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Sublime royaume

Couverture du livre « Sublime royaume » de Yaa Gyasi aux éditions Calmann-levy
Résumé:

"Maman je t'en supplie, dis-je en twi. Je te supplie d'arrêter. Je te supplie de teréveiller. Je te supplie de vivre.".

Gifty, américaine d'origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit... Voir plus

"Maman je t'en supplie, dis-je en twi. Je te supplie d'arrêter. Je te supplie de teréveiller. Je te supplie de vivre.".

Gifty, américaine d'origine ghanéenne, est une jeune chercheuse en neurologie qui consacre sa vie à ses souris de laboratoire. Mais du jour au lendemain, elle doit accueillir chez elle sa mère, très croyante, qui n'est plus que l'ombre d'elle-même et reste enfermée dans sa chambre. Au fil de souvenirs d'enfance émouvants, Gifty s'interroge sur sa passion pour la science si opposée aux croyances de sa mère et de ses ancêtres. Sublime Royaume raconte les difficultés d'avoir une peau noire en Amérique, et le choc des générations au sein d'une famille issue de l'immigration.

Un deuxième roman qui confirme l'immense talent de Yaa Gyasi dont la plume si subtile prend toujours une force incroyable.

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Avis (7)

  • Sublime royaume surprend d'emblée en abordant la thématique afro-américaine hors des clichés que sa narratrice pouvait suggérer : celui d'une jeune femme noire, Gifty, née de migrants ghanéens pauvres devenue chercheuse en neurosciences après de brillantes études à Harvard et Stanford.

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    Sublime royaume surprend d'emblée en abordant la thématique afro-américaine hors des clichés que sa narratrice pouvait suggérer : celui d'une jeune femme noire, Gifty, née de migrants ghanéens pauvres devenue chercheuse en neurosciences après de brillantes études à Harvard et Stanford.

    Tout est subtil dans ce roman, à commencer par son évocation du racisme quotidien insidieux dans la Bible belt, Gifty ayant grandi dans l'Alabama, abordé à travers le douloureux personnage du frère, mort prématurément d'une overdose : marchant courbé pour passer inaperçue dans les rayons de Walmart et éviter d'être accusé de vol ; la communauté blanche ne lui prédisant qu'une réussite par le basket sans même envisager qu'il puisse réussir par les études ; cette même communauté trouvant « normal » qu'il sombre dans la drogue car il est noir et donc prédisposé à ce type d'addiction.

    Le personnage de Gifty est tout aussi subtil dans sa quête quasi philosophique d'identité, s'interrogeant sans relâche sur l'âme et sur les traumatismes qui l'ont façonnée ( la mort du frère, la dépression catatonique de la mère qui dort toute la journée, la trahison du père qui a fuit au Ghana ). Elle qui a connu la religiosité juvénile, qui a perdu la foi suite aux tragédies familiales, qui est devenue une jeune femme sceptique, cherche un équilibre dans sa vie pour concilier sa soif de transcendance avec la rationalité scientifique qui guide sa vie. Car la science n'a pas répondu à toutes ses attentes alors que ses expériences sur les mécanismes neuronaux des souris pourraient déboucher sur une solution à l'addiction et à la dépression qui ont détruit son frère et sa mère.

    Ce roman ne m'a pas touchée émotionnellement. Sans doute parce que Gifty a une voix tellement intérieure et cadenassée qu'il m'a été difficile de m'y attacher. Mais, malgré son rythme spiralaire très lent, il m'a touchée intellectuellement avec sa réflexion sage et sobre, pudique et claire sur la complexité du monde. Derrière le calme trompeur d'une récit peu spectaculaire, il y a le cri qu'une femme pousse pour trouver sa place au milieu d'identités conflictuelles tout en relevant le défi fièrement qu'en tant que femme noire, elle devrait avoir " toujours quelque chose à prouver et rien d'assez éclatant ne suffirait à le prouver".

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  • Avis et commentaires :

    Fan de cette auteure depuis No Home, c'est avec hâte que je me suis lancé dans cette lecture et une fois de plus, je suis ravi de ce roman.

    La narratrice fait partager à ses lecteurs les étapes de son parcours personnel entre Ghana et Etats - Unis, entre taditions...
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    Avis et commentaires :

    Fan de cette auteure depuis No Home, c'est avec hâte que je me suis lancé dans cette lecture et une fois de plus, je suis ravi de ce roman.

    La narratrice fait partager à ses lecteurs les étapes de son parcours personnel entre Ghana et Etats - Unis, entre taditions africaines et modernité américiane, entre une mère ayant délibérement choisi de quitter le Ghana pour offrir la meilleure vie possible aux siens entrainant un mari qui trop dépaysé par ce choc culturel ne tardera pas à abandonner femme et enfants dans des conditions de vie précaire, puis élevant seul un fils, sa raisons de vivre et sa soeur, la narratrice...

    Choc des cultures, amour débordant d'une mère pour son fils au destin volontaire tragique, affection plus distante pour la narratrice, opposition entre une culture volontairement et furieusement chrétienne et la modernité de la science comme des moeurs américaines. C'est sur ce terrreau que Gifty, notre narratrice, va devoir se prendre en charge, supporter une certaine distance affective de sa mère en profonde dépression depuis l'overdose fatale du fils tant aimé, se lancer dans des études scientifiques poussées, notamment sur les phénomènes d'addiction.... probablement marquée par la fin tragique de son frère.

    Un destin de femme de très grande qualité, une nouvelle pierre dans la contribution et le combat des noirs  à une société américaine blanche et pour une part raciste. Une belle histoire familiale.

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  • Grand moment de cette rentrée littéraire!

    La narratrice est chercheuse en neurobiologie et étudie les mécanismes de l’addiction, avec tous les outils magiques pour le béotien, dont disposent les laboratoires pour mettre en évidence les circuits de la récompense. Hasard ou nécessité ? Ce que...
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    Grand moment de cette rentrée littéraire!

    La narratrice est chercheuse en neurobiologie et étudie les mécanismes de l’addiction, avec tous les outils magiques pour le béotien, dont disposent les laboratoires pour mettre en évidence les circuits de la récompense. Hasard ou nécessité ? Ce que nous révèle peu à peu Gifty de son passé, des épreuves qui ont secouées sa famille, son frère, son père, reparti au Ghana en les laissant seuls avec leur mère, la lente descente aux enfers de celle-ci, sont autant de confidences poignantes.

    On découvre avec les révélations progressives de la jeune femme son rapport ambigu avec la religion, de la foi sans limite, au doute puis au rejet, alors que les traumatismes ordinaires de la vie malmènent les certitudes.

    Les combats intérieurs qui se nourrissent de la discordance entre raison et instinct, les petites vies intérieures qui déchirent le cours de la réflexion, le temps qui vient ajouter à la confusion, tous ces aspects sont habilement analysés et proposés dans une démonstration profondément humaine et poignante?

    C’est aussi une observation pudique et sensible des relations complexes mère-fille déclinées tout au long d’une vie.

    C’est un roman très émouvant et très profond, qui laisse des traces.

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  • Un Sublime Royaume multiple ou démultiplié : le Royaume de Dieu qui est celui qui obsède la mère de notre protagoniste, et celui de sa fille, Gifty (prénom proche de "gifted", "douée") qui elle se tourne vers le domaine de la science afin de tenter de trouver des réponses à ce qui pousse les...
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    Un Sublime Royaume multiple ou démultiplié : le Royaume de Dieu qui est celui qui obsède la mère de notre protagoniste, et celui de sa fille, Gifty (prénom proche de "gifted", "douée") qui elle se tourne vers le domaine de la science afin de tenter de trouver des réponses à ce qui pousse les êtres à s'auto-détruire.
    Prières de l'une, recherches et expérimentations pour l'autre : deux appels à comprendre, deux côtés d'une même tentative de déchiffrer la création divine et, plus intimement, leur drame familial. Finalement une même démarche au-delà des divergences ? Quête de réponses, quête de sens...
    Royaume qui, d'ailleurs, questionne Gifty, qui la torture presque.
    Une vie qui se tourne vers ce royaume mais aussi celui des origines "perdues", oubliées, aux airs de Jardin d'Eden, de Parasis Perdu.
    Tout, dans cet ouvrage, nous ramène au divin : même les recherches en neurosciences de Gifty, qui, le temps de ses expériences, se transforme en un dieu des souris, un dieu dur mais bienveillant, aimant malgré tout, une sorte de métaphore / allégorie de l'amour de celle qui a toujours été, en apparence, rejetée.
    Un texte fort sur la différence et son acceptation, le racisme et son absurdité, les marques indélébiles qu'il laisse dans le coeur des victimes de ce fléau, sur le déchirement que provoque l'appartenance à deux pays (celui d'origine et celui d'adpption), deux cultures, deux traditions.
    Un roman étonnant, différent, extrêmement touchant !

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  • Explorateurs RENTRÉE LITTÉRAIRE 2020 :

    Gifty, brillante chercheuse en neurosciences, se débat entre le passé représenté par sa mère, le souvenir d’un frère, doué pour le sport, trop tôt disparu, ses recherches et cette idée de Dieu inculquée si profondément depuis sa plus tendre...
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    Explorateurs RENTRÉE LITTÉRAIRE 2020 :

    Gifty, brillante chercheuse en neurosciences, se débat entre le passé représenté par sa mère, le souvenir d’un frère, doué pour le sport, trop tôt disparu, ses recherches et cette idée de Dieu inculquée si profondément depuis sa plus tendre enfance.
    Yaa Gyasi, auteure étasunienne que je découvre grâce aux Explorateurs de la rentrée littéraire 2020 de Lecteurs.com et aux éditions Calmann-Lévy, me laisse une impression mitigée lorsque je referme Sublime royaume, roman dense pour la lecture duquel j’ai éprouvé tour à tour passion et lassitude parce que rien n’avance, rien n’est résolu. J’ai eu, au final, l’impression de tourner en rond alors que les problèmes évoqués sont d’une grande importance.
    Dans un va-et-vient constant entre plusieurs époques, l’auteure mêle un peu tout, vie familiale et professionnelle, vie sociale et religieuse, Afrique et Amérique. Elle me fait comprendre tout le mal-être d’une mère déracinée de son Ghana natal, femme dévouée dans son travail d’aide auprès de personnes dépendantes. Elle n’a qu’un fils qu’elle aime plus que tout, plus que cette fille, Gifty, la narratrice, pas désirée du tout.
    Ce frère, Nana, prononcer Naaawnaaaw, est plus âgé, réussit brillamment au basket comme le souligne la jaquette du livre. Mais il y a ces fleurs de pavot sans pétales en surimpression et ce nuage qui laissent présager un sort funeste.
    Gifty travaille sur le cerveau, expérimente, base ses tests sur des souris et tout cela a un lien, colle bien avec tous les problèmes qui agitent la vie d’une famille noire dans l’Alabama raciste.
    L’emprise psychologique des églises évangéliques qui prospèrent aux USA et en Afrique, est bien démontrée. Pour une jeune fille intelligente, désirant comprendre la vie et le monde qui l’attend, le seul interlocuteur proposé est Dieu. Alors, elle lui écrit dans son journal mais n’a jamais de réponse. Même lorsqu’elle aura tiré un trait définitif sur les croyances et les superstitions, elle ne pourra pas s’empêcher d’aller se recueillir dans l’église de son quartier. Pour y trouver la paix ?
    La paix qu’elle cherche ne peut s’installer tant la terrible dépression de sa mère, après la mort du frère, obnubile Gifty. Elle est admirable. Elle tente tout mais le souvenir de ce père, le Chin Chin, reparti au Ghana, abandonnant femme et enfants pour se remarier là-bas, n’arrange rien.
    Ce Sublime royaume est-il sur Terre ou dans un ailleurs hypothétique ? Il me semble que Gifty peut le trouver enfin mais que de dégâts irréparables causés par ceux qui exploitent la crédulité d’un peuple en manque de repères ! Que de drames la drogue cause-t-elle ! Comment devient-on accro ? Pourquoi il est quasi impossible de s’en sortir ? Les études neurologiques tentent de trouver les circuits empruntés par ces produits dans le cerveau humain afin de pouvoir expliquer et soigner mais le chemin est encore long et complexe comme le prouve Yaa Gyasi dans Sublime royaume.

    Chronique illustrée à retrouver sur : http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/

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  • Un animal est-il capable de résister à la recherche de récompense, en particulier si un risque y est associé ?

    Dans ce roman nous suivons le personnage de Gifty, entre sa vie de doctorante en neurosciences faisant des expériences sur des souris, et son enfance d'immigrée ghanéenne aux...
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    Un animal est-il capable de résister à la recherche de récompense, en particulier si un risque y est associé ?

    Dans ce roman nous suivons le personnage de Gifty, entre sa vie de doctorante en neurosciences faisant des expériences sur des souris, et son enfance d'immigrée ghanéenne aux États-Unis. Les deux pôles sont soigneusement mis en relation, s'enrichissant et s'éclairant l'un et l'autre. Impuissante étant enfant face à l'addiction de son frère, elle essaye de se rattraper aujourd'hui, sans se l'avouer vraiment.

    Dans une première partie, le lecteur tente de percer les mystères de cette famille grâce aux souvenirs de Gifty qui, disons le, n'a pas eu une vie facile, mais ne se plaint jamais. Gifty a une personnalité très attachante, les situations sont rapportées avec beaucoup d'émotion, ses sentiments décrits avec force.

    La deuxième partie du roman est davantage réflective que narrative. Le personnage s'interroge sur la religion et ses différentes interprétations, met en lumière les ravages de la drogue et du racisme, en alternant entre le point de vue intérieur d'une enfant directement touchée, et le point de vue reculé de diplômée en neurosciences qu'elle est maintenant. Cette partie traite donc essentiellement de son rapport avec Dieu, de l'addiction de son frère, et de sciences. Il faut s'accrocher un peu. Mais même si les allers retours entre les différentes périodes de sa vie sont parfois difficiles à suivre, ces deux points de vue donnent une incroyable profondeur au roman, et certains passages sont bouleversants.

    Enfin, le roman se ferme sur une véritable fin, ce que j'apprécie. On ressent l'évolution du personnage et de sa situation.

    Sublime Royaume est un roman plein de tendresse et de réflexion. J'ai beaucoup apprécié.

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  • C’est l’histoire de Gifty et de sa famille émigrée du Ghana aux USA. Tout commence par le rêve américain de sa mère qui gagne sa carte verte à la loterie. Aujourd’hui Gifty a 28 ans et elle est étudiante en doctorat de neuroscience. Elle fait souvent le parallèle entre ses études menées sur les...
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    C’est l’histoire de Gifty et de sa famille émigrée du Ghana aux USA. Tout commence par le rêve américain de sa mère qui gagne sa carte verte à la loterie. Aujourd’hui Gifty a 28 ans et elle est étudiante en doctorat de neuroscience. Elle fait souvent le parallèle entre ses études menées sur les cerveaux des souris et sa vie. Sa mère fait une dépression et elle décide de l’accueillir dans son studio.
    On découvre par flashbacks différents moments de sa vie, sa relation avec sa mère, dure, très croyante. Son enfance est pauvre et marquée par le racisme ainsi que par la mort de son frère aîné, Nana, lorsqu’elle a 10-11 ans. Son père est très vite reparti au Ghana, ne supportant pas les emplois sous-payés et humiliants, les seuls accessibles aux noirs. Sa mère est aide-soignante et aide à domicile pour des personnes âgées. Yaa Gyasi dénonce à travers la mère ce dur métier peu considéré.
    C’est la mort de son frère à 15 ans par overdose suite à une addiction à un antidouleur qui va faire basculer toute la vie de sa famille. Gifty consignera tous ces moments durs et honteux dans son journal intime. Notamment une conversation marquante avec sa mère :
    « Tu sais que je ne voulais pas d’enfant après Nana ? Je ne désirais que Nana et maintenant je n’ai que toi. »
    Au fil des pages on se rend compte que Gifty n’a pas choisi ses études au hasard. Elle veut trouver des réponses et savoir comment aider des personnes ayant des addictions ou dépressives. Elle aura toujours des difficultés à se faire des amis, à faire confiance à se camarades ou à son petit ami, déçue par la vie et n’ayant eu comme modèle que sa mère. Une mère qui ne pleure pas et retient tout en elle.
    Gifty mène des recherches sur la dépression ou l’anhédonie. Elle parle des évolutions des soins psychiatriques. Elle évoque aussi à plusieurs reprise l’opposition entre religion et science. Par moment le texte devient philosophique, mais sans prise de tête rassurez-vous !
    La religion et notamment la foi en Dieu tient une place importante dans le roman.
    Yaa Gyasi aborde un thème dont j’ai peu lu d’écrits, la crise des opiacés qui est la première cause de décès aux Etats-Unis. Elle en parle comme d’une vraie maladie à prendre au sérieux.
    L’écrivaine met en avant également un problème de société qui est plus que d’actualité avec le mouvement « Black Lives Matter », le racisme et ses effets traumatisants sur plusieurs générations.
    Il y a des extraits du journal intime de Gifty. Les chapitres sont courts, l’écriture est agréable à lire, le personnage est attachant, bref ce livre se dévore tout seul ! Les sujets abordés sont graves mais l’écriture dynamique et légère de Yaa Gyasi vous emportera dans l’histoire de Gifty à coup sûr.
    J’ai trouvé des références à Toni Morrison et je pense que Yaa Gyasi sera certainement une grande écrivaine américaine. J’ai très envie de lire son précédent livre, « No Home » pour lequel elle a eu de nombreux prix.
    Ce roman est encore une belle découverte de cette rentrée littéraire, un vrai coup de cœur. Merci à lecteurs.com !
    #Explolecteur #RL2020

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