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Zénith

Couverture du livre « Zénith » de Jean Gregor aux éditions Mercure De France
Résumé:

L'enfant continue de hurler à la mort. J'ouvre la porte, et là, je ressens quelque chose de fort. J'ai ce sentiment de déjà vécu, mais d'un autre point de vue. Je ne suis plus le petit garçon en pleurs, dans la détresse. Je suis l'adulte qui amène avec lui un peu de cette douce lumière du... Voir plus

L'enfant continue de hurler à la mort. J'ouvre la porte, et là, je ressens quelque chose de fort. J'ai ce sentiment de déjà vécu, mais d'un autre point de vue. Je ne suis plus le petit garçon en pleurs, dans la détresse. Je suis l'adulte qui amène avec lui un peu de cette douce lumière du couloir. Je m'assois au bord du lit de Guillaume. Je le prends dans mes bras, il se blottit contre moi. Il se calme, et je réalise que je l'aime. Je l'aime, ce petit, et cette prise de conscience en amène une autre : on peut donc aimer comme son fils un enfant qui n'est pas le sien. Au zénith de sa vie, après des années d'errance dans le sillon d'une adolescence marquée par le suicide de son père, le narrateur est peut-être prêt à apprendre certains secrets de famille. Paradoxe ou coïncidence, c'est une enquête minutieuse menée sur une montre donnée par un collègue, apparemment sans rapport avec son histoire, qui l'aidera à approcher sa vérité intime. Roman d'initiation moderne construit comme une mécanique de précision, Zenith interroge la filiation, le désir de paternité et le mystère des origines.

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Le courrier des auteurs

Jean Grégor répond à nos questions ! (13/03/2009)

J'ai une fascination pour les vieux objets : couteaux, ménagères, meubles, montres, affiches, livres, bibelots, trains électriques. Je parcours des kilomètres pour les voir, j'arpente des centaines d'allées de brocante, parfois sous la pluie, dans le froid. Mais après ce long chemin, au fond de ces allées éphémères, je finis toujours, à chaque brocante, par trouver un vieil objet qui me plaît. Une photo sur laquelle se trouve un nom de village, au crayon de papier. Un livre daté, où s'est glissée une carte de communion solennelle, au nom de "Marie-Françoise Bouvier", une montre gravée. Ces objets sont l'essence même du mystère. Ils sont là, devant moi, ils ont traversé les ans, dans des caves, des tiroirs, ils ont été sortis, dépoussiérés, et les voici dans mes mains, à me poser ces questions essentielles : à quoi bon tout cela ? Qui étaient ces gens ? Qui étions-nous ? Avec Zenith, c'est l'histoire d'une montre gravée que j'ai voulu remonter. La littérature nous permet d'aller au bout, d'aller plus loin, de traverser des murs, et ces questions sur l'origine de ces vieux objets, je les ai jetées sur une vieille montre de marque Zenith, sur le fond de laquelle étaient gravés ces mots : "Témoignage de reconnaissance, Grande Bacnure, A Monsieur Louis Cabolet, Juin 1949". J'ai tout de suite été saisi par ce nom, Louis Cabolet, un nom à l'ancienne, comme on n'en fait plus. Et puisque j'avais un lieu, la Grande Bacnure, puisque j'avais une date, je me suis lancé sur les traces de cet homme. Mon enquête a duré des mois, elle a été lente, silencieuse, charnelle, elle s'est ponctuée de belles surprises, comme ces lettres fraîches qu'on reçoit un matin dans sa boite aux lettres. Avec le temps, encouragé par le tic-tac de la Zenith, j'ai fini par recoller les morceaux, redonner un visage, une vie à Louis Cabolet, mineur dans la région de Liège. A mesure que j'écrivais, j'avais cette sensation de percer le mystère de tous les vieux objets qui m'avaient hanté. Et puis ce moment crucial, où je me retrouve face au descendant de Louis Cabolet, où je lui redonne l'objet, toute l'émotion qui entoure ce moment. Oui, parfois la littérature est magique. Et cette magie, comment peut-elle exister sans mon libraire ? Comment peut-elle exister sans cette personne, cette âme, qui relaie ces émotions, qui les fait rebondir d'âme en âme ? Car enfin l'objet, le vieux, le neuf, le récent, le livre, la montre, la ménagère, l'objet n'est rien sans ce relais humain, sans cet oeil qui clignote, cette main qui se pose dessus. Jean Grégor

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