis il y a Max, son ami différent comme lui, à un détail près. La différence se voit chez Max puisqu’il boîte, pas comme Stradi pour lequel le violon est caché dans sa tête. Alors ces deux copains d’école ne vont plus se quitter, ils vont se comprendre, ils vont plonger dans un univers musical omniprésent, une évasion aux notes parfaites de God only knows des Beach Boys.

    De l’enfance à l’âge adulte, nous suivons donc ces trois personnages entiers dépeints sous la plume délicate de l’auteur. Les courts chapitres défilent et les émotions restent. Même si le tempo allant crescendo et le final époustouflant de Une bouche sans personne me l’a fait légèrement préférer à Un funambule sur le sable, j’ai tout de même vraiment adoré ce dernier pour toute la douceur qui s’en dégage du début à la fin. Les personnes qui n’accrochent pas à la fantaisie préféreront sans aucun doute celui-ci qui est plus tendre, plus régulier dans les sentiments qui émanent des chapitres, et beaucoup moins loufoque. Mais dans tous les cas, c’est sans contexte un véritable plaisir de retrouver cette poésie magique qui raconte la différence et l’originalité comme personne, et qui dépeint si justement les relations humaines et la société en général.

    “ La société dans son ensemble n’attendait et ne désirait qu’une seule chose de moi : que je sois comme tout le monde. Depuis des années, je me battais pour m’adapter à cette société qui m’avait toléré. Mais cette société faite par des hommes et des femmes n’était pas quelque chose de naturel. La société avait décidé que l’on pouvait manger des vaches et des veaux mais surtout pas de chat, elle avait décidé que les hommes pouvaient avoir plus de responsabilités que les femmes, qu’il était normal qu’il y ait des riches et des pauvres, que l’on devait vouvoyer un adulte mais que ces derniers n’étaient pas tenus de vouvoyer un enfant. La société avait établi tout un tas de règles mais n’avait rien prévu pour les gens qui n’étaient pas capables de les suivre pour des raisons indépendantes de leur volonté. Elle les acceptait mais ne leur donnait pas une réelle chance à part celle de rester bien sagement assis sans trop déranger et surtout, surtout, sans oublier de lui dire merci. ”

    En bref, ce roman est une nouvelle réussite de Gilles Marchand qui confirme ses talents de conteur. À mi-chemin entre le réel et l’imaginaire, il détient plus d’une corde à son violon et c’est avec émotions, poésie et délicatesse que nous plongeons dans le monde spontané, imagé et musical des personnages, confirmant que la normalité peut tout à fait se mélanger à l’originalité si tant est qu’il faille faire une différence, mais appuyant également sur la difficulté de choisir entre rester soi-même ou renoncer à tout ce qui fait notre personnalité et notre être.

    “ À vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J’ai avancé dans cette société en prenant mille précautions. Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complètement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J’aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J’ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utiliser, empêtré et maladroit. ”

    Mon avis sur mon blog : https://ducalmelucette.wordpress.com/2017/10/11/lecture-un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand-rentree-litteraire-2017/

  • 0.25

    Je vous dis quelques mots de l'histoire :

    Le narrateur est né avec un violon dans le cerveau, de ces différences qui font de vous un être à protéger. De quoi ? De tout ! Des autres, du regard des autres, des enfants, de l'école, de la société en général. Son quotidien est ponctué de visites à l'hôpital, le diagnostic est incertain, il faut faire des examens, encore et encore. Ses parents l'entourent de leur amour, l'étouffent même. Lui, il a envie de vivre comme tout le monde. Mais ce monde lui est inaccessible. Il va trouver quelques êtres qui vont adoucir sa vie, lui offrir une complicité, une compréhension, le traiter d'égal à égal. Il y a les oiseaux d'abord, les cordes de son violon s'en donnent à coeur joie, ils parlent le même langage. Et puis, il y a Max, cet autre enfant, différent lui aussi, il boite. Partager ce même statut, celui d'enfant différent, va nouer entre eux une relation. La musique va venir en consolider les fondations, l'amitié qui va s'établir entre eux sera d'une force inouIe, elle résistera au temps, aux années, aux épreuves de la vie, mais là, c'est encore une autre histoire !

    Je ne vais pas vous en dire beaucoup plus, il faut que vous découvriez cette pépite par vous-même(s).

    Laissez-vous porter par la beauté de la plume. Tantôt grave, tantôt tendre, humoristique aussi. Gilles MARCHAND joue avec les registres, naviguant entre tous, suscitant en permanence l'ascenseur émotionnel. Vous allez pleurer, vous aller rire. La littérature contemporaine offre assez peu de romans qui vous donnent le sourire aux lèvres, c'est donc suffisamment rare pour être remarqué.

    Mais plus encore, la plume de Gilles MARCHAND se distingue par sa fantaisie, sa poésie. La 1ère partie de ce roman pourrait être un conte, elle vous plonge dans le monde de l'imaginaire, du fantastique, elle vous prend par la main pour vous émanciper de la société, ses tabous, elle vous porte au-delà des limites, elle les transcende.

    Mais que l'on ne s'y trompe pas, cette plume ne l'empêche nullement d'aborder des sujets graves. Gilles MARCHAND aborde la différence. Elle peut prendre beaucoup de formes. Il y a celles qui se voient, à l'oeil nu, qui vont faire de vous l'être à part, le bouc-émissaire de toutes les cours d'écoles, et il y a celles qui ne se voient pas. Plus subtilement, elles vont aussi envahir votre vie, vous faire souffrir, vous éloigner des autres, ceux qui rentrent dans la case des gens ordinaires. J'ai beaucoup vibré pour la 1ère partie de ce roman qui dissèque les effets de la différence et met des mots là où il est parfois difficile d'exprimer les choses. Elle vous fait prendre conscience de la fragilité de la normalité. Ne sommes-nous pas le différent de quelqu'un d'autre ? ne sommes-nous pas le handicapé d'un autre ? De quoi nous laisser méditer quelques heures...

    Ce roman, outre le fait qu'il soit bien écrit, il est beau, il est porteur d'espoir, d'optimisme.

    Et puis, il y a enfin la place de choix faite à la littérature. Gilles MARCHAND évoque celle qui met du baume sur les plaies, la fameuse bibliothérapie, et quand on est différent, il s'agit là d'un véritable trésor, la voie de la liberté. Qui plus est, la force de la littérature, c'est qu'elle est "inépuisable".

    Pour moi, c'est un coup de coeur, et je le partage !

    http://tlivrestarts.over-blog.com/2017/08/un-funambule-sur-le-sable-de-gilles-marchand.html

  • 0.25

    J'avais déjà eu un énorme coup de coeur pour "Une bouche sans personne" et me voilà de nouveau chamboulée par ce funambule qui m'a accompagnée sur la plage. Une écriture toute en sensibilité avec de l'humour et tellement d'amour. Certains passages m'ont émue aux larmes.
    Comme j'aurais aimé que mon mari fasse preuve de tendresse comme le fait Stradi vis à vis du bébé et de Lélie durant la grossesse ... la vision de vieillir ensemble m'a aussi bouleversée.
    J'ai eu la chance énorme de rencontrer Gille Marchand plusieurs fois, c'est un homme adorable, toujours gentil et plein d'attention aux autres.
    Par ce nouvel opus, il confirme que c'est un écrivain magnifique.
    J'ai maintenant hâte de lire son prochain roman. Merci Gilles pour toutes ces belles émotions !

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/08/29/35586282.html

    Un petit garçon naît avec un handicap : il a un violon dans la tête et personne ne sait quelles conséquences cet instrument aura sur la vie de l’enfant. Surnommé Stradi en référence au fameux Stadivarius, le petit garçon, puis le jeune homme qu’il devient, doit faire face aux regards des autres d’autant plus qu’il a une autre particularité : il sait parler aux oiseaux. Heureusement, l’amitié est au rendez-vous avec son complice Max, un féru de musique et handicapé lui-aussi, mais aussi l’amour avec Lélie… Nous suivons ainsi étapes par étapes la vie de Stradi, son rapport au handicap et ses relations avec ses proches.

    Gilles Marchand a réussi dans ce roman à retranscrire avec beaucoup de justesse et de sensibilité la vision du handicap et de son ressenti. Certaines scènes serrent le cœur et d’autres sont enlevées voire très drôles : sacré tour de force ! J’ai été sensible notamment au père de Stradi, un homme haut en couleur qui passe sa vie à créer des inventions ou à se trouver de nouvelles lubies. Mais, derrière cette façade un peu folle, se cache un homme qui cherche l’échappatoire, tellement impuissant face à la maladie de son fils.

    Tout l’univers absurde, farfelu qu’on avait déjà dans le premier roman se retrouve avec plaisir dans ce nouvel opus : on croise un demi-chien, des attrapeurs d’idées en l’air, un plombier attachant qui fait du porte à porte. Bien entendu on pense à Boris Vian, à Romain Gary quand on lit mais ce n’est pas une simple et pâle imitation mais véritablement l’univers propre à Gilles Marchand et qu’il déploie davantage dans ce funambule. La fantaisie et la poésie sont ainsi au service d'un thème fort.

    Les fans de la musique des années 60/70 vont apprécier fortement les nombreuses références glissées dans le roman : The Beatles, The Turtles, The Beach Boys… Je ne peux que vous conseiller d’écouter ces morceaux tout au long de votre lecture. Je ne vous parle même pas des références littéraires, nombreuses elles aussi.

  • 0.25

    Retrouver Gilles Marchand c'est la promesse de retrouver du rêve, de la douceur et de l'amour pendant un temps (toujours trop court d'ailleurs)...

    Stradi, notre personnage principal, a une particularité : un violon a élu domicile dans sa tête ! Bizarre, direz-vous ! Quelle supercherie penserez-vous ! Gilles Marchand nous prendrait-il pour des fous avec son histoire de violon ?

    Bref, vous passerez par toutes ces étapes pour finalement vous demander pourquoi votre enfant ne s'appelle pas Stradi ?

    Je vais vous le dire !

    Stradi est unique et en même temps il est chacun de nous. Il est cet enfant qu'on a laissé derrière nous sur la cour d'école à se demander quand l'amitié naîtra ou encore à se demander quand les moqueries cesseront.

    Il est cet enfant qui choisit de ne pas subir les autres mais bien d'avancer et mener SA VIE. Ne devrions-nous pas suivre son exemple ?

    Pourquoi vouloir ressembler à M. Tout le monde ?

    Stradi a compris très vite qu'il aurait une place dans ce monde, LA SIENNE et que personne ne pourrait lui voler. Il lui suffira juste de garder à l'esprit sa singularité et en faire sa FORCE.


    Stradi grandit avec son violon et si vous vous laissez guider par vos émotions en lisant ce livre et même après, sa petite musique résonnera en vous !


    Gilles Marchand nous propose une nouvelle fois de laisser l'imagination prendre une grande place dans notre vie, le temps de faire corps avec Stradi pour nous redéposer en douceur sur le monde dans lequel on vit ! La descente n'est pas des plus simples...quitter Stradi c'est accepter que nos parents aient commis des erreurs mais rester convaincus de leur amour, c'est accepter de laisser notre enfant intérieur prendre le dessus et se réconcilier avec lui, c'est aussi retrouver un monde compliqué mais savoir que parmi la population il reste des poètes capables de vous transporter en moins de deux dans leur univers.

    Ce livre m'a touchée en plein cœur... il est optimiste, chaleureux, porteur de messages joliment et habilement transmis. Il est question d'amour, de musique, de littérature, de différence, d'humanité...

    J'ai aimé "Une bouche sans personne" mais j'ai un attachement encore plus particulier pour ce nouveau roman (il a fait parler ma petite fille bien tapie au fond de moi habituellement mais qui a laissé ses ailes pousser au fil de ma lecture).


    Il représente ce que j'aime dans la littérature, imaginer et voguer aux rythmes des pages sans jamais perdre le fil voire même en fermant les yeux et surtout en faisant confiance à l'auteur !

    Un concentré de magie à lire sans faute !

  • 0.25

    Histoire très belle , vraiment a découvrir ,entre sa tête pleine de musique ,il rencontre l amour ,plus ceux de ses parents et sa vie qui va peut être changer un roman plein d espoir sujet tres interessant a découvrir avec plaisir

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