Ananda Devi

Ananda Devi
Ethnologue et traductrice, Ananda Devi est née à l’île Maurice. Auteur prolifique, elle a publié des recueils de poèmes, des nouvelles et des romans, notamment Ève de ses décombres (prix des Cinq Continents, prix RFO, Gallimard, 2006), Le sari vert (prix Louis Guilloux, Gallimard, 2010), et...
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Ethnologue et traductrice, Ananda Devi est née à l’île Maurice. Auteur prolifique, elle a publié des recueils de poèmes, des nouvelles et des romans, notamment Ève de ses décombres (prix des Cinq Continents, prix RFO, Gallimard, 2006), Le sari vert (prix Louis Guilloux, Gallimard, 2010), et dernièrement L’Ambassadeur triste (Gallimard, 2015). Couronnée par le Prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises en 2014, elle est considérée comme l’une des figures majeures de la littérature de l’océan Indien.

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Avis (17)

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    Couverture du livre « Manger l'autre » de Ananda Devi aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Christophe CORRE sur Manger l'autre de Ananda Devi

    Ce livre raconte la vie d'une jeune ado "super-obèse" mal dans sa peau.

    J'ai éprouvé de la sympathie et de la pitié (maltraitance de la part des élèves à l’école : injures et photos dégradantes postées sur les réseaux sociaux) pour ce personnage hors-norme ainsi que de la répulsion à son...
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    Ce livre raconte la vie d'une jeune ado "super-obèse" mal dans sa peau.

    J'ai éprouvé de la sympathie et de la pitié (maltraitance de la part des élèves à l’école : injures et photos dégradantes postées sur les réseaux sociaux) pour ce personnage hors-norme ainsi que de la répulsion à son égard à cause de son appétit féroce et insatiable (ça devient vite écœurant) : "Manger encore, manger comme haute ambition, manger comme but ultime […] je ne suis qu'un ventre" (page 95).

    La narratrice connaît même l'amour avec un dénommé René (on n'y croit pas !) et pourtant...

    Certains passages m'ont rappelé le style d'Amélie Nothomb.

    Ananda Devi dénonce dans ce roman très bien écrit une société de consommation absurde, intrusive (Internet) et violente.

    Un livre conseillé par un libraire dans l'émission "La grande librairie" sur France5.

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    Couverture du livre « Le sari vert » de Ananda Devi aux éditions Gallimard

    Mimosa sur Le sari vert de Ananda Devi

    un roman oppressant qui va à l'encontre de ce que l'on a "l'habitude" de lire :un vieil homme odieux,un rapport mère-fille haïssable,une fille Kitty soumise même bafouée,une grand-mère morte dont l'ombre plane...Une écriture qui n'aide pas forcément à la compréhension de la narration!On apprend...
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    un roman oppressant qui va à l'encontre de ce que l'on a "l'habitude" de lire :un vieil homme odieux,un rapport mère-fille haïssable,une fille Kitty soumise même bafouée,une grand-mère morte dont l'ombre plane...Une écriture qui n'aide pas forcément à la compréhension de la narration!On apprend beaucoup sur les rapports humains et la volonté machiste et perverse de l'homme :même en Inde,l'inhumanité de l'homme heurte,bouscule.Difficile à lire mais passionnant dans le propos.

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    Couverture du livre « Indian tango » de Ananda Devi aux éditions Gallimard

    Regine B sur Indian tango de Ananda Devi

    C’est avant tout une histoire de femmes. Sur fond d’élections- une femme, Sonia Gandhi, sera-t-elle premier ministre ? - Subhadra nous entraîne dans son quotidien. Le lecteur va, en même temps qu’elle, découvrir son corps et la sensualité qu’il dégage au seuil de la maturité. C’est aussi une...
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    C’est avant tout une histoire de femmes. Sur fond d’élections- une femme, Sonia Gandhi, sera-t-elle premier ministre ? - Subhadra nous entraîne dans son quotidien. Le lecteur va, en même temps qu’elle, découvrir son corps et la sensualité qu’il dégage au seuil de la maturité. C’est aussi une rencontre amoureuse qui s’ébauche, en filigrane.

    L’auteur nous entraîne dans un récit ciselé, d’une rare subtilité, en nous racontant le quotidien d’une femme au foyer dans un pays chargé de traditions, l’Inde. De ces petits riens, elle a su dépasser l’anecdotique pour aller vers l’essentiel en intensifiant les sentiments de l’héroïne confrontée à la banalité de son quotidien.
    Beaucoup d’empathie pour son héroïne qui se découvre en même temps que nous, lecteurs. Les portraits de femmes qui émaillent ce récit sont tous bouleversants d’émotion et de justesse, les hommes n’étant là que comme des faire-valoir.
    Ce pourrait n’être qu’un roman sur la condition des femmes indiennes et c’est un récit sensible, poétique sur ces femmes, mères, amoureuses, jeunes ou moins jeunes.

    Deux récits s’entrecroisent. Celui de la narratrice qui a croisé Subhadra et la suit. Et celui de Subhadra, que cet évènement imprévisible et ténu, va conduire à modifier ses habitudes jusqu’à bouleverser sa vie intime.

    Ecriture ample, élégante. Les petits gestes, le quotidien tout prend une autre épaisseur sous la plume d’Ananda Devi. Beaucoup de poésie, aussi, dans ces descriptions du corps épanoui d’une femme mure.

    Il est parfois difficile de garder un intérêt soutenu à cause d’une certaine lenteur dans le déroulement du récit.

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    Couverture du livre « Manger l'autre » de Ananda Devi aux éditions Grasset Et Fasquelle

    Root sur Manger l'autre de Ananda Devi

    « Après neuf mois et dix jours très exactement, ces dix jours lui ayant paru aussi longs que les neuf mois qui les avaient précédés, ma mère donna naissance à un éléphant rose. Il pesait dix kilos et deux cents grammes. […] Je n’avais ni trompe ni grandes oreilles, mais il était impossible de...
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    « Après neuf mois et dix jours très exactement, ces dix jours lui ayant paru aussi longs que les neuf mois qui les avaient précédés, ma mère donna naissance à un éléphant rose. Il pesait dix kilos et deux cents grammes. […] Je n’avais ni trompe ni grandes oreilles, mais il était impossible de nous réconcilier, moi et le mot “bébé”.

    Rejetée par sa mère, souffre-douleur de ses camarades de classe, elle n’a, pour se consoler de sa difformité, que la nourriture. Elle en rêve, l’attend, l’espère, toujours plus grasse et plus abondante. Elle n’envisage plus de se soustraire à l’obésité, elle est née obèse, elle mourra obèse, autant en profiter.

    Sa mère, incapable d’aimer le monstre qu’elle a enfanté, a déserté. Est-ce parce que, fœtus, elle a avalé sa sœur qu’elle a grossi sans cesse depuis sa naissance ? Son père ne lui en veut pas, il la nourrit pour deux, lui parle comme si elle était deux. Jamais de “tu”, toujours ce “vous” morbide, fou. Dans la schizophrénie qu’il lui impose, elle n’a pas la place de vivre. Pas la force, non plus, de demander à ce père de ne l’aimer qu’elle, sa fille en vie.

    Des maltraitances au lycée au harcèlement qui la poursuit à la maison par le biais des réseaux sociaux, la narratrice crache son mépris d’elle-même, remisée dans sa chambre, guettant l’odeur de friture qui donnera une raison d’être à cette journée de souffrance. Emprisonnée dans ce corps-cercueil qui ne répond plus de rien sinon à l’appel de la bouffe, elle pleure. Puis vient la rencontre. Inespérée. René s’intéresse à elle, la chérit, la désire, l’admire. Elle est encore bien jeune pour un homme de son âge, mais y en aura-t-il un jour un autre ? Son père va jusqu’à fermer les yeux sur cette relation et leur laisse le champ libre : sa chambre d’adolescente devient alors le théâtre de leurs jeux sexuels. Elle se sent merveilleuse. Mais pour combien de temps ?

    Je crois que dès les premières pages, j’ai su que je n’aimerais pas ce roman. Le sujet est intéressant, j’étais curieuse de le voir traiter crûment dans une fiction. Mais l’attitude du personnage m’a rebutée. Cerné par le dégoût, la haine, le lecteur, ici, n’a pas sa place. Le genre de monologue qui ne vous implique pas. Si le calvaire que vit cette ado est indéniable, je suis désolée de le dire parce que je m’attendais à tout autre chose, mais il n’y a pas d’émotion dans ses propos. Internet – le thème du voyeurisme en général – n’est que bien peu exploité alors qu’il offre d’innombrables possibilités. J’ai eu l’impression, en refermant ce roman, de m’être trompeusement laissé appâter par le résumé. Le comportement du père, qui ne peut rester sans une explication à l’obésité de sa fille, jette sur ce récit un sacré malaise. C’est, pour moi, le seul point positif à relever. La critique de la société annoncée m’a semblé inexistante, le discours de l’héroïne répétitif et poussif, à la limité du vide, l’intrigue inaboutie. Après avoir oscillé entre agacement et indifférence, je peux dire que je suis passée complètement à côté de ce bouquin.

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