Eric Holder

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Avis sur cet auteur (29)

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    Couverture du livre « Mademoiselle Chambon » de Eric Holder aux éditions J'ai Lu

    Mireille B sur Mademoiselle Chambon de Eric Holder

    A la sortie de l’école, Antonio, maçon vient chercher son fils Kevin. Véronique, l’institutrice attrape son regard. Rien ne sera plus comme avant, avant cette rencontre, lorsque Antonio menait une vie ordinaire en harmonie avec Anne-Marie son épouse, ouvrière à l’usine. C’était avant la dérive...
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    A la sortie de l’école, Antonio, maçon vient chercher son fils Kevin. Véronique, l’institutrice attrape son regard. Rien ne sera plus comme avant, avant cette rencontre, lorsque Antonio menait une vie ordinaire en harmonie avec Anne-Marie son épouse, ouvrière à l’usine. C’était avant la dérive des sentiments. Effectivement, on n’est pas loin de la mélancolie du roman de Yves Simon.

    Ce résumé se veut délibérément naïf, dans l’esprit du roman « fleur bleue » et d’aspect légèrement défraîchi que je croyais avoir trouvé dans la boîte à livres.
    Pas de grande réflexion philosophique, pas plus que d’analyse compliquée ! Vous trouverez simplement sur un peu plus d’une centaine de pages, des mots justes et une écriture délicate pour exprimer des choses de la vie de tous les jours, simples, des sentiments si agréables à ressentir et parfois si difficiles à gérer quand ils viennent agiter le quotidien.

    D’une histoire banale, Eric Holder la transcende par une cascade de sentiments, regarde avec bienveillance le cœur des gens, leurs bontés, leur générosité, leurs fragilités et… leurs faiblesses qui font de ce drame un roman élégant.

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    Couverture du livre « La saison des bijoux » de Eric Holder aux éditions Points

    Anne-Marie Lemoigne sur La saison des bijoux de Eric Holder

    La saison des Bijoux. Tiens ! Une majuscule au nom bijoux !
    Eh oui, Bijoux est le nom ou plutôt le surnom donné par leurs collègues à une famille de marchands saisonniers venus « faire une saison » c'est à dire s'installer pour l'été à Carri, petite bourgade en bordure d'Atlantique envahie en...
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    La saison des Bijoux. Tiens ! Une majuscule au nom bijoux !
    Eh oui, Bijoux est le nom ou plutôt le surnom donné par leurs collègues à une famille de marchands saisonniers venus « faire une saison » c'est à dire s'installer pour l'été à Carri, petite bourgade en bordure d'Atlantique envahie en juillet et août par une foule d'estivants, pour y vendre des bijoux d'artisanat.
    Un couple dont la présence va remettre en question le système d'attribution occulte des emplacements soumis au libre arbitre du cafetier du village : l'arrogant Forgeaud « spécimen formidable des principaux traits du génie français , la roublardise, le cynisme et la félonie »
    Quand celui-ci est vertement et brusquement éconduit par Jeanne, l'épouse qu'il a draguée lourdement, sûr de son plein droit sur celle qui lui apparaît comme « une playmate, un avion de classe, une antilope échappée du paradis d'Allah », la guerilla est ouverte …..
    Qui en sortira vainqueur ? Les Bijoux ou Forgeaud ? La proie ou le prédateur ? Jeanne, soutenue par son époux et par la micro-société soudée que forment les autres commerçants forains, ceux que Forgeaud désigne du terme méprisant de « baltringues » ou « l'infâme » qu'ils aimeraient écraser ?

    Si les épisodes de leur face à face constituent la trame du roman , son intérêt vient surtout du regard caressant et plein d'humanité que Eric Holder jette sur la communauté de ces marchands saisonniers, « une oasis d'humanité au milieu des icebergs » où flotte un « esprit libertaire » , où règnent fraternité et solidarité.
    Nul doute que je regarderai désormais autrement ces commerçants lorsque j'aurai l'occasion d'arpenter les marchés cet été …...
    Une communauté riche de personnages désignés par leurs surnoms, ce qui les rend plus proches du lecteur : Stipule , Savonate, Old Chap, pour ne citer qu'eux ( on s'y perd parfois, tant ils sont nombreux ) . Certains sont juste des figurants, mais certains seconds rôles présentent des personnalités attachantes , dont l'auteur se plaît à fouiller l'étude. Je pense en particulier au « céleste et providentiel » Virgile , dont « la passion est de choyer les autres ». Je n'oublie pas les premiers rôles : le couple des Bijoux : Bruno, solide et déterminé, comme « enchaîné » à Jeanne, la belle, la lumineuse, la mystérieuse aussi, celle dont on avait l'impression que le soleil la suivait.
    Comme dans un western ce sont les bons, qui affrontent la brute, le truand Forgeaud .

    Une histoire un peu manichéeenne , me direz-vous ….
    Je vous le concède,mais leur affrontement est le prétexte à ce roman généreux, un peu baroque, plein d'un charme discret distillé par la plume sensorielle d'Eric Holder qui a l'art de nous faire goûter à la douceur des choses,, à la saveur d'un casse-croûte mangé sur le pouce en compagnie d'amis où aux vibrations de la lumière un soir d'été.

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    Couverture du livre « Bella ciao » de Eric Holder aux éditions Points

    Anne-Marie Lemoigne sur Bella ciao de Eric Holder

    Un récit à la fois sobre et discret par son écriture minimaliste et épurée , mais puissant par la souffrance qu’il sous-entend . Tout est dans le non-dit !

    Peu d’éléments sur le sevrage que l’on devine long, solitaire et douloureux , en revanche beaucoup d’informations sur l’immersion...
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    Un récit à la fois sobre et discret par son écriture minimaliste et épurée , mais puissant par la souffrance qu’il sous-entend . Tout est dans le non-dit !

    Peu d’éléments sur le sevrage que l’on devine long, solitaire et douloureux , en revanche beaucoup d’informations sur l’immersion volontaire du narrateur dans un travail physique éprouvant et dans l’humiliation continuelle , qui ont pour vertu de le détourner de l’alcool et de l’aider à retrouver l’estime de soi .

    Le récit d’un parcours moral qui va de la déchéance à la rédemption, d’un parcours littéraire qui va de l’impuissance à écrire à la reconquête de l’écriture . Dans les premières pages , qu’il rédige au sortir de sa plongée dans l’enfer ,et que Mylena découvre lorsqu’il revient vers elle, il présente celui qu’il était comme un ancien lui-même, mis à distance , qu’il tutoie , qui avait perdu l’aptitude à écrire « j’étais devenu incapable d’écrire une phrase correcte . La deuxième reprenait avec malignité les termes de la première, tâchant de les expliciter, à la manière dont un ivrogne insiste pour être compris »

    Eric Holder sait recréer les discussions des bistrots de campagne, montrer leur rôle social et en restituer l’ambiance , il émeut par la lettre qu’il adresse à sa fille où se révèle ce qui semblait avoir disparu en lui, il explose dans la scène où il ose enfin dire ses quatre vérités à son patron, redevenant alors un homme au sens plein du terme .

    Un ouvrage juste, pudique et émouvant

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    Couverture du livre « La belle n'a pas sommeil » de Eric Holder aux éditions Seuil

    Franck FINET sur La belle n'a pas sommeil de Eric Holder

    Lui, c'est Antoine. La soixantaine, "réfugié" dans une bouquinerie à la lisière d'un bois au fin fond du Médoc.
    Un bouquiniste qui semble fuir le monde, ermite parmi les livres.
    un solitaire qui se délecte d'une nature sauvage qui se marie si bien avec ses vieux livres délaissés.
    Antoine...
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    Lui, c'est Antoine. La soixantaine, "réfugié" dans une bouquinerie à la lisière d'un bois au fin fond du Médoc.
    Un bouquiniste qui semble fuir le monde, ermite parmi les livres.
    un solitaire qui se délecte d'une nature sauvage qui se marie si bien avec ses vieux livres délaissés.
    Antoine est un homme blessé, qui s'accommode d'une vie désargentée, qui survit grâce à Mme Wong qui lui paye une misère le "rechapage" de vieux livres qu'elle revend en Asie à prix d'or.
    Marco, le garde-champêtre, vient partager quelques heures de son quotidien, tout comme Marie -la boulangère- éprise du taciturne bouquiniste.
    Echenoz, Rolin, Michelet mais -avant tout- Frédéric Berthet sont ses auteurs fétiches.

    Elle, c'est Lorraine, 29 ans, sa voisine depuis quelques jours.
    Une "voyageuse" qui se forge une expérience dans la vraie vie (les voyages et les rencontres)
    Elle est conteuse professionnelle, intervient dans les écoles et les festivals.
    Elle aimante les gens par les mots qu'elle manie comme personne.
    Les enfants (et les plus grands.... ) sont ses admirateurs.

    Comme vous pouvez l'imaginer, la rencontre entre ces 2 là ne sera pas anodine.
    Sa seule présence va bouleverser les équilibres affectifs dans ce petit village.
    Antoine ne sera-t-il qu'un accident de parcours non prévu dans la vie de Lorraine ?

    Eric Holder est venu présenter son roman -fin 2018- à la "Grande librairie" (France 5). Quelques mois après, nous apprenions son décès à 58 ans.
    Il est compliqué de critiquer un tel roman. En effet, c'est un bijou d'émotion, de poésie, d'amour de la Nature et de la littérature.
    On pourrait penser que la relation entre Antoine et Lorraine n'est qu'une simple passade, le "démon de minuit", un accident de parcours pour cette "Belle qui n'a pas sommeil" .
    Ce serait une grave erreur à mon avis.
    Croyez moi, il FAUT lire cette pépite littéraire qui révèle un auteur à fleur de peau.
    Ce roman est celui (très peu romancé a priori) de la vie de l'auteur.
    Un moment de lecture unique !