Adeline Dieudonne

Adeline Dieudonne

Adeline Dieudonné est née en 1982. Elle habite Bruxelles. Dramaturge et nouvelliste, elle a remporté grâce à sa première nouvelle, Amarula, le Grand Prix du concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a publié une nouvelle, Seule dans le noir aux éditions Lamiroy, et une pièce d...

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Adeline Dieudonné est née en 1982. Elle habite Bruxelles. Dramaturge et nouvelliste, elle a remporté grâce à sa première nouvelle, Amarula, le Grand Prix du concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a publié une nouvelle, Seule dans le noir aux éditions Lamiroy, et une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, en 2017. La Vraie Vie est son premier roman.

Articles en lien avec Adeline Dieudonne (1)

Avis sur cet auteur (100)

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    Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Marie-Laure VANIER sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    Alors, ce roman dont tout le monde parle, est-il à la hauteur de toutes les paroles élogieuses qu'on a entendues à son sujet ?
    Eh bien, oui. C'est un texte effrayant, noir, sordide même, et son titre est... « La vraie vie ». Je l'ai lu d'une traite, les mains moites, terrifiée par ce père-ogre...
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    Alors, ce roman dont tout le monde parle, est-il à la hauteur de toutes les paroles élogieuses qu'on a entendues à son sujet ?
    Eh bien, oui. C'est un texte effrayant, noir, sordide même, et son titre est... « La vraie vie ». Je l'ai lu d'une traite, les mains moites, terrifiée par ce père-ogre dont le moindre haussement de sourcil cloue sur place chacun des membres de la famille. Dans ce conte pour adultes, le chef de famille (c'était bien ça l'expression qu'on utilisait encore il y a peu de temps pour parler du père, non?) est un chasseur, un tueur, une brute qui frappe sans compter, surtout quand il a bu un coup de trop. La mère, quant à elle, est décrite comme « une amibe », « un ectoplasme, un endoplasme, un noyau... une vacuole digestive » : elle est à peu près rien, une sorte de néant qui a appris à vivre dans la peur et la soumission, une femme qui se la ferme, obéit, s'efface.
    Bon, on est dans un conte, un conte qui n'a rien de merveilleux mais un conte quand même, me dis-je pour me rassurer… Mais le titre du roman me revient à chaque fois en pleine figure : « La vraie vie ».
    Alors, c'est ça, la vraie vie, un truc violent qui saute à la tête alors qu'on ne s'y attend pas ? Tandis que l'existence n'est déjà pas bien réjouissante, la vraie vie prend la forme d'un accident horrible qui fait perdre définitivement le sourire, le goût de vivre et l'envie de continuer ? Un cran de plus dans l'horreur et ça y est, on y est dans cette vraie vie ?
    Il faut croire que oui, c'est cela et c'est précisément pour éviter que son petit frère Gilles, après un choc terrible, ne plonge dans une profonde dépression et qu'un mal-être profond ne s'empare de lui que la narratrice, du haut de ses dix ans, va tout faire pour le protéger. Parce que l'enfant est devenu mutique. Il est anéanti. Les violences de l'existence sont telles qu'à un moment donné, une de plus et on se rétracte, on quitte la scène, on n'en peut plus.
    Alors, la grande sœur dira NON : NON, Gilles ne perdra pas son sourire d'enfant, NON, elle ne ressemblera pas à sa mère, NON elle ne se fera pas dicter sa vie ! Et c'est à la naissance d'une guerrière que nous assistons : la gamine se battra, luttera contre le mal, contre la hyène qui ronge de l'intérieur le petit Gilles.
    « La vraie vie » est l'histoire de ce combat, un combat sans relâche, un combat terrible fait de mots et de poings, de sang et de sueur. Mais, est-il possible d'échapper à toute cette noirceur, à toute cette méchanceté gratuite, à ce monde sordide ? Et si le petit frère se mettait un jour à ressembler au père, au monstre, à l'ogre ? Et si, au bout du compte, la guerrière rendait les armes et laissait la vraie vie continuer à lui mettre des claques ? 
    Je dois vous avouer que ce texte m'a plongée dans un stress sans nom : il m'a happée, m'a projetée - assez violemment d'ailleurs - dans un monde terrible. J'ai été sidérée, clouée au sol, je me suis retrouvée nez à nez avec un réel quasi insoutenable. A plusieurs reprises, j'ai relu quelques lignes si brutales que je n'étais même pas sûre de les avoir bien comprises.
    Et puis, quel suspense ! J'ai terminé la lecture les mains moites et le coeur battant, si, si !
    Quelle pêche, quelle énergie dans ces phrases ! C'est cash, direct, ça cogne, ça fuse… Waouh !
    La vraie vie… Pas belle à voir… Et même pas une voisine-fée capable de faire des miracles !
    Mais quand on veut changer les choses et redonner son sourire au petit frère, alors oui, tout est possible.
    Finalement, il était rudement beau ce conte !
    Et la vie aussi dans le fond !

    LIRE AU LIT http://lireaulit.blogspot.fr/

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    Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Fizzy sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    Comment supporter un père violent semant la terreur dans toute la famille ? Comment faire retrouver à Gilles, son petit frère, son sourire d'avant ? Comment libérer sa mère de l'emprise de son père ? C'est ce qui obnubile cette jeune fille de 10 ans qui n'a qu'une idée en tête : apprendre la...
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    Comment supporter un père violent semant la terreur dans toute la famille ? Comment faire retrouver à Gilles, son petit frère, son sourire d'avant ? Comment libérer sa mère de l'emprise de son père ? C'est ce qui obnubile cette jeune fille de 10 ans qui n'a qu'une idée en tête : apprendre la physique pour inventer une machine à remonter le temps.

    La Vraie vie d'Adeline Dieudonné est unique en son genre ! Très dur, très violent mais parsemé de petits moments plus légers voire humoristiques, imagés, soulageant cette lecture qui deviendrait vite oppressante.

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    Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    S. T sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    Je l’ai commencé, je ne l’ai plus lâché.
    En tête des ventes depuis plusieurs semaines, le résumé ne m’avait pas attirée plus que ça. Je craignais aussi de tomber sur une histoire un peu trop glauque et noire du type de « My absolute darling » mais pas du tout, même si le côté noir est présent,...
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    Je l’ai commencé, je ne l’ai plus lâché.
    En tête des ventes depuis plusieurs semaines, le résumé ne m’avait pas attirée plus que ça. Je craignais aussi de tomber sur une histoire un peu trop glauque et noire du type de « My absolute darling » mais pas du tout, même si le côté noir est présent, que les 2 héroïnes ont de nombreuses similitudes de par leur caractère et leur père, l’histoire n’est pas la même du tout.
    La 4ème de couverture ne donne pas vraiment un bon aperçu de l’histoire mais si on saute le pas pour lire le livre on découvre une belle histoire.
    Inutile donc de dire que j’ai beaucoup aimé suivre les 5 années de vie du personnage principal et des autres qui sont tous attachants (ou pas… le père pas vraiment…).
    Je préfère ne pas en dire plus pour laisser la surprise de cette histoire touchante et forte.

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    Couverture du livre « La vraie vie » de Adeline Dieudonne aux éditions L'iconoclaste

    Cigale Tenor sur La vraie vie de Adeline Dieudonne

    La Vraie Vie, premier roman d'une jeune auteure belge de 35 ans, est sans contredit un des succès de la rentrée littéraire 2018. Une narratrice raconte à hauteur d'enfant sa vie et celle de sa famille en apparence banale. Pendant 23 chapitres de longueur très inégale, sans numérotation ni titre,...
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    La Vraie Vie, premier roman d'une jeune auteure belge de 35 ans, est sans contredit un des succès de la rentrée littéraire 2018. Une narratrice raconte à hauteur d'enfant sa vie et celle de sa famille en apparence banale. Pendant 23 chapitres de longueur très inégale, sans numérotation ni titre, nous la suivrons, essentiellement pendant les étés, de ses 10 ans jusqu'à ses 15 ans, et tremblerons, sourirons, attendrons, vivrons avec elle.

    Plusieurs des personnages principaux de cette histoire n'ont pas de nom. Nous ignorerons jusqu'à la fin le prénom de la narratrice, petite puis jeune fille vive, brillante, généreuse et pleine d'humour, celui de son père, chasseur et massacreur de gros gibier, et celui de sa mère, « amibe » ectoplasmique, terrorisée par son mari abruti de télé et de whisky qui se défoule sur elle quand l'envie lui en prend. En revanche, le petit frère autour duquel se bâtit le roman est dès la deuxième ligne présenté par son prénom : Gilles ; il a 6 ans quand survient l'accident qui va bouleverser les enfants et laisser les parents complètement indifférents.

    D'autres personnages apparaissent nommément : Monica, la conteuse fantasque dont l'imaginaire débridé engendrera involontairement des espoirs aussi fous qu'irréalisables ; Derek, la petite brute locale ; le professeur Pavlovic, universitaire dévoué et admiratif des talents de la narratrice en physique quantique ; Yaëlle sa femme défigurée et traumatisée à jamais ; Takeshi et Yumi les enfants que garde la narratrice, sans oublier les chèvres Biscotte, Josette et Muscade, Cumin et Paprika, Coco la perruche solitaire et Dovka la chienne dont l'origine du nom est une histoire à elle toute seule... D'autres personnages se contentent d'un surnom attribué selon leur fonction (le glacier, le proprio, le prof de sciences) leur physique (la Plume, le petit gros, les cravaches), ou leurs compétences (le Champion).

    Tout ce petit monde vit dans le Démo (Démo de quoi ? dit la narratrice ; Démoche, dit le père), un lotissement banalement triste et gris, à l'orée du bois des Petits Pendus (!), tout près d'une casse automobile qui sert de terrain de jeux à la sœur et au petit frère tant que l'irascible proprio ne se montre pas.

    Que voilà un premier roman réussi ! L'histoire tient en haleine. Les personnages importants ne sont pas manichéens : même le père, quand il ne se sait pas observé, arrive à susciter la compassion de la petite fille (la mienne, moins, j'avoue…). La culpabilité qui ronge la fillette, la dérive de Gilles, les éclats de violence du père, la passivité et l'impuissance de la mère, le passage de l'enfance à l'adolescence, la découverte de la féminité et l'éveil de la sexualité, autant de thèmes abordés avec force et émotion. Et le drame couve dans « La Vraie Vie » : on ne peut s'y défausser ni du temps impossible à remonter, ni de la violence, ni de la mort, et la pensée magique se révèle impuissante à redresser les torts et à effacer le rire de la hyène.

    Au moins autant que l'histoire elle-même, j'ai savouré la langue de ce roman : très originale dans les métaphores et les comparaisons, dans le choix du vocabulaire parfois insolite mais bienvenu, dans la liberté syntaxique, bref, un vrai ton personnel attachant et atypique. Vivement le suivant !

    Merci au Grand Prix des Lectrices de Elle et aux éditions L'Iconoclaste

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