Manger l'autre

Couverture du livre « Manger l'autre » de Ananda Devi aux éditions Grasset Et Fasquelle
Résumé:

Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s'isole. Sa mère s'enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand oeil d'internet. Son père, convaincu qu'elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour... Voir plus

Une jeune adolescente, née obèse, mange, grossit et s'isole. Sa mère s'enfuit, horrifiée par son enfant. Ses camarades de classe la photographient sans répit pour nourrir le grand oeil d'internet. Son père, convaincu qu'elle aurait dévoré in utero sa jumelle, cuisine des heures durant pour nourrir « ses princesses ». Seule, effrayée par ce corps monstrueux, elle tente de comprendre qui elle est vraiment. Quand elle rencontre par accident l'amour et fait l'expérience d'autres plaisirs de la chair, elle semble enfin être en mesure de s'accepter. Mais le calvaire a-t-il une fin pour les êtres « différents » ?
Conte de la dévoration et roman de l'excès, Manger l'autre est une allégorie de notre société avide de consommer, obsédée par le culte de la minceur et de l'image conforme.
Avec force, virtuosité, et humour, Ananda Devi brise le tabou du corps et expose au grand jour les affres d'un personnage qui reflète en miroir notre monde violemment intrusif et absurdement consumériste.

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  • http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/manger-lautre-dananda-devi.html

    Ce roman est un conte dans lequel Ananda Devi met en scène une jeune fille obèse. Elle pesait 10 kgs à la naissance, bébé complètement hors normes, elle avait l'apparence d'un bouddha chinois. Sa mère déserte le...
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    http://leslivresdejoelle.blogspot.com/2018/08/manger-lautre-dananda-devi.html

    Ce roman est un conte dans lequel Ananda Devi met en scène une jeune fille obèse. Elle pesait 10 kgs à la naissance, bébé complètement hors normes, elle avait l'apparence d'un bouddha chinois. Sa mère déserte le foyer, son père, passionné de cuisine, la gave. Incapable d'admettre le problème de sa fille, il invente le mythe selon lequel elle aurait dévoré in utéro sa sœur jumelle, du coup le père appelle sa fille "mes chéries". Quel poids fait-il porter à la jeune fille qui va entretenir des conversations imaginaires avec sa jumelle anorexique !

    Elle ne cesse de réclamer à manger et grossit, grossit... Elle ne vit que pour manger, "prisonnière de ses besoins... entre faim et honte, le choix est vite fait" et doit faire face à l'école aux moqueries et à la haine de ses camarades de classe qui la surnomment "La couenne"... Sa vie n'est que souffrance et solitude jusqu'à ce qu'un homme s'intéresse à elle... Va-t-elle réussir échapper à sa vie de recluse?

    Je ne pense pas que j'aurai lu ce roman s'il n'avait pas été finaliste du prix Orange. J'ai été ravie de découvrir la magnifique plume de cette auteure que je ne connaissais pas. Dans ce roman très sombre qui est une sorte d'allégorie de notre société de consommation Ananda Devi pose la question de la norme, du diktat de la minceur, des préjugés et de la solitude dans nos sociétés. Un roman plein de noirceur allégé par de nombreux traits d'humour.

    Ce roman a reçu le Prix Ouest France Étonnants Voyageurs

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  • Je me suis demandé si finalement ce roman pouvait s’appeler "celle qu'on ne nommait pas " ou un titre de ce genre car enfin on ne parle jamais du prénom de ce personnage ?!
    J'avoue ne pas y avoir fait attention tout de suite et en réfléchissant à ma critique j'ai découvert ce détail qui pour...
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    Je me suis demandé si finalement ce roman pouvait s’appeler "celle qu'on ne nommait pas " ou un titre de ce genre car enfin on ne parle jamais du prénom de ce personnage ?!
    J'avoue ne pas y avoir fait attention tout de suite et en réfléchissant à ma critique j'ai découvert ce détail qui pour ma part n'en est pas un .Quand on n'a pas de prénom,pas de contour ,pas de forme comment voulez vous exister?
    On parle de ce fait d'une allégorie ?

    C'est donc un joli tour de passe passe que nous joue Ananda Devi en sortant le lecteur de son ronronnement confortable . En premier en faisant de son personnage un bébé macrosome qui fait fuir sa propre mére et en second en faisant de son père un esclave de son hyperphagie qui cultive la monstruosité en affublant sa fille d'une anthropophagie fratricide .
    On est presque dans un déni Gargantuesque !

    J'ai tout de suite aimé le contexte .Fan de la couverture (oui j'avoue ...j'ai un faible pour les belles images ou photo en 1er de couverture) j'ai "avalé " le roman en quelques jours . Que dire ensuite ?
    Pas si simple ! Beaucoup de critiques parlent de l’allégorie du consumérisme ,j'avoue être passé à côté .J'ai surtout assisté à la longue agonie d'une enfant "hors norme" qui subit et encaisse les insultes du regard des autres et qui s'isole . L'isolement terrible est effectivement pratiqué avec l'entretien méticuleux des couches successives de graisse qui marque la distance avec les autres. Pas une fois en effet on ne ressent l'empathie chez ses camarades ,pas un seul ami à part son père qui ne devrait pas en être un. Tout semble irrémédiable dans cette monstruosité irréversible où même les coups de cœur se transforme en coups de grâce .
    C'est un regard troublant finalement sur le monstre que nous portons en chacun de nous et sur le caractère intraitable de la norme dans notre société moderne qui par son effet de masse se transforme bien souvent en rouleau com-presseur .
    Pas étonnant qu'il soit dans les finalistes du prix Orange 2018 !

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  • Récit d'une adolescente obèse.
    Un livre dérangeant qui impose une réflexion sur la société actuelle et le paraître, sur la norme, la solitude, l'amour et ses mystères.
    Un livre très bien écrit dont j'ai du mal à dire si je l'ai aimé ou non !

    Récit d'une adolescente obèse.
    Un livre dérangeant qui impose une réflexion sur la société actuelle et le paraître, sur la norme, la solitude, l'amour et ses mystères.
    Un livre très bien écrit dont j'ai du mal à dire si je l'ai aimé ou non !

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  • Un nouveau-né de 10 kilos tel un bouddha plein de chairs et de plis. Une mère épuisée, usée qui ne trouve d’autres issues que la fuite. Un père plein d’admiration devant cette petite qui a selon lui mangé sa sœur jumelle in utéro.

    Voilà comment démarre dans la vie cette enfant poussée par un...
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    Un nouveau-né de 10 kilos tel un bouddha plein de chairs et de plis. Une mère épuisée, usée qui ne trouve d’autres issues que la fuite. Un père plein d’admiration devant cette petite qui a selon lui mangé sa sœur jumelle in utéro.

    Voilà comment démarre dans la vie cette enfant poussée par un père à se montrer, être fière d’elle, mais pourtant jetée en pâture à la cruauté des enfants de son âge. Adolescente, elle est surnommée « la couenne » et exhibée comme sujet de moquerie sur les réseaux sociaux. Elle ne représente rien d’autre et d’ailleurs n’a pas de nom dans tout le récit.

    Elle est le sacrifice de tous dans cette société de surconsommation, du culte du physique, du voyeurisme « Je suis l’agneau d’Abraham. Le sacrifice humain des Aztèques. Le rat responsable de la peste. La nuit de la malédiction s’abattant sur le monde ». Et donc, pour elle un seul refuge encore et toujours la nourriture. Son obésité s’accroît ne laissant plus de place à rien ou peut être à l’amour ?

    Une écriture belle, fluide, puissante qui nous emporte. Une fable savamment menée pour exprimer les tabous du corps, les affres d’une société où tout est excès. Cela dérange, interpelle non sans humour.

    On savoure le mordant d’Anandi Devi pour nous faire réagir face au monde actuel et ses dérives

    C’est brillant ! A découvrir !

    https://lamadeleinedelivres.blogspot.fr/

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  • C'est un sujet qui parait lourd de absurdité des autres et tendre à la fois. Nous devons rester, en lisant ce livre, dans à la fois la compassion et l'admiration du courage de cette personne.
    J'ai hâte de le lire

    C'est un sujet qui parait lourd de absurdité des autres et tendre à la fois. Nous devons rester, en lisant ce livre, dans à la fois la compassion et l'admiration du courage de cette personne.
    J'ai hâte de le lire

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  • Bonjour , j'aime l'idée de se pencher sur ce mal être dû au poids que connaissent tant d'adolescents voire de jeunes adultes . Essayer de comprendre comment l'esprit peut ne pas freiner notre corps ,que ce soit sur la prise de poids , là le désarroi d'une jeune fille face à sa transformation ,...
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    Bonjour , j'aime l'idée de se pencher sur ce mal être dû au poids que connaissent tant d'adolescents voire de jeunes adultes . Essayer de comprendre comment l'esprit peut ne pas freiner notre corps ,que ce soit sur la prise de poids , là le désarroi d'une jeune fille face à sa transformation , limite morbide , qui doit se débattre avec une certaine gourmandise , un désir de ressembler à toutes les jeunes filles qu'elle trouve attirantes , et peut être la solution , quand elle rencontre ce qu'elle pense être l'amour....Tant de questions auxquelles ,on aimerait amener LA REPONSE

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  • Malgré une belle écriture, ce livre étouffe par le sujet qu'il traite.

    Malgré une belle écriture, ce livre étouffe par le sujet qu'il traite.

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  • Que peut-on attendre de la vie quand on n’est pas dans la norme ? Telle est la question que pose Ananda Devi dans ce terrible roman où les contes finissent forcément mal. Pourquoi devraient-ils bien terminer d’ailleurs ? La vie nous rappelle chaque jour à quel point l’écart à la norme est...
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    Que peut-on attendre de la vie quand on n’est pas dans la norme ? Telle est la question que pose Ananda Devi dans ce terrible roman où les contes finissent forcément mal. Pourquoi devraient-ils bien terminer d’ailleurs ? La vie nous rappelle chaque jour à quel point l’écart à la norme est intolérable, peu importe la « déviance ». Nous sommes dans une société du contre, une société où la différence quelle qu’elle soit fait peur, est entourée de préjugés ou est source de moqueries. Pendant que l’on s’évertue à ostraciser son voisin, on ne regarde pas ses propres travers, c’est bien connu. Ça rassure, ça soulage. Et puis, de nos jours, avec les réseaux sociaux, il est tellement simple, tellement lâche de dire des horreurs.

    La jeune fille du roman est obèse depuis sa naissance. Quand on naît en pesant déjà dix kilos, on commence mal la vie et surtout on est déjà catalogué. C’est une malédiction, la mauvaise fée s’est penchée sur le berceau et il n’y a ni baiser du prince charmant ni antidote pour rompre le charme. « La couenne », telle qu’elle est appelée par ses camarades de classe, ne connaîtra que ce monde-là, ce monde de souffrance et de marginalité. Abandonnée par sa mère, son père est le seul à la voir avec des yeux différents. Pourtant, il entretient cette mise au banc en ne voulant pas admettre les problèmes de sa fille. Il contribue au mauvais conte de fées en décidant que la jeune fille a dévoré sa sœur in utero. Terrible et inutile justification qui ne peut que renforcer le mal-être. Malgré les années et les kilos qui s’installent, un autre homme pose des yeux bienveillants, amoureux sur elle… mais peut-on faire abstraction du corps de l’autre ? Peut-on jouir d’un corps qui nous fait souffrir ? Peut-on échapper à son sort ?

    J’avais peur d’être mal à l’aise. J’ai finalement eu une réaction bien différente. Je me suis mise en colère. Pas une colère dirigée contre le livre mais contre tous ces préjugés de merde qui pullulent autour de nous, sur nous, IRL et en virtuel. Vous n’êtes pas dans la norme donc ce que vous avez à dire n’est pas intéressant. Circulez, il n’y a rien à voir ! Cette colère est restée en moi tout au long de la lecture. Pour autant, malgré la grande noirceur et une fin effroyable (je préfère vous prévenir), Ananda Devi parvient à distiller des pointes d’humour et de la lumière grâce à une écriture très imagée et sans pathos.

    Ce livre est une énorme claque et je suis ravie de l’avoir découvert avec le prix Orange.

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  • Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/04/manger-lautre-de-ananda-devi.html

    Elle est « l’éléphanteau rose ». Elle est « la couenne ». Elle est le monstre absolu aux yeux de tous ou presque. Elle pesait dix kilos à la naissance. Elle a épuisé sa mère par sa gloutonnerie, effrayé ses...
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    Lien : http://www.livresselitteraire.com/2018/04/manger-lautre-de-ananda-devi.html

    Elle est « l’éléphanteau rose ». Elle est « la couenne ». Elle est le monstre absolu aux yeux de tous ou presque. Elle pesait dix kilos à la naissance. Elle a épuisé sa mère par sa gloutonnerie, effrayé ses nourrices. Toutes sont parties. Même elle, qui lui a donné naissance. C’est son père qui durant seize ans a pris soin d’elle. Enfin si l’on peut vraiment dire cela. Il s’est plié en quatre pour assouvir sa faim grandissante. Persuadé qu’elle n’est pas seule. Qu’elle n’était pas seule dans l’utérus de sa mère. L’adolescente a englouti sa sœur. Désormais, elle est « ses petites chéries ».

    Alors il cuisine, de bons petits plats, bien dégoulinants d’amour et de sel et de sucre, pour elles deux. Mais voilà les années passent et les kilos s’accumulent. La chair adipeuse devient l’enveloppe principale, encombrante de cette jeune adolescente persécutée, martyrisée, humiliée par ses camarades de classe ou ces inconnus. Partout, sur un terrain de sport. Partout, dans la rue. Partout, sur les réseaux sociaux. L’œil (Internet) est peut-être son pire ennemi. Elle est, une bête de foire. Les autres sont les bourreaux assoiffés de destruction, de buzz.
    A seize ans, elle n’est plus capable d’entreprendre ne serait-ce qu’un déplacement normalement. Alors elle reste enfermée chez elle, choyée par les petits plats de son père dévoué. Résignée, elle sait qu’elle est condamnée à vivre en ermite. Puis vient le jour où le drame se produit et avec lui la délivrance. La possibilité d’un possible. René. René que la vie n'a pas épargné. Les plaisirs de la chair qui se mêlent aux plaisirs gustatifs. Goûter au corps, le sien, et celui de l’autre. Mais pour combien de temps ? La torture cesse-t-elle un jour pour ces êtres qui ne font pas partie de ces diktats de la normalité ?

    A sa lecture, je me prends la violence de ces étrangers et la puissance d'une écriture en plein visage. Immédiatement les mots se déchaînent, cruels, comme les autres le font et le sont à l’égard de cette jeune fille incroyablement forte qui oscille entre douleurs, colère et lucidité.
    L’auteure tient là entre ses doigts notre visage pour qu’on ose regarder en face, qu’on ne détourne pas le regard sur ce monde qui dégueule de comportements infâmes à l’égard du non consensuel. Sur nos aberrations. Nous sommes pantins, inclus dans cette fable cruelle. Nous sommes la jumelle, celle disparue, dévorée in utero. Là comme une ombre qui plane et à qui elle s’adresse ponctuellement.
    Ananda Devi nous force à affronter ce qu’on refuse bien souvent de voir, comme ces autres face aux photos. Écœurés mais qui observent, scrutent pourtant avec une sorte de fascination malsaine.
    Obésité. Précarité. Différence. Culte de la minceur. Regard de soi et des autres. Conséquences d’Internet. Allégorie du consumérisme. Des thèmes et des messages forts qui sont aujourd’hui plus actuels que jamais et qu’elle maîtrise avec brio. Elle brise le conformisme, cette vision des choses bien étriquée que nous avons nous-même instaurée. Ce besoin de plus, toujours plus, encore, encore et encore. Jamais rassasiés de rien. Manger l’autre. Manger la jumelle. Manger le plat suivant. Manger le monde. Manger l’autre. Avec ferveur, boulimie, rage. Mais qui mange réellement qui ? Qui engloutie l’autre ? Qui le dévore ?

    J’ai mangé l’autre avec avidité, sans retenue quitte à frôler le haut-le-cœur. Mon exemplaire est défiguré de tant de post-it, de pages cornées, de traits de crayon, d’annotations. Et plus j’avançais dans ma lecture, plus je dévorais la langue, la danse des mots tantôt violente tantôt poétique. Le choix et le poids des mots d’une justesse comme j’en ai rarement lue jusqu’ici. Crus et cruels. Beaux oui beaux ça ne veut pas dire grand-chose mais les mots d’Ananda Devi sont beaux, charnels. Ils m’ont happée vers un gouffre que je savais inévitable autant qu’ils m’ont m’enveloppée d’une sensualité incroyable. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, il y a de la sensualité dans ce roman. Une sorte de gourmandise amère, piquante, joueuse qui transcende toute logique. Mais y’en a-t-il seulement une ? Quand on lit une telle fable, j’en doute.

    J’ai bien conscience que ce roman de l’excès et de la dévoration peut déranger, bousculer, remuer tout un tas d’émotions mais il s’agit selon moi d’une œuvre totalement hypnotique et magistrale, beaucoup plus large, beaucoup plus grande que le simple traitement de l’obésité morbide. Et elle mériterait certainement d’être étudiée.

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