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Eric Holder

Eric Holder

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Avis sur cet auteur (39)

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    Couverture du livre « Bella ciao » de Eric Holder aux éditions Points

    Anne-Marie Lemoigne sur Bella ciao de Eric Holder

    Un récit à la fois sobre et discret par son écriture minimaliste et épurée , mais puissant par la souffrance qu’il sous-entend . Tout est dans le non-dit !

    Peu d’éléments sur le sevrage que l’on devine long, solitaire et douloureux , en revanche beaucoup d’informations sur l’immersion...
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    Un récit à la fois sobre et discret par son écriture minimaliste et épurée , mais puissant par la souffrance qu’il sous-entend . Tout est dans le non-dit !

    Peu d’éléments sur le sevrage que l’on devine long, solitaire et douloureux , en revanche beaucoup d’informations sur l’immersion volontaire du narrateur dans un travail physique éprouvant et dans l’humiliation continuelle , qui ont pour vertu de le détourner de l’alcool et de l’aider à retrouver l’estime de soi .

    Le récit d’un parcours moral qui va de la déchéance à la rédemption, d’un parcours littéraire qui va de l’impuissance à écrire à la reconquête de l’écriture . Dans les premières pages , qu’il rédige au sortir de sa plongée dans l’enfer ,et que Mylena découvre lorsqu’il revient vers elle, il présente celui qu’il était comme un ancien lui-même, mis à distance , qu’il tutoie , qui avait perdu l’aptitude à écrire « j’étais devenu incapable d’écrire une phrase correcte . La deuxième reprenait avec malignité les termes de la première, tâchant de les expliciter, à la manière dont un ivrogne insiste pour être compris »

    Eric Holder sait recréer les discussions des bistrots de campagne, montrer leur rôle social et en restituer l’ambiance , il émeut par la lettre qu’il adresse à sa fille où se révèle ce qui semblait avoir disparu en lui, il explose dans la scène où il ose enfin dire ses quatre vérités à son patron, redevenant alors un homme au sens plein du terme .

    Un ouvrage juste, pudique et émouvant

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    Couverture du livre « La belle n'a pas sommeil » de Eric Holder aux éditions Seuil

    Franck FINET sur La belle n'a pas sommeil de Eric Holder

    Lui, c'est Antoine. La soixantaine, "réfugié" dans une bouquinerie à la lisière d'un bois au fin fond du Médoc.
    Un bouquiniste qui semble fuir le monde, ermite parmi les livres.
    un solitaire qui se délecte d'une nature sauvage qui se marie si bien avec ses vieux livres délaissés.
    Antoine...
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    Lui, c'est Antoine. La soixantaine, "réfugié" dans une bouquinerie à la lisière d'un bois au fin fond du Médoc.
    Un bouquiniste qui semble fuir le monde, ermite parmi les livres.
    un solitaire qui se délecte d'une nature sauvage qui se marie si bien avec ses vieux livres délaissés.
    Antoine est un homme blessé, qui s'accommode d'une vie désargentée, qui survit grâce à Mme Wong qui lui paye une misère le "rechapage" de vieux livres qu'elle revend en Asie à prix d'or.
    Marco, le garde-champêtre, vient partager quelques heures de son quotidien, tout comme Marie -la boulangère- éprise du taciturne bouquiniste.
    Echenoz, Rolin, Michelet mais -avant tout- Frédéric Berthet sont ses auteurs fétiches.

    Elle, c'est Lorraine, 29 ans, sa voisine depuis quelques jours.
    Une "voyageuse" qui se forge une expérience dans la vraie vie (les voyages et les rencontres)
    Elle est conteuse professionnelle, intervient dans les écoles et les festivals.
    Elle aimante les gens par les mots qu'elle manie comme personne.
    Les enfants (et les plus grands.... ) sont ses admirateurs.

    Comme vous pouvez l'imaginer, la rencontre entre ces 2 là ne sera pas anodine.
    Sa seule présence va bouleverser les équilibres affectifs dans ce petit village.
    Antoine ne sera-t-il qu'un accident de parcours non prévu dans la vie de Lorraine ?

    Eric Holder est venu présenter son roman -fin 2018- à la "Grande librairie" (France 5). Quelques mois après, nous apprenions son décès à 58 ans.
    Il est compliqué de critiquer un tel roman. En effet, c'est un bijou d'émotion, de poésie, d'amour de la Nature et de la littérature.
    On pourrait penser que la relation entre Antoine et Lorraine n'est qu'une simple passade, le "démon de minuit", un accident de parcours pour cette "Belle qui n'a pas sommeil" .
    Ce serait une grave erreur à mon avis.
    Croyez moi, il FAUT lire cette pépite littéraire qui révèle un auteur à fleur de peau.
    Ce roman est celui (très peu romancé a priori) de la vie de l'auteur.
    Un moment de lecture unique !

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    Couverture du livre « Bella ciao » de Eric Holder aux éditions Points

    Catherine Rechenmann Arrieutort sur Bella ciao de Eric Holder

    Beaucoup d'émotion à la lecture de ce roman d'Eric Holder après les beaux Duo Forte et La belle n'a pas sommeil entre autres ... ton écriture nous manquera Eric , notre voisin et ami du Médoc ... on a peu parlé de toi sur les réseaux et c'est bien dommage, tu es parti sans bruit , discret comme...
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    Beaucoup d'émotion à la lecture de ce roman d'Eric Holder après les beaux Duo Forte et La belle n'a pas sommeil entre autres ... ton écriture nous manquera Eric , notre voisin et ami du Médoc ... on a peu parlé de toi sur les réseaux et c'est bien dommage, tu es parti sans bruit , discret comme ton écriture ...

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    Couverture du livre « La correspondante » de Eric Holder aux éditions J'ai Lu

    Mumu Dans le Bocage sur La correspondante de Eric Holder

    On a tous été tenté un jour, après la lecture d’un livre, de contacter son auteur(e) pour simplement lui dire à quel point son récit nous a touché, ému, accompagné …. mais nous ne le faisons pas pour de multiples raisons et entre autres parce que nous avons l’impression que ceux-ci sont...
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    On a tous été tenté un jour, après la lecture d’un livre, de contacter son auteur(e) pour simplement lui dire à quel point son récit nous a touché, ému, accompagné …. mais nous ne le faisons pas pour de multiples raisons et entre autres parce que nous avons l’impression que ceux-ci sont inaccessibles, nous les plaçons sur une sorte de piédestal et quand nous avons la chance de les croiser nous restons sans voix….

    Eric Holder reçoit un jour d’avril 1996 une lettre de Châteauroux de Genevièvre Bassano, dans laquelle elle lui avoue son admiration pour ses romans. Au fil du temps une correspondance s’installe et finalement il finira par traverser le pays pour la rejoindre, la connaître, découvrir son univers et sa vie qu’il partagera au fil de leurs rencontres.

    J’ai retrouvé dans ce récit autobiographique l’écriture si particulière de cet auteur. Il y a une poésie, une langueur, la recherche d’un rythme pour exactement transcrire une situation, un sentiment, un paysage :

    Ce fut durant le mois d’avril 96 que je reçus la première lettre de Geneviève Bassano. Il me serait facile de vérifier, je conserve toute correspondance classée et archivée avec soin, mais je suis sûre de cela, 96, et puis avril, parce que quand c’est écrit, nous gardons en nous la trace du coin d’herbe où nous avons lu, l’été ; de la cheminée en hiver. Là c’étaient les jonquilles qui venaient mourir en bordure de terrasse, un soleil hors saison, et la table dehors. (incipit du roman – p13)

    L’auteur nous retrace sa rencontre avec son admiratrice, si différente de lui, mais aussi finalement il parle beaucoup de sa vie, de son travail d’écrivain, de la femme de sa vie, de ses deux enfants mais aussi de ses démons et en particulier l’alcool dont il ne peut se passer :

    Dans, mettons une heure (…), de délicieux frissons vous commencer à me parcourir l’échine, vite suivis par une sueur qui n’aura, elle, rien d’agréable, tandis que, notez-le bien, je serai glacé à l’intérieur, au point de réclamer une couverture, un plaid, que sais-je, et qui ne servira de rien. Puis ce sera un tremblement de tout le corps, pas une bête tremblote, non , mais les genoux qui dansent sans moi, et les coudes, vous verrez, c’est très drôle, on dirait qu’ils cherchent à s’envoler, tandis que mes poings, eux, blanchissent sous l’effort de les retenir. Il sera à ce moment-là (…) six heures, six heures et demie, et l’affolement va peu à peu vous envahir parce que j’aurais quitté mon siège pour gagner la banquette arrière, recroquevillé sur moi-même, aux prises, maintenant, avec des crampes d’estomac dont vous ne pouvez pas avoir idée, il suffirait d’un rien, pourtant, un calva, un verre de vin, mais vous êtes sur l’autoroute, où l’on ne sert pas d’alcool, et même si vous preniez la première sortie venue, vous ne seriez pas assurée de trouver un commerce ouvert avant que j’aie le temps, voyons, comment dire cela ? de tout salir. Tenez-vous vraiment à ce que je continue ? (p189)

    Lorsqu’une rencontre vous ouvre les yeux sur vous-même…. Est-ce une histoire vraie, a-t-il utilisé cette correspondance pour imaginer ce roman ? Qu’importe, Eric Holder livre beaucoup de lui-même, lui cet homme timide, qui fuyait les médias et la foule, retranché dans son antre, dans son univers, dans les livres où il se noyait. Pour le découvrir il faut le lire et apprendre à le connaître (enfin essayer de le connaître) car il est complexe mais il parle tellement bien de nos états d’âme, de nos rêves et de nos désillusions.

    Pourquoi certains chemins qui n’ont été empruntés qu’une fois vous sont-ils plus familiers que des trajets répétés où l’on parvient encore à se perdre ? J’effleurais en passant les bouquets de grainées qui menaient à Stéphane non comme autant de bornes, mais de soyeuses confirmations. (p185)

    C’est un amoureux de la nature, des espaces, épris de liberté, fuyant tout ce qui peut l’entraver mais ayant tellement besoin d’amour, se nourrissant des rencontres faites au fil de ses déambulations, avec dans sa musette de quoi tenir, un couteau, une corde, une bouteille, vivant de peu, de rien mais riche des échanges, des partages de moments de vie.

    Quand vous lisez Eric Holder il faut se laisser porter par ses mots, écouter ce qu’il vous chuchote à l’oreille car il dit tellement de lui, de nous. Je n’ai pas autant aimé que La belle n’a pas sommeil mais je l’ai lu malgré tout avec plaisir car je savais qu’il avait quelque chose à me dire, à transmettre, sur son travail d’écriture, sur ses addictions, sur lui-même.

    Je vais continuer à le découvrir car il y a dans son écriture une douceur, une poésie qui me touche, qui m’emporte, avec lui je me sens bien.

    J’ai pensé à plusieurs reprises au roman L’amour et les forêts d’Eric Reinhardt qui reprend le thème de la rencontre avec une lectrice suite à une correspondance que j’ai lu il y a quelques années.