La vraie vie

Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste
Résumé:

Un roman initiatique drôle et acide.
Le manuel de survie d'une guerrière en milieu hostile.

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents.
Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe... Voir plus

Un roman initiatique drôle et acide.
Le manuel de survie d'une guerrière en milieu hostile.

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents.
Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent.

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Avis (97)

  • Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/11/30/la-vraie-vie-adeline-dieudonne/

    Roman évènement de la rentrée littéraire 2018, je me délectais d’avance d’y plonger.

    A l’image de la hyène empaillée du livre et du lion qui figure en couverture, on y pénètre tel un félin en...
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    Avis issu de : https://hanaebookreviews.wordpress.com/2018/11/30/la-vraie-vie-adeline-dieudonne/

    Roman évènement de la rentrée littéraire 2018, je me délectais d’avance d’y plonger.

    A l’image de la hyène empaillée du livre et du lion qui figure en couverture, on y pénètre tel un félin en chasse, doucement, d’un pas velouteux, puis on bondit dans le cru de l’existence, on étouffe telle la proie enserrée par les griffes de son prédateur, on survit, on lutte, on souhaite connaitre le sort qui nous est réservé…

    Adoptant le regard d’une petite fille de dix ans, Adeline Dieudonnée nous fait pénétrer dans la vie d’une famille au sein d’un lotissement, le Démo, aux pavillons gris et identiques. Le père, braconnier, collectionneur d’animaux empaillés qu’il a lui-même chassés. La mère, transparente et si peu communicative. Le petit frère, Gilles, espiègle et rieur, avec qui on partage les jeux, les câlins, les secrets. Les journées sont lisses, rythmées par le passage du glacier, les jeux dans la casse de voitures, les récits formidables d’une voisine farfelue et les cris, quelquefois, des parents qui se fâchent.

    Mais la poésie de l’enfance est éphémère et un accident bascule le lecteur dans la réalité d’une existence où notre regard d’enfant de dix ans se révèle étonnamment mature.
    Le drame s’immisce à travers les lignes, la violence est partout mais les mots sont pourtant doux, l’horreur transpire mais rien n’est pourtant explicité ; la Vraie Vie prend corps.

    Dès lors, on s’interroge sur cette Vraie Vie. Laquelle est-elle ? Celle qui accueillait quotidiennement le sourire de Gilles, celle où le drame n’existait pas, celle où le manque d’amour était accepté et indolore ? Ou bien la réalité d’après l’évènement, la vie qui ne connait plus le sourire de Gilles, la vie où il faut apprendre à surmonter ses angoisses, la violence de son père et à endurer la résignation et la passivité de sa mère ?
    Notre petite fille grandit avec pour but ultime de remonter le temps pour échapper à cette réalité. Avec pour modèle Marie Curie, la Science devient sa réponse. Mais si les lois de la Science sont ordonnées et compréhensibles et explicables, notre personnage lutte contre l’alchimie des sentiments qui accompagne son développement.

    Réel et imaginaire, sordide et ordinaire basculent de l’un à l’autre avec un naturel déconcertant.
    Le milieu familial inhospitalier occulté au voisinage et la survie de cet enfant au sein même de cette horreur cachée m’a rappelé My Absolute Darling.
    Toutefois, la narration est totalement différente. L’écriture est originale ; de l’humour sort de l’horreur, les métaphores sont parlantes et intelligentes, le fantastique se mêle au réel et la brutalité, pourtant peu explicitée, est malgré tout forte, herculéenne, décuplée voire insoutenable.

    En revanche, si j’ai aimé ce livre, j’ai préféré My Absolute Darling dont la narration omnisciente rend compte de la complexité des autres personnages. En se limitant au point de vue d’une jeune fille, l’auteur apporte une dose de rêve et un huis-clos qui magnifie le récit mais qui limite notre compréhension et notre empathie (extrêmement perturbante dans My Absolute Darling en ce qui concerne le personnage du père) envers les autres personnages.

    « J’aimais la nature et sa parfaite indifférence. Sa façon d’appliquer son plan précis de survie et de reproduction, quoi qu’il puisse se passer chez moi. Mon père démolissait ma mère et les oiseaux s’en foutaient. Je trouvais ça réconfortant. Ils continuaient de gazouiller, les arbres grinçaient, le vent chantait dans les feuilles du châtaignier. Je n’étais rien pour eux. Juste une spectatrice. Et cette pièce se jouait en permanence. Le décor changeait en fonction de la saison, mais chaque année, c’était le même été, avec sa lumière, son parfum et les mûres qui poussaient sur les ronces au bord du chemin. »

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  • Une couverture qui intrigue
    Un livre que l'on voit passer dans les réseaux sociaux
    Voilà les raisons qui m'ont poussées à l'emprunter.
    Une très belle découverte.
    Une belle plume
    Une histoire prenante et terrifiante à la fois, le harcèlement familial, les coups, l'alcool, la chasse, la...
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    Une couverture qui intrigue
    Un livre que l'on voit passer dans les réseaux sociaux
    Voilà les raisons qui m'ont poussées à l'emprunter.
    Une très belle découverte.
    Une belle plume
    Une histoire prenante et terrifiante à la fois, le harcèlement familial, les coups, l'alcool, la chasse, la fratrie, l'amour pour son frère..... de nombreux sujets abordés à travers ses lignes qui ne laissent pas le lecteur indifférent.
    Un gros coup de coeur.

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  • « A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres ». Plus loin, j’apprends qu’il s’agit d’animaux empaillés tués par le père chasseur. Et puis, il y a la hyène qui effraie la petite fille de dix ans.
    La famille vit...
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    « A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres ». Plus loin, j’apprends qu’il s’agit d’animaux empaillés tués par le père chasseur. Et puis, il y a la hyène qui effraie la petite fille de dix ans.
    La famille vit dans un quartier pavillonnaire à l’écart de la ville. Le père bosse dans une usine et passe son temps libre à picoler, taper sur sa femme et chasser et semble y trouver du plaisir, un vrai prédateur dans tous les sens du terme. « Ma mère se retrouvait toujours par terre, immobile. Elle ressemblait à une taie d'oreiller vide. Après ça, on savait qu’on avait quelques semaines de calme devant nous. » La mère est un ectoplasme, transparente, soumise qui ne dialogue qu’avec ses chèvres. Le petit frère, Gilles, est pour l’instant, un enfant gai. Le frère et la sœur s’amusent dans les carcasses de voitures de la casse d’à côté. Tiens, ils écoutent la petite musique qu’ils attendent avec impatience, celle du glacier. Tout un rituel rythme l’achat des glaces et, surtout, LA chantilly que le père ne veut pas, trop cher et que le vieil homme dépose, grâce à un siphon sur le sommet des boules de glace « Avec de la chantilly, mademoiselle ! Mais certainement... »… Un pur instant de bonheur. C’est justement par cet instant de plaisir que le malheur arrive. Le siphon éclate tuant le glacier devant les deux enfants pétrifiés. « Puis j’ai vu le visage du vieux monsieur gentil. Le siphon était rentré dedans, comme une voiture dans la façade d’une maison. Il en manquait la moitié. »
    « Gilles ne bougeait plus. Ses grands yeux écarquillés, sa petite bouche ouverte, sa main crispée sur son cornet de glace vanille-fraise/ »
    A partir de cet instant, Gilles ne sourie plus, ne parle plus, passe son temps auprès de la hyène. Il paraît être sous l’emprise totale du père.
    La narratrice voudrait tant effacer, revenir une journée en arrière, revenir comme avant. Alors, pour sortir son frère de la hyène, elle se lance dans une guerre contre elle, contre son père. Une guerre à la fois frontale et larvée.
    Pendant cinq ans, elle ne baisse pas la garde à la maison, se forge son monde à l’extérieur en décidant d’être la première à l’école, d’apprendre encore et toujours pour se rapprocher de son modèle Marie Curie.
    « Le jour finissait et mon histoire commençait ». Enfin elle peut se projeter, le sourire de son frère est revenu parce que….
    Adeline Dieudonné d’une écriture vive, tendre, ironique, acide, dépeint une famille dysfonctionnelle. La narratrice oscille entre la tendresse poétique de l’enfance et la brutalité paternelle, l’amour et la haine, le plaisir et la peur. Drame social au vitriol, prenant.
    Coup de cœur pour ce premier roman multi récompensé.

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  • Une maison, au cœur d’un lotissement où toutes les habitations se ressemblent. La leur, juste un peu plus grande, mieux située, le jardin un peu plus grand et muni d’une piscine. C’était la maison témoin, celle que s’était adjugée le promoteur ou l’architecte, que sais-je ? Mais, quatre chambres...
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    Une maison, au cœur d’un lotissement où toutes les habitations se ressemblent. La leur, juste un peu plus grande, mieux située, le jardin un peu plus grand et muni d’une piscine. C’était la maison témoin, celle que s’était adjugée le promoteur ou l’architecte, que sais-je ? Mais, quatre chambres tout de même. La sienne, celle des parents, celle du petit frère et celle des cadavres. Cadavres ? Hé oui, celle des trophées d’un père féru d’armes, de chasse, de sang et de violence.

    Dans cette maison cerclée de mort, de brutalités et de violences, le père prend son pied, la mère y prend des coups tandis que Gilles, le petit frère y a perd son sourire, son enfance. Elle, la grande sœur, désespère. Elle voudrait pouvoir rendre à Gilles son sourire… Mais, comment maîtriser le temps, le remonter et tout recommencer comme avant la glace et sa crème chantilly ?

    Adeline Dieudonné, primo-romancière belge, signe une belle histoire. Un hymne à la vie, même bancale. Un récit étonnant, triste, lourd, chargé de câlins et de pleurs, de tendresse fraternelle, de démission apparente d’une mère, de mépris et de violences paternelle. La réalité d’une vie de famille qui dérape et glisse inexorablement vers l’horreur d’un père manipulant son fils et anéantissant sa fille, après son épouse.

    La violence de ce récit n’a d’égal que le détachement, la mise à distance que la sœur peut installer pour protéger sa vie et ses rêves. Il y a là, une froideur adulte qui glace le lecteur… et, en même temps, ce livre déborde d’une analyse enfantine de la réalité, une pensée magique de l’enfance qui donne d’aborder le monde et ses atrocités en étant sûr que ce n’est qu’une question de temps, qu’un jour – il ne peut en être autrement – tout sera réglé et Gilles aura de nouveau son sourire au coin des lèvres.

    Une histoire ancrée dans une espérance naïve, jamais tout à fait anéantie par une réalité quotidienne bien trop lourde à porter par une enfant, même grande sœur.

    Un livre puissant qui se lit avec bonheur, facilité, même s’il laisse un goût amer en bouche. La glace, surtout avec chantilly n’aura jamais plus tout à fait le même goût.

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  • Waouh ! Epoustouflant, inattendu, d'une fluidité mais aussi d'une gravité extrême , sans, pour autant, jamais tomber dans le misérabilisme ni le mélodrame.
    Et, pourtant, quelle histoire ! Celle de vies bafouées, maltraitées, humiliées.... de cette résilience qui donne la force...
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    Waouh ! Epoustouflant, inattendu, d'une fluidité mais aussi d'une gravité extrême , sans, pour autant, jamais tomber dans le misérabilisme ni le mélodrame.
    Et, pourtant, quelle histoire ! Celle de vies bafouées, maltraitées, humiliées.... de cette résilience qui donne la force d'avancer.
    Merci à celui à celle qui a oublié son livre sur un banc de m'avoir permis de faire cette magnifique découverte !

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  • J'ai lu presque d'une traite ce livre. La narratrice m'a entraîné dans sa vie au sein d'une famille très particulière. Et, encore une fois, la loi des séries, peut-être, il s'agit d'une enfance bafouée, de maltraitance et de la sauvagerie d'adultes.
    Pas de misérabilisme, cependant, l'expression...
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    J'ai lu presque d'une traite ce livre. La narratrice m'a entraîné dans sa vie au sein d'une famille très particulière. Et, encore une fois, la loi des séries, peut-être, il s'agit d'une enfance bafouée, de maltraitance et de la sauvagerie d'adultes.
    Pas de misérabilisme, cependant, l'expression de faits odieux tout au long d'un texte fluide.
    Presque la normalité.
    L'intelligence de cette jeune fille qui subit au quotidien des brimades mais qui a assez de jugeotte pour se fabriquer un avenir plus souriant.
    Les auteurs belges sont une nouvelle source de lectures que j'apprécie.

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  • Mais quel roman poignant ! C'est vraiment un coup de cœur pour moi !

    La plume de l'auteur est belle, fluide et enivrante. Je n'ai pas vu défiler les pages tellement j'ai été happée par l'histoire. J'en avais déjà entendu que du bien sur les réseaux sociaux ainsi que dans les librairies, et je...
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    Mais quel roman poignant ! C'est vraiment un coup de cœur pour moi !

    La plume de l'auteur est belle, fluide et enivrante. Je n'ai pas vu défiler les pages tellement j'ai été happée par l'histoire. J'en avais déjà entendu que du bien sur les réseaux sociaux ainsi que dans les librairies, et je n'ai pas du tout été déçue !

    A lire absolument !

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  • Dans cet ordinaire pavillon de lotissement, la narratrice et son petit frère Gilles, dix et six ans, vivent entre une mère battue et un père violent, fanatique de chasse et d’armes à feu. Un effroyable accident vient soudain perturber encore davantage le quotidien des deux enfants. Pendant les...
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    Dans cet ordinaire pavillon de lotissement, la narratrice et son petit frère Gilles, dix et six ans, vivent entre une mère battue et un père violent, fanatique de chasse et d’armes à feu. Un effroyable accident vient soudain perturber encore davantage le quotidien des deux enfants. Pendant les cinq ans qui vont suivre, la tension ne va faire que s’intensifier, jusqu’au dénouement que l’on se prend à redouter tout au long du récit.

    Court et efficace, cet implacable thriller vous happe dès le début dans une lecture en apnée. Le style au vitriol saisit d’autant plus qu’il contraste avec les vestiges de naïveté des enfants, vous bousculant constamment entre candeur et horreur, attendrissement et cauchemar, vous l’adulte qui pensez voir, mieux que la jeune narratrice, se profiler une inéluctable catastrophe.

    En attendant l’explosion, l’angoisse vous empêchera de lâcher ce livre, au fil du terrible apprentissage d’une enfant vite mûrie, qui comprendra très tôt que, face aux épreuves, elle devra trouver elle-même la force de prendre en main sa vie.

    Voici un premier roman fracassant, dur et tendre, aux personnages forts et à l’intrigue haletante, dans une langue incisive et percutante qui vous fera guetter le prochain ouvrage de l’auteur. Grand coup de coeur.

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