Adeline Dieudonne

Adeline Dieudonne

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Avis (16)

  • Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Michèle FINANCE sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    Un ovni dans la littérature belge, souvent trop convenue, un texte d'une grande maturité pour un premier roman, j'ai apprécié autant le déroulé de l'histoire que la maîtrise globale d'une écriture rapide et fluide.
    Certes, le sujet n'est pas d'une grande gaieté, j'ai souvent pensé à D.R....
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    Un ovni dans la littérature belge, souvent trop convenue, un texte d'une grande maturité pour un premier roman, j'ai apprécié autant le déroulé de l'histoire que la maîtrise globale d'une écriture rapide et fluide.
    Certes, le sujet n'est pas d'une grande gaieté, j'ai souvent pensé à D.R. Pollock et c'est élogieux.
    Voilà une jeune fille qui dépense toute son énergie à vouloir modifier le cours des choses afin d'éloigner autant que possible cette vie dure et sans pitié dans laquelle elle se débat, avec ses fantasmes et ses démons. Un humour noir mais également des instants de grande panique pour le lecteur qui se prend à craindre pour la vie de l'un ou de l'autre.
    A mon sens, ce roman est une grande réussite.

  • Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Mumu Dans le Bocage sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    Les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça on est sûr que ça n’arrive pas dans la vraie vie.(p17)

    J’évite souvent les romans dont on parle beaucoup, trop, à sens unique et surtout toujours dans le même sens, l’excellent, le bon etc…. J’ai souvent été...
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    Les histoires, elles servent à mettre dedans tout ce qui nous fait peur, comme ça on est sûr que ça n’arrive pas dans la vraie vie.(p17)

    J’évite souvent les romans dont on parle beaucoup, trop, à sens unique et surtout toujours dans le même sens, l’excellent, le bon etc…. J’ai souvent été déçue….

    Et bien en voilà un dont je vais tout de suite vous dire pourquoi c’est pour moi un COUP DE CŒUR…..

    Il y avait longtemps que je n’avais pas ressenti dès les premières pages, l’urgence de continuer. Le livre restait scotché à mes mains, un chapitre de plus pour avoir confirmation que la tension s’installait, que tout n’était pas rose, qu’il allait bien falloir que cela éclate, rester bloquer sur certaines phrases, certaines situations tellement elles étaient fortes.

    Partir d’un récit d’une vie ordinaire, simple, quoique parsemée de petits événements qui laissent penser que tout n’est pas limpide dans cette famille. Ils vivent au milieu des cadavres :

    d’animaux naturalisés car trophées de chasse, passion du père
    un cimetière de voitures qui devient le terrain de jeux des enfants
    un père coléreux, brutal, insensible sauf aux chansons de Cloclo sur lesquelles il peut verser une larme, vautré sur sa peau d’ours sur le canapé, un whisky à la main,
    une mère « amibe » (tellement représentatif de cette femme martyrisée mais silencieuse),
    une presque adolescente, observatrice, intelligente qui ne souhaite que rendre sa vie et celle de son jeune frère plus douces.
    Une douceur sucrée va être le déclencheur du basculement du monde de l’enfance à la vraie vie : celle des adultes, celle du sens de la responsabilité et de la volonté de vouloir changer le cours des choses pour rendre la vie plus belle, pour qu’elle ne soit pas ce qu’elle est, pour avoir une chance s’en sortir indemne.

    Je ne veux rien vous dévoiler de plus mais à partir de ce moment là, cette vie ordinaire va doucement mais sûrement devenir, au fil des quatre années qui suivent, totalement différente. Cela va vite, on va à l’essentiel.

    Vivre entourée de bêtes mortes et ressuscitées grâce à la taxidermie peut provoquer chez beaucoup un sentiment d’horreur, ne plus se sentir en sécurité mais observé, épié, envahi.

    L’une compense en s’occupant d’animaux vivants, d’autres en les évitant, en les tenant à distance. Son père lui est une bête parmi les bêtes, une des plus ignobles et comment survivre, se défendre : en laissant monter en soi la bête qui sommeille sans devenir à son tour comme elle.

    Cette bête-là voulait manger mon père. Et tous ceux qui me voulaient du mal. Cette bête m’interdisait de pleurer. Elle a poussé un long rugissement qui a dépecé les ténèbres. C’était fini. Je n’étais pas une proie. Ni un prédateur. J’étais moi et j’étais indestructible. (p198)

    Tout au long de la lecture l’émotion, les sentiments se bousculent. L’auteure n’écrit pas tout, suggère,et ne tombe pas dans la facilité de scènes sanguinaires, mais à travers le regard de cette fillette qui grandit, qui découvre les transformations qui s’opèrent en elle mais qui paralèllement sent ses sentiments évolués et va comprendre que pour survivre elle va devoir adopter d’autres règles, afin de redonner à Gilles, ce si beau sourire et pour qu’il ne devienne pas comme eux.

    Mais plus elle grandit et plus elle comprend que la Vraie Vie est parfois bien différente et elle va devenir adulte avant l’heure, se sentir responsable d’événements dont elle n’a été que le témoin, elle va faire en sorte de se préserver, reconnaissant les signes avant-coureurs du mal, s’en protéger. Continuer à avancer, car un jour ou l’autre tout cela devra avoir bien une fin. Et si la solution était de revenir en arrière et de modifier les causes du mal…..

    En incluant dans son récit des personnages aux surnoms évocateurs : Plume, Champion mais aussi le professeur et sa femme Yaëlle au visage impassible, l’auteure confronte l’adolescente à la réalité du monde et des adultes, à leur brutalité, leur sauvagerie, à la vraie vie où elle commence à mettre les pieds, les yeux et le cœur.

    Un roman qui se lit d’une traite car il y a urgence, il y a vies en danger, il y a révolte. Mais on n’a pas toujours le choix des armes et pour s’en sortir il faut parfois jouer le même jeu que ceux qu’on abhorre.

    Je n’aime pas la violence gratuite dans les romans, pour faire parler du livre parfois, pour atteindre des degrés d’insoutenabilité mais dans celui-ci ce n’est pas de la violence mais de la psychologie, ce n’est qu’une vie, une vraie de fillette qui a dû grandir vite et sauver ce qui pouvait encore l’être.

    L’auteure nous engage dans une montée vertigineuse où l’on perd pied, la gorge se noue, la peau frissonne mais elle maîtrise totalement l’escalade et la chute finale. Pour un premier roman c’est un coup de maître : il laisse des traces, un conte de la folie ordinaire ou non, de la vraie vie quand on doit quitter le monde de l’enfance pour entrer dans le monde des adultes à pieds joints.

  • Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Nath Bertrand sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    « Vous savez, il y a des gens qui vont vous assombrir le ciel, qui vont vous voler la joie , qui vont s’asseoir sur vos épaules pour vous empêcher de voler… Ceux-là, laissez-les loin da me vous ».

    La vraie vie, d’Adeline Dieudonné, est le premier roman de l’autrice, et il est paru aux...
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    « Vous savez, il y a des gens qui vont vous assombrir le ciel, qui vont vous voler la joie , qui vont s’asseoir sur vos épaules pour vous empêcher de voler… Ceux-là, laissez-les loin da me vous ».

    La vraie vie, d’Adeline Dieudonné, est le premier roman de l’autrice, et il est paru aux Editions de l’Iconoclaste (que j’aime beaucoup, beaucoup). Il fait partie de ces histoires que vous vous prenez en pleine face, de ces uppercuts littéraires qu’il vous semble impossible de chroniquer, tant vos tripes vous font mal, tant vous vous retrouvez K.O sur le tapis.

    D’entrée de jeu, Adeline Dieudonné nous entraîne dans une ville triste, un quartier gris, un lieu digne des Enfers, tant tout y est morbide et pesant. Tout depuis la violence paternelle, le silence maternel, jusqu’à l’accident qui devient pivot de l’histoire.

    L’anonymat de l’héroïne, qui restera « je » tout au long des pages, vient s’opposer à la mise en nom du frère, Gilles, ce petit frangin qu’elle aime tant et pour qui elle rêve de remonter le temps afin de tout gommer, et de « retrouver son petit frère. Et son sourire avec toutes ses dents de lait ». Le père et la mère restent eux aussi abstraits, le désamour est père du silence. Elle a onze ans au début du roman, lui en a sept. Ce « je » va peu à peu prendre ampleur, grandeur, lumière, force et vie, sur un long chemin jalonné de haine, de bassesses, de la mort, dont l’odeur vous saisit les narines. Le père est une brute immonde, il aime le sang comme d’autres aiment la vie. La mère, transparente telle une « amibe » aime ses biquettes. Elle se tait et subit.

    Autour d’elle, gravite la Peur. Avec une majuscule. Celle qui vous cloue sur place, qui vous coule tout au fond de cet enfer qu’elle refuse. Autour d’elle, il y a surtout la hyène, celle qui ricane quand le sang coule, celle qui s’est emparée du cerveau de Gilles, celle contre laquelle elle va créer un rempart protecteur.

    « La hyène a ri en me déchiquetant les tripes… »

    Autour d’elle, il y a aussi le Champion, la Plume, le Professeur Pavlovic et Yaëlle, avec son masque blanc, et sa douleur cicatricielle.

    Il y a cette héroïne qui devenue jeune fille, décide que personne ne décidera de son sort,

    « Une créature beaucoup plus grande que moi a poussé. Dans mon ventre… Je voulais rester vivante. Vraiment vivante. Avec des émotions. »

    La vraie vie est un roman d’une incroyable justesse, qui traite avec intelligence, finesse et talent des séquelles que le désamour peut engendrer. L’écriture est poussée au paroxysme du superbe, en dépit du drame qui en constitue la trame. Il est pour moi la somme de toutes nos peurs : la mort, la violence, la haine, le temps qui passe et sur lequel personne n'a prise.

    J’ai fait cette lecture le souffle court, la rage au cœur et au ventre. J’ai dû reposer le livre plusieurs fois, envahie par la colère, assaillie par des images indescriptibles par de simples mots.

    « A partir de ce moment-là, ma vie ne m’est plus apparue que comme une branche ratée de la réalité, un brouillon destiné à être réécrit, et tout m’a semblé plus supportable ».

    Gros coup de cœur donc, vous l’aurez deviné, que je vous incite vivement à découvrir !

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