Passionné(e) de lecture ? Inscrivez-vous gratuitement ou connectez-vous pour rejoindre la communauté et bénéficier de toutes les fonctionnalités du site !  

Eric Holder

Eric Holder

La biographie de cet auteur n'est pas encore disponible, proposez la vôtre : Contactez-nous

Avis sur cet auteur (39)

  • add_box
    Couverture du livre « La belle jardiniere » de Eric Holder aux éditions Le Dilettante

    Anne-Marie Lemoigne sur La belle jardiniere de Eric Holder

    Nulle référence au grand magasin parisien, ni au célèbre tableau de Raphaël, pas même à une quelconque mignonne cultivant ses fleurs dans LA BELLE JARDINIERE , ce court recueil de 100 pages et de 7 nouvelles paru en 1994 . ...
    Voir plus

    Nulle référence au grand magasin parisien, ni au célèbre tableau de Raphaël, pas même à une quelconque mignonne cultivant ses fleurs dans LA BELLE JARDINIERE , ce court recueil de 100 pages et de 7 nouvelles paru en 1994 . Ce titre connote simplement le charme doux et tranquille de la vie rurale dans des coins perdus de la province française .
    C'est le cas de Thierceleux, en Seine et Marne, évoqué dans la nouvelle intitulée justement AU MILIEU DE NULLE PART qui ouvre le recueil, donne le ton de l'ouvrage et évoque les travaux et les jours d'une population qui vit discrètement, au rythme d'autrefois, dans un confort rudimentaire . On y coupe encore de l'herbe à lapins le long des routes, on s'y déplace à bicyclette et on y pratique toujours la batterie en fin de moissons « Elle est ici la fête primitive » . Un moment de travail épuisant mais collectif qu'on attend comme le couronnement des efforts d'une année entière « C'est une lueur en haut d'un puits » Il y parle des moments partagés au bistrot du village, de la cueillette des champignons et du plaisir de leur dégustation. Il y parle du PMU et du cérémonial qu'observent les turfistes « Ici, entrer dans un PMU, c'est entrer au café du siècle, de notre siècle »

    Chacune des 7 nouvelles donne l'occasion au lecteur de s'imprégner de quelques ambiances. Celle des maisons modestes chauffées par un fourneau capricieux, celle de Colette où « tout est propre sans excès, confortable sans mollesse, doux sans mièvrerie L'occasion aussi de croiser quelques personnages, par ex Georges, l'ancien soldat aux yeux cassés qui vit dans une caravane, qui ne peut rien oublier de ce qu'il a vécu en Algérie et qui sirote un Ricard « son pansement ». Il y a aussi celui « qui a fait tous les métiers qui ne durent pas, et parfois aucun », et Nicole au visage ravagé «  On sentait en Nicole, pour moitié, de la souveraineté, pour moitié une fêlure ». Eric Holder, toujours en empathie avec ses personnages, ne s'appesantit jamais. Il possède l'art de suggérer avec pudeur leur parcours de vie en quelques mots, d'une écriture caressante et minimaliste qui procède par petites touches, comme celles du pinceau d'un aquarelliste.

    Eric Holder figure, dans ce court opus, comme un tendre passeur de mémoire . LA BELLE JARDINERE, c'est un regard sans passéisme sur des hommes et des coins de la France profonde, de la douce France de Trenet, d'une France en train de disparaître, mais que conservent, sous une autre forme les clichés ou les films de Raymond Depardon .

  • add_box
    Couverture du livre « La baïne » de Eric Holder aux éditions Points

    Mumu Dans le Bocage sur La baïne de Eric Holder

    Entre Eric Holder et moi il y a un souvenir, un lien. Je l'ai découvert à l'occasion du Prix France Télévision 2018 pour lequel j'étais jurée avec La belle n'a pas sommeil qui m'avait complètement subjuguée par l'univers qu'il créait autour de ses personnages, de ce qu'il mettait de lui, de son...
    Voir plus

    Entre Eric Holder et moi il y a un souvenir, un lien. Je l'ai découvert à l'occasion du Prix France Télévision 2018 pour lequel j'étais jurée avec La belle n'a pas sommeil qui m'avait complètement subjuguée par l'univers qu'il créait autour de ses personnages, de ce qu'il mettait de lui, de son univers, de son amour des livres et dès que j'en ai l'occasion je lis ses ouvrages comme La correspondante, Les chemins délicats. A chaque fois il m'emmène sur ses chemins, avec ses mots, dans son pays, le Médoc, où ailleurs mais à chaque fois c'est un voyage plein de douceur, une autre manière de raconter la vie.

    Ici il s'agit d'une histoire de rencontre entre Sadrine et Arnaud. Elle est mariée, a deux enfants et vit à Soulac, petite ville du bord de l'Atlantique.  La venue de "l'Etranger", Arnaud, dans la ville, va bouleverser sa vie bien réglée entre son travail dans un hôtel et des visites organisées pour les touristes pendant la saison. Ici tout le monde se connaît, s'épie car en dehors des mois d'été, ce n'est finalement qu'un petit village tranquille, où tout événement, passage fait l'objet de discussions et de commentaires.

    Au premier regard ils sont attirés l'un vers l'autre, il va symboliser pour Sandrine, l'ouverture vers un autre monde, celui des tournages de films dont il est venu faire un repérage dans la région. Elle qui pensait sa vie toute tracée, s'effaçant dans son rôle de mère et d'épouse, va trouver le lieu qu'il recherche et ainsi se sentir exister, valoriser.

    La baïne, ce courant maritime souterrain qui peut vous entraîner loin des côtes et vous noyer si vous tentez de lutter contre elle et c'est un peu ce qui va emporter Sandrine dans ce nouvel univers où elle va prendre confiance en elle, va se découvrir un visage, des réactions qu'elle n'imaginait pas posséder et vouloir changer sa vie. Elle va tour à tour résister ou se laisser porter, consciente du danger qui la guette.

    Le premier personnage de ce roman est le Médoc et on ressent tout l'attachement de l'auteur à ce pays, à ce terroir, à ses paysages contrastés entre végétal et maritime. Il les décrit, les place et en fait souvent l'entrée en matière des situations et faisant de lui un décor actif et symbolique du roman.  A la manière des voisins épiant Sandrine, j'ai écouté le bruit de mer, le vent dans les terres et les pins, lu la manière d'Eric Holder de nous raconter une histoire d'amour entre deux êtres que rien n'appelaient à se rencontrer et qui vont vivre sur quelques mois une relation intense mais dangereuse quand elle se déroule sous les yeux d'une petite communauté, quand on vient de deux milieux différents et que l'on a pas les mêmes attaches.

    "C'était l'heure où l'on déléguait au phare de Cordouan, avant-poste du désert salé, les frayeurs nocturnes, lui accordant une vertu de paratonnerre. La tempête, les coups de chien l'atteindraient en premier. (p109)"

    Certes ce n'est pas un Grand roman, mais j'ai passé un agréable moment de lecture, bercée par l'écriture de cet auteur disparut en 2019, qui m'emporte à chaque fois dans un voyage, même si l'histoire en elle-même ressemble à tant d'autres, même si la fin est assez prévisible et au moment de refermer le livre j'ai toujours la même pensée : c'était bien.

    J'ai aimé et j'aime Eric Holder définitivement parce qu'il possède un "je ne sais quoi" qui m'embarque à chaque fois.

  • add_box
    Couverture du livre « Bienvenue parmi nous » de Eric Holder aux éditions J'ai Lu

    Franck FINET sur Bienvenue parmi nous de Eric Holder

    Lui, c'est Taillandier :
    "Ce fut peu avant la date anniversaire de ses 62 ans qu'il prit la décision de se suicider".
    Un peintre que la maladie a rattrapé et qui ne peint plus depuis 7 ans. En guise d'adieu, il organise un repas d'anniversaire festif et achète une carabine pour se retirer de...
    Voir plus

    Lui, c'est Taillandier :
    "Ce fut peu avant la date anniversaire de ses 62 ans qu'il prit la décision de se suicider".
    Un peintre que la maladie a rattrapé et qui ne peint plus depuis 7 ans. En guise d'adieu, il organise un repas d'anniversaire festif et achète une carabine pour se retirer de la société des hommes.
    Elle, c'est Daniella, jeune adolescence de 15 ans, qui fuit une mère névrotique et un père inconnu. Une jeune fille psychologiquement détruite, récupérée au bord de la route par Alice -compagne de Taillandier-
    "Un passereau qui se pose pendant la migration, reprend des forces et repart".
    Taillandier et Daniella sont deux taiseux timides que le temps va rapprocher.
    Daniella s'enfuit une nouvelle fois, est récupéré par Taillandier. Ces 2 là vont sillonner la Normandie et la Bretagne pour tenter de réapprendre à vivre.
    "Au moment de quitter le monde, il lui était donné d'imaginer, à travers elle, ce qu'allait devenir ce monde.Et plus il l'observait dans la grande maison, plus il avait confiance dans l'"après-lui".
    "Une gamine qui n'avait pas de projets, un homme usé qui n'en avait plus...Ils se trouvaient au centre de plus en plus de rien, mais ensemble."

    Une belle histoire, 2 personnages que l'on pense d'abord aux antipodes l'un de l'autre mais qui -en fin de compte- sont si proches.
    Un roman sensible comme sait si bien le faire Eric Holder.
    Je le trouve cependant moins "à fleur de peau" que ceux déjà lus de l'auteur.
    Un agréable moment de lecture neanmoins.

  • add_box
    Couverture du livre « La baïne » de Eric Holder aux éditions Points

    Franck FINET sur La baïne de Eric Holder

    - Tu as senti le courant ? demanda-t-elle.
    - Il tire au large.
    - Si un jour tu es emporté (le doigt quitta le sourcil et vint toquer le front, en signe de superstition), abstiens-toi de lutter, contente-toi de flotter, ménage tes forces.Tu échoueras plus loin, à moins qu'on ne te...
    Voir plus

    - Tu as senti le courant ? demanda-t-elle.
    - Il tire au large.
    - Si un jour tu es emporté (le doigt quitta le sourcil et vint toquer le front, en signe de superstition), abstiens-toi de lutter, contente-toi de flotter, ménage tes forces.Tu échoueras plus loin, à moins qu'on ne te repère.

    Sandrine Laguibson vit proche de Soulac (Médoc) dans une belle et vaste Villa, la Marie-Luce.
    Julien -son mari- est un homme du cru, fils d'agriculteur, chasseur. Il est devenu ingénieur.
    Parents de 2 beaux enfants, la famille mène une vie calme et routinière.
    Arnaud Pérudo - 40 ans- est un parisien qui sillonne le Médoc à la recherche d'une ferme comme lieu de tournage d'un film qui aura pour cadre la région. Arnaud se qualifie de "perdant", sans enfant,sans amour et sans argent.
    C'est Sandrine qui -lors d'une rencontre fortuite- va lui conseiller la visite du Campardon, site idéal pour le tournage.
    Peut-on parler d'un coup de foudre ? Arnaud sent bien qu'il ne laisse pas Sandrine indifférente, ce qui va s'avèrer exact.
    Du refus moral au consentement passionné, le pas est vite franchi et ces deux là deviennent amants.
    Mais, vivre une si intense passion sans éveiller les suspicions est mission impossible dans cette région ou tout le monde se connait.
    Le doute s'installe, les langues se délient....

    Un court et intense roman dans le pur style "Holder", à savoir; magnifier LA femme et sa région de coeur (le Médoc)
    L'auteur nous propose une succession de tableaux de sa région, tous plus sublimes les uns que les autres.
    Sandrine, qui apparaît comme une femme assez banale au début du roman devient -au fil des pages- une Vénus passionnée .
    Si vous aimez Eric Holder, ce roman ne vous surprendra pas, il utilise les mêmes ingrédients que dans la plupart de ses oeuvres intimistes.
    Mais O que c'est beau !